Parlons jeu, parlons bien n°33- « Fire Emblem : Fates – Héritage » [3DS]

Si ce n’est qu’avec Awakening, premier épisode 3DS de la franchise, que j’ai découvert Fire Emblem, je suis immédiatement tombé sous le charme de la licence de RPG tactique d’Intelligent Systems, que je ne connaissais jusqu’alors que grâce aux apparitions de mecs comme Marth ou Roy dans Super Smash Bros. Melee notamment. Tout ceci fait en tous cas de moi ce que d’aucuns appellent (avec dédain parfois) un « nouveau fan » qui n’aurait peut-être pas voix au chapitre (la communauté de fans la plus ancienne de Fire Emblem est un peu réac…) mais qui s’était néanmoins empressé de faire le premier épisode Game Boy Advance sorti en France de la série via l’eshop de la Wii U. Enfin bref, c’était avec une impatience certaine que j’attendais Fates, dernier opus en date sorti sur 3DS en deux versions + un scénario tiers. Ayant d’ailleurs fait le choix de n’acheter que la version Héritage, c’est évidemment de celle-ci qu’il sera question ici.

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Quiconque aurait déjà joué à un épisode de Fire Emblem ne serait pas spécialement dépaysé en lançant ce jeu-ci pour la toute première fois. Fidèle à elle-même et au standard qu’elle a su imposer, l’équipe d’Intelligent Systems abat avec ce nouvel opus les mêmes cartes que d’habitude. Fates (peu importe la version en l’occurrence) nous invite donc à incarner un héros (lequel, personnalisable comme dans Awakening, est censé être un véritable avatar du joueur) amené à conduire ses troupes sur divers champs de batailles où chaque type d’unité aura ses forces et ses faiblesses selon le terrain et les adversaires. Comme toujours, triangle des armes (pour déterminer lesdites forces et faiblesses, en partie) et capacités spéciales sont de la partie, de même que – comme dans tout RPG qui se respecte – gains d’expérience et de niveaux (et donc de statistiques). Par ailleurs, Fates repose à l’image de ses prédécesseurs sur un système de combats au tour par tour, dont le nombre peut être limité ou non selon le chapitre du jeu où l’on en est. Rien d’exceptionnel donc dans le gros œuvre mais tout de même le plaisir de mécaniques efficaces car expérimentées.

Grâce à une formule certes malléable mais néanmoins immuable (paradoxe ?), Fates nous remet très vite face à nos repères habituels.

Grâce à une formule certes malléable mais néanmoins immuable (paradoxe ?), Fates nous remet très vite face à nos repères habituels.

Trop ? Peut-être au fond car si le système fonctionne toujours aussi intelligemment, on ne pourra s’empêcher d’y trouver un goût de réchauffé car, quel qu’il soit, un tactical RPG reste un tactical RPG. Que vous jouiez à Fire Emblem ou Advance Wars (autre licence d’Intelligent Systems d’ailleurs), on y trouvera nombre de similarités. Fort heureusement, le studio a de la jugeote et se trouve être dans une de ces périodes de la vie où l’on a envie de proposer de nouvelles choses. Et c’est depuis Awakening justement que Fire Emblem fait l’objet d’une sorte de dépoussiérage par ses développeurs. Déjà, cet épisode proposait quelques nouveautés, que ce soit en matières de modes de jeu ou de difficulté ou bien dans le gameplay. Par exemple, la possibilité de faire fonctionner les unités en duo afin que l’un pallie les faiblesses de l’autre, le tout agrémenté d’un système de relations entre personnages qui permet de rendre les duos de plus en plus efficaces à mesure que les combattants en questions sont de plus en plus associés et voient leur lien se solidifier. Saupoudrez tout cela de relations maritales (dont des relations homosexuelles dans cet épisode, mais il est hors de question de revenir ici sur toute la polémique qui y fut associée à l’annonce du jeu, ce n’est pas le propos) et vous obtenez une façon pas hyper innovante mais tout de même astucieuse pour renouveler un tant soit peu le gameplay d’un genre assez peu malléable.

Les duos sont aussi ouverts aux ennemis, ce qui peut donner des combats à 2 contre 2 à l'issue plus incertaine que prévue.

Les duos sont aussi ouverts aux ennemis, ce qui peut donner des combats à 2 contre 2 à l’issue plus incertaine que prévue.

Fire Emblem : Fates devient donc à partir de là un jeu très appréciable, aux qualités indéniables. Son autre intelligence réside ensuite dans le fait de proposer des modes de jeu et de difficulté qui font de Fates, comme d’Awakening avant lui, une bonne porte d’entrée aux néophytes. Reprenant ce qui avait été fait dans l’épisode précédent (lequel semble finalement être devenu LA base de la série pour les années à venir), Fates propose un mode classique et un mode débutant. Le premier implique (comme depuis toujours) qu’une unité tombée au combat est perdue définitivement et ne saura être utilisée de nouveau par la suite. A la guerre, on gagne ou on meurt, point. Ce mode s’adresse essentiellement aux habitués et/ou aux fins stratèges qui sauront sauver leurs unités de sorts funestes ou (pour les plus calculateurs) sacrifier qui il faut quand il le faut pour assurer la victoire au reste de l’armée. Le mode débutant quant à lui porte très bien son nom puisqu’il permet à une unité battue par l’ennemi d’être de nouveau disponible dès le chapitre suivant, la mort étant remplacée finalement par une bonne grosse blessure des familles. Mais là où Fates apporte encore une nouveauté, c’est avec son mode Phénix, lequel pourrait être rebaptisé « ultra-débutant ». Avec cette nouvelle possibilité, une unité vaincue pourra être réutilisée dès le tour suivant ! Hérésie complète pour les plus chevronnés des joueurs, ce mode est – je trouve – idéal pour les vrais néophytes, ceux qui veulent s’essayer à un tactical RPG exemplaire sans pour autant se prendre la tête. Véritable mode découverte, le Phénix est à mon sens une très bonne idée. Et puis, inutile de hurler quand on voit qu’il y a des modes permettant une telle facilité : si vous voulez jouer en hardcore, prenez le mode classique et ne venez pas emmerder ceux qui veulent juste s’amuser tranquillement sans chichis.

Avec les modes débutant et Phénix, la mort n'est plus un obstacle infranchissable pour les nouveaux joueurs. De quoi leur donner goût au tactical sans les frustrer trop vite.

Avec les modes débutant et Phénix, la mort n’est plus un obstacle infranchissable pour les nouveaux joueurs. De quoi leur donner goût au tactical sans les frustrer trop vite.

Autre nouveauté, c’est le château. Si Awakening proposait sa caserne pour permettre de travailler le relationnel entre les troupes notamment, le château se veut être bien plus dense et réunit en un seul lieu tout plein de choses qui étaient éparpillées un peu partout dans l’opus précédent. Il s’agit en fait de votre place forte, où vous pourrez construire et améliorer divers bâtiments tels que des boutiques en particulier, afin de modifier et améliorer votre équipement. A ce sujet, un truc que je n’ai pas mentionné c’est qu’en choisissant les modes de jeu le plus simplifiés, vos armes ne s’usent pas. En temps normal, une arme (hors arme spéciale du héros par exemple) a un nombre limité d’utilisations et lorsqu’on en arrive à bout, l’arme se casse et il faut la remplacer. Encore une fois de la simplification, certes, mais idéale pour les nouveaux adeptes de la série qui découvrent Fire Emblem avec ce jeu. Mais pour en revenir au château, votre personnage aura toute la liberté de s’y déplacer comme vous l’entendez et disposera de son propre logement où vous pourrez notamment vous lier avec votre compagne/compagnon ou modifier votre coiffure (pas bien important mais c’est pour dire que vous pouvez le faire quoi). C’est ici que tout se met en place finalement pour être fin prêt pour la bataille. Par ailleurs, c’est ici que les fonctionnalités en ligne sont mises à disposition, avec la possibilité notamment d’attaquer les châteaux d’autres joueurs par le monde, lesquels pourront également assaillir le vôtre ! A vous alors de préparer votre défense en construisant et améliorant divers outils conçus pour repousser l’ennemi. Enfin, les Amiibos sont également de la partie mais ils ne servent pas à grand-chose (étonnant, non ?). Pour tout vous avouer, j’ai connecter mon Amiibo Lucina une seule et unique fois et je ne me souviens même pas à quoi cela m’a servi… C’est d’autant plus décevant qu’Intelligent Systems avait eu l’idée dans Codename S.T.E.A.M. de faire en sorte que l’Amiibo que vous connectiez rejoigne votre escouade. Pourquoi ne pas avoir répété l’initiative ici ? Mystère mais je me serais bien vu combattre aux côtés de Lucina encore une fois…

Le château est votre place forte, où vous pourrez préparer tous les aspects techniques avant la bataille, consolider les liens entre vos unités, acheter des armes, etc... L'image est ici tirée de la version Conquête.

Le château est votre place forte, où vous pourrez préparer tous les aspects techniques avant la bataille, consolider les liens entre vos unités, acheter des armes, etc…
L’image est ici tirée de la version Conquête.

Reste donc le scénario, lequel varie évidemment selon la version du jeu que vous aurez choisie. En effet, Héritage et Conquête vous feront prendre deux cheminements différents. Sans vous révéler le pourquoi du comment, le premier fera que votre personnage se rangera du côté du royaume « gentil » d’Hoshido tandis que le second vous fera combattre pour le « méchant » royaume de Nohr. Si vous n’avez qu’une seule version du jeu, le choix se fera automatiquement mais, dans tous les cas, Révélation se posera en revanche plus comme un complément et le fait que vous ayez fait telle ou telle version (ou les deux, carrément) y importera relativement peu. A noter qu’en dehors de cette question de cheminements différents, le choix fait entre Héritage et Conquête fera que vous aurez un jeu plus ou moins complexe, le second ayant une difficulté légèrement réhaussée par rapport au premier et s’adressant donc prioritairement aux plus chevronnés (même si, grâce aux modes de jeu évoqués précédemment, les débutants pourront aussi s’y frotter). Mais pour en revenir à l’histoire en elle-même (et je ne parlerai ici que de celle présentée dans Héritage), je dois bien avouer que ce qui aurait dû être une aventure trépidante, une véritable épopée où se mêlent trahisons, manipulations et intrigues politiques s’est finalement plutôt révélé être un bon prétexte pour lancer les batailles. Pour tout vous dire, je me suis très rapidement ennuyé en suivant l’histoire de ma version de Fates. Tant et si bien que sur les derniers chapitres, je n’hésitais pas à parfois carrément zapper les séquences de dialogues (mais pas les cinématique, trop belles et trop rares pour être laissées de côté), histoire d’arriver plus rapidement aux phases de combats, lesquelles ne perdent d’ailleurs jamais du plaisir que j’y ai trouvé sur toute la longueur de l’aventure. Et finalement, arrivé au terme de tout ce bordel, je dois bien dire que je n’ai même plus envie de faire les deux autres scénarios. Alors oui, il y a bien un ou deux trucs qui pourraient éventuellement pousser à quand même le faire mais non, c’est loin d’être une priorité. D’ici quelque temps, peut-être, et encore…

On oublierait presque d'en parler mais les cinématiques du jeu sont d'une qualité graphique affolante.

On oublierait presque d’en parler mais les cinématiques du jeu sont d’une qualité graphique affolante.

Concrètement, je suis assez partagé concernant Fates. D’un côté, j’ai trouvé tout le pan scénaristique assez faiblichon, ennuyeux souvent, peu palpitant régulièrement. De l’autre, tout ce qui touche directement au jeu en lui-même, au tactical à proprement parler, c’est du solide. Du très solide même. Intelligent Systems a mis tout son savoir-faire dans cet épisode et en a sorti un opus complet, riche, intelligent et cohérent, ce qui n’est pas donné à tout le monde. Tirant les leçons d’Awakening mais restant néanmoins fidèle à tout l’héritage de la licence, Fates se propose comme un jeu d’envergure, surtout si l’on se rappelle que l’expérience intégrale nécessite de passer par trois versions différentes. Malheureusement, cet aspect-ci demeure tout à fait dispensable, une version se suffisant visiblement très bien à elle-même. S’intéresser aux deux autres ne s’avère donc pas être une priorité mais, vu le plaisir passé à jouer, rien n’empêchera de se lancer dans de nouveaux défis, plus tardivement, en repassant à la caisse pour les autres itérations de Fates. A voir…

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6 réflexions sur “Parlons jeu, parlons bien n°33- « Fire Emblem : Fates – Héritage » [3DS]

  1. Pingback: 2016 : bilan d’un an (sporadique) de jeux | Dans mon Eucalyptus perché

  2. Un ami m’a déjà conseillé de jouer à ce jeu. Sais-tu s’il y a le jeu sur PC ? Je n’ai pas de Nintendo 3DS. D’habitude je joue plutôt à des jeux en ligne sur des sites comme http://www.prizee.com/ . Cependant, en lisant ton article très détaillé, ça me donne envie de relever les défis de Fire Emblem. À ce qu’il parait, les challenges sont stimulants.

    • Hélas pour toi, Fire Emblem est une licence exclusive à Nintendo qui n’existe que sur ses machines et en l’occurrence sur 3DS pour cet épisode-ci. :/
      Stimulant en tous cas, c’est le mot !
      Et merci pour tous tes commentaires depuis quelque temps, je suis ravi de voir un lecteur aussi assidu sur mon blog ! 😀

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