Comic Con Paris 2018 : retour sur ma visite du salon

Le week-end le plus chargé des geeks de France vient de s’achever ! Entre le Comic Con à la Grande Halle de la Villette et la Paris Games Week à la Porte de Versailles, c’est une fois de plus vers la capitale que les projecteurs des amateurs de jeux vidéo, séries, comics et autres plaisirs geeks se sont évidemment tournés. Un week-end chargé au cours duquel j’ai pu me rendre sur les deux salons. Et si l’on parlera en détail de la Paris Games Week la semaine prochaine, je vais aujourd’hui vous narrer ma journée passée sur le Comic Con parisien, vendredi dernier !

Retour donc à la Grande Halle de la Villette un an après ce qui fut ma première venue sur l’événement ! Une édition 2017 que j’avais appréciée dans les grandes largeurs mais qui me laissait un petit goût amer avec le recul, estimant notamment que la part du merchandising divers l’emportait par exemple trop largement sur ce qui est censé faire le cœur de ce salon : les comics et autres supports culturels dits geek. Je me souviens notamment de l’avalanche de figurines Funko Pop qui avait déferlé sur le Comic Con 2017, bien trop conséquente… Je retourne donc sur ce salon un an après avec l’espoir de voir des choses qui me parlent plus et, surtout, un grand rassemblement qui n’oublie pas son essence derrière des stands de merch’ trop nombreux et, par conséquent, redondants. Mieux encore, j’y retourne cette fois avec une accréditation presse me donnant accès au salon pour toute la journée du vendredi, histoire de bien faire les choses. Et je remercie encore les équipes du Comic Con Paris pour cette invitation hautement appréciée !

L’artist alley est LE lieu où croiser ses artistes préférés !

Mais avant de vous donner mon avis aussi précis que possible sur cette édition 2018, petite vue d’ensemble de mon programme du jour. Un planning chargé d’ailleurs car ce cru 2018 du salon était riche de conférences très attrayantes notamment ! Conversation avec Frank Miller et Andy Kubert, conférence hommage à Moebius, une discussion sur Batman – La Légende avec Neal Adams, conférence sur les films et les comics avec le producteur Larry Franco, un entretien avec Dean Cain et Dan Jurgens pour les 80 ans de Superman, une autre conférence sur Jack Kirby et la pop culture… Sur les trois jours d’ouverture au public, ce Comic Con 2018 proposait ainsi un très large panel d’interventions aux sujets éminemment intéressants ! Et à titre personnel, c’est aux deux premières de cette liste non-exhaustive que j’ai pu assister. J’aurais bien souhaité suivre celle avec Neal Adams mais l’incroyable foule massée devant les portes de la salle de conférence au retour de ma pause déjeuner a eu raison de moi. Deux conférences donc, lesquelles ont finalement occupé une large partie de mon temps de présence sur le salon. Le reste, je l’ai passé à déambuler de stands en stands mais également dans l’artist alley afin de rencontrer bien des auteurs et illustrateurs de renom.

Pour ce qui est des conférences, j’ai donc assisté à deux d’entre elles, la première étant celle en hommage à Moebius. Au cours d’un panel dans lequel sont intervenus Frank Miller, Jan Kounen (qui a notamment adapté la bande dessinée Blueberry au cinéma) ainsi que Jean-Pierre Dionnet, lequel était un excellent ami de Moebius et qui a fondé avec lui Métal Hurlant notamment, j’ai eu le plaisir d’en apprendre bien davantage au sujet de cet immense nom de la bande dessinée que je connais pourtant excessivement mal. Blueberry, Métal Hurlant, Les Humanoïdes Associés, L’Incal, c’est toute la carrière de Jean Giraud (de son vrai nom) qui y passe, qui est décortiquée au cours d’un échange qui souligne sans cesse tout le génie de cet homme qui aurait eu justement 80 ans cette année. C’était une conférence très intéressante et particulièrement enrichissante, donnant aux amateurs et fans l’occasion d’entendre moult anecdotes (venues notamment de l’inénarrable Jean-Pierre Dionnet, jamais à court d’histoires à raconter), tandis que les néophytes comme moi obtenaient ainsi bien des clés pour entrer dans l’œuvre de Giraud et comprendre pourquoi, encore aujourd’hui, il est devenu une véritable légende de la bande dessinée, tant en France qu’aux Etats-Unis, où il a notamment créé avec Stan Lee le Surfeur d’Argent !

Une conférence riche en anecdotes.

Le second panel auquel j’ai assisté fut la conversation avec Frank Miller (encore lui) et Andy Kubert. Une conférence au cours de laquelle les deux hommes ont pu échanger sur leur approche des super-héros et répondre aux questions des fans mais aussi et surtout nous annoncer en exclusivité à Paris leur tout nouveau projet : une aventure de Batman, Superman et Wonder Woman au cours de la Seconde Guerre mondiale ! Avec ce comic à venir, Miller et Kubert souhaitent replacer ces trois super-héros mythiques dans le contexte qui fut celui de leur création (ils furent respectivement créés en 1939, 1933 et 1941). A leurs côtés, bien d’autres héros sont évidemment à prévoir, dont Flash et (si j’ai bien entendu) Aquaman ainsi que Sgt. Rock et la Easy Company, emblématiques protagonistes de comics DC se déroulant également au cours du fameux conflit. C’est d’ailleurs autour du Sgt. Rock que l’histoire devrait en grande partie se dérouler mais la place accordée aux trois autres héros sera bien évidemment très grande avec, notamment, un Batman espion au service des alliés et qui aura installé sa Batcave dans les catacombes parisiennes ! Aucune date précise de sortie n’a évidemment été donnée pour l’instant, d’autant que Frank Miller est déjà à l’œuvre en ce moment pour pondre le très attendu Superman : Year One en compagnie de John Romita Jr., son comparse sur sa série Daredevil justement.

Des figurines Stranger Things, je n’étais pas prêt.

En errant ensuite dans les allées du salon, j’en ai profité pour voir un peu les exposants qui y ont été accueillis cette année. Et s’il y a bien une chose qui m’a frappé d’entrée de jeu c’est bien que la Force a été rééquilibrée ! Il semble bien en effet que le Comic Con Paris a décidé en 2018 de revenir aux fondamentaux, aux piliers essentiels de ce genre de salons. Et c’est avec un vrai plaisir que je découvre dans la Grande Halle que les stands proposant moult produits dérivés sont autrement moins nombreux qu’auparavant. Il y en a toujours pas mal, bien sûr, car il faut bien satisfaire les plus friands de ce genre de souvenirs, mais c’est dans une proportion bien plus juste. Ainsi, bien des t-shirts, figurines, posters et autres accessoires divers et variés seront proposés un peu partout mais en réduisant le nombre de revendeurs, le Comic Con s’épargne une répétition d’un stand à l’autre qui était particulièrement marquée l’année précédente. Exit donc les stands Zing et Funko, laissant ainsi place à des revendeurs plus habituels sur ce genre d’événements car plus spécialisés dans la vente en salons de ce type. Mieux encore, en réduisant le nombre de stands de ce genre, le Comic Con s’offre le luxe d’une meilleure répartition des produits dérivés, chaque revendeur ayant un peu sa propre patte quand on y regarde attentivement. Ici, on découvre plein de produits dérivés Harry Potter, là surtout des posters et affiches, ici encore des jeux de société de tous types, là cette fois des accessoires divers et variés orientés en quelque sorte lifestyle… Là où, l’an passé, ne s’attarder que sur un seul stand revenait presque (en caricaturant) à les avoir déjà tous vus, on prend bien plus plaisir à passer de l’un à l’autre au cours de cette édition.
Mais le régal demeure encore dans le fait que cette réduction du merchandising permet aussi et surtout une bien plus grande présence des éditeurs de comics ! Et si Panini jouissait une fois de plus d’un très bel emplacement idéalement achalandé, tandis que Glénat reprenait place dans son petit carré non loin, quelle joie d’enfin voir Urban Comics et Delcourt prendre place correctement au Comic Con parisien ! Absents l’an passé, les deux autres gros éditeurs de comics en France viennent enfin jouer le jeu de la concurrence (et finalement du choix pour les lecteurs et lectrices) dans le salon. Et aux côtés de ces imposants acteurs de la scène comics française, que d’éditeurs plus indépendants également ! Bliss Comics, Bubble Comics, Hi Comics ou encore Snorgleux étaient présents aussi pour faire découvrir leurs collections et leur nouveautés au plus large public possible. Et tout ce petit monde permettait bien évidemment de rencontrer bien des auteurs et/ou illustrateurs ! Pêle-mêle, Freddie E. Williams II était chez Urban pour Batman et les Tortues Ninja, Salva Espin chez Panini, Stefano Gaudiano chez Delcourt, etc. Il y avait donc un réel intérêt pour les plus mordus de comics à venir sur le salon, lequel proposait une excellente vue d’ensemble de l’édition de ces BD en France. Et puis, pour ceux qui avaient prévu un budget pour choper de nouvelles sorties, il y avait de quoi faire ! De mon côté, cela m’aura notamment permis de me faire plaisir avec le tome 1 de l’intégrale Daredevil de Frank Miller, un exemplaire de Kick-Ass 3, le tome 4 de Batman Rebirth (nous parlions des tomes 1 et 2 juste ici) ainsi que le tome 2 de Batman et les Tortues Ninja.

Urban Comics a dégainé toutes ses nouveautés sur un stand excessivement bien rempli !

Des artistes d’ailleurs, j’en évoque un petit nombre ici mais ils étaient très nombreux sur l’artist alley. Ils furent en effet une quarantaine à avoir répondu présent, parmi lesquels David Lloyd (V pour Vendetta), Charles Soule (qui m’a dédicacé mon exemplaire de Daredevil/Punisher : Le Septième Cercle, comme Mast l’an dernier), Dan Jurgens (Superman, Doomsday…), Andy Kubert (Batman – The Dark Knight III, Flashpoint…), Brian Stelfreeze (Black Panther) et tant d’autres…

A défaut de Frank Miller, j’aurais au moins pu échanger avec Andy Kubert.

Dans une très chouette ambiance, chacun et chacune de ces talents accueillait les fans à tour de bras pour dédicacer, dessiner ou parfois simplement échanger trois mots ou plus comme j’ai eu la chance de le faire avec Andy Kubert, incroyable de sympathie. Il y a quand même un regret à nourrir et il gravite autour de Frank Miller. Je ne sais pas si la décision d’organiser les choses ainsi est venue de lui ou des équipes du Comic Con mais le fait est qu’ils furent rares ceux qui ont pu approcher le maître et obtenir une dédicace de sa part. Pourquoi ? Parce qu’un nombre limité de contremarques ont été distribuées à l’entrée du salon, donnant droit à une dédicace de Miller. Ces tickets, rapidement épuisés, ne furent donc donnés qu’à un nombre réduit de visiteurs mais le pire reste encore le timing. Programmée à 14h30, la séance de dédicace de Miller impliquait de s’y prendre assez tôt pour faire la queue, malgré les contremarques (lesquelles ne garantissaient absolument pas d’obtenir une signature, selon le temps pris par ceux passés devant soi). Or, Miller et Kubert tenaient une conférence de 11h à midi. En sortant de la salle à la mi-journée, les fans se retrouvaient dans la situation où la file d’attente pour la séance de dédicace était déjà bien allongée et, par conséquent, il devenait difficile d’espérer obtenir un quelconque grigri sur son comic préféré… Des choix assez étranges, obligeant les fans de l’auteur/illustrateur à choisir entre une conférence de ce dernier ou sa séance de dédicaces. Faire les deux relevait vite de l’impossible, malheureusement. Espérons que dans le cas où d’autres grands noms des comics viendront lors des prochaines éditions, les choses se caleront mieux en termes d’emploi du temps !

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Ce cru 2018 du Comic Con Paris fut donc une chouette expérience, supérieure à celle de l’an passé sur bien des points. Riche en invités, en éditeurs et en animations, le salon a su proposer un très bel accueil à ses visiteurs et visiteuses. Je ne regrette donc absolument pas d’avoir donné une nouvelle chance à cette version française du rendez-vous et y ai largement trouvé de quoi me satisfaire. C’est un bel enthousiasme qui s’est dégagé de cette journée, hautement communicatif et prompt à donner envie d’y revenir l’année prochaine. Nul doute en tous cas qu’en ce qui me concerne, je serai de retour au Comic Con Paris 2019 et je ne peux que vous inviter à venir y faire un tour.

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Une réflexion sur “Comic Con Paris 2018 : retour sur ma visite du salon

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