« The Good Place », saison 1 et 2 : La bonne surprise

Bien souvent, je découvre les séries un peu par hasard. C’était le cas pour Peaky Blinders ou encore Sherlock notamment. Des séries qui déboulent sur mon écran sans prévenir et qui me séduisent en deux temps, trois mouvements. C’est également par hasard que j’ai découvert The Good Place, arrivée en intégralité sur Netflix en Septembre 2017, à l’occasion du lancement de sa deuxième saison. Une série diffusée au rythme d’un épisode par semaine, pour un total de 13 par saison. Et voilà que 26 chapitres plus tard, je me suis trouvé avec cette production une nouvelle série comique que je n’ai pas envie de lâcher. Et ça faisait longtemps !

Mais avant toute chose, des présentations s’imposent. Et ça rime, c’est joli. The Good Place est une série lancée en 2016 par NBC, jusqu’ici surtout connue pour ses séries dramatiques comme Chicago Fire, The Blacklist ou encore l’indéboulonnable Des Jours et des Vies. Anecdote à part, de quoi ça parle ? En gros, tout commence avec la mort d’Eleanor Shellstrop, incarnée par Kristen Bell, et son arrivée au Bon Endroit, lieu post mortem où sont envoyées les personnes décédées aux âmes les plus pures. Bref, une sorte de paradis, auquel est opposé le Mauvais Endroit. Elle y est en tous cas accueillie par Michael (Ted Danson), le patron de cet après-vie paradisiaque, et y rencontrera de nouveaux amis comme Tahani et Jason mais aussi et surtout son âme-sœur (tout le monde s’en voit attribuer une au Bon Endroit) : Chidi, un philosophe de l’éthique. Sauf que voilà, Eleanor n’a rien à faire ici.

Tout commence avec l’arrivée, surprenante, d’Eleanor au Bon Endroit.

Présenté comme ça, je peux aisément croire que le pitch de départ de The Good Place puisse laisser froid mais, tel C-3PO, je ne suis pas bien doué pour raconter des histoires… Enfin peu importe, je dois bien avouer que j’étais moi-même assez dubitatif à la lecture du résumé de cette série et qu’après un ou deux épisodes, je maintenais un peu ce sentiment. Je fis néanmoins le choix de laisser une vraie chance à The Good Place (surtout que ça m’arrangeait bien d’avoir une sitcom à regarder pendant mes petits-déjeuners du week-end et qui ne soit pas soit nulle, soit Friends…) et ça aura sans doute été une sage décision étant donné l’enthousiasme naissant et grandissant à mesure que la saison avançait. Car, progressivement, s’est développé derrière l’humour loufoque mais assez banal des premiers instants une petite intrigue somme toute très sympa à suivre, le tout avec des personnages suffisamment amusants pour retenir l’attention.

A noter qu’Adam Scott, en chef du Mauvais Endroit, incarne avec talent toute la bêtise et la méchanceté de cet enfer.

Et finalement, sans en faire LA série comique de ces années 2010, les 13 premiers épisodes de The Good Place m’ont permis d’en faire un membre éminent de mon Top 5 2017 télévisuel, rien que ça. Car il fallait bien me rendre à l’évidence, cette série est distrayante, drôle, amusante et absolument pas bête. Alors évidemment, on lui reprochera sans doute une certaine naïveté sous certains aspects, voire un manichéisme aussi stérile qu’éculé mais je ne pense pas que ce soit l’ambition de cette série de bouleverser ce genre de codes. Ça pourra la pénaliser aux yeux de certains spectateurs évidemment mais je reste intimement convaincu qu’il convient de passer outre, tout simplement parce que l’objet de la série est ailleurs. Mais j’y reviendrai après et j’ajouterai d’abord que ce manichéisme noté par certains n’est d’ailleurs pas si tranché que ça dans l’esprit de cette œuvre. Et c’est justement la deuxième saison qui me laisse croire cela, étant donné que l’on y suit nos quatre couillons (car ils le sont pour notre plus grand plaisir, on ne va pas se mentir) dans le prolongement de leur quête initiée dans la précédente, laquelle les amène à se chercher entre leurs bons et leurs mauvais côtés. Du coup, il serait idiot de renier tout manichéisme à cette série mais il faut, je crois, souligner comment elle explique qu’il n’y a pas que les bons et les méchants, de manière innée. Chacun(e) peut, selon ses choix, passer de l’un à l’autre de ces « côtés », une thématique qui devrait d’ailleurs être assez prégnante dans la saison 3, si l’on en croit la fin de la deuxième. Ceci étant dit, je regrette tout de même que la manière dont est traité l’entre-deux ne soit pas plus poussée et fine que cela n’est le cas.

Toute la question de la simple opposition du bien et du mal est remise à plat dans les derniers épisodes de la saison 2.

Mais d’ailleurs, ce manichéisme n’est à mon sens pas si vain ou inopportun puisqu’il s’inscrit dans cette vision générale de la série qui vise à se réapproprier des thèmes et dogmes religieux en les remaniant pour mieux créer ses propres principes de vie après la mort. Et j’ai le sentiment que derrière la gentille façade de sticom plutôt drôle se cache aussi, un peu, une façon détournée de se foutre de la gueule de la religion, en particulier chrétienne. Oh ça reste très gentil, pas de quoi en faire un sermon à la prochaine messe : on est en fait beaucoup plus dans la parodie qu’autre chose. Michael qui vous accueille aux portes du Bon Endroit, lieu de repos éternel opposé au Mauvais Endroit où tout n’est que souffrance sous la forme de perches à selfies et autres looks de cagoles… Vous l’aviez compris dès le départ, le parallèle est bien là. Et sans être d’une finesse absolue, il fonctionne assez bien et l’on rit volontiers de toutes ces absurdités que The Good Place met en place comme ressorts comiques. Il est intéressant par ailleurs que l’on oppose dans cette série ces bases inspirées des dogmes religieux à la philosophie, notamment portée par le personnage de Chidi, qui est sans doute celui qui a le plus de mal à se faire à cette vie après la mort. La faute essentiellement à tous les concepts philosophiques que le jeune homme a en tête en sa qualité de professeur d’éthique.

Tahani et Jason sont si déconnectés de la réalité qu’ils ne peuvent qu’être risibles et drôles.

Mais au-delà de ces points, et à l’instar de bien des sitcoms, The Good Place est avant tout une production qui joue sur ses personnages et les situations qu’ils rencontrent, ni plus, ni moins. Et nul doute que le sous-texte que j’évoque là peut largement être mis de côté pour seulement apprécier l’humour de cette série. Et je suis certain que tout le monde n’appréhendera pas de la même manière ce « sens caché » de la série, tout ceci n’étant qu’une interprétation personnelle évidemment. Enfin bref, le fait est qu’on est essentiellement là pour rigoler et c’est mission accomplie pour The Good Place qui réussit à piocher dans différents types d’humour, du loufoque pur et simple, limite anglais, à un humour finalement très américain, emprunt de situations cocasses et de quiproquos. Et si ça peut sentir le vu et le revu, il n’en demeure pas moins que la création de Michael Schur (scénariste/producteur/réalisateur de séries comme Brooklyn 99, Parks & Recreation ou encore The Office US) réussit à imposer sa propre patte, à se forger une belle identité et à faire rire. Aucun épisode ne m’a réellement laissé froid et il y a à chaque fois le bon mot, le joli coup scénaristique qui amène le spectateur à sortir de son épisode avec le sentiment d’avoir passé un bon moment.

Le quatuor de tête est très sympathique dans l’ensemble mais néanmoins inégal.

Tout ceci est donc somme toute rondement mené et il convient de souligner aussi l’assez bonne qualité de la distribution. En tête d’affiche, Kristen Bell incarne donc Eleanor, et je pense qu’on peut dire qu’elle fait le job. La comédienne qui avait déjà croisé la route de Michael Schur sur Parks & Recreation offre une prestation franchement efficace, jouant habilement sur les deux tableaux qui composent ce personnage pour l’essentiel : la tête à claque et la gentille nana qui se cache derrière. A ses côtés, Jameela Jamil et Manny Jacinto offrent deux très bons seconds rôles en Tahani et Jason. Les deux comédiens forment par ailleurs un duo qui fonctionne franchement bien et dont les mécaniques apportent une plus-value certaine à la série vu de ma fenêtre. J’ai en revanche un peu plus de mal à accrocher à William Jackson Harper, dont je dois bien dire qu’il me laisse assez froid. Et déjà que je n’aime pas trop son personnage de Chidi, trop timoré au regard de l’ensemble du panel de protagonistes, ça n’arrange pas les choses.

Mais c’est clairement pour D’Arcy Carden et Ted Danson que j’ai ici un vrai coup de cœur. La première a la chance d’incarner le plus loufoque des personnages, à savoir Janet, sorte de base de données/méga processeur à forme humaine dont le côté complètement déjanté apporte une véritable touche comique qui n’est que renforcée par l’incarnation qu’en propose la comédienne. D’Arcy Carden joue en effet admirablement sur le tableau d’une naïveté déconcertante, quasi-enfantine, qui rend Janet d’autant plus drôle et attachante. Quant à Ted Danson, il propose une prestation terriblement efficace dans la peau de Michael. Tout comme pour Janet, j’aime beaucoup son personnage, en particulier pour son côté complètement déconnecté et décontenancé vis-à-vis des humains, ce qui donne lieu à un champ de possibles vraiment agréable dans le domaine de l’absurde. Et là encore, Ted Danson arrive à livrer un jeu très maîtrisé (dans la gestuelle et dans l’intonation notamment) qui colle idéalement avec cet étonnant personnage qui est, avec Janet, celui que j’ai le plus hâte de retrouver dans la saison 3 !

Ted Danson et D’Arcy Carden sont à mon sens les plus grands atouts de cette distribution !

____________________

Voilà donc ce que je pourrais vous dire pour l’instant de The Good Place. Deux saisons ont déjà été diffusées et la troisième devrait arriver à l’automne prochain. J’ai réellement hâte de retrouver cette série qui m’a beaucoup surpris malgré des attentes très faibles au départ. Alors que je m’attendais à une sitcom un peu banale, sinon bancale, j’ai finalement eu droit à quelque chose d’original et drôle avec un côté sémillant dont aucun des épisode ne se défait.
Pas LA série parmi les séries encore une fois mais une petite réussite en soi, fraîche et délassante juste comme il faut. Et même si ça donne l’impression que je vous vends de l’eau, je vous recommande d’essayer The Good Place au plus vite. Même sans adorer absolument, vous devriez passer un bon moment.

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.