Un jour, un album n°24 : « The Rise & Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars », David Bowie

A l’origine, on devait parler de Noir Désir aujourd’hui. Et puis voilà que David Bowie est parti comme il est venu, sans doute retourné chercher Ziggy sur Mars. Le Starman qui était le seul à être une star au sens propre du terme nous a quitté le week-end dernier, emporté par cette saloperie de cancer à 69 ans. Une maladie qui ne l’aura pas empêché de nous laisser un petit cadeau d’adieu avec Blackstar, cet album qui restera comme son dernier, composé et enregistré le plus vite possible, le chanteur étant parfaitement lucide sur l’approche de la fin de ses jours. De ma vie je n’ai jamais vu quelque chose d’aussi respectueux envers des fans et de respectable. David Bowie était un très, très grand monsieur, la classe incarnée, un artiste accompli comme on n’en fait plus. Jamais vraiment à la mode mais toujours là où il fallait, il aura été l’un des plus grands musiciens du siècle dernier, le plus atypique en tous cas et le plus libre. Alors au lieu d’écrire un maladroit hommage, j’ai préféré chambouler mon programme et vous proposer plus tôt que prévu cet article que j’avais en tête, qui serait venu tôt ou tard et qui va parler non seulement de la carrière de David Bowie mais aussi de mon album préféré de cet artiste.

The Rise & Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars

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C’est très tôt que David Bowie s’est intéressé à la musique, sous l’influence notamment de son demi-frère Terry, lequel l’emmène, alors que David est âgé de 13 à 14 ans, dans ses premiers concert de jazz et à la même époque, David s’initie au saxophone auprès de Ronnie Ross, illustre saxophoniste connu entre autres pour son solo à la fin de Walk on the Wild Side de Lou Reed (chanson produite d’ailleurs par Bowie). C’est aussi dans ces années (en 1962 pour être exact) que Bowie se mêle d’une bagarre dans laquelle il prendra un coup de poing qui lui laissera à jamais la pupille de l’œil gauche dilatée, d’où cette impression qu’il a les yeux vairons alors que ce n’est pas du tout le cas. L’ironie veut que ce soit George Underwood qui lui a donné ledit coup et que ce dernier, par la suite devenu photographe, travaillera avec Bowie sur les pochettes de ses premiers albums. Mais ce n’est que deux ans plus tard, en 1964, que David Bowie commence réellement à jouer et composer en intégrant d’abord différents groupes aux influences ryhtm’n’blues et rock’n’roll. C’est en raison de ces premiers travaux que celui que l’on appelle encore David Jones (c’est son vrai nom) décide de devenir David Bowie afin d’éviter la confusion avec Davy Jones, chanteur des Monkees. A l’époque, Bowie est déjà un peu iconoclaste et anti-conventionnel. Il apparaît notamment dans une émission de la BBC pour défendre le droit des hommes à avoir les cheveux longs. Mais le tournant arrive en 1967 lorsqu’il édite son tout premier album, sobrement intitulé David Bowie. Enfin, le tournant…non pas vraiment. L’album est tout simplement un échec qui lui vaudra d’être remercié en 1968 par le label Deram avec qui il avait produit ce premier opus. Non le vrai tournant c’est en 1969 qu’il arrive quand Bowie sort Space Oddity (initialement intitulé David Bowie au Royaume Uni et Man of Words/Man of Music aux Etats-Unis, il prendra son titre final en 1972). Le single éponyme est mis en vente en Juillet de cette année, juste après les premiers pas de l’homme sur la Lune et évoque très clairement cet événement tout en proposant une réflexion sur la découverte de l’inconnu. L’album sort en Novembre et révèle Bowie au grand public sans pour autant être un succès aussi fulgurant que celui du single. A la même époque, Bowie épouse Angela Barnett avec qui il aura son premier fils, Duncan Jones, en 1971.

David Bowie et ses cheveux longs vers 1969, à l'époque de Space Oddity.

David Bowie et ses cheveux longs vers 1969, à l’époque de Space Oddity.

Au tout début des années 1970, Bowie s’est finalement d’ores et déjà imposé comme un artiste solo mais il regrette de ne pas avoir un groupe avec lui afin d’avoir des collaborateurs permanents avec lesquels il pourrait travailler sereinement. D’autant qu’à l’époque, c’est Marc Bolan (T.Rex) qui lui sert de guitariste de sessions et les deux hommes entretiennent une rivalité artistique qui n’est pas des plus propices. David Bowie est alors rapidement rejoint par le batteur John Cambridge mais aussi et surtout par Tony Visconti à la basse et Mick Ronson à la guitare. Ensemble, les quatre artistes se réunissent sous le nom de The Hype et commencent  à travailler les aspects les plus esthétiques du style Bowie en portant notamment des costumes assez excentriques qui préfigurent le courant glam rock. Néanmoins, après un premier concert, le groupe (sans se séparer) décide de revenir à l’idée d’un Bowie artiste solo mais tout de même accompagné par ses trois musiciens. John Cambridge quittera cependant assez vite le groupe après que Bowie l’ait accusé de « foutre en l’air » le prochain album sur lequel ils travaillaient. Mick Woodmansey viendra reprendre les fûts après ce tonitruant départ et viendra donc terminer les sessions qui donneront naissance au troisième album de Bowie : The Man Who Sold the World (1970), album qui lui permettra également de commencer à jouer de son excentricité en posant en femme sur la pochette avec une robe qu’il portera même lors des interviews qui suivirent la sortie du disque. L’année suivante c’est au tour de Hunky Dory de sortir (avec l’excellent morceau Life on Mars?), ce qui sera marqué par le départ de Tony Visconti et son remplacement en tant que producteur par Ken Scott (ex ingénieur du son des Beatles) et en tant que bassiste par Trevor Bolder. Mais le plus important c’est que Bowie s’oriente après cela beaucoup plus dans le courant glam : costumes outranciers, cheveux teints en rouge, jeu sur son côté androgyne… Bowie devient Ziggy Stardust et ses trois musiciens les Spiders from Mars et ils sortent ensemble en 1972 The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars, dont on parlera plus en détail après.

Après plusieurs années compliquées, Bowie a compris que pour faire parler de lui il devait attirer l'attention. C'est l'excentricité de Ziggy Stardust qui lui permettra de faire tourner les projecteurs vers sa musique.

Après plusieurs années compliquées, Bowie a compris que pour faire parler de lui il devait attirer l’attention. C’est l’excentricité de Ziggy Stardust qui lui permettra de faire tourner les projecteurs vers sa musique.

Du coup, histoire de ne pas se répéter, on avance directement à l’année 1973 et à la sortie d’Aladdin Sane sur lequel Bowie est rejoint par Mike Garson au piano. A cette époque, David Bowie s’inquiète de sa façon d’appréhender son personnage de Ziggy. Conscient des antécédents schizophrènes dans sa famille (son demi-frère Terry l’était, il se suicide d’ailleurs en 1985), il craint grosso modo de perdre la tête, ce qui le conduira à tuer symboliquement Ziggy lors d’un concert de Juillet 1973. Cela ne l’empêchera pas de se créer un nouvel alter ego l’année suivante avec Halloween Jack, personnage de son album Diamond Dogs. Ce dernier devait à l’origine être une adaptation de 1984 de George Orwell mais, faute d’avoir pu acquérir les droits, il ne put qu’y faire référence avec plusieurs chansons dont 1984 et Big Brother. L’enregistrement de l’album est marqué par les premiers gros soucis de Bowie avec la drogue. S’enfonçant dans la cocaïnomanie, il devient parano et mégalo et il faudra faire appel à Tony Visconti pour calmer le jeu et permettre aux sessions de se poursuivre. Peu après la tournée qui suivit, le chanteur est toujours en proie à la cocaïne et fuit à Berlin, où il se trouvera de nouvelles références qui donneront d’abord naissance à Young Americans, album inégal néanmoins emprunt de références à l’Allemagne des années 1920 tout en s’orientant vers des tendances jazz, blues et rythm’n’blues. Malgré son inégale qualité, Young Americans lui permettra de placer pour la première fois un titre en tête des ventes américaines avec Fame, composé et écrit avec John Lennon. C’est aussi dans cette première période berlinoise qu’il tourne son premier film avec L’Homme qui Venait d’Ailleurs (1975) que Nicolas Roeg a écrit spécialement pour lui. En 1976 sort le court et assez peu convaincant Station to Station. Le seul fait marquant lié à cet album c’est sans doute la création d’un troisième personnage, le Thin White Duke. A cette époque, Bowie n’en demeure pas moins au sommet de ses addictions et commence à prendre un mauvais tournant (ce qui explique d’ailleurs en partie la baisse de qualité de ses dernières œuvres). On se souvient en particulier de ses sorties polémiques sur le nazisme (il aura notamment considéré Hitler comme la première rock star, propos qu’il a depuis reniés).

Amaigri et paranoïaque en raison de sa consommation de cocaïne, Bowie crée avec le Thin White Duke un personnage beaucoup plus inquiétant que les rebelles et porteurs d'espoir Ziggy ou Halloween Jack de Diamond Dogs.

Amaigri et paranoïaque en raison de sa consommation de cocaïne, Bowie crée avec le Thin White Duke un personnage beaucoup plus inquiétant que les rebelles et porteurs d’espoir Ziggy ou Halloween Jack de Diamond Dogs.

Quittant l’Allemagne pour la Suisse en 1976, où il commence à réduire sa consommation de drogue (sans pour autant s’en débarrasser) tout en s’adonnant à d’autres activités que la musique comme la peinture notamment. Mais au cours de la même année, Bowie retourne à Berlin pour entamer ce qui restera dans les mémoires comme sa trilogie berlinoise, sous la houlette de Brian Eno. Particulièrement inspiré par la nouvelle scène musicale de la capitale allemande (et par la plus grande facilité à y trouver de la cocaïne…), il souhaite s’immerger complètement dans cette ville afin d’y développer de nouveaux axes pour sa musique après les relatives déceptions Station to Station et Young Americans. Le premier album de cette trilogie sera Low, sorti en 1977. Le rock allemand s’y impose comme référence principale avec des guitares rapides et âpres. Mal accueilli par la critique, Low réussit cependant à faire mieux que Station to Station en devenant n°2 des charts britanniques. L’année suivante, « Heroes » vient poursuivre ce travail avec une approche toujours rock mais tout de même un peu plus pop avec notamment le single éponyme. Enfin, en 1979 et après une tournée de 70 dates devant près d’un million de personnes en 1978, sort Lodger, dernière étape de cette trilogie et album influencé par la new wave qui a alors émergé. Bowie semble alors être revenu en grande forme avec ces trois albums mais, sur le plan personnel, sa vie est marquée par son divorce d’avec Angela en 1980, année de la sortie de Scary Monsters (And Super Creeps) qui deviendra un de ses plus grands succès avec notamment le morceau Ashes to Ashes qui sera un peu le porte-étendard du mouvement des Nouveaux Romantiques, associé à la new wave que Bowie a contribué à forger avec sa trilogie berlinoise. A la même époque, David Bowie prend ses quartiers à Broadway pour les représentations de la pièce The Elephant Man.

Avec "Heroes" et le reste de sa trilogie berlinoise, David Bowie a su entreprendre une travail salvateur qui lui permit de rompre avec ses démons.

Avec « Heroes » et le reste de sa trilogie berlinoise, David Bowie a su entreprendre un travail salvateur qui lui permit de rompre avec ses démons.

En 1983, Bowie atteint un nouveau stade dans sa popularité avec la sortie de l’album Let’s Dance, produit par le guitariste Nile Rodgers. Ce dernier aura d’ailleurs eu un rôle déterminant dans le succès de ce nouvel opus. Le titre éponyme de l’album avait en effet d’abord été conçu par Bowie comme un rock somme toute assez classique, ce que Rodgers trouva un peu trop…banal dirons-nous. A cette mélodie, il ajouta ces effets funk qui ont fait son succès et transforma complètement la chanson en le tube que l’on connaît. A noter que s’il n’apparaît pas dans le clip, c’est l’immense guitariste Stevie Ray Vaughan qui exécute le solo de Let’s Dance. C’est alors le début des années MTV pour David Bowie, lequel acquiert ainsi encore un nouveau public. L’année suivante, c’est au tour de Tonight de sortir. Plus orienté dance, il est le fruit d’une collaboration avec Tina Turner qui contribua à lui donner ce ton. Cependant, l’album ne réussit pas vraiment à convaincre malgré ses bonnes ventes et Bowie commence alors une nouvelle période moins faste dans sa carrière, ce qui se concrétisera par le mauvais accueil critique et commercial de Never Let Me Down en 1987. A noter que, l’année précédente, Bowie était apparu deux fois au cinéma dans Absolute Beginners de Julien Temple et bien sûr le Labyrinth de Jim Henson. Enfin pour en revenir à Never Let Me Down, l’album est suivi d’une tournée assez conséquente qui fut elle aussi critiquée pour être justement TROP conséquente. Tant et si bien qu’à la fin, Bowie fera brûler le décor.

Pour tourner la page de ces années 1980 en demi-teinte, Bowie fonde en 1989 le groupe Tin Machine afin de tenter une nouvelle expérience avec Reeves Gabrels à la guitare et les frères Tony (basse) et Hunt Sales (batterie) qui ont notamment bossé avec Iggy Pop sur son album Lust for Life. Ensemble, ils sortent d’abord un album éponyme en 1989 donc mais le public et la critique a du mal à appréhender l’idée d’un Bowie « simple » membre d’un groupe. D’ailleurs il aura lui-même de plus en plus de mal à se faire à cette idée et l’album Tin Machine II en 1991 sera le dernier du groupe et Bowie retournera à sa carrière solo. Entre temps, il a rencontré le mannequin Iman, qu’il finit par épouser en 1992. L’année suivante, il sort Black Tie White Noise, un album inspiré dance, hip-hop, soul et jazz, ce qui en fait finalement un pot-pourri assez mal reçu par la critique et il faudra le retour de Brian Eno pour que Bowie semble revenir au meilleur avec, en 1995 1. Outside marqué par des influences rock industriel piochées notamment dans la musique de Nine Inch Nails, que Bowie prendra avec lui pour assurer ses premières parties en tournée. Bowie est de retour. La même année il est introduit au Rock’n’Roll Hall of Fame et, en 1997, il célèbre son 50ème anniversaire au Madison Square Garden en compagnie des Foo Fighters, de Lou Reed ou encore de Robert Smith des Cure… Sorti la même année Earthling rencontre un succès comme le chanteur n’en avait plus vraiment connu depuis quelque temps alors. Toujours aussi touche-à-tout, Bowie participe à la même époque au développement du jeu The Nomad Soul dans lequel il aura même droit à deux personnages dont un chanteur qu’il est possible de voir en concert in game. La sortie du jeu coïncide à peu près avec celle de ‘hours…’, son 22ème album (1999). Pour faire un peu plus court, il sera suivi en 2002 par Heathen et en 2003 par Reality (sur lequel figure au passage, dans l’édition limitée, une excellente reprise de Waterloo Sunset des Kinks). A l’époque, Bowie n’a strictement plus rien à prouver. Revenu au sommet de sa gloire, il « se contente » d’albums puisant dans l’ensemble des influences qui ont marqué sa carrière jusque là et donne ainsi naissance à deux opus peut-être moins osés mais néanmoins très calibrés et d’excellente facture. Cette envie de se replonger dans ce qui a fait son succès passé se concrétisera complètement en 2013, après 10 ans sans nouvel album, sur The Next Day, qui se veut être un véritable retour aux sources du son Bowie. Ce regard sur le passé est d’ailleurs parfaitement illustré par la reprise pour cet album de la (magnifique, je trouve) pochette du « Heroes » de 1978. Entre temps, Bowie est apparu dans Le Prestige de Christopher Nolan en 2006, ce qui constituera sa 22ème et ultime apparition au cinéma. Et vient enfin 2016 et la sortie du tout récent Blackstar, publié le 8 Janvier dernier, deux jours avant son décès.

Avec Blackstar et en particulier la chansons Lazarus (et son clip), David Bowie met en scène sa propre fin et livre un ultime message d'adieu à ses fans. On a retrouvé le respect.

Avec Blackstar et en particulier la chansons Lazarus (et son clip), David Bowie met en scène sa propre fin et livre un ultime message d’adieu à ses fans.
On a retrouvé le respect.

On en arrive maintenant à l’album dont on va parler aujourd’hui, à savoir The Rise & Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars et dont je ne vous cache pas que je lui donnerai sûrement des noms plus courts par la suite parce que, nom de dieu, c’est long comme titre. Cinquième album de David Bowie, alors âgé de 25 ans, il sort en 1972 et peut être vu comme un album concept par sa façon non seulement de créer des personnages mais aussi de raconter toute leur histoire en l’espace de 11 chansons dont voici la liste :

1- Five Years
2- Soul Love
3- Moonage Daydream
4- Starman
5- It Ain’t Easy
6- Lady Stardust
7- Star
8- Hang On to Yourself
9- Ziggy Stardust
10- Suffragette City
11- Rock’n’Roll Suicide

Sans qu’on puisse pour autant réellement le comparer à un opéra-rock, The Rise & Fall of Ziggy Stardust (ça reste long écrit comme ça…) raconte en gros l’histoire d’un humanoïde venu de l’espace (Ziggy Stardust, accompagné par ses Spiders from Mars) et descendu sur Terre pour nous sauver alors qu’il ne nous reste plus que cinq ans (d’où le morceau Five Years) en nous apprenant que nous pouvons tous vivre en paix si on s’intéressait un peu plus à ces concepts que sont l’amour ou la fraternité. La chanson Starman par exemple raconte comment ledit Starman aimerait venir nous rencontrer pour nous porter ces belles paroles sans pour autant oser, de peur de nous bouleverser (« He thinks he’d blow our minds » ). Le plus impressionnant finalement reste le fait que le message que délivre Ziggy dans cette histoire dépasse le simple stade de l’oeuvre de fiction et une certaine frange du public d’alors de Bowie y voit quelque chose de plus concret et n’hésitera pas à ériger cet androgyne alien en véritable prophète et à en devenir des disciples. On pourrait aller jusqu’à considérer qu’à ce moment de sa carrière, Bowie est même moins connu que Ziggy… Dans l’histoire, Ziggy finit par perdre pied et à se considérer lui-même comme une sorte de messie annonciateur de l’arrivée des salvateurs Starmen mais, en raison de ses excès, il finit par mourir avec le morceau Rock’n’Roll Suicide, passé à la postérité pour avoir été la chanson sur laquelle David Bowie a tué son personnage lors de ce qui fut le tout dernier concert de Ziggy Stardust et des Spiders from Mars.

Musique maintenant avec exceptionnellement un peu plus de chansons que d’habitude !

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Premier titre : Five Years
Toute première chanson de l’album, Five Years constitue l’ouverture de l’histoire de Ziggy. Elle raconte comme je le disais plus haut le fait qu’il ne reste plus que cinq ans à vivre à l’humanité avant la fin du monde, dont l’une des conséquences est notamment la disparition des ressources naturelles. Plus que cela, Five Years nous raconte les conséquences que le fait de savoir que nos jours sont comptés ont sur l’humanité.

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Deuxième titre : Moonage Daydream
Troisième piste de The Rise & Fall, ce morceau est celui qui finit de créer le personnage de Ziggy Stardust. Il y est en effet fait référence à la façon dont ce dernier va ramener le rock’n’roll (lequel a vraisemblablement disparu dans cette mythologie) afin de délivrer son message d’espoir et d’amour aux humains. En devenant l’archétype de la rockstar, formé par un mélange de foi, de sexualité débridée et d’un certain sens de la rébellion, Ziggy veut ainsi éveiller les consciences sur la façon dont nous pouvons échapper à notre fin programmée. De manière récente, la chanson fut utilisée pour l’excellente bande originale du film Les Gardiens de la Galaxie.

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Troisième titre : Ziggy Stardust
Neuvième titre, Ziggy Stardust annonce la fin de ce personnage en revenant sur la façon sont ce dernier a perdu pied comme je l’évoquais un peu avant. En raison de la façon dont il s’est imposé comme un messie, il a fini par lui-même croire qu’il était ce prophète que l’humanité et en particulier la jeunesse semble avoir trouvé en lui grâce au rock’n’roll et au message qu’il véhicule ainsi. Ziggy sombre alors peu à peu dans les excès (« He took it all too far » ). A noter que Wes Anderson utilise la chanson dans la bande originale de La Vie Aquatique et que l’on peut également la retrouver sur le tout premier jeu Guitar Hero.

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Quatrième titre : Rock’n’Roll Suicide
Ultime chanson de The Rise & Fall of Ziggy StardustRock’n’Roll Suicide raconte la mort de Ziggy. Ce dernier, épuisé par sa vie de rockstar et vidé par ses excès se laisse lentement aller vers sa fin (« You don’t eat when you’ve lived too long » , « All the knives seem to lacerate your brain » ). Et c’est donc sur cette chanson que Bowie met fin à l’existence de Ziggy en 1973, annonçant au passage qu’il s’agit non seulement de la dernière date de la tournée mais aussi de leur dernier concert tout court. Cette déclaration fut prise au premier degré comme étant l’annonce de la retraite de David Bowie mais ce dernier, complètement dans son rôle de Ziggy Stardust, ne parlait évidemment que de celui-ci et de ses Spiders from Mars. En réalité, Bowie savait pertinemment qu’il lui fallait mettre fin à cette période de sa carrière et se réinventer s’il souhaitait tenir sur le long terme.

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3 réflexions sur “Un jour, un album n°24 : « The Rise & Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars », David Bowie

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