Un jour, un album n°28 – « 1971 », Fuzzy Grass

Amateurs et amatrices de rock à l’ancienne, puisé dans les années 1970, ouvrez grand vos esgourdes : Fuzzy Grass a sorti son premier album ! Trois ans après la formation du groupe, voici 1971, un opus qui fleure bon les meilleurs moments de l’histoire du rock psyché grâce à quatre musiciens (dont une musicienne) gavés de talent et qui nous avaient laissés jusque là avec un seul petit EP trois titres capté en concert et qui laissait espérer un vrai bel album par la suite ! Celui-ci est enfin arrivé et je vais tâcher de le décortiquer un peu dans cette chronique ! Pour un plus grand confort, je me permets aussi de vous recommander de lire cet article en écoutant les chanson au casque.

Fuzzy Grass, en gros, c’est un groupe qui s’est formé durant l’été 2015 quelque part dans le Sud de la France, entre Toulouse et les Pyrénées. Laura, la guitariste, m’a déjà raconté la genèse de tout ce projet mais j’avoue n’en avoir que des souvenirs épars (c’était au cours d’une soirée, du genre qui efface une partie des souvenirs de ce qu’on t’a raconté, tu vois le truc…).

Fuzzy Grass c’est (de gauche à droite) : Audric au chant, Thomas à la basse, Laura à la guitare et enfin Clément à la batterie.

Je me souviens en tous cas que l’idée principale, c’est qu’ils se sont bien trouvés. Je ne sais plus lequel elle a rencontré en premier, je crois que c’est Thomas le bassiste. Puis Audric, le chanteur et enfin Clément, le batteur déjà un peu reconnu par ses pairs dans le coin grâce à différentes formations qui avaient déjà eu un bon petit succès mais sur lesquelles j’avoue hélas n’avoir pas spécialement d’informations à vous donner. « Clément c’était un dieu pour nous un peu alors quand il a accepté de jouer avec nous, on n’y croyait pas ! ». Ça par contre, je me souviens que Laura me l’a dit, c’est le genre de truc qui marque un tantinet. L’autre truc qui m’avait marqué, et dont je ne doutais pas, c’est l’amour qu’elle porte pour cette formation et les trois garçons qui la forment avec elle. Un peu comme s’il s’agissait d’une petite fratrie à quatre qui est là pour durer. Je n’en doutais pas donc parce que j’avais découvert Fuzzy Grass en live, au sous-sol de l’International à Paris. Et ce qui m’avait frappé alors, au-delà des indéniables qualités musicales du groupe sur lesquelles on va avoir tout le loisir de revenir juste après, c’est que ça roulait tout seul. Il m’a semblé d’entrée de jeu que ce quatuor savait très bien ce qu’il faisait et ce qu’il avait à faire. Mieux encore, il le faisait, point.

Recording Live est sorti en 2017.

Curieux, comme à chaque fois que je découvre un groupe en concert et qu’il me plaît, je suis allé sur le Bandcamp de Fuzzy Grass où je n’ai trouvé à l’époque qu’un enregistrement live sobrement intitulé Recording Live et qui comprenait trois pistes : Healed by the Fire, The Woman’s Grass et Shake Your Mind. Trois captations live certes appréciables mais qui ne rendaient à mon sens pas suffisamment honneur aux qualités de la prestation scénique du groupe. Car si l’on y retrouvait évidemment l’ambiance chaude des titres de Fuzzy Grass, il y manquait cette énergie pourtant si communicative lorsqu’on les voit en concert. Enfin bref, c’est toujours ça de pris dans la musette musicale et ça a au moins le mérite de créer une attente : celle d’un album, dont on entend parler çà et là mais dont l’arrivée semble (hélas !) se faire discrète. Tout du moins était-ce le cas jusqu’au 1er Septembre dernier quand, après bien des murmures, le groupe dégaine un Ulule pour lancer une campagne de financement participatif en vue de donner forme à ce projet. Enregistré, l’album ne demandait plus qu’à être pressé. Cela dit, le plus pressé dans toute cette affaire, ça semblait bien être le public puisque l’objectif a été atteint un mois plus tard, easy peasy, et même largement dépassé ! Et toute cette histoire nous amène au 28 Octobre et à la release party, cette fois-ci au sous-sol de l’estimé Olympic Café. L’album, intitulé 1971 est en enfin bel et bien là et il compte 7 pistes :

1- Electric Ayahuasca
2- The Alone Boy Song
3- The Faceless Man
4- The Upside Down
5- Healed by the Fire
6- The Winter Haze
7- Shake Your Mind

Sept titres dont deux vous parlent déjà si vous avez suivi : en effet, Healed by the Fire et Shake Your Mind font leur retour après leur première apparition sur l’EP live de l’an dernier. Pour les amateurs de ce genre de détails, on notera qu’à l’exception de l’introductif Electric Ayahuasca, qui ne dépasse que de peu les 1min30, chacun de ces titres dure environ cinq minutes, un peu plus ou un peu moins.

La montée en puissance

C’est donc sur Electric Ayahuasca que s’ouvre 1971. L’année 1971 justement, si je ne connais pas LA raison exacte du choix de cette dernière, n’est évidemment pas innocente. C’est cette année-là qu’Hendrix envoie un dernier souffle avec l’album live Experience, un an après sa mort. 1971 c’est aussi la sortie de L.A. Woman, dernier opus de Doors bientôt en deuil de Jim Morrison, décédé peu après sa sortie. Pearl est également paru cette année-là, quatrième album d’une Janis Joplin elle aussi partie l’année précédente. Bref, 1971 c’est un peu une année charnière quand on y pense : les Beatles, Hendrix, Joplin et les Doors sont partis (en quelque sorte pour ces derniers), le mouvement hippie est passé par là et, avec le recul, on voit qu’après une année 1970 marquée par la fin de certains groupes emblématiques de la décennie précédente, 1971 s’avère être le véritable point de départ d’une autre époque marquée par de nouvelles recherches et expérimentations dans le champ d’une musique rock qui donneront lieu à certains albums majeurs du siècle dernier comme la sainte trinité The Wall/Dark Side of the Moon/Wish You Were Here des Pink Floyd, par exemple et pour ne citer que ceux-là. Enfin bref, je m’égare mais le fait est qu’on va alors aller vers de nouvelles sonorités où l’héritage de sixties bien rock’n’roll va se mêler à des idées neuves et fraiches. Et c’est un peu à cette mutation qu’Electric Ayahuasca fait écho, un peu comme si ce titre nous souhaitait la bienvenue dans un album qu’il introduit subtilement en nous expliquant en un peu moins de deux minutes dans quel voyage musical nous nous sommes embarqués

 

Avec Electric Ayahuasca, Fuzzy Grass livre sans qu’on le sache l’avant-propos de son album. La guitare s’échauffe tranquillement, les strange machines d’Audric batifolent doucement, tout cela jusqu’à l’ouverture pleine et entière de la chose avec la piste suivante, The Alone Boy Song. Dans la continuité de l’introduction, ce titre fait les présentations concrètes entre l’auditeur et ce son dont l’essence-même se pose dans cette ouverture, ce vrai départ pour 1971. Et ce son, il se caractérise d’ores et déjà par plusieurs choses, à commencer par une guitare mélodieuse témoignant en même temps d’une sorte de hargne retenue qui rend ses riffs aussi doux que précis et tranchants, une recette qui s’applique également au chant.
A côté de cela, la batterie semble calée au millimètre tandis que la basse s’offre toute en rondeurs, donnant à The Alone Boy Song l’opportunité de s’enrouler délicatement autour de tes oreilles en venant synthétiser, déjà, toutes les conorités « rock 70’s » du groupe, la reverb évoquant quant à elle succinctement les tendances psyché qui émanent avec parcimonie de cette chanson qui se veut finalement être une excellente accroche, entamant la montée en puissance que va connaître l’album dans sa première moitié. Mais là où le morceau s’accomplit réellement, c’est à un peu plus de deux minutes, lorsque ce solo précise encore les intentions de Fuzzy Grass, se livrant dans une décharge électrique qui prend d’autant plus d’intensité qu’elle est suivie par ce retour du chant à 3:10, lequel se glisse idéalement dans la continuité en revenant sur le devant du morceau avec une puissance immédiate qui finit de donner à The Alone Boy Song tout son caractère.

 

1971 poursuit ensuite son ascension avec The Faceless Man, lequel s’avèrera être plus tard la dernière étape avant l’explosion de l’album à la piste suivante. Mais on y reviendra après… Le fait est que nous nous retrouvons ici avec un morceau plus groovy que le précédent, lequel révèle une autre facette du visage de Fuzzy Grass, celui d’un groupe qui, s’il se revendique fièrement héritier des années 1970, se trouve en fait à la croisée des chemins entre différents hérauts du rock de cette heureuse décennie et de la précédente, hardis représentants de cette musique qui n’ont d’ailleurs pas manqué de se croiser à cette époque. C’est ainsi que là où beaucoup y trouvent une certes indéniable inspiration à la Led Zeppelin, j’entends plutôt volontiers dans ce titre un certain écho de Cream. Mais c’est bien un peu cela d’ailleurs Fuzzy Grass, une sorte de version de la formation de Jack Bruce, Ginger Baker et Eric Clapton où les trois se seraient décidé à conjuguer leur séduisant groove à un soupçon de l’énergie de Led Zep’ justement.

 

Clément à l’œuvre lors d’un concert en 2016.
Photo de Fabien Labarbe

Réécoutez The Faceless Man puis allez prêter une oreille à Strange Brew de Cream et vous comprendrez où je veux en venir. On y retrouve plus ou moins la même atmosphère, laquelle est donc revue et arrangée par un Fuzzy Grass plus électrique. Par contre, je vous dis ça mais finissez quand même d’écouter 1971 avant ! Ceci étant dit, reste qu’à part ces intonations musicales plus ou moins similaires, je trouve une certaine concordance entre Cream et Fuzzy Grass. Par exemple, Laura, dès l’instant où je l’ai vue sur scène, m’a immédiatement fait penser à Eric Clapton. Elle partage avec lui une présence sur scène, des mimiques mais aussi et surtout une aisance qui donne l’impression que c’est facile tandis qu’elle passe d’un riff à la rythmique impeccable à un solo d’une exaltante précision. De son côté, Clément (le batteur) me rappelle Ginger Baker dans sa façon de frapper des rythmes ultra-cadencés et dans lequel j’apprécie à titre personnel le jeu de cymbales, essentiel et bien présent mais jamais étouffant. Je trouve en fait qu’une fois passées les performances vocales d’Audric et les lignes de Laura, cette batterie-là insuffle l’esprit 70’s du groupe par des intentions très familières que Clément marie néanmoins avec cette volonté de moderniser le tout qui émane toutefois de cette formation, bien loin d’être passéiste.

Et voilà que l’on atteint déjà la moitié de cet album qui a commencé fort. C’est là, à mi-chemin, que Fuzzy Grass nous balance son hit si l’on veut, sa pièce maîtresse, qui fut en quelque sorte le single employé lors de la campagne de financement participatif pour finir de nous séduire et nous donner l’envie de participer au projet. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils ont très bien choisi le morceau qui leur servirait de porte-étendard. The Upside Down, tel est son titre, prouve que malgré cette patte générale qui couvre bien entendu tout 1971, Fuzzy Grass ne cherche pas à se rendre les choses trop simples en se reposant sur les acquis de leurs influences communes. Alors, sans renier ses fondamentaux, le groupe module comme on a déjà pu le remarquer ses sonorités d’un titre à l’autre et c’est ainsi que The Upside Down amène encore autre chose que les deux précédentes pistes esquissaient seulement, chacune versant dans sa propre ambiance.

 

Laura en 2016.

Des nuances que l’on remarque par exemple dans les parties de guitare, qui se fait ici presque plus inspirée par Hendrix que par Clapton avec ce côté limite funk chaleureux qui témoigne de cette idée qui se résumerait presque à dire que ce n’est pas parce qu’on est bon dans ce que l’on fait qu’on ne doit faire que cela. Varier les plaisirs, par petites touches, voilà une autre idée qui semble ressortir de 1971 ! Cela passe également par l’usage des fameuses strange machines d’Audric (aka thérémine), lesquelles amènent cette espèce de modernisation que j’évoquais tout à l’heure. Des groupes qui font du rock sauce années 1970 « à l’ancienne », on en a à la pelle. Les quatre de Fuzzy Grass, eux, tâchent de prendre la chose au sérieux et y collent une patte où d’évidentes tendances fuzzy par exemple viennent compléter le tout, le pousser ailleurs, en plus des ondulations de ce thérémine presque inattendu mais pourtant ingénieux. Fuzzy Grass appose ainsi sa marque sur le rock et le psyché qu’on connaît pour y adjoindre un supplément d’âme plus que bienvenu.
D’ailleurs, quand on parle de rock psyché, on pense pour beaucoup d’entre nous tout de suite aux grands classiques du genre comme Jimi Hendrix, les Doors, la deuxième moitié de la carrière des Beatles ou, sous certains aspects, le Velvet Underground et Pink Floyd. Des groupes et artistes qui se sont fait, volontairement ou non, des représentants idéaux pour définir la chose et dont la musique a cherché l’expérimentation, de nouveaux sons pour un rock qui semblait gentiment ronronner parfois. Mais si le sceau du psyché s’appose tout naturellement sur Fuzzy Grass, limiter ce groupe et leur premier album à ce seul cercle serait assez réducteur selon moi. Car aussi influencés qu’ils peuvent être par les illustres maestros que je citais juste avant, leur musique lorgne finalement tout autant vers ce que le rock a eu à nous offrir à côté du psyché de la moitié des années 1960 à la fin des 70’s. Le rock’n’roll chatoyant de Cream donc mais aussi celui plus enlevé de Led Zep’ encore une fois font ainsi figure d’autres clés pour entrer dans l’esprit musical de Fuzzy Grass. Y entrer, mais ne pas s’y enfermer car ce groupe a encore autre chose à offrir et la première moitié de 1971 était là pour nous l’expliquer et nous en convaincre. C’est ainsi qu’à l’audacieux mélange de ces références que j’évoque uniquement pour mieux vous dire comment je cerne la musicalité de cette formation, s’ajoute une identité forte et marquée qui prend très vite le pas sur le lourd héritage d’influences que portent les quatre membres du groupe.

Boucler la boucle

Arrivés à ce point de l’album, nous en sommes donc à la moitié du chemin et, même si on ne le sait pas encore à la première écoute, l’alpha et l’oméga ont été prononcés. A travers les trois premiers morceaux de 1971 (j’exclus volontairement l’intro), Fuzzy Grass a établi son matériau de base, l’a modelé et façonné à son image et la chose semble acquise. Nous entamons alors à partir de Healed by the Fire une deuxième phase dans cet album où, maintenant que les présentations ont été faites, le groupe va « simplement » dérouler sa musique, histoire de poursuivre la route sans pour autant tourner en rond bêtement.

 

Avec Healed by the Fire, ce côté funk que j’évoquais tout à l’heure, c’est ici qu’il transpire le plus. Ecoutez ces premières mesures et vous ne pouvez qu’en prendre conscience. En une trentaine de secondes, ce morceau rappelle le meilleur de Grand Funk Railroad (autre vraisemblable influence du groupe, à n’en point douter). Fuzz et wah-wah à l’appui, ce cinquième titre délivre une bien belle énergie où, aussi grandes puissent être les qualités des trois garçons, c’est à mon sens Laura qui sort le plus du lot. Tout ce que j’évoquais jusqu’alors concernant son jeu se retrouve ici plus poussé, plus puissant. Avec ses riffs aussi précis que furieux et ses solos du même tonneau, la guitariste pose allègrement tout son savoir-faire sur ces cinq minutes et quelques.
Mais au-delà de sa seule performance (qui n’éclipse en rien les autres membres du groupe et en particulier Audric, très en forme sur cette chanson, Healed by the Fire récupère toutes les intentions les plus fuzzy du groupe et le mieux restera encore d’entendre la chose en concert, croyez-moi. Fuzzy Grass y livre alors la meilleure version de cette chanson, chacun des membres du quatuor y prenant son pied comme on aime voir des musiciens le faire. Cela vaut en particulier pour Audric : comme emporté par la chose, il ne remettra les pieds sur terre qu’à la fin du set.

Thomas et sa basse, toujours en 2016.
Photo par Chris Rod photo.

Et ce constat d’énergie débordante en live, on peut le faire également en observant Clément et Thomas, qui forment la section rythmique du groupe. Respectivement batteur donc et bassiste, les deux garçons ne lésinent pas sur les moyens et, non contents d’assurer dans la tenue des morceaux, ils sont toujours terriblement efficaces sur scène. D’ailleurs, leurs qualités rythmiques, je trouve que c’est sur The Winter Haze, sixième titre de l’album, qu’on les repère le mieux. Car si les précédents morceaux ne manquaient pas de points forts sur la question, je trouve vraiment que c’est ici que la chose prend le plus de saveur, la même qu’en live et qu’on peine un tout petit peu à retrouver sur l’album en dehors de The Upside Down et Healed by the Fire. Ce n’est cependant trois fois rien et l’on ne sera sans doute pas forcément d’accord avec moi mais c’est tout de même un ressenti que j’ai vis-à-vis de 1971. Cela étant, pas de quoi entacher le plaisir d’écoute et il y aura en plus une bonne conséquence à cette observation : les concerts sont du coup encore plus appréciables qu’ils ne l’étaient déjà ! Bref, un tout petit « mal » pour un très grand bien.

 

Audric sur scène en Mars dernier.
Photo par Roxane Carcajou photo.

Pour en revenir à The Winter Haze, c’est un bon morceau, tout bonnement, et l’on pourrait presque s’arrêter là pour en parler. Groovy, rond, « chillesque » (le mot est moche mais adéquat), c’est un bon gros heavy blues aussi délicat dans sa minutie que planant grâce à cet esprit psyché savamment saupoudré dessus. C’est ça d’ailleurs qui fait toute la subtilité de Fuzzy Grass en somme, le fait d’y aller par petites touches. Au lieu de nous servir des morceaux grossiers et bruts qu’on pourrait résumer en disant « Ah ça c’est fait pour être psyché ! » ou « Ah tiens, c’est la chanson heavy blues ça ! », l’on nous propose plutôt d’y aller avec finesse, de ciseler le matériau brut avec les bons outils (une saturation donnée, le thérémine, une plus grande importance des cymbales…) mais jamais tous en même temps, ce qui permet d’éviter de faire toujours la même chose comme je l’évoquais tout à l’heure. Je pense que The Winter Haze témoigne de cela. Et puis ce solo final là, avec cette basse qui s’affirme parfaitement derrière ! Cette fois, ce sont les côtés stoner/fuzzy du groupe qui parlent, encore un truc mis là pour assaisonner le tout sans étouffer. C’est suffisamment bien fait pour qu’on croit The Winter Haze issues de desert sessions mais sans oublier que c’est un morceau estampillé du sceau de Fuzzy Grass.

Et voilà qu’on arrive déjà au bout du trip. L’album s’achève enfin sur Shake Your Mind, revenu du Recording Live, un peu comme si l’on avait voulu boucler la boucle. Fuzzy Grass nous laisse donc là avec un morceau dont le riff principal me rappelle pertinemment ou non Foxy Lady de Jimi Hendrix. A mon sens, Shake Your Mind est idéal pour conclure 1971 en une ultime envolée renforcée par le retour des strange machines. La chanson va ainsi crescendo jusqu’à décoller complètement dans un tout dernier sursaut d’énergie bien rock’n’roll dès 2:20 environ et où c’est finalement tout le travail mené sur cet album qui explose pleinement dans nos oreilles pour montrer quel digne héritier du rock 70’s il est. Héritier mais pas engoncé dans ses influences et références, 1971 est un joli condensé de rock survolté qui cherche constamment cette autre chose indéfinie qui fait de Fuzzy Grass une valeur sûre de cette scène-là. Et Shake Your Mind est ici pour nous le rappeler une toute dernière fois, avec brio.

 

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Fuzzy Grass est la preuve qu’il ne faut jurer de rien. On s’attend à écouter un bon rock old school comme on en trouve dans bien d’autres groupes et voilà qu’on obtient finalement un groupe qui puise avec intelligence dans ses différentes racines musicales pour essayer de constamment proposer un son qui varie et évolue avec le temps. Avec ce premier album 1971, les quatre sudistes posent sur nos platines un manifeste de leur musique et de leur état d’esprit, un album réjouissant fait par une bande d’enthousiastes. L’émulsion qui en ressort est frappante. Je ne peux maintenant que vous recommander d’aller les voir en concert. Affranchie du support disque et revigorée par la réunion de ces quatre musiciens, leur musique n’en prend que plus de saveur et c’est sans doute là qu’elle se révèle sous son meilleur jour. L’album, lui, reste un incontournable de cette année 2018 et se hisse sans aucun souci dans mon Top 3 annuel.

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