[Rétrospective] Star Wars – Episode II : L’Attaque des Clones, George Lucas, 2002

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Star Wars – Episode II : L’Attaque des Clones, film de science-fiction de George Lucas. Avec Hayden Christensen, Ewan McGregor, Natalie Portman, Christopher Lee…
La note du Koala : 2,5/5

Ce film est la suite de Star Wars – Episode I : La Menace Fantôme (G. Lucas, 1999).
Il est suivi par Star Wars – Episode III : La Revanche des Sith (G. Lucas, 2005).

Le pitch : Dix ans après les événements de La Menace Fantôme, la désormais sénatrice Amidala (N. Portman) mène une lutte politique pour maintenir la paix dans la galaxie, bouleversée par un belliqueux mouvement séparatiste. Après avoir échappé de justesse à un attentat la visant directement, la jeune femme est mise sous la protection de deux Jedi qu’elle connaît bien : le Chevalier Obi-Wan Kenobi (E. McGregor) et son Padawan Anakin Skywalker (H. Christensen). Mais suite à une nouvelle tentative d’assassinat, Obi-Wan doit enquêter sur les commanditaires de ses attaques tandis qu’Anakin reste seul protecteur de la sénatrice. Les conséquences mettront en péril la République, la paix et l’engagement de Jedi d’Anakin.

La critique : Après le retour en demi-teinte de Star Wars trois ans plus tôt avec l’épisode I, George Lucas avait fort à faire ici. La premier épisode de cette Prélogie avait en effet de quoi questionner les spectateurs quant à la qualité générale de cette dernière. Et si, tout simplement, Star Wars n’était plus Star Wars ? En 2002, L’Attaque des Clones était donc attendue au tournant. Et les nouvelles du front ne furent pas forcément meilleures qu’avant.

Concernant la genèse de cet opus, pas grand-chose à raconter cette fois-ci. Inutile en effet de vous rappeler que la trame très générale d’une jeunesse de Dark Vador est dans la tête de Lucas depuis les années 1980 et que le monsieur s’est réellement attelé à détailler cette deuxième trilogie à partir de la décennie suivante et plus précisément de 1994. Inutile également de rappeler que George Lucas est quasiment le seul à revenir de la trilogie originale (avec Frank Oz, Ben Burtt aux effets sonores, Ian McDiarmind et évidemment John Williams à la musique), accompagné qu’il l’est désormais par son nouveau producteur Rick McCallum, un camarade de jeu sur Les Aventures du Jeune Indiana Jones. Cette série d’ailleurs fut la source dans laquelle puisa une nouvelle fois George Lucas pour cet épisode II puisque c’est dans ses équipes qu’il est allé chercher le scénariste Jonathan Hales, le monsieur ayant été recruté pour co-scénariser L’Attaque des Clones. Certains y verront ici un aveu d’échec d’un Lucas conscient des défauts du film précédent mais, à titre personnel, j’y vois surtout la même idée qu’au temps des épisodes V et VI quand le cinéaste a décidé d’alléger sa charge de travail. Reste que l’arrivée de Hales sur le projet pouvait en tous cas laisser envisager un éventuel sursaut dans la qualité scénaristique de cette prélogie mais qu’en dehors de cela, il n’y rien de bien neuf à annoncer.

Christopher Lee relit le script en compagnie de George Lucas dans les décors du duel final de L’Attaque des Clones.

Et finalement, qu’en est-il de cette Attaque des Clones ? En fait, le bilan qu’on en tirera sera globalement le même que pour l’épisode précédent : le film est bancal par bien des aspects. Il y a pourtant dans cette production quelques bonnes idées, notamment dans les thèmes abordés. Un aparté d’ailleurs ici pour évoquer le fait que s’il y a bien une chose de relativement constante (bien que ce soit moins le cas dans la Prélogie), c’est sans doute la façon dont Star Wars aborde ses thèmes. Ou plutôt leur choix : couvrant un très large spectre néanmoins toujours (ou presque) cohérent et pertinent, le champ des thématiques de Star Wars confère à l’intégralité de la saga une saveur particulière, sans aucune doute en raison de sa capacité à interroger non seulement le monde qui nous entoure mais aussi nous-mêmes et la façon dont nous abordons notre monde justement.
Certains constitueront alors de véritables gageures pour les films mais il ne faut pas oublier que d’autres pourront un tantinet plomber le tout. C’est le cas notamment de toute l’approche de la politique et de ses travers qui est faite dans cette deuxième trilogie et poursuivie notamment dans cet épisode II. Là encore, Georges Lucas nous parle de motions, de séparatistes, de sénat… Moins lourdement que dans La Menace Fantôme, certes, mais le sujet est toujours là sans plus de plaisir.

Si la politique reste assez plombante dans cet opus, ce qui touche à l’ascension de Palpatine (et son analogie avec l’Allemagne nazie) est assez bien mené.

On appréciera d’ailleurs le fait que l’action prenne bien plus le pas ici sur les discussions politiques interminables, que ce soit avec Obi-Wan qui part à la recherche de Jango Fett sur Kamino ou tout bonnement avec les événements de Geonosis avec l’armée de clones. A noter au passage que l’action à proprement parler est ici bien mieux menée que dans l’opus précédent, trop brouillon à mon sens. Les scènes de batailles sur Geonosis prennent de vraies belles allures de film de guerre et redonnent enfin à Star Wars le souffle épique qui lui manquait. On pourra aussi évoquer dans cet ordre d’idée le combat dans l’arène (malgré mon désamour pour les créatures ici présentées) et surtout l’attaque de tous les Jedi (fanservice plutôt réussi) ou, bien évidemment, le duel face au Comte Dooku, lequel se veut non seulement particulièrement riche et dynamique mais aussi un véritable plaisir pour les fans qui attendaient depuis longtemps de voir ce que Maître Yoda pouvait bien donner au combat. Certains n’ont d’ailleurs pas apprécié ce style de haute voltige mais il faut quand même bien admettre que ça ne manque pas de panache. Et puis c’est Yoda quoi.

Les scènes de guerre sur Geonosis sont franchement assez bien foutues.

Pour en revenir à la question des thèmes, celui que Georges Lucas cherche néanmoins le plus à appréhender dans cet épisode, c’est celui des faiblesses humaines, celles qui se cachent (qu’on le veuille ou non) en chacun de nous. Et ce thème est ici intégralement cristallisé par le personnage d’Anakin. Cela semble tout d’abord logique : on nous explique depuis bien assez longtemps que ce sont nos faiblesses (la colère, l’arrogance, la jalousie, etc…) qui mènent au côté obscur de la Force. Or, Anakin étant voué à devenir Dark Vador, il fallait bien que ça lui retombe à un moment ou un autre sur le coin du nez. Lucas tâche donc d’amener son héros bientôt déchu à connaître chacun de ces travers intérieurs, les justifiant parfois intelligemment (la perte de sa mère sur Tatooine), parfois d’une manière qui laisse à désirer (« Obi-Wan il est méchant, il veut pas que je sois fort, ouin ouin… »).
Mais le souci véritable, c’est incontestablement le fait d’avoir voulu faire d’Anakin le réceptacle de TOUTES ces émotions négatives. En même temps ! On aurait pu espérer que tout ceci se construirait au moins tranquillement, avec un développement progressif sur les épisodes II et III mais non. Au lieu de cela, le jeune Skywalker est de base imprégné de tous ces éléments négatifs. D’emblée il nous est présenté comme un jeune homme trop sûr de lui, éternel arrogant, et imbu de sa personne. Il passe tout simplement son temps à râler sur la quasi-intégralité des 142 minutes que dure le film ! En résumé : Anakin Skywalker est un insupportable petit personnage qu’on a envie de gifler à chaque instant pour son comportement et l’inconsistance générale de ses propos (sa tirade sur le sable…).

Anakin a ici tout de l’ado chiant qui enchaîne connerie sur connerie.

Ajoutez à cela que le pauvre se retrouve en plus de cela mêlé à une romance qu’on pourra accepter volontiers mais dont la teneur est assez indigeste tant elle est mal menée. Mettant en présence deux personnages relativement immatures (bien qu’Anakin remporte la palme à ce niveau, Padmé étant plus intelligente que lui), cette histoire d’amour est un vrai caillou dans la chaussures par instants. Pas à 100 % dispensable ou inintelligente, elle est mal foutue et n’arrive en aucun cas à s’approprier le souffle des grands romances de l’histoire du cinéma. On sent que George Lucas a voulu instiller du Autant en Emporte le Vent dans son Attaque des Clones mais c’est en vain, hélas… A mon sens, cette histoire d’amours interdites ne vient qu’affaiblir le scénario par sa propre incapacité à vraiment bien tenir debout.
Il y a pourtant à côté de cela de bonnes choses dans l’histoire de cet épisode II, laquelle n’est au fond pas si mal au contraire de ce qui est largement répandu (à mon très humble avis). Certainement pas au niveau de la trilogie originale, L’Attaque des Clones est sur ce plan en tous cas moins bancal que La Menace Fantôme. Bien mieux rythmé, le film accroche assez bien le spectateur. Si, encore une fois, les passages de politique dure et de romance viennent bien freiner les choses, le reste n’en demeure pas moins assez correct dans l’ensemble. Les péripéties ne sont pas toujours les plus passionnantes de l’histoire de la saga mais se laissent tout de même suivre sans vrai problème, le tout dans une dynamique au début un peu trop classique mais néanmoins relativement efficace, en particulier à partir du moment où Anakin et Padmé quittent Tatooine pour se rendre sur Geonosis. J’irai même jusqu’à dire que malgré un flou beaucoup trop souvent maintenu quant au background (les origines de l’armée de clones par exemple), L’Attaque des Clones arrive malgré tout à mieux établir l’univers pré-impérial que l’épisode I, trop brouillon sur ce sujet aussi.

Et vas-y qu’on batifole dans l’herbe pendant que la guerre commence à péter de tous les côtés…

Je parlais plus haut d’Anakin Skywalker en tant que personnage mais il faut bien aussi évoquer celui qui l’incarne ici, à savoir Hayden Christensen. A l’époque, l’acteur canadien est très largement inconnu du grand public malgré une apparition notamment dans Virgin Suicides de Sofia Coppola et il s’agit donc ici de son premier grand rôle. Pas n’importe lequel d’ailleurs puisqu’il est quand même voué à devenir Dark Vador, ce qui n’est pas une mince affaire. Et on ne peut pas franchement dire que le résultat soit à la hauteur des espérances. Hayden Christensen surjoue, il exagère, il amplifie et il en oublie la justesse. Tâchant de servir un personnage au caractère bien (trop) trempé, le comédien en fait des caisses, cabotine sans justification et ne fait que rendre Anakin encore plus pénible qu’il ne l’était déjà. Heureusement que Natalie Portman est à ses côtés tout le long du film pour rattraper le coup à vrai dire. Bien plus à l’aise et, je trouve, professionnelle, l’actrice offre une prestation somme toute très complète, peut-être encore un peu trop marquée dans la naïveté inhérente au personnage mais qui ne souffre d’aucun réel défaut.

Natalie Portman : 1
Hayden Christensen : 0

Mais le mieux reste encore l’interprétation d’Ewan McGregor qui, après avoir plutôt bien établi son Obi-Wan Kenobi dans La Menace Fantôme, poursuit ici un travail d’évolution des plus plaisants. Laissant toujours à son personnage le côté un peu caustique qu’il lui prêtait auparavant (et qu’on sentait déjà un peu avec Alec Guinness à l’époque par certains aspects), il poursuit dans ce deuxième film son travail de construction du personnage en s’appuyant toujours un peu plus sur les bases établies par Guinness en son temps. Gestuelle, débit, accent… McGregor s’attache ainsi à non pas réinventer Obi-Wan mais à en offrir une lecture qui s’inscrive le plus possible dans la logique de ce personnage emblématique. Et c’est fait avec talent.
On n’oubliera pas non plus d’évoquer enfin Christopher Lee, l’immense acteur britannique venant ici prêter ses traits au sinistre Comte Dooku. Un choix des plus judicieux et qui figure à mon sens parmi les toutes meilleures sélections de casting de l’ensemble de la saga. Avec son allure imposante, son timbre de voix si impressionnant et surtout son si bon jeu d’acteur, Christopher Lee permet de donner d’emblée à ce tout nouveau personnage une vraie belle consistance et un charisme fou. Au fond, il est juste dommage que son personnage n’apparaisse que si tard dans le film, on aurait bien voulu le voir plus.

Christopher Lee dans Star Wars, un bien bel atout.

Comme La Menace Fantôme, cet épisode II ne manque donc pas de faiblesses, que celles-ci pèsent sur le scénario, l’écriture des personnages ou la distribution. Je lui trouve cependant bien plus de qualités que son prédécesseur (ce qui fut pourtant longtemps l’inverse) à commencer par une meilleure maîtrise globale. Mieux tenu donc, L’Attaque des Clones n’arrive cependant pas à donner un véritable souffle à cette Prélogie qui, à un film de sa fin, n’a pas su se mettre au niveau des trois opus initiaux. A trop vouloir renouveler son univers, George Lucas est parti dans trop de directions. L’épisode III sera cependant là pour rectifier le tir sur plusieurs points mais on en parlera la prochaine fois.

Le « Oh, au fait ! » :
Parmi les acteurs qui ont auditionné pour le rôle d’Anakin, on retrouve notamment Paul Walker (de la saga Fast and Furious), Ryan Phillippe (Lame de Fond, Souviens-Toi…l’Eté Dernier), Colin Hanks (fils de Tom Hanks, vu dans King Kong et W. notamment) ou encore Leonardo DiCaprio. Tous furent écartés en raison de leur âge.

La voix que l’on entend en off lorsque Anakin massacre les Hommes des Sables sur Tatooine est celle de Qui-Gon Jin, le Maître Jedi campé par Liam Neeson dans La Menace Fantôme. L’acteur est donc revenu pour enregistrer cette seule réplique : « Anakin ! Anakin ! No !« .

Les clones tels qu’on les découvre ici n’ont pas toujours été pensés de cette façon par George Lucas. Lors de l’écriture de L’Empire Contre-Attaque, il avait notamment pensé faire de Lando Calrissian un clone venu d’une planète peuplée exclusivement de clones qui auraient été à l’origine de la fameuse Guerre des Clones évoquée dès l’épisode IV (sous le nom de Guerre Noire en VF d’ailleurs).

Histoire d’emmerder un peu les fans, George Lucas avait une idée toute trouvée pour le titre de tournage de L’Attaque des ClonesJar-Jar’s Big Adventure.

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Une réflexion sur “[Rétrospective] Star Wars – Episode II : L’Attaque des Clones, George Lucas, 2002

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