Suicide Squad, David Ayer, 2016

Suicide Squad, film de super-héros de David Ayer. Avec Margot Robbie, Will Smith, Joel Kinnaman, Viola Davis…
La note du Koala : 1/5

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Le pitch : Depuis l’apparition de Superman, certains au gouvernement craignent l’apparition d’un nouveau surhomme qui pourrait, au contraire de l’Homme d’Acier, être une menace pour l’humanité. Parmi eux, Amanda Waller (V. Davis), qui propose dans le cadre du projet ARGUS la création d’un commando composé de super vilains parmi lesquels Harley Quinn (M. Robbie), Deadshot (W. Smith) ou encore Captain Boomerang (J. Courtney). Sous la responsabilité du colonel Rick Flag (J. Kinnaman) ce groupe d’anti-héros est bientôt appelé à lutter contre l’Enchanteresse (C. Delevingne), qui use de ses pouvoirs magiques pour prendre le contrôle du monde.

La critique : Il y a des films qui posent des questions quant à leur intérêt dès leur annonce. A titre d’exemple, le récent reboot de SOS Fantômes par Paul Feig en aura remué plus d’un dès lors même qu’on nous a dit qu’il allait se faire (mais on parlera de son cas plus tard). Pour Suicide Squad, on a globalement eu la même chose (avec un émoi moindre et le bashing en moins cela dit…). Quel intérêt à mettre en scène une équipe de « super vilains » alors que DC a déjà suffisamment de mal à rattraper son retard en termes d’univers cinématographique sur son rival de toujours Marvel ? Mais bon, sait-on jamais…

Suicide Squad met donc en scène un groupe de méchants tirés de l’univers des comics DC, méchants qui sont envoyés de manière non-officielle pour combattre une terrible menace. Pourquoi des méchants au service du bien ? Pourquoi ceux-là tout particulièrement ? A titre somme toute très personnel, je trouve le principe même d’une escouade de vilains au service du gouvernement particulièrement bancale dans un contexte où l’on a tout plein de super-héros déjà bien assez costauds. Et au final, le film n’arrive même pas à donner une réponse intelligente à cette question pourtant basique au regard du contexte dans lequel il se place. En fait, Suicide Squad est un gigantesque pourquoi pas. Pourquoi cette équipe-là ? Pourquoi pas ! Pourquoi le Joker en mode gangsta parfaitement ridicule ? Pourquoi pas ! Pourquoi un scénario sans réel liant entre les événements ? Pourquoi pas ! Pourquoi un film sans saveur, ni originalité ? Mais pourquoi pas nom de dieu ! Car non, Suicide Squad n’a rien pour lui. Pas d’imagination, pas d’originalité… Même en essayant de se donner une charte esthétique qui lui serait propre, il échoue en se heurtant aux douloureux récifs du mauvais goût. Le navire, déjà pas bien reluisant mais qui se prend quand même pour un insubmersible paquebot sur l’océan des blockbusters estivaux, ce navire donc prend l’eau et coule, coule, coule…

Oh et si on essayait de faire croire à tout le monde que Cara Delevingne est une actrice intéressante ? Pourquoi pas !

Oh et si on essayait de faire croire à tout le monde que Cara Delevingne est une actrice intéressante ? Pourquoi pas !

Alors on continue quand même de le regarder parce que c’est le genre de truc comme dit ma mère que tu regardes quand même jusqu’au bout parce que c’est tellement idiot que tu te demandes comment ça va finir. Et vu la fin… On peut dire qu’elle est à la hauteur des maigres attentes qu’on aura régulièrement revues à la baisse à mesure que le film avançait. Comment peut-on encore en 2016 oser sortir des blockbusters avec de telles lacunes en matière de cohérence et de mise en scène, sérieusement ? « Hé les mecs, la méchante là elle est trop puissante avec ses pouvoirs magiques ! On n’a qu’à tout faire péter avec de la dynamite ! »… Non mais franchement. Et saupoudrez cette mauvaise idée d’une pincée de ralenti éculé et vous avez une conclusion dont on doutera du bon goût. Mais après tout, c’est à l’image du film dans son intégralité, lequel cumule et se fait succéder cliché sur cliché. Chaque séquence est éculée au possible. C’est bien simple, tout ce qu’on voit dans Suicide Squad, on l’a déjà vu ailleurs. Le méchant en fait papa gâteau, la méchante en fait fleur bleue, le méchant repenti mais en fait qui va tout péter, le méchant rigolo parce que c’est un Australien (quels déconneurs ces Aussies bon sang)… On pourrait dire que de toute façon, tous les blockbusters de super-héros font ça depuis toujours mais le souci ici c’est qu’en plus de ça, il faut que ça soit mal fait. DC et Warner ont un sérieux problème avec leurs productions censées rivaliser avec l’univers Marvel. Elles se prennent beaucoup trop au sérieux. On me répondra que c’est un peu la marque de fabrique de DC, le sérieux au premier rang (alors que Marvel est plus le rigolo populaire de la cour de récré) mais cette visible envie de coller avec toute « l’idéologie » DC fait que les films qu’on tire alors des comics sont bancals en tous points. Man of Steel déjà souffrait de ce manque de recul et de dérision, tant et si bien que la fin était un grand n’importe quoi. Avec ce film de David Ayer, c’est pareil sauf que c’est dès le début. Et je ne vous parle pas de cette BO balancée n’importe comment, un peu comme si les gars avaient pioché des CD au pif et s’était dit qu’ils allaient intégrer la chanson un peu comme ils pouvaient. Elle contient pourtant d’excellents morceaux comme Seven Nation Army des White Stripes, Bohemian Rhapsody de Queen ou House of the Rising Sun des Animals mais elle est du coup elle aussi très cliché. Tiens, une prison : mettons les Animals. Tiens, un Australien : mettons du AC/DC. Tiens, on veut une ambiance un peu urbaine dans le film (d’où cet horrible ersatz de Joker) : mettons du Eminem.

Vous le saviez vous qu'une batte de baseball est plus efficace contre des ennemis qu'un lot de flingues et autres mitraillettes ?

Vous le saviez vous qu’une batte de baseball est plus efficace contre des ennemis qu’un lot de flingues et autres mitraillettes ?

L’autre grande déception de Suicide Squad, c’est évidemment (hélas, on préférerait ne pas dire « évidemment ») sa distribution. Mais ce n’est pas totalement la faute des acteurs étant donné que leurs personnages sont composés avec les pieds. Deadshot en mec tiraillé entre son métier de tueur à gages et son rôle de père, Harley Quinn qui se rêve épouse et mère d’un mec rangé, Diablo qui dit qu’il ne veut plus tuer parce que « hé, tuer c’est mal d’accord ? »… On finit par se demander si David Ayer et ses scénaristes ne sont pas allé à la supérette du coin pour dévaliser le rayon clichés. Reste que les interprètes de ces différents personnages ne réussissent pas à relever le niveau. Je ne parlerai pas d’Adewale Akinnuoye-Agbaje (Killer Croc), de Karen Fukuhara (Katana) ou encore d’Adam Beach (Slipknot) car cela n’en vaut pas la peine étant donné que leurs personnages ne servent strictement à rien. Mais vraiment à rien ! Non parlons plutôt de Will Smith qui fait du Will « Je fais la gueule » Smith comme il ne sait que trop bien le faire depuis qu’il a choisi de ne plus être rigolo (depuis Je Suis une Légende et A La Recherche du Bonheur notamment), de Margot Robbie qui fait d’Harley Quinn une sorte d’ado attardée sans grosses consistance et dont on n’a gardé que le côté un peu poupouffe au détriment de celui de psychopathe. Parlons aussi de Jared Leto, l’homme qui a voulu en faire trop et qui a surtout fait n’importe quoi. Déjà que son Joker n’est pas flamboyant sur le papier, il a fallu qu’il joue n’importe comment à grands coups de « je bouge lentement avec des gestes souples parce que je suis un peu timbré vous comprenez » ou de « t’as vu mon sourire, il fait peur hein ? ». Et je ne vous parle pas de son rire. Il est où le Joker qui fait flipper dès la première note de son rire ? Soyons tous soulagés, Jack Nicholson, Mark Hamill et Heath Ledger sont encore loin d’être détrônés dans la peau du clown prince du crime ! Quelle honte sérieux… Tout ce battage médiatique savamment calculé juste pour ça… Quelle perte de temps ! Au final, je crois qu’il n’y a guère que Joel Kinnaman en Rick Flag et Viola Davis en Amanda Waller pour s’en sortir à peu près convenablement, sans pour autant casser la baraque.

J'ai pouffé à chaque fois que je l'ai vu apparaître...

J’ai pouffé à chaque fois que je l’ai vu apparaître…

Eh bien, quel triste bilan… Le Suicide Squad n’était donc pas uniquement devant mais bien aussi derrière la caméra : suicide du réal, du scénariste, du monteur, du chef opérateur, du directeur de la photo, de la distribution… Ce film est un échec complet qui n’a strictement rien de solide à quoi se raccrocher pour dire qu’il n’était au final pas si horrible que ça. Et le pire c’est qu’il n’arrive même pas à être assez intelligemment nul pour être risible. Il est juste affligeant. Quant tu vois que la seule chose sympa dans Suicide Squad c’est Batman et que ce dernier doit apparaître en tout et pour tout moins d’une minute… Ah aussi cette très courte séquence où l’on voit Harley en costume sauce Batman : La Série Animée avec le Joker en costume, très joli moment de 30 secondes (inspiré par ce dessin assez connu).

Le « Oh, au fait ! » :
Pour les amateurs de jeux vidéo, sachez que l’homme qui prête sa voix à Angie (l’homme qui doit payer Deadshot au début du film) n’est autre que Robin Atkin Downes, connu notamment pour avoir prêté sa voix à Kazuhira Miller dans les jeux Metal Gear Solid.

Tom Hardy et Ryan Gosling font partie des acteurs qui ont su échapper à cette galère et s’épargner un beau boulet sur leur CV.

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3 réflexions sur “Suicide Squad, David Ayer, 2016

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