Comic Con Paris 2019 : chronique d’une journée au salon

Le Comic Con Paris 2019, c’était déjà la semaine dernière. Du 25 au 27 Octobre derniers se déroulait donc, toujours à la Grande Halle de la Villette, le grand mess des amateurs de comics et autres produits de la pop culture. A peine remis de mes émotions suite à l’IndieCade à la BnF, me voilà donc reparti dans le grand bain d’un salon où j’ai, pour la deuxième année consécutive, eu le plaisir de me rendre avec une accréditation dans la poche. Je remercie donc déjà l’équipe du Comic Con Paris pour l’invitation, laquelle m’a donc permis d’arpenter la Grande Halle durant la journée du vendredi 25, que je vais tâcher de vous résumer dans cet article.

Se rendre sur le Comic Con le vendredi, c’est toujours un bon plan. En toute logique, c’est la journée la plus calme question affluence, loin des grandes heures du samedi et du dimanche où, libérés de leurs obligations professionnelles ou scolaires, la plupart des gens viennent passer leur journée sur le salon. Cette édition 2019 ne manque évidemment pas à cette impressionnante logique et c’est dans une Halle où il faisait bon circuler que j’ai pu me faufiler de stand en stand. Et quand j’ai vu par la suite les photos des deux journées suivantes, je ne puis que me conforter dans l’idée que le vendredi, c’est mieux. Enfin bref, ce passage pré-week-end a donc un avantage énorme : avec un public moindre, les stands sont globalement bien plus accessibles (y compris ceux pour manger le midi), tout comme les files d’attente pour les différentes conférences se font moins pénibles.

La Grande Halle de la Villette, où le salon profite d’un nouvel agencement cette année.

Ce sentiment d’un salon beaucoup plus aéré, on le doit cependant moins à une affluence plus faible sur cette journée qu’à une nouvelle organisation particulièrement bienvenue. Auparavant, le Comic Con Paris investissait la Grande Halle sur l’intégralité de sa surface intérieure, réservant le fond de cette dernière à l’installation de la grande salle où s’était par exemple déroulée l’an dernier la conférence en présence de Frank Miller et Andy Kubert. Mais dès mes premiers pas sur les lieux cette année, l’évidence saute aux yeux : cette grande salle n’est plus là ! Une absence qui libère donc un espace monumental au fond de la Halle ! Et grâce à cela, voilà l’agencement de tout le salon qui s’en trouve formidablement aéré ! Les couloirs de circulation se font ainsi plus aisés et la place disponible a également pu être utilisée pour de nouveaux espaces ou l’extension d’autres.
Ainsi en est-il allé de l’artist alley en mezzanine, un tantinet plus longue qu’habituellement, ou du coin dans lequel furent installés les nouveaux venus de cette édition 2019 : les tatoueurs. Plus de place, c’était quelque chose que les visiteurs et visiteuses du salon avaient demandé à de moult reprises. A l’issue du salon en 2018 (ou 2017 ?), un questionnaire avait d’ailleurs été envoyé à tout le monde afin de récolter les avis et suggestions : l’idée d’un changement de lieu pour obtenir quelque chose de plus grand faisait partie des principales demandes du public. Le lieu n’a donc pas changé mais son agencement a été revu pour répondre à ce besoin. Quid de la grande salle alors ? Cette dernière a été déplacée, tout bonnement, placée sous une immense structure à l’extérieur de la Grande Halle. Et mine de rien, délocaliser une grande scène et ses 1300 places « dans le jardin », c’était la meilleure chose à faire, d’autant que cette nouvelle grande salle extérieure réservait un accueil d’égale qualité avec ce que l’on connaissait jusqu’ici. Bref, rien que du point de vue de l’accueil, l’édition 2019 du Comic Con parisien est partie sur les meilleures roues possibles, offrant à son public un salon où il faisait bon flâner en ce doux vendredi d’Octobre.

Sur l’artist alley, les artistes s’affairent à répondre aux demandes de signatures et commissions.

Le moins que l’on puisse dire en tous cas, c’est que le programme de cette édition était plus que vaste. Avec pas moins de 66 (!) panels (incluant avant-premières et concours de cosplay), difficile de savoir où donner de la tête. Jim Starlin, Lee Bermejo, Brian Azzarello, Karen Gillan, Sir Patrick Stewart ! Que d’invités prestigieux cette année par ailleurs ! Et au niveau des stands, il y avait de quoi faire également : Panini, Urban Comics, Glénat, MCM, Canal, SyFy, Hasbro et tant d’autres vendeurs de produits dérivés ont ainsi répondu présents, proposant animations et dédicaces, comme à l’accoutumée. Une absence notable cependant, celle de Delcourt, éditeur français de Walking Dead, qui se refuse à venir au Comic Con alors que la série de comics de Robert Kirkman et Charlie Adlard vient de sortir son 32ème et avant-dernier volume ! Une incompréhension complète pour ma part quant à la non-présence de cet acteur qui, cumulant ses forces à celles de Soleil, aurait pourtant eu largement de quoi satisfaire la curiosité des visiteurs et visiteuses.

Le très affairé Mikel Janin.

Côté artistes présents sur la bien nommée artist alley ou sur certains stands tels que celui d’Album Comics, il y avait de quoi faire également : JL Mast, Aleksi Briclot, Olivier Coipel, Chris Claremont, Jim Starlin, Lee Bermejo et Brian Azzarello, Donny Cates, Mikel Janin… Moult grands noms du comics d’hier et d’aujourd’hui se sont joints à la fête durant ce week-end. En ce qui me concerne, je souhauitais faire dédicacer mon exemplaire de Joker par Bermejo et Azzarello mais il y avait beaucoup (beaucoup !) de monde pour les voir et j’aurais littéralement perdu ma journée à faire la queue (ouverture des dédicaces vers 14h30 je crois, déjà de l’attente à l’ouverture du salon…). Autre objectif, Mikel Janin, actuel acolyte de Tom King sur Batman Rebirth. Hélas, même constat là aussi et j’ai dû renoncer. Je suis d’autant plus frustré qu’en revenant en fin de journée pour faire la queue une dernière fois, on a coupé les dédicaces après le type qui me précédait et alors que j’étais le seul à attendre derrière lui. Autant je comprends (Janin n’a quasiment pas arrêté de la journée), autant je demeure quand même frustré de me voir refuser ma signature à une place près et alors qu’il n’y avait plus que moi… Mais c’est le jeu, allons-nous dire. Je reste cependant convaincu que pour des artistes drainant autant de public, il serait intéressant de mettre en place une organisation dédiée (notamment pour partager en commissions et simples signatures) plutôt que de simplement se dire, au beau milieu de l’après-midi « Bon on va faire deux files, une pour les signatures, l’autre pour les dessins et puis on verra bien ce que ça donne ». Enfin ce n’est pas bien grave.

Deux heures durant, Mast nous a narré la jeunesse du grand Stan Lee.

Vaste fut donc le programme et, en conséquence, chargée fut la journée. De tous les panels qui pouvaient m’intéresser, il fallut faire des choix, en accord avec mon compagnon du jour. Exit donc le panel sur les comics Star Wars, celui sur la relation entre comics et politique ou encore celui sobrement intitulé Génération 90’s. Tant pis également pour la conférence sur la saga Injustice et celle intitulée « Comics : passion ou business ? »… C’est donc, dès l’arrivée, avec la conférence de JL Mast sur la jeunesse de Stan Lee que j’ai entamé ma journée. Un panel de bien deux heures au cours desquelles l’homme qui produit actuellement une BD consacrée à la vie de Lee, est revenu sur l’enfance de celui qui est devenu un monument du comics ainsi que sur la façon dont il est entré dans cet univers. L’occasion d’en apprendre davantage sur l’homme qu’était Stan Lee, sur les petits boulots qu’il a enchaînés dans une Amérique en pleine récession avant de rejoindre ce qui allait devenir Marvel, ses débuts au sein de la maison d’édition… Riche en anecdote, la conférence était d’autant plus plaisante que Mast apparaît plus que passionné par son sujet, un conviction que l’on se forge toujours plus en découvrant ses notes personnelles ou en entendant le nombre incalculables de personnes qu’il a rencontrées pour monter ce projet. C’est à tel point que l’auteur/illustrateur a même mis sur pied une version VR de son dessin représentant le bureau dans lequel Stan Lee travaillait à ses débuts chez Marvel (mais que je n’ai hélas pas eu le temps d’aller découvrir par moi-même ensuite…).
Fin de la conférence, pas de temps à perdre, la suivante commence dans les cinq minutes qui suivent. Nous voilà donc qui traversons la Halle pour découvrir cette grande scène extérieure, nous y installer et patiemment attendre la venue d’une star du comics : Jim Starlin. Si ce nom ne vous dit rien, vous connaissez en revanche sans aucun doute celui de l’une de ses plus célèbres créations : Thanos. C’est en effet à Starlin que l’on doit l’apparition du Titan dans l’univers des comics Marvel ainsi que la mise en place de toute la saga de l’Infini qui aura grandement servi de support aux plus récents films du MCU et en particulier à Infinity War et Endgame. Animée par le Commis des Comics et Aurélien Vives (éditeur et community manager chez Panini Comics), la masterclass aura permis de revenir sur tout le processus de création de Jim Starlin chez Marvel, sur l’impact que cette saga de l’Infini aura eu, sur la façon dont il aura réécrit certains personnages de l’écurie Marvel… Non dénué d’humour, Jim Starlin n’a pas hésité à revenir aussi sur ses choix un peu plus…audacieux, dirons-nous, tel que le kitschissime Thanos-copter.

Jim Starlin sur la grande scène du Comic Con pendant le panel qui lui était dédié.

Un autre qui ne manquait pas d’humour d’ailleurs, c’était Donny Cates. Après une bonne grosse pause déjeuner bien méritée qui me donne l’occasion de vous rappeler qu’il est préférable d’amener son propre casse-croûte étant donnés les prix pratiqués par les différents stands alimentaires, nous retournons dans la salle masterclass et y découvrons donc Donny Cates, que je ne connaissais absolument pas mais dont mon comparse du jour m’avait expliqué qu’il avait pu travailler sur Les Gardiens de la GalaxieVenom et ce genre de choses. Mais il ne s’agit pas là des seuls comics de sa longue bibliographie puisqu’on lui doit également des créations originales telles qu’Atomahawk, dont Cates nous a révélé en exclu que Grant Morrison allait travailler dessus, ou encore God Country et Ghost Fleet. Mais au final, à mon grand plaisir, je retiens surtout l’image d’un garçon certes pétri de talent mais aussi et surtout blindé d’humour à ne plus quoi savoir en faire, hilare pendant la majorité du temps et prompt à raconter bien des anecdotes qui ont fait éclater la salle de rire à plusieurs reprises. Je pense notamment à une bien précise qui incluait Keanu Reeves mais qui serait beaucoup moins amusante à vous raconter comme ça.

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Un ultime tour du salon, quelques photos, une dernière tentative pour Mikel Janin et la journée est déjà terminée. Qu’elle fut dense ! Le Comic Con Paris, c’est toujours l’occasion de découvrir bien des choses mais cette édition 2019 m’a particulièrement plu. Je garde en mémoire une foultitude de bons souvenirs et je suis rentré de la Villette avec quelques bonnes lectures : le tome 10 de Batman Rebirth, le 32ème de Walking Dead et le Batman – Damned de Bermejo et Azzarello. J’aurais voulu profiter encore plus du salon sur les deux autres jours mais, hélas, le temps n’est pas extensible. J’espère en tous cas en avoir le loisir l’an prochain et d’ici là je remercie encore les équipes de l’organisation de si agréable salon pour leur invitation !

Une réflexion sur “Comic Con Paris 2019 : chronique d’une journée au salon

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