TFGA n°11 – « Et maintenant ? »

Après un mois d’Octobre où Alex nous a invités à nous interroger sur les meilleurs aspects du jeu vidéo d’autrefois tout en évoquant éventuellement les mauvais côtés de ce média aujourd’hui, il était important de rééquilibrer la balance, d’autant que certains se sont vite emportés et n’ont pas saisi le véritable fond du thème du mois dernier, intitulé « C’était mieux avant ». Je ne vais pas vous redire ce que j’en ai pensé, la chose ayant déjà été évoquée à la fin de mon dernier TFGA mais je trouve néanmoins assez sain de proposer l’autre côté du miroir ce mois-ci en nous interrogeant cette fois sur ce qui est bon dans le jeu vidéo d’aujourd’hui (et éventuellement ce qui ne l’était pas dans les années 1980-90 par exemple). L’occasion de boucler la boucle et de donner au propos d’Alex toute la teneur qu’il souhaitait réellement lui donner il y a un mois. Et pour cela, je vais tout simplement reprendre les cinq points que j’évoquais en Octobre et renverser le point de vue.

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N°5 : Le contenu d’une boite de jeu aujourd’hui, c’est quand même pas si mal

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Les collectors sont légions désormais.

Oui on râle parce qu’on n’a plus de notice mais au fond, qu’est-ce que c’est si ce n’est pas de nostalgie pure et simple ? Oh on regrette bien le temps des livrets qui se foutaient pas de nous et qui faisaient bien plus que quatre pauvres pages sans intérêt mais franchement, n’allons pas exagérer. Et même si je suis le premier à dire que ça me manque un peu, je dois bien admettre qu’il ne faut pas déconner non plus. Viendra de toute façon le moment où l’on cessera de passer par le papier et le jeu vidéo a déjà fait plusieurs pas dans cette direction en arrêtant de nous proposer des notices papiers (exception faite de Shovel Knight pour sa version boite sur Wii U pour prendre un exemple tout récent) mais en nous donnant au lieu de cela des modes d’emploi électroniques accessibles directement depuis le jeu. On pourra dire non seulement que c’est plus écologique mais aussi que ça nous évitera bien de les perdre. Et puis regardons un peu ce qui se fait. Qu’est-ce qu’une notice à côté des collectors qu’on nous propose à la pelle aujourd’hui ? Oui oh, certains ne sont pas faramineux mais ça reste toujours mieux qu’une simple cartouche dorée de Ocarina of Time par exemple. Alors quelques uns me diront que c’est quand même vachement cher un collector. Oui et non en fait. Parce que si le méga-collector de la mort peut effectivement coûter un bras, il y a aussi des collectors certes moins imposants mais néanmoins beaucoup plus accessibles. Il y en a pour toutes les bourses désormais sur le marché du collector, de la simple édition steelbook au gros coffret avec statuettes, répliques, posters contenus additionnels et tout le tintouin. Au final, quasiment n’importe qui peut s’offrir un jeu et plus si affinités aujourd’hui. Et quand tu exposes fièrement ton steelbook venu avec MGSV ou Majora’s Mask 3D ou encore ta figurine de Geralt sur ton étagère, tu y penses encore à ta notice ? En aucun cas.

N°4 : Les chargements, c’est quand même pas si horrible que ça

Ils sont là, ils sont parfois chiants mais c'est pour ton bien.

Ils sont là, ils sont parfois chiants mais c’est pour ton bien.

Evidemment que c’est chiant d’attendre, évidemment qu’on aimerait que tout soit instantané, que tout aille vite et bien… Mais confondre vitesse et précipitation n’est pas une bonne chose et les chargements sont là pour nous le rappeler. Le temps béni des cartouches ? Mais justement, c’était bien le support même du jeu qui permettait de s’affranchir le plus possible de ces temps morts en cours de jeu et qui font irruption dès que l’on change de zone, de menu ou je ne sais quoi… Alors oui, heureusement qu’il y a des temps de chargements pour nous permettre de jouir de nos open worlds sans problème, pour éclater nos mirettes à grands coups de graphismes toujours plus convaincants ! Il y aura bien toujours les vilains petits canards avec lesquels on dépasse les bornes et où les chargements sont affolants tant ils sont longs mais regardez votre collection de jeu et dites-vous bien que comparativement au temps passé effectivement à jouer, le temps total des chargements ne pèse pas lourd dans la balance en fait. Ou alors c’est que vous n’aviez pas vraiment envie de jouer.

N°3 : Les DLC et patches, c’est quand même pas si mal

Au-delà de ses indéniables qualités, The Witcher III est très apprécié parce qu'il ne se moque pas du joueur.

Au-delà de ses indéniables qualités, The Witcher III est très apprécié parce qu’il ne se moque pas du joueur.

« Jeux en kit », « jeux pas finis », « jeux brouillons », etc… On en entend des comme ça tous les jours. Il faut dire aussi que si on ne nous vendait pas des jeux dans lesquels il manque la moitié de ce qui aurait pu en faire une œuvre complète, on n’en serait pas arrivé là. La faute à la précipitation le plus souvent, qui veut qu’on sorte un jeu vite pour faire de l’argent tout aussi vite. Et peu importe finalement qu’il soit complet puisqu’on pourra y ajouter les morceaux manquants si facilement. Le principe n’est pas louable mais il révèle toutefois un aspect intéressant du jeu vidéo d’aujourd’hui, lorsqu’il est utilisé à bon escient. Premièrement, si les patches qui viennent apporter les correctifs nécessaires au bon fonctionnement de jeu peu chiadés rappellent que ce que vous avez payé le prix fort n’est même pas un produit réellement fini (en particulier les patches day one, saloperie entre les saloperies de l’économie vidéoludique actuelle), il n’en demeure pas moins que c’est assez formidable de se dire qu’on n’aura rien de plus à faire pour apporter lesdits correctifs que de connecter sa machine à internet (ce qui, ne nous mentons pas, est à la portée de la très large majorité des joueurs) et lancer un téléchargement. Alors oui, encore un téléchargement, encore tu temps passé à attendre mais ce n’est généralement pas aussi long qu’une installation a priori (ou alors votre jeu avait un sacré problème…). Quant aux DLC, il y a bien sûr les itérations honteuses qui te crient au visage que ton jeu n’est pas complet tant que tu n’as pas payé un peu plus mais il y a aussi cette myriade de contenus additionnels qui sont à mon sens intéressants dans le sens où (comme tout DLC au fond) ils sont facultatifs. Je pense par exemple aux personnages supplémentaires pour Super Smash Bros. par exemple, que tout un chacun aura le loisir d’acheter ou non mais dont l’absence ne pénalise en aucun cas le joueur lambda qui aurait décidé de ne pas dépenser plus d’argent pour ce jeu. A côté de cela, on peut aussi évoquer quelques excellents exemples comme la récente extension Hearts of Stone de The Witcher III, dont je crois qu’on peut dire qu’elle ne se fout pas de la gueule de ceux qui l’ont récupérée. Enfin tant dans le cas des patches que dans celui des DLC, il y a de bonnes choses à retenir et ce ne sont encore une fois que les pratiques de certains éditeurs qui sont à blâmer, plus que le principe même de ces téléchargements supplémentaires. Mais au fond, nous sommes tous de grands garçons et de grandes filles avec un minimum de jugeote alors à nous aussi de savoir faire la part des choses, de voir ce qui est intéressant et ce qui ne l’est pas et enfin de savoir reconnaître quand un éditeur se fout de nous.

N°2 : Le multijoueur d’aujourd’hui, c’est quand même pas si mal

Jouer avec le monde entier, c'est assez énorme quand on y réfléchit.

Jouer avec le monde entier, c’est assez énorme quand on y réfléchit.

Sûr que ce n’est pas forcément ce qu’il y a de plus drôle que de jouer à plusieurs tout en étant tout seul chez soi. Finis les coups de coude bien placés pour empêcher le joueur 2 de te mettre une mandale avec son Donkey Kong alors que ton Link est en mauvaise posture. Finis les furtifs doigts qui se glissent sur le bouton B pour faire freiner ce même joueur 2 alors qu’il allait franchir la ligne d’arrivée en premier et que tu n’avais pas de carapace bleue en stock. Finis les fous rires sur le canapé et le partage des cookies et du lait pendant que l’un ou l’autre prépare une énième baston sur Street Fighter ou une lutte acharnée contre les impitoyables bots du multi de Nightfire… Que de bons moments passés à deux, trois ou quatre chez soi ou chez les autres pour partager un temps de jeu mémorable. Mais avec la disparition progressive du multi local (mais pas encore totale, quelques excellents multi en local subsistent encore et toujours), cela se perd et c’est ce que j’évoquais dans le TFGA du mois dernier. Mais il faut aussi aller chercher le bon côté des choses : je n’ai jamais joué avec autant de monde que maintenant. Depuis la génération précédente de consoles, mon champ de camarades de jeu s’est considérablement élargi avec la connexion des machines à internet et la mise en place d’un multijoueur online très généralement d’excellente facture (d’un point de vue stabilité je veux dire). Alors je ne joue peut-être plus autant avec mes cousins ou mon frangin parce que les jeux ne s’y prêtent plus toujours (sauf quand on ressort Nightfire justement) mais au moins, je ne peux plus dire que je peux compter mes camarades de jeu sur les doigts de mes deux mains ! Combien sont-ils ceux-là qui ont partagé mes sessions sur Splatoon, Mario Kart 8, Super Smash Bros., Black Ops II, GoldenEye (celui de la Wii dont le multi n’était pas si mal d’ailleurs) et de tant d’autres jeux dont les titres ne me reviennent pas à l’instant ? Parce que c’est bien beau de discuter avec tous mes petits camarades de Twitter mais c’est quand même tellement mieux de pouvoir jouer avec eux. Et comme je n’ai pas les moyens de faire un aller-retour à Aix-en-Provence, Sallanches, Angoulême, Lyon ou je ne sais encore où tous les jours pour une petite partie, le multi online est sans doute l’une des plus formidables choses que les générations actuelles de consoles m’aient données. Alors oui, quand on est sur PS4 ou Xbox One, il faut payer un abonnement (merci Nintendo, continue comme ça s’il-te-plaît) mais n’est-ce pas là un petit mal pour un grand bien ?

N°1 : Les joueurs d’aujourd’hui, c’est quand même pas si mal

Avec tous les outils qu'internet mets à sa disposition, le joueur n'a jamais été aussi libre de s'exprimer. Et dans le lot il y en a des brillants. Genre vraiment quoi.

Avec tous les outils qu’internet mets à sa disposition, le joueur n’a jamais été aussi libre de s’exprimer. Et dans le lot il y en a des brillants. Genre vraiment quoi.

J’évoquais dans mon TFGA précédent les nombreux travers des joueurs d’aujourd’hui, comme par exemple la facilité avec laquelle on va démolir un jeu qui ne le mérite pourtant pas ou la même qui permettra de porter aux nues un jeu somme toute très banal… Le tout agrémenté d’internet et de réseaux sociaux où il est encore une fois si facile de s’exprimer et de cracher sa bile juste par principe. Oh je ne dis pas que je suis exempt de défauts mais il y a quelques spécimens sur internet et dans le monde vidéoludique qui font peur à voir tant leur jugement est…je ne sais pas. Nul je crois, au sens propre du terme. Mais fort heureusement il y aussi les bons côtés, comme toujours. Et si internet a permis de démocratiser le troll facile et le jugement en dix minutes montre en main, il a aussi permis à une multitude d’esprits éclairés de prendre la parole et de faire avancer le débat dans le bon sens. De la réflexion, du recul, du sang froid… Quoi qu’on en dise, on en trouve encore beaucoup sur les réseaux sociaux et dans la blogosphère. Ceux-là qui, peut-être, auraient voulu s’exprimer déjà à l’époque où la presse écrite ne permettait qu’à un échantillon réduit de parler de ce média ont enfin la possibilité de s’y mettre et c’est une chose formidable que de lire autant de blogueurs de talents. Je pense évidemment à mes petits camarades (lesquels sont évidemment recensés sur cette autre page du blog) mais il y en a tant d’autres. Et comment ne pas évoquer dans le cadre de ce n°1 les initiatives telles que celle à laquelle je prends part en écrivant ces lignes ? C’est avec les TFGA et d’autres idées du même genre qu’on arrive à voir quel bouillon de culture arriver à se former autour du jeu vidéo et en dehors des champs d’une presse spécialisée souvent décriée. Et au final, combien sont-ils comme moi à privilégier un bon blog sympathique à un gros site internet spécialisé pour lire des avis sur les jeux ? Ce n’est pas pour rien et c’est en cela que les joueurs d’aujourd’hui sont aussi formidables qu’ils peuvent être chiants.

Je me sens mieux. Oui je me sens mieux qu’à l’issue du TFGA précédent, où j’avais eu le sentiment de ne pas pouvoir dire exactement ce que je voulais, histoire de rester dans le thème. Maintenant que ce thème de Novembre est passé, j’ai la satisfaction d’avoir pu évoquer les deux côtés des choses, d’équilibrer la balance en quelque sorte. Pour autant, je reste absolument persuadé que c’est sur ce diptyque que j’ai été le moins inspiré. Franchement, entre nous, j’ai eu du mal à venir à bout de ces deux classements. Peut-être la faute à ce double-thème aussi, qui est sans doute l’un des premiers à nous imposer une vraie bonne réflexion globale sur le média qu’est le jeu vidéo. Et peut-être est-ce moi qui vois les choses trop en grand, je n’en sais trop rien, mais j’ai le sentiment de n’avoir fait qu’effleurer la surface de tout ce qu’il y aurait à dire et même de tout ce que je pourrais moi-même avoir à dire sur le jeu vidéo d’hier, d’aujourd’hui. et pourquoi pas de demain tant qu’on y est. Enfin l’essentiel est là, j’ai donné une vision des choses. A vous de me dire maintenant ce que vous en pensez et même de participer en publiant vos propres classements ou en allant approfondir les choses en allant découvrir ceux des autres participants, tous listés sur le blog d’Alex.

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10 réflexions sur “TFGA n°11 – « Et maintenant ? »

  1. Pingback: Alex Effect » TFGA n°14 : Le changement, c’est maintenant

  2. Et bien, tu as parfaitement joué le jeu du double-thème en reprenant volontairement tes points précédents et en en faisant ressortir les points positifs (ou est-ce de la flemme ? :p)

    Par contre, je me dois de revenir sur ton n°5 malgré tout : les livrets étaient gratuits, sans surcoût, avec les jeux de base. Les éditions collectors, et malgré tout le bien que je pense d’elles (pour la plupart), sont plus chères que le jeu de base, ce qui signifie que si on veut ces petites choses en plus, on doit payer. Un livret merde, c’était pas grand chose 😮

    Un excellent moment passé sur la lecture de ton article en tout cas !

    • Merci amigo !
      Non non, ce n’était pas de la flemme, ha ha, j’avais l’idée de faire ça depuis la fin de rédaction du thème du mois dernier. :3

      Je comprends parfaitement ton avis sur mon n°5 et j’aurais même tendance à être d’accord. Mais encore une fois, ce que je retiens surtout, c’est qu’il y en a pour toutes les bourses niveau collectors. Alors évidemment un livret c’était systématique et toujours sans frais supplémentaires à l’époque mais aujourd’hui encore certains revendeurs arrivent à proposer un peu de gratuité. Je pense notamment à la Fnac qui (fut un temps en tous cas, ça fait longtemps que je n’ai pas regardé) propose parfois en guise de bonus gratuit de précommande un goodie à la con comme un balle Boo, un porte-clé ou un très chouette petit coffre tiré de Zelda et dans lequel tu peux ranger tes cartouches DS et 3DS et qui fait tadadadaaaam quand tu l’ouvres. *o*
      Bon ce n’est pas du collector à proprement parler mais tu vois ce que je veux dire. 🙂

  3. Sacrée idée que de reprendre ton top du mois dernier et de le renverser!
    J’avoue que c’est un peu ce que j’avais fait mais je m’étais faite gronder par Alex car je l’avais devancé ^^

    Je suis d’accord avec tous tes points sauf un. Je ne joue pas à des jeux trop puissants, et sur certains, le temps de chargement reste exceptionnellement long. Ce n’est pas une généralité, mais les quelques fois où ça arrive, ben c’est chiant! Même si ça ne m’empêche pas de jouer, ça dminue un pue l’estime que je peux avoir pour le jeu.

    Et sinon, j’ai lu la réponse que tu as faite à Alex, et je suis tout à fait d’accord Les bonus de préco (au moins pour Nintendo) sont pour certains très intéressant pour le même prix (d’autant qu’en préco, c’est moins cher qu’après la sortie).

    • Merci. 🙂
      J’avoue que je ne me souviens pas si j’ai lu ou non ton top de ce mois-ci, il faudra que j’aille vérifier ça…

      Pour les chargements, je ne dis pas, certains sont calamiteux mains – globalement – on ne peut pas nier que ça va en s’arrangeant. Mais il est vrai que pour certain c’est absolument insupportable… Ce n’est pas exactement la même chose mais quand tu vois le temps qu’il faut pour lancer Nintendo Badge Arcade, c’est fou !

      • T’inquiète pour mon top, c’est pas une obligation ^^

        Et je suis entièrement d’accord avec toi pour Nintendo Badge Arcade, je le mets dans le même panier… (sans oublier la connexion obligatoire…). Quand j’arrive chez moi le soir je le lance et je vais faire ce que j’ai à faire, ensuite je reviens!
        Mais comme tu dis, pour certains c’est catastrophique mais heureusement, ce n’est pas la majorité!

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