TFGA n°20 – « Dead Zone »

Alors qu’Alex, fondateur des TFGA, nous annonce un numéro exceptionnel de cette rubrique que l’on croyait morte à jamais pour demain (!), je me replonge de mon côté dans le retard longuement accumulé sur mes participations et après avoir enfin participé au thème sur les jeux qui auraient mérité une meilleure promo, je me lance cette fois-ci sur le cas épineux des morts les plus marquantes du jeu vidéo ! Attention à vos yeux donc car il n’est pas impossible que vous vous fassiez spoiler d’une manière ou d’une autre en lisant ce classement !

N°5 : Les morts d’Amanda Ripley (Alien : Isolation)

La mort, épisode 7526.

J’ai maintes et maintes fois parlé d’Alien : Isolation sur ce blog. Pour le plaisir que j’ai pris à le parcourir, pour ses immenses qualités de level design, pour sa capacité à très fidèlement coller à l’univers de la franchise cinématographique de Ridley Scott, pour la façon dont je me suis plongé corps et âme dedans… Cette fois c’est pour sa brutalité, sa violence et son taux de mortalité que je vais en parler. Mourir dans Alien : Isolation, c’est au final très commun, un peu comme dans un film d’horreur : tu sais que ça va arriver. A partir de là, libre à chacun de croire que tout cela va se faire gentiment, sans surprise ni rien du genre. Mais c’est mal connaître ce jeu de SEGA, lequel fera de chacune de tes morts un moment de pression absolue qui ferait exploser n’importe quel tensiomètre. Alien : Isolation réussit à faire de ta mort une fatalité complète, un événement chaque fois plus violent (physiquement ou psychologiquement) qui se pose en paroxysme d’un stress ressenti dès les premiers instants de jeu. La mort dans ce soft touche à tout ce qu’elle peut avoir de plus brutal, vidéoludiquement parlant, car elle frappe n’importe où, n’importe quand. Un indice t’a laissé comprendre que le Xénomorphe est dans une toute autre partie de la station Sebastopol ? Fais alors tomber un truc dans un vacarme plus ou moins assourdissant et crois-moi qu’il rappliquera, qu’il fondra sur toi depuis cette ouverture que tu n’avais pas vue dans le plafond et qu’il t’éviscèrera sans autre forme de procès. Et que dire de cette multiplicité de possibilités ? De l’empalement à l’égorgement en passant par l’arrachage de visage, à la morsure fatale et aux coups et à la strangulation d’un angoissant androïde, Amanda Ripley mourra de bien des manières, toujours plus horribles. Je n’ai jamais autant flippé !

N°4 : La mort de la famille Auditore (Assassin’s Creed II)

Requiescat in pace

La mort est au cœur du gameplay même d’Assassin’s Creed depuis ses balbutiements dans le premier épisode. On ne va pas y aller par quatre chemins : les Assassins que nous incarnons dans chaque épisode tuent à tours de bras, une véritable petite industrie de la mort. Du garde lambda au sinistre détrousseur en passant bien évidemment par les Templiers, nos héros à la lame secrète savent y faire. Cela étant, les Templiers ne sont pas non plus les derniers pour assassiner et c’est justement un de leur méfaits qui m’a le plus marqué dans la licence d’Ubisoft, un événement survenu dans Assassin’s Creed II : la mort du père et des frères d’Ezio Auditore. Pris au piège par leurs ennemis de toujours, les trois Auditore sont, souvenez-vous, pendus en place publique devant les yeux d’un Ezio impuissant face au drame qui se joue. Mais au-delà d’être simplement un événement marquant de la saga, c’est tout ce qu’implique ce passage par la suite qui est marquant. Tout ce qui fait Ezio Auditore da Firenze dans Assassin’s Creed II, Brotherhood et Revelations ne découle purement et simplement que de cet instant précis où le bourreau a actionné le mécanisme pour prendre ses trois victimes. L’engagement d’Ezio dans la confrérie des Assassins n’est pas anodin donc mais la chose est rendue encore plus intéressante par la manière dont ce choix et ce dévouement à la cause évolue ensuite. Ezio se laisse entraîner dans une quête dont il comprend bien vite qu’elle le dépasse (sans le distancer) et qu’elle implique des enjeux bien plus grands et dont la mort de son père et de ses frères n’ont été que les premiers cailloux blancs sur la piste. Cette (triple) mort est donc marquante dans ce sens où elle est l’un de celles qui revêt le plus d’intérêt dans l’intégralité de la saga. Elle forge un de ses meilleurs personnages, elle a des conséquences directes qui conduisent à d’autres plus indirectes qui donnent à la trilogie d’Ezio tout sa consistance. Ubisfot n’a jamais fait aussi bon boulot depuis, hélas.

N°3 : La mort du bébé metroïde (Super Metroid)

Baby

A la toute fin de Metroid II : Return of Samus sur Game Boy, l’épilogue nous apprend que Samus découvre un ultime œuf de métroïde, lequel éclot devant elle pour laisser naître une larve qui, prenant la chasseuse de primes pour sa mère, la suit sans faire preuve de la moindre animosité. Puis vint Super Metoid sur Super NES, dans lequel le bébé métroïde refait son apparition lors d’un des événements les plus tragiques de la saga Metroid. Peu avant d’atteindre le répète de Mother Brain, boss final du jeu, Samus croise la larve, laquelle et devenue énorme et tente d’abord de la tuer en aspirant son énergie puis, réalisant qui elle tient dans ses griffes, s’enfuit. En plein combat contre l’infâme Mother Brain, Samus est en difficulté et pour dire les choses comme elles sont, elle est même sur le point d’être tuée par son ennemie. Sauf que voilà, le bébé mentionné plus haut revient et sauve Samus d’une mort certaine en se sacrifiant pour elle. Le bébé draine l’énergie de Mother Brain et la rend à Samus mais le boss obtient alors son corps mécanique et, d’un puissant laser, détruit le bébé métroïde. Ceux qui en sont arrivés là en ayant fait les deux jeux comprennent l’ampleur tragique de ce qui vient de se dérouler. Samus, toujours profondément seule dans les confins de l’espace, vient de perdre celle qui semblait jusqu’ici être sa seule indéfectible alliée. Pire, c’est le rapport mère-fille indirectement induit par cette relation qui est détruit et Samus, sans que cela soit dit, perd son enfant en cet instant. Ce traumatisme est d’ailleurs très largement évoqué dans Metroid : Other M sur Wii, suite directe de Super Metroid et épisode à mon sens sous-estimé qui met particulièrement l’accent sur la psychologie de Samus, largement perturbée par cet événement. Pour la grandeur du sacrifice d’une fille pour sa mère, oui, cette mort est pleinement marquante.

N°2 : La mort de tout le monde (The Legend of Zelda : Majora’s Mask)

« You’ve met with a terrible fate… »

Voir mourir une, deux, trois personnes plus ou moins en même temps dans un jeu vidéo, ce n’est pas commun mais presque. En voir mourir tout un village, tout un pays et potentiellement toute une planète c’est encore autre chose. Et cet autre chose, il se produit dans Majora’s Mask lorsque, à l’issue des trois jours impartis à Link pour le sauver, le monde se voit détruit par la Lune qui s’écrase au beau milieu de Bourg-Clocher. Se déclenche alors une cinématique au cours de laquelle l’impact est mis sous les yeux d’un joueur tout aussi impuissant que son héros Link, enfant esseulé qui regarde la déflagration fondre vers lui, ravageant tout et tout le monde sur son passage. Mais au-delà de la simple question de la fin de tout (qui m’a toujours fait suffisamment flipper pour que cet événement me marque assez), c’est aussi la question de l’échec qui se pose là, celle d’une incapacité à sauver tout le monde. Majora’s Mask nous met de base dans cette situation où les personnages et leurs soucis se multiplient, chacun implorant directement ou non Link de les aider et, finalement, de les sauver. Du chagrin, du deuil, de la mort… Quand les trois jours sont terminés et que le Chant du Temps n’est pas entonné, se pose le constat de missions inachevées et d’autres accomplies en vain. Au-delà de la mort de tout quand la Lune s’écrase, c’est le gâchis et la frustration de ne pas être arrivé à les sauver tous qui gagne le joueur. Et, en guise de punition finale, celui-ci meurt aussi.

N°1 : La mort de la maman d’Osselait (Pokémon Rouge/Bleu/Jaune)

Non, non et non, Pokémon dans ses premières heures n’était pas tendre.

Arriver à Lavanville, c’est déjà quelque chose qui va interpeller le joueur, lequel sent tout de suite son ambiance glaçante tomber sur ses épaules, la faute notamment à un thème musical sinistre au possible. Puis vient la Tour Pokémon, tout aussi sinistre, où règnent Pokémon fantômes et personnages timbrés qui réclament du sang (véridique, vous irez vérifier). Puis il y a toute l’affaire autour du petit Osselait et de sa maman, dont on apprend bien vite que cette dernière a été tuée par la Team Rocket. Pas mise KO : tuée ! J’avais 8 ou 9 ans et on venait de me dire qu’une bande de malfrats qu’on m’avait d’ores et déjà appris à détester avait tué un Pokémon. Une maman Pokémon, laissant son petit orphelin derrière elle ! Qu’on se comprenne bien, en plus d’être quelque chose de brutal à appréhender pour le petit garçon que j’étais, c’était aussi et surtout mon premier vrai rapport à la mort dans un jeu vidéo. Je dis bien « vrai » dans ce sens où écraser du Goomba dans Super Mario 64 ne m’avait pas spécialement heurté. Là, il y a tout un contexte, toute une histoire derrière ce drame et on m’a balancé ça en pleine figure sans que j’y sois préparé. Saloperie de Team Rocket…

Omniprésente ou presque, la mort rôde dans bien des jeux. On pourrait parler des Call of Duty et autres jeux horrifiques qui en font leur fond de commerce mais c’est toujours plus intéressant, sans les oublier pour autant, d’aller voir vers ceux qui la distillent plus finement, par à-coups qui la rendent rare et par conséquent plus saisissante. Aller parler du rapport à la mort dans Zelda ou Pokémon sera toujours plus source de questionnements sur le pourquoi du comment que dans un jeu de guerre quelconque où elle n’est qu’un élément du décor.
Et si le sujet vous intéresse, n’hésitez pas à penser et partager votre propre Top 5 sur les morts marquantes dans les jeux vidéo en commentaire de cet article (ou ailleurs, c’est vous qui voyez) et, surtout, pensez à aller lire les contributions d’autres joueurs, toutes listées sur le blog d’Alexandre.

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