X-Men : Days of Future Past, Bryan Singer, 2014

X-Men : Days of Future Past, film de super-héros de Bryan Singer. Avec Hugh Jackman, James McAvoy, Michael Fassbender, Jennifer Lawrence…
La note du Koala : 4/5

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Le pitch : Dans un futur proche, les mutants et les humains qui les aident sont traqués et exterminés par les Sentinelles, robots développés par Bolivar Trask (P. Dinklage) dans les années 1970. Afin d’empêcher à cet avenir de se produire, les X-Men encore en vie envoient Wolverine (H. Jackman) dans le futur afin de trouver les jeunes Charles Xavier (J. McAvoy) et Magneto (M. Fassbender) pour qu’ensemble ils empêchent de se produire un événement qui peut changer le destin du monde et des mutants.

La critique : J’aurais mis le temps avant de voir pour la première fois cette suite au très bon X-Men : Le Commencement. Près de deux ans plus tard, je me plonge néanmoins dans ce Days of Future Past que j’attendais pourtant de pied ferme à l’époque de sa sortie. Je regrette seulement de ne pas avoir visionné la Rogue Cut du film, qui inclut des scènes supplémentaires mettant notamment en scène le personnage de Malicia. Enfin peu importe au fond, j’ai ici eu l’occasion de découvrir l’absolu essentiel.

Je gardais de X-Men : Le Commencement un très bon souvenir. Matthew Vaughn avait en effet su construire un excellent film (malgré quelques menus égarements qu’on lui pardonne au vu de la qualité globale du long métrage), excellent film donc qui faisait et réussissait le pari de donner à la saga X-Men un second souffle plus que nécessaire après le fiasco X-Men : L’Affrontement Final. Une suite a cet opus qui mettait en scène de jeunes Charles Xavier et Magneto était donc une bonne nouvelle de mon point de vue et j’ai été d’autant plus emballé qu’il y avait derrière ce projet de Days of Future Past la promesse d’un travail sur la chronologie de la saga et finalement d’un passage à la trappe des erreurs passés (oui, L’Affrontement Final, c’est encore de toi que je parle). Et moi, vous savez, dès qu’on parle de voyage dans le temps et de bouleversement du continuum espace-temps, je suis généralement preneur. J’avais donc une double attente à l’égard de ce Days of Future Past : qu’il soit une suite de niveau au moins équivalent à celui de son prédécesseur d’abord et ensuite qu’il arrive à donner enfin à la franchise sa cohérence perdue et tant recherchée. Et là où je plaçais mon plus gros espoir, c’était en Bryan Singer qui fait ici son retour derrière la caméra. Qu’on se comprenne, Singer n’est pas n’importe qui vis-à-vis des mutants de Marvel puisqu’il est celui qui a réalisé les deux premiers épisodes en 2000 puis en 2003. C’est donc un peu le père fondateur de la franchise qui vient reprendre son bébé en mains et c’est toujours une bonne chose (quoique non, pas toujours puisque la prélogie Star Wars est quand même en-deçà de la trilogie originale alors qu’elle a été entièrement réalisée par George Lucas…m’enfin ce n’est pas le sujet). Et finalement, cela donne lieu à une sorte de mélange entre ce que Singer avait fait à l’époque sur les deux premiers films et ce que Vaughn a établi dans Le Commencement. Ainsi, si l’esthétique générale et la mise en scène de ce Days of Future Past reprend pour l’essentiel la charte retravaillée pour son prédécesseur, on ne peut s’empêcher de remarquer quelques détails plus ou moins flagrant qui font écho au travail de Bryan Singer à l’aube des années 2000 tout en s’affranchissant du côté un peu post-punk (à défaut d’autre terme plus adéquat, je prends ce à quoi ça me fait penser) de X-Men et X-Men 2 qui pourrait presque être qualifié de kitsch aujourd’hui (j’ai bien dit « presque »). Reste que cette association des deux styles fonctionne plutôt bien et crée ainsi une continuité saine vis-à-vis du Commencement tout en cherchant à aller un chouïa plus loin. Ce n’est pas ultra percutant mais ça fonctionne très bien tout de même.

La filiation avec les premiers X-Men est claire.

La filiation avec les premiers X-Men est claire.

Il y a d’ailleurs de très bonnes idées dans la mise en scène de Days of Future Past. A titre d’exemple, les scènes de combat contre les Sentinelles dans le présent (avec Bishop et tout ça) sont plutôt maîtrisées, en particulier lorsqu’il s’agit de mettre en images les pouvoirs de Blink, qui peut ouvrir des portails de téléportation. Comme ça en passant, la séquence dans les sous-sols du Pentagone ou Vif-Argent use de ses pouvoirs est également très bien foutue (et la chanson Time in a Bottle de Jim Croce est d’ailleurs très appropriée). Et je pourrai continuer en évoquant notamment tout le travail autour de Magneto qui vise à donner une dimension toute particulière au personnage, quasi divine et qui avait déjà été ébauchée dans Le Commencement. Mais c’est surtout sur le scénario que j’aimerais revenir maintenant, lequel ne manque d’ailleurs pas de qualités lui non plus. Globalement, j’irai même jusqu’à dire sans penser être à côté de la plaque qu’il est très bien construit, jonglant habilement entre le présent et le passé et tous ces aspects temporels sans perdre le spectateur lambda. Car si le féru de X-Men a déjà une bonne idée des tenants et aboutissants de toute ces questions, les plus néophytes qui viennent par exemple voir Days of Future Past après avoir découvert les mutants dans Le Commencement pourraient peut-être se sentir un peu perdu. Fort heureusement, si une connaissance de la trilogie originale est un atout pour aider à la compréhension du film et surtout de son dénouement, ce n’est pas non plus indispensable, l’histoire de Days of Future Past arrivant (presque) à se suffire à elle-même. On ne pourra cependant pas s’empêcher de pointer du doigt deux ou trois trucs et notamment cette incohérence concernant le personnage de Charles Xavier vieux : [ATTENTION, SPOILER] Peu avant la fin de X-Men : L’Affrontement Final, ce bon vieux Professeur X est tué par Jean Grey (devenue Phénix) et l’on découvre dans une courte séquence post-générique que le chef des X-Men a réussi à transférer son esprit dans le corps d’un autre homme hospitalisé. Il ne devrait donc plus avoir son corps original. Or, dans Days of Future Past – qui est bien une suite à L’Affrontement Final hein, entendons nous là-dessus – Charles est bien là en chair et en os, toujours aussi chauve et handicapé de ses deux jambes. [FIN DU SPOILER] Bon vous me direz que niveau incohérences, on n’est plus à ça près dans la saga X-Men (on se souviendra du cas Hank McCoy dans X-Men 2) mais tout de même… Autre chose qui m’a chagrinée, c’est cette histoire de remède que McCoy justement a mis au point dans les années 1970 pour permettre à Charles Xavier de retrouver l’usage de ses jambes mais aussi de contrer les effets de sa propre mutation. Loin d’être essentiel, ce petit pivot scénaristique n’arrive pas non plus à être assez solide pour introduire correctement l’évolution du personnage de Charles Xavier. Mais hormis cela, j’avoue ne pas avoir grand-chose à redire. On est surtout contents au final de voir que Days of Future Past arrive à clore une fois pour toute le sujet des axes temporels en remettant les choses à plat lors de son final. Cela est d’autant plus agréable que la chose est plutôt bien conduite, avec fluidité et en guise de conclusion à un film qui aura su tenir la route sur toute la longueur, sachant habilement passer de scènes d’action de très bonne facture à des passages qui font office de respirations dans ce chantier et qui sont une très bonne occasion d’étoffer un tant soit peu le background général.

La scène de Quicksilver au Pentagone est vraiment bien foutue.

La scène de Quicksilver au Pentagone est vraiment bien foutue.

Concernant la distribution de ce cinquième film de la franchise X-Men, je dois bien avouer mon plaisir de retrouver certains acteurs de la trilogie originale, à savoir Patrick Stewart, Ian McKellen, Ellen Page, Halle Berry et même Shawn Ashmore (et d’autres en caméos que je ne vous révélerai pas). On les voit peu et même insuffisamment pour vraiment pouvoir juger de leurs prestations respectives mais leur présence fait plaisir au « vieux » fan que je suis vis-à-vis de cette licence. Mais pour vraiment parler d’acting, c’est vers l’autre pan du casting qu’il faut se tourner, celui qui évolue dans les années 1970. Ainsi, Hugh Jackman rempile encore une fois dans la peau de Wolverine et, franchement, qu’ajouter à tout ce qui a été dit avant ? Pas grand-chose alors je me contenterai simplement de dire que l’acteur australien a réussi quelque chose d’incroyable avec ce personnage, auquel il a donné toute la bestialité qui convenait. Alors certes, son jeu a très peu évolué depuis le premier X-Men (ou alors en lien avec l’évolution-même du personnage) mais ça reste toujours plaisant. A ses côtés, James McAvoy reprend son rôle du jeune Professeur Xavier, que l’on retrouve ici dans une étape difficile de sa vie, marquée par les doutes et la perte de ses pouvoirs. McAvoy a alors toute latitude pour nous offrir un Charles Xavier qu’on n’avait encore jamais vu (ou alors à peine entraperçu dans Le Commencement). Mais c’est sans conteste Michael Fassbender qui attire le plus les regards. Porté par la haute dimension de son personnage et une mise en scène qui le sert admirablement, l’acteur renouvelle ce qu’il avait accompli dans l’épisode précédent, à savoir imposer son Magneto comme une sorte d’icône, archétype du méchant mais avec une forme de théâtralité qui rappellera par ailleurs l’illustre Ian McKellen. En bref, il en impose. Un mot rapide enfin pour évoquer Jennifer Lawrence, Nicholas Hoult et Peter Dinklage, que l’on peut aisément placer ensemble tant leurs prestations sont similaires. Seconds rôles complets, ils assurent un background de qualité mais ne s’en détachent jamais et se contentent constamment de rester dans l’ombre des têtes d’affiche. C’est en particulier valable pour Jennifer Lawrence, qui peine à renouveler son interprétation de Mystique.

Michael Fassbender en Magneto, c'est un des meilleurs choix de l'ensemble de la licence.

Michael Fassbender en Magneto, c’est un des meilleurs choix de l’ensemble de la licence.

En conclusion, je pense pouvoir dire que ce Days of Future Past fait amplement ce qu’on attendait de lui, à savoir continuer de manière plus que correct le travail entamé par Le Commencement et remettre les compteurs à zéro concernant la chronologie de la licence. Le scénario est plutôt bien conduit et la mise en scène travaillée malgré quelques lourdeurs parfois. Reste que j’attends désormais X-Men : Apocalypse avec impatience.

Le « Oh, au fait ! » :
A l’origine, Evan Peters ne pouvait pas incarner Vif-Argent dans ce film puisqu’il devait tenir le même rôle dans Avengers : L’Ere d’Ultron pour Marvel Studios (on rappelle que les X-Men sont produits par la Fox et ne sont donc pas inclus dans l’Univers Cinématographique Marvel). Un compromis fut trouvé afin que la Fox et Marvel Studios puissent utiliser le personnage en même temps et Peters put rejoindre le casting de Days of Future Past tandis qu’Aaaron Taylor-Johnson (son partenaire dans Kick-Ass) obtint le rôle pour Avengers.

Afin de préparer le film, Bryan Singer s’est renseigné au sujet des multivers et de la théorie des cordes en compagnie de James Cameron.

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4 réflexions sur “X-Men : Days of Future Past, Bryan Singer, 2014

  1. Enfin tu l’as vu! Je suis un fan des X-Mens et j’ai adoré tous les films (certes un peu moins l’affrontement final avec le recul mais il m’avait séduit à l’époque). J’avais très grandement apprécié le renouveau de X-Men le Commencement avec ce retour aux origines. Michael Fassbender y est d’ailleurs pour beaucoup tout comme cette ambiance 60’s.
    Days of the Future Past m’a beaucoup plus, a part peut-être les phases dans le futur justement que j’ai trouvé assez brouillonnes et un peu insipide.Omar est anecdotique (alors que le personnage de Bishop aurait pu être exceptionnel!) et j’ai vraiment beaucoup tiqué sur l’incohérence du corps de Xavier.
    Pour le reste je n’ai rien à dire, je suis entièrement d’accord avec toi.

    • Pour ce qui est de Xavier, tu parles du fait qu’il soit toujours campé par Patrick Stewart dans sa version vieille ou du fait qu’il remarche dans sa version jeune ? Parce que la première fait bien tiquer en effet tandis que la second est justifiée. Mal mais justifiée néanmoins. :3

      Pour Omar, c’est là que tu te rends compte qu’il a été un argument marketing absolument déplacé en France. On nous a vendu le film à grands coups de « le gamin de Trappes qui joue dans les blockbusters hollywoodiens » alors qu’il n’a que 5 minutes de présence à l’écran à tout casser…

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