Rogue One – A Star Wars Story, Gareth Edwards, 2016

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« Réjouis-toi pour tous ceux autour de toi qui retournent à la Force. Ni les pleurer, ni les regretter tu ne dois »

Rogue One – A Star Wars Story, film de science-fiction de Gareth Edwards. Avec Felicity Jones, Diego Luna, Mads Mikkelsen, Ben Mendelsohn…
La note du Koala : 4/5

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Ce film est un spin off de la saga Star Wars qui se situe entre Star Wars – Episode III : La Revanche des Sith et Star Wars – Episode IV : Un Nouvel Espoir.

Le pitch : Après la chute de la République et des Jedi, l’Empire continue d’étendre son emprise sur la galaxie mais face à cette menace rendue d’autant plus grande par le projet d’arme titanesque que les forces impériales développent, la Rébellion s’organise. Jyn Erso (F. Jones) se retrouve bientôt mêlée de très près à la lutte et rejoint le capitaine rebelle Cassian Andor (D. Luna) dans ce qui deviendra une mission cruciale : récupérer les plans de l’Etoile de la Mort.

La critique : Ça va ? Vous êtes là ? Alors ça s’est bien passé Noël ? Vous digérez ? Cool. En attendant de reprendre tout ça pour le nouvel an, si ça vous va, on va parler un peu de Star Wars, d’accord ? A la fois craint et espéré, Rogue One a divisé les fans de Star Wars dès l’annonce ne serait-ce que de l’idée de faire des spin off de le franchise créée par George Lucas. Certains trouvaient cela génial d’enfin approfondir cet univers en se détachant enfin de la lignée des Skywalker, d’autres trouvaient cela parfaitement incohérent et inadmissible. Reste que ceux-là n’étaient pas les plus nombreux et que la majorité finalement s’accordait sur le fait de dire que tout ceci était avant tout un pari risqué. Le rachat de Lucasfilm par Disney n’a d’ailleurs pas mis un terme aux doutes, loin de là, jusqu’à un Star Wars VII de très bonne facture qui a rassuré malgré les quelques défauts dont il a fait preuve.

Ce qu’il y a de bien avec Rogue One, c’est qu’il fait le choix d’être un Star Wars et en même temps de ne pas en être un. Devant l’ampleur hautement métaphysique de ces propos, j’imagine votre circonspection (plein de mots compliqués, excusez-moi…) mais ce que je veux dire c’est que le film réussit sur sa longueur à tout faire pour satisfaire le fan tout en se démarquant du canon officiel de la licence par différents aspects. Respectueux de ce dernier, il l’est donc par le simple fait de reprendre l’univers que nous connaissons tous et en particulier en choisissant de raconter une histoire que l’on a tous déjà entendue vite fait mais dont ignorais les plus infimes détails. Ceux-là, les voilà exposés pendant un peu plus de deux heures dans un film qui, sans cesse, fait écho à la licence dont il provient tout en cherchant à s’en démarquer, un peu comme le plus jeune de deux frères chercherait à marcher dans les pas de son aîné tout en affirmant sa propre personnalité. En fait, Rogue One a tout d’un Star Wars mais il cette particularité de n’être absolument pas tourné comme tel. C’était bien l’ambition (à l’époque où l’on n’en connaissait pas encore le sujet) de Gareth Edwards d’ailleurs : en faire un film de guerre. Et c’est avec un certain talent que le réalisateur réussit à distiller cette envie dans son œuvre. Rogue One se pare alors d’une patte qui tend doucement mais sûrement vers ce genre-là tout en cherchant à éviter (tant que possible) ses habitudes qui sont devenus des écueils parfois (notamment la shaky cam, désormais imbuvable et que Christopher Nolan semble avoir heureusement remisée au vestiaire pour son prochain Dunkirk). Edwards se propose alors de construire son Rogue One sur deux tempos, l’un propice à cette action inhérente aux batailles et l’autre plus axé sur la réflexion et le dialogue. Tout ceci donne au final un rythme très appréciable au film qui ne manque cependant pas d’une ou deux longueurs. Et là où certains estiment que c’est au début que trouve la plus importe de celles-ci, je pense plutôt que cette introduction est parfaite tandis que le moment le plus longuet du film se situe plutôt peu après la moitié du film, alors que le scénario tombe dans son dernier acte. Rogue One s’appuie alors sur un pivot qui prend un petit peu trop de temps à mon goût. Reste néanmoins un film rythmé et soigné qui, cependant, se révèle être ponctué par quelques incohérences du strict point de vue de l’univers Star Wars et de la mythologie qui l’entoure. Rien de bien méchant pour les spectateurs les moins connaisseurs mais tout de même des petits détails qui n’en seront pas toujours pour les fans. Ainsi, la stupidité de l’Empire et quelques passages un peu fucked up ne se justifient au final que par la toute puissance du scénario.

La scène de bataille sur Scarif (qui ne sera pas sans évoquer celle de la planète Hoth dans L'Empire Contre-Attaque) est à mon goût palpitante.

La scène de bataille sur Scarif (qui ne sera pas sans évoquer celle de la planète Hoth dans L’Empire Contre-Attaque) est à mon goût palpitante.

Ce soin on le retrouve non seulement dans la construction générale du film en termes de narration mais aussi dans la mise en scène et l’esthétique. Là encore, Rogue One joue le jeu d’un écho aux Star Wars canoniques tout en se détachant de ceux-ci. C’est d’ailleurs en particulier vers la trilogie originale et l’épisode IV qu’il faut aller chercher les principales influences tirées de cet univers. Une logique incontestable étant donné l’histoire que ce film cherche à nous raconter (rappelons qu’il se termine sur des événements qui se déroulent une quinzaine de minutes seulement avant le début d’Un Nouvel Espoir). Un peu comme le faisait Le Réveil de la Force – lequel était calqué au possible sur Un Nouvel Espoir – ce premier spin off fait sien une ambiance relativement crasseuse et futuriste sauce 70’s qui faisait et fait toujours le charme de cet épisode IV. Il n’y a qu’à regarder la planète Jedah pour s’en rendre compte, laquelle applique tous les codes qui avaient été composés pour donner vie à Tatooine à l’époque. On pourrait même dire que ce qui s’y passe ressemble presque à ce que Luke Skywalker a vécu sur sa planète natale avec Obi-Wan Kenobi quand il a rencontré Han Solo et Chewbacca. Une référence assumée mais qui, contrairement à Star Wars VII, réussit à ne pas être trop appuyée. Ici, que ce soit par clins d’œil ou par évocations furtives, le rappel au canon Star Wars est fait avec une intelligence fine qui séduit les fans et empêche les néophytes de se sentir ignares face à des références qu’ils ne comprennent pas. Mais le mieux, c’est encore que cette volonté de filiation soit tout de même diluée dans une volonté plus forte de différentiation qui s’illustre par des éléments remarquables comme l’absence de générique d’ouverture défilant ou par l’inscription à l’écran du nom des planètes et de leurs fonctions (une nouveauté dans Star Wars). Des choses anodines ou non qui ne manquent pas de taper à l’œil du spectateur un minimum avisé et un souci de distinction vis-à-vis des œuvres d’origine qui font de Rogue One un vrai bon spin off, lui qui mérite amplement son sous-titre A Star Wars Story. Ajoutez à cela un côté un peu brut, sinon brutal, de l’action à ne quasiment plus en finir et une mise en scène presque digne de ce qu’on voudrait voir le plus souvent dans les films de guerre et vous obtenez un petit écart à la franchise qui se départit de toutes les possibles connotations négatives que le mot « écart » pourrait soulever. En attendant, je pense que c’est en allant chercher dans cette ambivalence que certains trouveront de quoi redire. Car s’il cherche à être à la fois un Star Wars et un film de guerre sans être trop ni l’un ni l’autre, Rogue One se cherche un peu tout le long du film et peinerait presque (et seulement presque) à trouver sa véritable identité, ce qui sera sans doute sa seule vraie lacune.

Visuellement, il y a de très très belles choses dans Rogue One.

Visuellement, il y a de très très belles choses dans Rogue One.

Ce qui a forcément attiré les regards dans ce nouvel opus de la saga Star Wars, c’était forcément le lot de nouveaux personnages et la possibilité d’en retrouver d’autres que l’on connaissait déjà. Dans le premier cas, Rogue One met en scène un groupe de nouveaux protagonistes particulièrement équilibré. Si Jyn Erso et Cassian Andor sont en quelque sorte des archétypes des héros de la franchise (Jyn Erso = Leïa = Amidala = Rey, si vous voyez ce que je veux dire), ils n’en forment pas moins un duo agréable à suivre et à voir évoluer, d’autant que leurs interprètes respectifs livrent des performances tout à fait correctes, en particulier Diego Luna, que je découvre ici sous un nouveau jour et qui m’a presque plus séduit que Felicity Jones, pourtant déjà bien dans son rôle. Mais le sel de ce duo, c’est aussi dans leur comparse droïde K-2SO qu’il réside, lui qui se veut presque être un C-3PO combattif comme un Chewbacca et au langage aussi châtié que celui que R2-D2 semble tenir tout au long de la saga. Véritable pivot humoristique de ce film, K-2 est le personnage qui vient ponctuellement rompre avec la teneur beaucoup plus sombre dont s’est logiquement paré Rogue One. A leurs côtés, je ne citerai pas tout le monde mais tiens quand même à souligner la qualité des personnages de Chirrut et Baze, respectivement incarnés à la perfection par Donnie Yen et Jiang Wen. Il convient enfin de mentionner les impeccables interprétations de Mads Mikkelsen dans le rôle de Galen Erso et de Ben Mendelsohn en directeur Krennic. Plus théâtraux que leurs collègues sur ce film, les deux comédiens portent une saveur toute autre à Rogue One dès qu’ils apparaissent à l’écran. Et puis bon, Mads Mikkelsen quoi, tu peux pas test. Restait alors la question des anciens personnages. Dark Vador notamment est de la partie dans deux séquences du film dont la dernière, laquelle est une concrétisation parfaite d’un fantasme de fan. Le Seigneur Noir y impose toute la puissance qu’on rêvait depuis toujours de le voir étaler, lui qui n’avait jamais réellement eu l’occasion de se montrer aussi violent (les duels des épisodes V et VI étaient cool mais là, on est bien au-delà de ça). A noter que cette séquence finale est de toute façon une véritable merveille à laquelle il ne manquait en fait plus que d’être intégralement tournée en un plan séquence qui aurait très certainement été l’un des plus beaux de ma vie (ouais, carrément). Mais c’est le cas du Grand Moff Tarkin et de la Princesse Leïa qui soulève le plus de « débats » et si je dois avouer que la solution choisie m’a finalement assez plu (d’autant que dans le cas de Tarkin, ça renforçait à mon sens son côté flippant), je ne peux m’empêcher de penser que Leïa aurait mérité un chouïa mieux. Je ne vous révèle rien si vous n’avez pas vu le film mais vous comprendrez sans doute ce que je voulais dire quand vous verrez.

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Rogue One a donc été une très bonne surprise dans le sens où le pari risqué a été relevé avec un certain talent qui manquait peut-être encore un tout petit peu d’audace cependant mais rien en tous cas qui soit réellement pénalisant. J’ai passé un excellent moment devant ce one shot qui s’accorde parfaitement avec le reste de la franchise au final et qui n’aura peut-être pas rassuré tout le monde mais qui me laisse quand même croire que les prochains spin offs (dont le prochain qui portera sur Han Solo) pourront sans doute ravir mon petit cœur tout mou de fan.

Le « Oh, au fait ! » :
L’actrice Genevieve O’Reilly campe ici le personnage de Mon Mothma, sénatrice qui figure parmi les fondateurs de la Rébellion, et dont elle avait déjà endossé le rôle dans une scène finalement coupée de La Revanche des Sith où l’on assistait à une réunion mettant en scène Mon Mothma, Bail Organa ainsi que Padmé Amidala en train de discuter de la formation de la Rébellion suite à la chute de la République.

Il s’agit du tout premier film estampillé Star Wars dont la bande originale n’est pas composée par John Williams. Ce travail est ici revenu à Michael Giacchino, connu pour son travail auprès de J.J. Abrams sur Mission : Impossible III, Super 8 ou encore Star Trek (et ses deux suites) ou également pour ses fréquentes collaborations avec Pixar (Ratatouille, Les Indestructibles…).

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2 réflexions sur “Rogue One – A Star Wars Story, Gareth Edwards, 2016

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