Parlons jeu, parlons bien n°43 – « Forza Horizon 4 » [Xbox One]

A l’origine, je ne suis pas très porté sur les jeux de voitures. Mais ça c’était valable jusqu’à ce que je joue à Forza Horizon 2, il y a quelque temps maintenant. J’y découvrais alors quelque chose de différent de ce à quoi j’avais été habitué, quelque part entre les jeux de courses classiques et ceux un peu plus libres comme les Need for Speed par exemple. Séduit instantanément par le titre, j’ai depuis joué au troisième volet et, enfin, au quatrième sorti début Octobre de cette année.

Pour ceux qui ne connaîtraient Forza Horizon que de loin, petit rappel des grands principes forgeant le concept. Née en 2012 sur Xbox 360, la licence est le fruit des studios Playground Games et Microsoft Studios, faisant de la série une exclusivité Xbox. Le concept est assez simple à résumer : en parallèle de sa simulation de courses Forza Motorsports, qui en était alors à son quatrième volet, Microsoft souhaite proposer aux joueurs amateurs de grosses cylindrées un jeu qui offre davantage de libertés. Exit donc les circuits fermés et les courses telles qu’on les connaît, ici on fonce à travers les paysages, faisant des courses hors des sentiers battus ou dans les rues des villes et villages que l’on croise. Le premier volet nous proposait l’expérience au Colorado. Suivront la frontière franco-italienne dans le 2, l’Australie dans le 3 et, cette année, le Royaume-Uni. Comme à l’accoutumée, le jeu prend place dans un festival mêlant musique et rassemblement automobile où les festivaliers auront tout le loisir de participer à différentes compétitions.

Tut tut les rageux. © capture d’écran personnelle

Ce concept, il m’avait très rapidement emballé à l’époque où je le découvrais avec Forza Horizon 2 comme je le disais. Je trouvais dans ce jeu-ci un véritable plaisir à rouler, ce qui me manquait dans des jeux de courses plus classiques comme les Gran Turismo ou, justement, les Forza Motorsports. Faire la course pour faire la course n’est pas forcément la chose qui m’amuse le plus si ce n’est accompagné d’un côté réellement fun comme cela peut être le cas, à sa manière, dans les Mario Kart. Mais ici, nulle question de bonus divers et variés pour assommer ses concurrents. Au lieu de cela, l’on trouvera plutôt un esprit de liberté qui amène à réaliser des courses où, certes, arriver le 1er reste l’objectif mais la façon dont la chose se déroule dénote de la vision habituelle du genre. J’y reviendrai dans un instant. Reste que si le deuxième volet de la série m’avait réellement plu, j’étais plus dubitatif devant le troisième, que je trouvais bien plus bancal sur plusieurs aspects. A vouloir donner trop de libertés aux joueurs, Forza Horizon 3 se perdait un peu, devenait même fouillis d’un certain point de vue et je me retrouvais vite soit à ne pas savoir quoi faire, soit à finalement toujours faire la même chose malgré un contenu apparent assez vaste. En entamant Forza Horizon 4 cette année, j’espérais bien que le jeu allait donc me procurer plus de plaisir que ne l’avait fait son prédécesseur.

Au gré des saisons, on prend plaisir à redécouvrir les très beaux décors du jeu. © capture d’écran personnelle

Les attentes étaient d’autant plus grandes que Microsoft nous avait annoncé une nouveauté majeure pour cet opus : un rythme saisonnier. Dit comme ça en 2018, ça n’a l’air de rien, mais la chose constitue pourtant une petite révolution pour cette série qui se contentait jusqu’alors des seules banales évolutions météorologiques comme facteur de variabilité des courses. La démo lancée au moins de Septembre permettait alors de découvrir ce nouveau système et surtout ses impacts. Au cours d’une course interrompue uniquement par des cinématiques de transition pour passer d’une saison à l’autre, les joueurs et joueuses pouvaient ainsi rouler sur les différents terrains proposés par Forza Horizon tout en les arpentant au gré des saisons. L’occasion était ainsi donnée de voir la façon dont les développeurs ont travaillé sur cet important facteur, devenu pilier essentiel de ce quatrième opus. Et les premières sensations furent franchement bonnes. De la route sèche aux chemins enneigés en passant par les sentiers boueux, nul ne pouvait ignorer le souci de précision qui semblait avoir été apporté à ces variations. Mieux encore, tout ce travail se retrouve logiquement et parfaitement dans le jeu final, lequel jouit alors sur ce point bien précis d’une finition qu’on ne peut que saluer. Tout comme on appréciera l’idée des studios de ne pas tout de suite plonger celui qui vient d’acquérir le jeu dans le grand bain. Pour la faire simple, les premières heures de jeu sur Forza Horizon 4 imposent en gros au joueur de découvrir les saisons et leurs particularités (ainsi que le contenu général du jeu) selon un ordre préétabli auquel on ne peut déroger. En organisant ce qui s’apparente ainsi bien vite à un tutoriel déguisé de plusieurs heures sous la forme de quatre compétitions saisonnières, tout le loisir est alors donné au débutant de comprendre les mécaniques générales de ce titre tout en apprenant à maîtriser son pilotage sur tous les terrains proposés par le jeu et dans toutes les conditions climatiques. A l’issue de ces quatre étapes, le jeu prend le rythme habituel, à savoir celui d’une saison par semaine, et l’on nous lâche définitivement la main.

Et c’est alors que le plein potentiel de Forza Horizon 4 se révèle à nos yeux ébahis. Dès lors, tout est là, le contenu global du titre se présente à nous comme une myriade de possibilités et d’options à saisir ou non. Des courses à ne plus quoi savoir en faire, des missions spéciales, des rassemblements originaux et dantesques, des « quêtes scénarisées »… FH4 livre ce qui semble être le contenu le plus complet qui soit. Et même si, très vite, on nous fait comprendre que des DLC sont au menu, on a déjà tant à faire qu’on se dit que ça peut bien attendre. Le pack James Bond par exemple, aussi amusant qu’il puisse être avec ses voitures exclusives et ses missions spéciales inspirées par les films de la franchise, se révèle bien vite n’être qu’un joli bonus et non une part manquante à un jeu qui n’a clairement pas besoin de ça.

Les super-tirages permettent de gagner encore plus de bonus, encore plus vite.

C’est dans l’esprit de la licence d’ailleurs, cette idée de satisfaction instantanée. Car les Forza Horizon ont ce côté ultra gratifiant, où il est bien facile d’être reconnu et récompensé pour ses prouesses de pilote. Trop peut-être même, les tirages pour obtenir des cadeaux (crédits, divers accessoires, voitures…) s’enchaînant très vite tant il est facile de les débloquer. Le garage se remplit presque tout seul finalement, avec des voitures qu’on n’a même pas le temps d’essayer tant elles semblent pleuvoir sans discontinuer ! On notera à ce sujet l’arrivée des super-tirages permettant d’obtenir trois cadeaux simultanément. Et puisqu’on en parle, on ajoutera que parmi ces cadeaux se glissent désormais des tenues et autres accessoires pour personnaliser son avatar. Car oui, vous pouvez désormais choisir la tenue de votre personnage, bien que cela n’apporte pas grand-chose d’autre que le plaisir de peaufiner son apparence de temps en temps, ou de le vêtir en fonction des saisons… Ceci pourra se faire notamment dans une des maisons que vous aurez préalablement achetées avec vos crédits durement gagnés en course, ce qui constitue une énième nouveauté de ce titre. Au-delà du simple ajout sympathique d’une façon de dépenser ses sous virtuels, cette nouvelle option permet également de se créer des points sur l’ensemble de la map à partir desquels il sera possible de reprendre lors de la prochaine partie, à condition d’avoir sélectionné la maison voulue comme domicile. Notez que le château d’Edimbourg est également sur le marché, pour une bonne quinzaine de millions de crédits si je ne m’abuse.

La maison deviendra votre QG personnel, où toutes les personnalisations sont possibles pour votre avatar et vos voitures.

Bien des nouveautés (certaines anecdotiques, certes) sont donc au programme de FH4. Parmi celles-ci et après celles déjà évoquées, on évoquera les missions « scénarisées ». Je place ce terme entre guillemets car bien qu’on nous présente cela comme un mode histoire dans le jeu, on ne peut pas non plus parler de quelque chose qui reposerait sur un véritable scénario. Sans doute serait-il plus judicieux de parler de missions thématiques. Celles-ci se divisent en plusieurs catégories, déblocables à mesure que l’on avance dans notre progression.
La première d’entre elles est d’ailleurs proposée d’entrée de jeu et il s’agit d’une série de missions liées à un job de cascadeur qui sera très vite proposé à notre personnage. Au cours d’une dizaine de chapitres, nous voilà donc amené à réaliser, avec différentes voitures imposées bien sûr, diverses prouesses allant du vol plané lancé du haut d’une colline après être passé entre les pieds d’un moulin à une descente effrénée d’une montagne en 4×4, sans oublier la toute bête pointe de vitesse le long du littoral. Petit aparté pour souligner que j’ai particulièrement aimé la mission consistant à ralier Edimbourg le plus vite possible, évocation du court-métrage C’Etait un Rendez-Vous de Claude Lelouch.
Enfin bref, à côté de cela, on trouvera également le scénario où notre avatar monte une entreprise de vente de voitures très rapides et où il s’octroie le luxe de les conduire avant ses clients pour évidemment épater la galerie, un autre où LaRacer (une streameuse fictive) nous propose de réaliser divers exploits auprès de voitures cultes issues de différents jeux vidéo, et un dernier enfin où l’on nous demande de conduire différents véhicules dans le cadre d’un documentaire sur les voitures anglaises. Des annexes somme toute très sympathiques en tous cas et sur lesquels je dois bien admettre avoir passé de très bons moments de conduite. Surtout, ces quêtes offrent le luxe de varier un peu les plaisirs en donnant à Forza Horizon 4 l’occasion de faire réellement autre chose que les courses ou les petits défis de prouesses pas toujours ultra amusants.

Une des missions de cascadeur implique de tourner une séquence de fuite face à un avion de chasse, voltiges et prouesses en tous genres à la clé.

Les courses d’ailleurs, parlons-en. Comme toujours, elles se répartissent en plusieurs types principaux : sur route, sur terre, cross-country et courses de rue. Chacune de ces catégories impose un choix de véhicule adéquat ainsi que des façons de conduire variables selon les terrain. Attention par exemple à avoir de bonnes suspension pour le cross-country ou encore une bonne accélération et une bonne tenue de route pour les courses sur route, privilégiant la vitesse de pointe et la précision dans les trajectoires. Tout un lot d’épreuves se retrouve alors disséminé et progressivement agrandi partout sur l’aire de jeu et auxquelles on peut participer en exhibition (une course à la fois) ou en championnat (série de trois courses d’une même catégorie avec un classement final). Et à mesure que l’on gagne, notre niveau progresse dans chaque catégorie (et notre niveau général avec), amenant avec lui les cadeaux qui vont bien. Rien de bien révolutionnaire ici évidemment mais on retiendra surtout le très grand nombre d’épreuves qui sont proposées, d’autant que chaque saison apporte son lot de nouvelles courses auxquelles participer durant le temps que dure ladite saison.

Le cross-country reste mon plus grand plaisir ! © capture d’écran personnelle

Notez que, dans Forza Horizon, la progression du joueur l’amène, de temps à autres, à participer à ce que l’on appelle tout bonnement des rassemblements. Il s’agit d’épreuves exceptionnelles dans lesquelles nous sommes amenés à réaliser une course contre un train, un avion de chasse ou je ne sais quoi encore de relativement hors du commun. Et si ces grands rendez-vous sont de nouveau présents dans FH4, je regrette cependant deux choses : leur nombre assez réduit et le fait qu’ils sont très vite disponibles. En fait, après une quinzaine d’heures de jeu seulement, chacun des rassemblements proposés par le titre a été débloqué et, vraisemblablement, accompli. Je trouve cela dommage car cette raréfaction conjointe à une rapidité d’apparition un chouïa trop grande ôte un peu au côté exceptionnel des rassemblements. Restent quand même des courses d’anthologie comme celle, en particulier, nous plaçant dans le cadre d’une simulation où nous incarnons des soldats à bord de véhicules tâchant d’échapper aux terribles Covenants, tout ceci étant bien entendu tiré de la licence Halo. Une tout petite déception donc qui reste néanmoins très relative, d’autant que Forza Horizon 4 propose un autre type de grand rendez-vous en parallèle de ces derniers. Il s’agit ici, de manière un peu plus classique cependant, de courses marquant le franchissement de grands paliers dans notre progression de pilote. Dans chaque catégorie arrivera donc le moment de participer à une course bien plus longue que les autres (comptez une bonne grosse dizaine de minutes) et qui viendra mettre nos talents à l’épreuve. On en dénombre autant qu’il y a de catégories évidemment : le Gantelet, le Marathon, le Titan et enfin le Colosse. Si leur caractère d’exception est à mon sens moindre comparé à celui des rassemblements que j’évoquais plus haut, j’en garde tout de même un bon souvenir, celui d’une course plutôt acharnée et dantesque, riche en suspense puisqu’une attention constante est nécessaire sur chaque seconde durant 10 minutes et que la moindre erreur peut s’avérer fatale.

Forza Horizon : Breath of the Wild © capture d’écran personnelle

Mais, pour être tout à fait honnête, Forza Horizon, ce n’est pas uniquement le plaisir du pilotage au sens propre du terme. C’est aussi celui de la conduite, comme on conduirait le dimanche pour aller se promener. Ingrédient essentiel de la recette FH, le simple plaisir de rouler est indispensable pour que la sauce prenne dans un jeu de cette licence, lequel se veut être autre chose qu’un « simple » jeu de courses décomplexé et fun. Forza Horizon c’est aussi le plaisir d’évoluer dans un environnement qui se veut être un régal pour les mirettes, un écrin dans lequel on se plait à avancer et se balader au volant de son véhicule préféré. FH4 se pare alors, comme ses prédécesseurs, d’atours esthétiques qu’on ne peut que souligner et qui font le succès de chaque épisode. Conquis par l’arrière-pays du Sud de la France, ravis par les couchers de soleil sur les plages australiennes, je suis désormais enchanté par cette Grande-Bretagne qui s’offre à moi, variée dans ses terrains et mouvante dans ses saisons. Si l’on poussait l’idée suffisamment loin, on pourrait presque parler d’une expérience très romantique, au sens littéraire du terme, celui qui s’enthousiasme d’une nature a priori indomptable mais dans laquelle on peut trouver quelque chose qui marque.
Alors oui, je l’ai dit, cela pousse un peu l’idée mais il y a vraiment de ça dans Forza Horizon et encore plus dans ce quatrième volet. Nourri par son gameplay impeccable et ses immenses qualités graphiques (c’est clairement un des plus beaux jeux de bagnole que je connaisse), FH4 suscite cette espèce de petite joie où, bercés par le « vroum vroum » des voitures et épatés par les décors somptueux dans lesquels nous roulons, nous retrouvons finalement de ce plaisir enfantin que nous ressentions quand, à l’époque, nous jouions avec nos petites voitures Majorette ou Hot Wheels en nous imaginant des road trips épiques et insensés. C’est là toute l’essence de Forza Horizon d’après moi, le plaisir simple mais immédiat reposant sur des mécaniques elles aussi simples et immédiates. Et ce quatrième épisode, en offrant un immense contenu et par conséquent une durée de vie remarquable, pousse l’idée un tout petit peu plus loin encore.

Et puis ces lumières bon sang ! © capture d’écran personnelle

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Sans avoir été totalement déçu par Forza Horizon 3, je renoue complètement dans ce quatrième opus avec le plaisir ressenti en jouant au deuxième. A trop vouloir me laisser de libertés, le 3 m’avait conduit à me perdre un peu dans une espèce de répétition routinière lassante. Fort heureusement, ce n°4 recentre le jeu, guide mieux celui qui s’y essaie mais sans pour autant oublier de lui laisser cette liberté qui est aussi une clé de Forza Horizon. FH4 signale mais ne force pas, tout en offrant un très large panel d’activités et courses. Microsoft et Playground ont sorti là un excellent titre, très certainement le meilleur de cette jeune série. Et franchement, j’en suis presque (presque !) venu à regretter de lâcher ce jeu pour passer à cet autre immense titre qu’est Red Dead Redemption II. Mais ce n’est que partie remise et je sais que je reviendrai arpenter les routes britanniques à toute vitesse, aucun doute à avoir là-dessus.

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3 réflexions sur “Parlons jeu, parlons bien n°43 – « Forza Horizon 4 » [Xbox One]

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