Parlons jeu, parlons bien n°32 – « Tomb Raider » [Xbox One]

Tomb Raider et moi, c’est une histoire à la fois courte et longue. Courte parce qu’au final je n’ai jamais passé que très peu de temps en compagnie de Lara Croft, vite fait sur PS1 avec le premier opus et plus tard sur Xbox One donc avec ce reboot initié par Square Enix en 2013. Longue également parce qu’à chaque fois, les sessions de jeu m’auront semblé durer des heures et des heures alors que je ne jouais pourtant pas tant que ça. Tomb Raider sur la PlayStation première du nom m’aura fait du mal, à grands coups de gameplay impraticable et de tâtonnements constants, tant et si bien que j’ai fini par l’abandonner. Quant à cette édition de 2013…

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On ne va pas se mentir d’entrée : Tomb Raider édition 2013 tout beau tout neuf, je n’en avais pas grand-chose à cirer à la base. Rien du tout en fait. C’est une licence qui ne m’a jamais plus attiré que ça, sans que je puisse vraiment le justifier. C’est un fait, c’est tout. Et puis, les sélections Games with Gold que Microsoft propose mensuellement sur sa Xbox One m’ont finalement incité à télécharger ledit jeu lorsqu’il fut proposé dans cette sélection. C’était gratuit, je n’allais pas me priver hein. Et puis ça aurait été génial qu’en plus je me rende compte derrière que c’était un jeu formidable ou quelque chose d’au moins approchant. Quelles étaient les promesses de Tomb Raider d’ailleurs ? De l’aventure, de la survie, le tout sur une île somme toute assez peu accueillante avec des espèces de malades qui veulent vous dézinguer sans qu’on sache trop pourquoi. Je grossis un peu la chose mais c’est bien un peu ça. Et c’est bien assez pour potentiellement proposer un truc sympa derrière.

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On incarne donc une toute jeune Lara Croft, l’occasion peut-être de parler un peu de parcours initiatique ou de ce genre de choses…

Sauf que voilà, Tomb Raider édition 2013 a beau être sympathique, il n’en demeure pas moins bourré de lacunes. Mais commençons par ses bons côtés. Car il en a et dire le contraire serait exagéré. Le jeu est par exemple somme toute très joli. Bien que son style puisse sembler très lambda et similaires à la très grande majorités des blockbusters AAA actuels, ça reste une recette qui fonctionne quand même pas mal. N’en demeurent pas moins quelques écueils notamment sur les textures ou les animations et seules les cinématiques peuvent prétendre ne souffrir de quasiment aucun défaut. Au-delà de ces préoccupations purement esthétique (on appréciera d’ailleurs le côté très sauvage de l’ensemble, le jeu dégageant ainsi une atmosphère qui colle idéalement à cette île qui est tout autant sauvage), tout ce qui touche au scénario – ou tout du moins à son contexte – me parle assez. Cette histoire de légendes, de divinités oubliées et de secte psychopathe m’a assez plu et il est finalement assez dommage que tout ceci soit mis en scène dans un scénario dont les tenants et aboutissants sont lésés par un manque d’intérêt flagrant. On se détache en effet très vite de ce qu’on nous raconte pour se concentrer seulement sur comment y arriver. Tout comme on se détache aussi assez vite des personnages, souvent inconsistants, parfois carrément agaçants et hélas quelquefois les deux en ce qui concerne Lara Croft elle-même. La célèbre archéologue devait avoir droit avec cette renaissance à un tout nouveau départ, un second souffle bienvenue qui devait lui permettre de réellement se mettre en selle à l’orée du XXIème siècle et de pouvoir clairement rivaliser avec son lointain homologue Nathan Drake de la série Uncharted. Malheureusement, en nous rajeunissant Lara, les gars de chez Square Enix en ont fait une espèce de caricature. Oh bien sûr on retrouve ce qui fait le sel du personnage malgré tout, à commencer par son fort caractère et sa détermination mais elle sombre beaucoup trop souvent à mon sens dans un pathos parfois intelligent étant données les situations qu’elle a à affronter mais aussi souvent lourd. Reste un joli écrin pour tout cela mais ça ne fait pas tout, en aucun cas.

Vous êtes amenés à faire face à une secte sanguinaire surarmée qui cherche à réveiller une ancienne déesse. C'est banal. Ah et le rouge autour de l'écran c'est pour vous faire croire que c'est un jeu de survie.

Vous êtes amenés à faire face à une secte sanguinaire surarmée qui cherche à réveiller une ancienne déesse. C’est banal.
Ah et le rouge autour de l’écran c’est pour vous faire croire que c’est un jeu de survie.

Sans compter que ce Tomb Raider nouvelle génération ne manque pas de pêcher sur d’autres aspects et notamment sur son gameplay. Ici la promesse était celle d’un jeu d’aventures à tendance survie, de quoi s’attendre à plusieurs choses et, déjà, quelques impressions de déjà-vu auxquelles on était prêt à se faire malgré tout. Et ça n’y manque pas d’ailleurs. Ainsi, Lara grimpe, Lara court, Lara saute et virevolte comme dans n’importe quel autre AAA d’aujourd’hui. Aussi, grappin, arc, armes à feu, rien ne manque dans l’attirail de l’archéologue en herbe pour nous rappeler à d’autres aventures déjà faites chez d’autres éditeurs… Bon, comme je le disais, ce n’était pas forcément le pire et l’on était prêt à sacrifier l’originalité au profit d’une expérience de jeu léchée. Hélas, il n’en est quasiment rien. La survie ? Allons bon, Lara est bien assez grande pour voir sa jauge d’énergie se remplir elle-même ! D’où l’absence d’intérêt complet d’avoir un arc pour buter 2-3 cervidés par instants furtifs. Mais le pire c’est clairement cette sensation de prise en main du joueur par le jeu, lequel lui impose absolument tout. Je me souviens notamment de séquences où l’on doit mener Lara d’un point A à un point B en évitant divers obstacles qui nous foncent dessus. Chouette pourrait-on se dire en s’imaginant déjà mettre nos réflexes à dure épreuve…jusqu’au moment où Lara évite tout, toute seule, sans rien nous demander, si ce n’est pousser le stick encore et toujours vers l’avant. Même les Assassin’s Creed ne nous tiennent pas autant par le bout de la manette… Au final, le joueur n’a pas grand-chose à faire. Le crafting est à ça d’être inutile tandis que le jeu est construit selon le schéma « couloir-arène-couloir » et n’a rien de plus à offrir.

Les QTE sont légion dans cet opus mais ce dernier arrive néanmoins à mal les distiller en allant carrément ne pas en mettre dans des séquences où elles auraient pu avoir légitimement leur place, privant ainsi le joueur...de jeu.

Les QTE sont légion dans cet opus mais ce dernier arrive néanmoins à mal les distiller en allant carrément ne pas en mettre dans des séquences où elles auraient pu avoir légitimement leur place, privant ainsi le joueur…de jeu.

Que retenir de ce Tomb Raider alors ? Pas grand-chose. Il est joli, certes, mais n’a pas grand-chose de plus à donner au joueur, lequel se retrouve finalement face à un condensé de tout ce que l’industrie des jeux AAA peut offrir actuellement. Le scénario est cousu de fil blanc et le gameplay est au ras des pâquerettes tant il est banal et non-inventif… C’est foutrement dommage, le jeu promettait monts et merveilles (mais ils le font tous de toute manière de nos jours) et échoue pas tout à fait lamentablement mais presque. Une bien belle déception.

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3 réflexions sur “Parlons jeu, parlons bien n°32 – « Tomb Raider » [Xbox One]

  1. Personnellement, j’ai bien apprécié ce jeu. Certes, on reste parfois focalisé sur comment atteindre les objectifs, négligeant ainsi d’autres aspects du jeu. Cependant, j’ai été séduite par le gameplay et le graphisme.

    • Niveau graphisme, j’ai pas grand-chose à redire, c’est joli ! Le gameplay m’a quand même laissé assez de marbre… Après je suis persuadé que ça peut plaire à tout un tas de joueurs ! 😀

  2. Pingback: Bilan de fin d’année du blog, édition 2016 | Dans mon Eucalyptus perché

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