Un jour, un album n°25 : « 11 Short Stories of Pain & Glory », Dropkick Murphys

Cela faisait un sacré bout de temps que je n’avais pas écrit d’article sur un album. En fait, ça remonte carrément au 17 Janvier 2016. Soit plus d’un an ! Et puis entre nous, ce n’était pas franchement réjouissant puisque cet ultime article portait sur The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars, que j’avais voulu partager avec vous suite à la disparition de David Bowie, quelques jours auparavant… Du coup, retour à la bonne humeur et à la félicité aujourd’hui avec ce 25ème post dans cette chronique, lequel sera consacré à un groupe dont j’avais déjà parlé en Septembre 2014 pour évoquer ce qui était alors leur dernier album en date, Signed and Sealed in Blood. Et histoire de bien faire, on va reprendre la même idée aujourd’hui et on va parler de celui qui est devenu depuis leur dernier opus en date.

11 Short Stories of Pain & Glory

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Bon, je ne vais pas vous refaire la biographie des Dropkick Murphys, on l’a déjà faite la dernière fois et, honnêtement, il n’y a pas grand-chose à ajouter, si ce n’est le départ après la sortie de Signed and Sealed in Blood justement de Scruffy Wallace, qui officiait notamment à la cornemuse et à la flûte. Lui qui avait rejoint les Dropkick en 2005 pour l’album The Warrior’s Code (leur quatrième meilleur, si vous voulez mon avis) a en effet choisi de le quitter pour aller prêter ses talents aux Mahones. Il est alors remplacé par Lee Forshner, d’abord temporairement pour finir la tournée puis de manière ponctuelle sur l’enregistrement de 11 Short Stories (il participe ici aux morceaux Blood, You’ll Never Walk Alone et Until the Next Time). Enfin bref, suite à la tournée qui a suivi leur précédent album, les Murphys sont retournés en studio après une petite pause bien méritée pour travailler sur leur neuvième album, lequel a finalement été annoncé en Septembre 2016, le tout avec une tournée à la clé et à laquelle j’ai participé pas plus tard que ce 28 Janvier avec leur concert au Zénith de Paris en compagnie de mon frangin. Un concert ouvert en premier lieu par le groupe parisien Lion’s Law, plutôt orienté punk oï, lequel a violemment réveillé la foule, tout comme l’auront fait les gars de Slapshot, groupe issu de Boston et versant dans un style punk hardcore brutal et sans concession. Entre les deux, les londoniens de Skinny Lister ont apporté leurs accents folk/celtiques à un rock’n’roll endiablé et marqué par une véritable énergie sur scène. On se souviendra notamment de la chanteuse de ce groupe, non seulement très présente sur scène mais qui en plus y arrive armée d’une jarre en terre cuite qu’elle se plait à consommer avant de descendre aux abords de la fosse pour m’en proposer une bonne goulée et ainsi me permettre de répondre à la question que tout le monde se posait : c’était du whisky.

Quant aux Dropkick Murphys, je les ai retrouvés dans la même forme qu’en 2014 lorsque je les avais vus pour la première fois au festival des Feux de l’Eté en Vendée. Toujours aussi calés sur leur show, ils ont dégagé une véritable énergie extrèmement communicative qui a fait se remuer la foule jusque dans des gradins restés jusqu’ici très (trop) calmes. En deux heures de concert, les Murphys ont enchaînés grands classiques (The State of Massachusetts, I’m Shipping Up to Boston, The Wild Rover…), chansons moins connues par les moins initiés (God Willing, Skinhead on the MBTA, Sunday Hardcore Matinee…) et extraits du dernier album (huit au total sur les onze du disque). Et quand on croit (naïvement) que c’est fini, voilà qu’ils reviennent (évidemment) pour quatre titres supplémentaires, histoire qu’on ne se quitte pas comme ça. Un excellent moment donc qui ne fut entaché au final que par une stupide bagarre et la présence de quelques connards qui n’ont pas compris que le pogo, s’il est partie prenante de ce genre de concert, n’est pas pour autant là pour faire du mal aux autres à dessein. Une stupidité sans nom qui fut vite calmée par quelques plus costauds que moi qui n’ont pas hésité à faire valdinguer les quelques cons qu’ils étaient loin sur les côtés de la fosse. En dehors de cela, un super concert, on ne peut pas dire le contraire.

Quelle folie ce concert ! (Crédit photo : Dropkick Murphys)

Reste qu’en même temps qu’a été annoncé ce nouvel opus, a été révélé le premier single extrait de celui-ci : Blood. Et on ne va pas se mentir, j’ai eu peur. Un peu quand même parce que j’ai trouvé ce premier extrait assez peu inspiré. Oh bien sûr, il reprend les bases de la musique des Dropkick Murphys mais je l’ai néanmoins trouvé lourd, limite pataud et assez peu entraînant… Je vous laisse juger par vous-même.

Bon je me suis dit que c’était peut-être l’exception de l’album et que j’allais certainement apprécier le reste. D’autant que je dis que c’était le premier extrait mais en fait non puisque les gars de Boston avaient déjà révélé pendant la tournée le titre Sandlot qui m’avait assez plu pour sa part mais sans non plus me rendre fou d’extase. Enfin bref, j’ai attendu un peu et un deuxième titre s’est ajouté à liste des révélations pré-commercialisation : You’ll Never Walk Alone, reprise d’une chanson de la comédie musicale de 1945 Carousel. Avec une entrée en matière sur le ton de la ballade qui m’a d’abord assez peu enthousiasmé là encore, la chanson se révèle un peu plus prenante par la suite et même très agréable, surtout sur les refrains chantés en chœurs avec la puissance que les Murphys savent y mettre depuis toujours.

Puis ce fut enfin le tour de Paying My Way de compléter et terminer la liste des singles balancés avant l’arrivée de l’album dans les bacs. Et ce morceau s’est retrouvé quant à lui un peu le cul entre deux chaises dans mes oreilles puisque si je ne le trouvais pas aussi agréable que You’ll Never Walk Alone, je ne le trouvais quand même pas aussi peu engageant que Blood. Il n’en demeure pas moins que Paying My Way est tout de même très typique du style des Dropkick mais qu’il reste dans ce qu’ils font de moins impressionnant. J’ai néanmoins précommandé l’album, comme un gros fan que je suis.

Sorti le 6 Janvier dernier, 11 Short Stories of Pain & Glory n’a pas attendu longtemps avant d’être écouté en intégralité chez moi. Aussi, le soir même de sa réception, je me suis penché sur cet album, qui se compose donc comme son titre l’indique de onze titres :

1- The Lonesome Boatman
2- Rebels With a Cause
3- Blood
4- Sandlot
5- First Class Loser
6- Paying My Way
7- I Had a Hat
8- Kicked to the Curb
9- You’ll Never Walk Alone
10- 04-15-13
11- Until the Next Time

Et quel soulagement alors, bon sang ! Car oui, contrairement à ce que les trois singles m’avaient laissé imaginer, 11 Short Stories of Pain & Glory est un bon album. Pas le meilleur des Dropkick, non quand même pas, mais un disque qui se laisse néanmoins très bien écouter et qui apporte un bon lot de très bonnes choses. Dès l’introduction, je me suis laissé séduire par ce nouvel opus qui, après cette ouverture lourde sur laquelle je vais revenir après, se pare de tout ce qui fait habituellement la qualité d’un album des Murphys. Navigant entre reprises de vieux morceaux aux accents traditionnels irlandais, ballades et du bon vieux rock’n’roll comme on l’aime, 11 Short Stories fait preuve d’une certain homogénéité vis-à-vis de l’ensemble de la discographie du groupe tout en sachant proposer un contenu relativement varié. Relativement dis-je car il reste quand même très axé sur les bases (solides) que la musique de ce groupe a su se forger au fur et à mesure des années, tout en allant explorer par ailleurs les thèmes qui animent leurs chansons depuis la trentaine d’années maintenant qu’ils sont en activité : la classe ouvrière, la force de la jeunesse, l’amour, y compris pour leurs origines ou leur chère ville de Boston (le titre 04-15-13 fait référence à l’attentat perpétré dans cette ville le 15 Avril 2013 lors du marathon)… Aussi, si je le trouve inférieur à d’excellents disques comme Signed and Sealed in Blood, Sing Loud, Sing Proud! ou Blackout (leurs trois meilleures œuvres de mon point de vue) ces onze histoires n’en demeurent pas moins un excellent pot pourri dans lequel tout fan des Dropkick Murphys saura puiser pour y trouver ce qu’il aime le plus chez eux. Et en parlant de puiser, je suis moi-même aller puiser quatre morceaux parmi les onze et on va les écouter de suite !

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Premier titre : The Lonesome Boatman
Instrumental, le morceau d’ouverture The Lonesome Boatman m’a bluffé. Reprise d’un morceau d’Eddie et Funbar Furey sorti en 1969 sur l’album éponyme, ce titre est assez étonnant d’ailleurs quand on connaît les Dropkick puisqu’il revêt une tonalité particulièrement sombre et lourde qui s’éloigne assez de leur style habituel, beaucoup plus enjoué ou, lorsqu’il se veut moins enthousiaste, plus proche de la ballade irlandaise que de ce morceau aux allures guerrières qui est sans conteste une très belle entrée en matière dont je me suis tout de suite imaginé que cela ferait une excellente ouverture de concert. Samedi dernier, les Murphys m’ont donné raison en envoyant une version d’une puissance inouïe de The Lonesome Boatman !

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Deuxième titre : Rebels With a Cause
Dès la deuxième piste de 11 Short Stories, les Dropkick reviennent à leur style habituel, à savoir un rock entraîné et entraînant dont on ne peut que sentir les touches de leur punk d’origine lequel se pare notamment de chœurs qui fleurent quant à eux bon les pubs de Boston dans lesquels on s’imaginerait volontiers accompagner les Murphys en poussant la chansonnette avec eux à s’en décrocher les cordes vocales. Je trouve de Rebels With a Cause très bien foutu à titre personnel, rapide, efficace, sans véritable chichi mais duquel se dégage toute la personnalité du groupe. Il me rappelle, si l’on fouille dans les albums précédents, le titre The Gauntlet qu’on retrouvait sur le très bon Sing Loud, Sing Proud! en 2001.

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Troisième titre : 04-15-13
Dixième piste de l’album, 04-15-13 renvoie les Dropkick Murphys à un autre style musical dans lesquels ils arrivent également à produire de belles choses : la ballade. On se souvient par exemple de bien jolies chansons comme Rose Tatoo sur Signed and Sealed in Blood ou de The Torch sur Sing Loud, Sing Proud! et c’est ici de 04-15-13 qu’il est question. Folk à souhait, ce morceau a été inspiré au groupe par l’attentat du marathon de Boston du 15 Avril 2013, lequel avait été marqué l’explosion d’une bombe artisanale sur la ligne d’arrivée. Et forcément, quand on s’attaque à Boston les Murphys ne peuvent qu’être touchés. Amoureux qu’ils sont de leur chère ville, ils ont tâché d’exprimer leur émotion et leur tristesse dans cette très jolie chanson où les Dropkick rappellent que ces attaques meurtrières ne sont que des violences aveugles dont nous pouvons tous être les victimes, qui que ne soyons et quoi que nous fassions : « I’m a tinker, I’m a tailor, I’m a soldier, I’m a sailor, I’m a doctor, I’m a lawyer, I’m a thief, I’m a drinker, I’m a thinker, I’m a hero, I’m a zero, I’m a beggar, I’m a boss, I’m a cheat, but we’re all just people tryin’ to make our way« .

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Quatrième titre : Until the Next Time
Après la baisse de moral apportée par la piste précédente, les Murphys viennent néanmoins rapporter un peu de bonne humeur à leurs auditeurs en concluant 11 Short Stories avec le très doux et si enthousiaste Until the Next Time. Formidable déclaration d’amour à leurs fans, cette chanson de fin s’écoute avec le sentiment que ces gars font ce qu’ils aiment et, mieux encore, devant un public qu’ils aiment autant que leur propre famille. Promesse d’un prochain rendez-vous, au détour d’un concert ou, pourquoi pas, dans les rues de Boston, cette ultime piste de l’album a été également la dernière jouée lors du concert de samedi dernier (dans une version amplement rallongée) et c’était une formidable façon de se dire au revoir. Je sais que je veux les revoir ces gars-là mais ce moment-là a fini de me convaincre de la nécessité de la chose. Et s’ils nous remercient si élégamment dans le livret de cet album, on ne peut que leur rendre la pareille. Merci pour tout, pour la musique, la bonne humeur, l’énergie, leur gentillesse et, allez, l’amour qu’ils nous portent et qu’on leur porte aussi.

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