Parlons jeu, parlons bien n°36 – « Splatoon 2 » [Nintendo Switch]

Allez, c’est déjà la rentrée pour le blog et après avoir repris un peu d’activité sur Facebook et Twitter, il est venu le temps non pas des rires et des chants mais bien des calamars et des batailles de peinture.
En son temps, Splatoon fut une belle surprise. Révélé à l’E3 2014, ce premier jeu d’une toute nouvelle licence Nintendo avait su séduire en quelques extraits et encore plus à sa sortie en Mai 2015, le jeu devenant rapidement l’un des plus gros best sellers de la morne Wii U, déjà sur le déclin à l’époque. Je ne vous referai pas ici la critique du jeu (elle est là) mais rappelons-nous juste que la qualité de ce premier volet était une raison suffisante d’espérer une suite. Mais, en fait, qu’attendre d’un Splatoon 2 ? Véritable second souffle ou version 1.5 ? Comment arriver à proposer un n°2 qui se démarque de son prédécesseur ? Et, surtout, les développeurs de Nintendo ont-ils su relever ce défi ? Such wow, much questions… Ce qui est sûr en tous cas, c’est qu’un bon gros sentiment de plaisir nous envahit alors que l’on foule ces terrains pour la première fois et que le fun, le gameplay et l’esthétique de Splatoon nous sautent de nouveau au visage.

Commençons par cela tiens, le gameplay, sur lequel on trouvera difficilement de quoi critiquer. A priori, ce qui pourrait être un vrai point de suspicion de la part de certains joueurs, c’est le motion gaming. A l’instar du premier Splatoon, ce nouvel opus propose en effet de viser en partie en déplaçant sa manette devant soi. je dis « en partie » car c’est essentiellement pour l’axe vertical que cette fonctionnalité sera proposée, l’horizontal restant largement sous contrôle du stick. Et finalement, pas grand-chose à redire là-dessus : ça répond toujours aussi bien, le bouton Y est là en cas de pépin… Aucun problème donc, surtout que l’on peut désactiver le gyroscope dans les options.

On peut vite se laisser surprendre au détour d’un obstacle ! La vigilance est de rigueur sur le champ de bataille !

Et concernant le reste, peu de chose à signaler là encore. Loin d’être mauvais, ce gameplay hérité sans grosse révision du précédent jeu est impeccable et contribue grandement au plaisir de jeu, lequel réside finalement dans ce vaste défouloir que constituent les matches en ligne. Dans un grand bordel coloré, huit joueurs répartis en deux équipes s’affrontent, rappelons-le, dans des parties de paint ball revu et corrigé. Ces affrontements online se déclinent en différents modes auquel l’on accède à mesure que notre niveau augmente : guerre de territoire, expédition risquée, défense de zone… Peu importe le mode choisi en tous cas (préférence pour la guerre de territoire ici cela dit), le plaisir reste le même !

Par ailleurs, si le multi local reste (hélas !) toujours aussi anecdotique, on notera l’arrivée d’un tout nouveau mode de jeu : le Salmon Run. Tout bonnement calqué sur le principe des hordes, ce mode amène quatre joueurs (en ligne encore une fois) à affronter des Salmonoïdes afin d’en récupérer les œufs, un objectif étant fixé en début de partie. Sur un terrain dont la taille évolue selon la marée, les créatures arrivent alors par vagues consécutives et il faudra éliminer les plus gros (Salmonoboss) pour obtenir les fameux cacous (chez moi ça veut dire œuf, cherchez pas). Ces boss présentent d’ailleurs des caractéristiques nécessitant des stratégies précises et surtout un choix judicieux des armes à employer contre tel ou tel boss. Or, l’arsenal étant distribué aléatoirement en début de vague et étant renouvelé à chaque vague (trois par partie), un sens certain et improvisé de la coopération devra être de mise pour l’emporter et remplir sa mission. Assez rapide, prenant et surtout apte à apporter un tantinet d’originalité au milieu d’un contenu trop peu rénové, on regrettera seulement que le Salmon Run ne soit pas tout le temps ouvert, seul écueil d’un mode pourtant bien sympathique.

Chaque Salmonoboss a son point faible !

Côté customisation, Splatoon 2 offre le même intérêt que son prédécesseur avec tout d’abord la possibilité de choisir les chaussures, le haut et le couvre-chef de son Inkling, trois éléments essentiels puisque chacun propose des bonus (jusqu’à 4 par accessoire) qui viendront influer sur vos capacités en combat. Certains permettront en effet d’être plus résistant, d’autres de se déplacer plus vite lorsque l’on se faufile dans la peinture sous forme de calamar, certains enfin de voir son arme se rechercher plus vite ou au contraire se décharger plus lentement… Au joueur de trouver alors l’équilibre parfait, celui qui conviendra à son style de jeu et qui saura aller de paire avec son arme de prédilection. A noter également une plus grande variété de tenues, pour être toujours plus à la pointe de la pointe de la mode.

Cumuler tenues et armes permettra de trouver son set parfait, facilement personnalisable depuis le menu accessible par une simple pression sur la touche + !

On appréciera à ce sujet que Splatoon 2 propose un arsenal long comme le tentacule. Mais ici je passerai rapidement que le fait que les armes se divisent en plusieurs catégories (rouleaux, armes longue distance, etc…) pour plutôt évoquer leur grande variété et surtout l’apport constant et régulier de nouveaux joujoux dans la boutique de Cartouche. Et l’on imagine d’ailleurs que ce système de mises à jour gratuites sera un élément aussi essentiel ici qu’il l’était dans Splatoon premier du nom. Là où c’est mieux qu’avant cela dit, c’est que l’on a cette fois-ci bien moins l’impression d’un remplissage forcé. En 2015, Splatoon était sorti sur Wii U avec un set de base riquiqui et ces mises à jour apportaient du contenu dont il aurait été quasi impératif qu’il soit disponible d’office. Ici, bien au contraire, le jeu s’enrichit progressivement, plus qu’il ne se finalise. Splatoon 2, lui, apparaît alors comme un soft complet d’entrée de jeu et offre bien plus un sentiment d’abondance au joueur. Un peu comme si Nintendo cherchait à se faire pardonner la précipitation du premier épisode. On n’oubliera d’ailleurs pas de dire que ce constat vaut également pour les modes jeu, lesquels sont disponibles dans leur intégralité dès les premiers instants eux aussi, là où Splatoon ne proposait que les guerres de territoires à son propre lancement.

Plus le score est élevé en fin de partie, plus vite on débloque les différents bonus de ses tenues, en plus de changer de niveau.

Mais malgré les grandes qualités de ce titre, reste tout de même après plusieurs heures de jeu le sentiment tenace d’une certaine redite, ce qui était à craindre en toute honnêteté. Certains parleront peut-être carrément de manque d’audace mais je me contenterai de croire que le TPS, comme le FPS et les jeux de tir en général, reste un genre difficile à renouveler. Ce sont des mécaniques entières qu’il faudrait repenser alors et Splatoon, du haut de ses deux épisodes sortis, n’est à mon avis pas encore apte à endosser ce rôle de réformateur. Laissons le temps au temps et peut-être que Splatoon 3, 4 ou même 8 saura remplir cette ardue mission si aucune autre licence ne l’a fait avant. Et surtout, pourquoi reprocher spécifiquement à Splatoon ce que l’on n’ose dire qu’à demi-mots lorsqu’il s’agit de Mario Kart ou de Super Smash Bros. ? Peut-être est-ce là le lot d’une licence toute fraiche qui a su se donner (à tort ou à raison) l’image du porteur d’un petit renouveau chez Nintendo. Mais ce n’est pas aprce qu’un élève est bon qu’il va nécessairement changer le monde en deux coups de cuillère à pot. Splatoon 2 a déjà le mérite d’être excellent dans son fonctionnement et digne d’un certain potentiel niveau contenu, en plus d’être un des jeux les plus divertissants et fun de cette année 2017. C’est déjà pas mal, non ?

Pas parfait donc, avec une marge de progression encore plus ou moins importante, Splatoon 2 séduit d’après moi autant qu’il a de motifs d’un peu décevoir. S’il tire les leçons du passé en offrant au joueur un véritable contenu de base*, il n’en demeure pas moins qu’il tourne vite en rond si l’on exagère un chouïa, n’en déplaise au sympathique Salmon Run. Deux options alors pour accrocher sur le long terme et éviter de le rendre seulement occasionnel : vouloir faire du score et progresser ou bien jouer en ligne avec des potes.
Ceci étant dit, Splatoon 2 reste un jeu haut en couleurs (dans tous les sens du terme), amusant, convivial et ultra divertissant (en plus d’assouvir le rêve coupable de tous les gosses que nous avons été et qui voulaient dessiner sur tous les murs…). En quelque sorte lacunaire mais néanmoins essentiel.

*A ce sujet, on se rappellera quand même que Splatoon est arrivé sur Wii U dans un contexte particulier. Pas encore moribonde, la grande soeur de la Switch était à l’époque déjà bien affaiblie et ce jeu était devenu malgré lui nécessaire pour tenter de sauverce qui pouvait l’être. D’où, peut-être, une sortie plus hâtive que prévue et un contenu appauvri par cette précipitation. Cela aura au moins permis à Nintendo de prouver sa capacité à répondre à ce genre de situation avec sa stratégie de mises à jour régulières et gratuites. Une idée des plus judicieuses.

Publicités

6 réflexions sur “Parlons jeu, parlons bien n°36 – « Splatoon 2 » [Nintendo Switch]

  1. Je dirais, après lecture attentive de ton texte que ce Splatoon 2 est l’océan et en aucun « cas la mare » qu’est le premier, en effet cet épisode au contenu rachitique doit faire bien pâle figure face à la quantité tentaculaire d’objets, de vêtements et d’armes qu’à l’air de proposer cette suite.

    Vivement ma Switch, je n’en peux plus.

    • Vivement ta Switch oui !

      Le truc en fait, c’est que Splatoon 2 a proposé d’emblée ce que le 1 n’a proposé que petit à petit, du coup ça peut sembler illusoire. Jusqu’au moment où tu te rends compte qu’ils sortent de nouvelles armes quasi un jour sur deux. :3

    • Franchement, pour avoir joué des centaines d’heures au premier et déjà un petit temps au second, le seul ajout significatif à la formule du premier est le mode Salmon Run (qui est très bien, par ailleurs).

      Splatoon a divisé le public en ce qui concernait sa « sortie saccadée » où le jeu avait peu de cartes et pas encore tous ses types d’armes day one, puis s’est étoffé petit à petit, mais Splatoon 2 suit exactement la même stratégie que son prédécesseur à ce sujet. Il y a encore assez peu de cartes (on revient vraiment fréquemment sur les mêmes) et les armes de type « Parapluie » sont sorties a posteriori.

      J’espère qu’à terme, toutes les cartes du premier reviendront pour compléter le second, histoire d’avoir un contenu de plus en plus étoffé, mais à l’heure actuelle, il n’y a vraiment que le Salmon Run qui étend significativement les possibilités de jeu. Les mini-jeux arcade étaient déjà là, les 3 modes Pro étaient déjà là, les options de personnalisation étaient déjà là, le mode solo avait pratiquement la même teneur (et un bien meilleur boss final).

      Si Splatoon t’a paru pauvre en contenu, je ne crois pas que le 2 te semblera abondant.

      • Oui c’est ce que je dis, on a quasi exactement le même contenu. Niveau maps, on n’en avait que 4 au lancement de Splatoon, là on devait en avoir 6 ou 8 pour le 2 (j’ai perdu le compte). Quant aux armes, le catalogue est déjà plus fourni au lancement, même si un bon paquet reste à débloquer en grimpant de niveau.

        Mais sinon, oui, la stratégie est la même : renouveler l’attention via les MàJ gratuites à haute fréquence. Il en sera très certainement de même pour les épisodes suivants, vu que ça ne choque pas grand-monde. :3

  2. Je faisais partie des premiers joueurs sur WiiU et javais adoré le concept. Dans ton article, je note qu’aucun changement notable est présent. J’aurais aimé le prendre quand j’aurais acquis la Switch mais le temps pour ce genre de jeu me manque cruellement à l’instar de Destiny 2…
    Chouette article en tout cas ! 👍

    • Merci !

      Et oui en effet, il n’y a pas de véritable grand chambardement dans ce n°2. On a repris la même recette, ajouté deux ou trois ingrédients (Salmon Run, nouvelles armes, nouveaux stages…) mais dans l’ensemble, ça ressemble beaucoup au premier.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.