The Game, bilan d’un an de lecture gaming

Vincent Oms n’a évidemment pas manqué de le souligner dans l’actuel n°7 de The Game : le magazine fête son premier anniversaire ! S’il fait un parallèle avec celui de l’E3, qui a eu 20 ans cette année, on ne peut que lui souhaiter de voir The Game connaître la même longévité. A l’heure où la presse papier souffre d’un modèle numérique qui est lui-même en pleine mutation, sortir ainsi un tout nouveau magazine était un pari osé, sinon risqué. Pari relevé néanmoins. Un an après, The Game tient bon la barre et, en lecteur assidu que je suis, j’ai bien envie de revenir sur cette année écoulée.

Un an, sept numéros et encore tant d'autres à venir !

Un an, sept numéros et encore tant d’autres à venir !

Je ne reviendrai pas au cours de cet article sur le contenu type d’un numéro de The Game. En effet, je présentais déjà l’ensemble des rubriques que le magazine comprend dans cet autre papier publié à l’occasion de la sortie du premier numéro en 2014. Etant donné que cette formule est depuis restée inchangée, je crois qu’il serait inutile de proposer encore une fois une présentation sommaire de cet ensemble. Non au lieu de cela, je vais me contenter de souligner la façon dont ces sept numéros ont su tenir une ligne éditoriale de qualité. Mais pas tout de suite. D’abord, je vais simplement souligner la qualité du magazine en tant qu’objet. Dès le premier numéro, je trouvais que The Game savait offrir un confort de lecture indéniable qui s’appuie non seulement sur sa mise en page mais également sur la qualité de son papier. On n’y pense pas toujours mais tenir un magazine dont la production est de piètre qualité dans les mains, c’est nul et cela ôte tout le plaisir que l’on peut avoir à le lire. Loin de cet écueil, The Game navigue tranquillement sur la mer de la presse vidéoludique en se proposant d’être le magazine que l’on aime emmener avec soi et lire un peu n’importe où. Un sentiment renforcé par le léger lifting sont il bénéficie dès ce septième numéro, qui voit le format légèrement réduit. On perd ainsi près de 2cm sur la hauteur et environ 1cm sur la largeur. Peu de choses mais cela renforce le côté pratique de ce magazine selon moi. Reste que le contenu n’en pâtit absolument et les textes proposés restent identiques à la charte imposée au cours des six numéros précédents, leur densité est conservée intacte par un simple passage par la case « changement de taille de police » qui n’enlève heureusement rien au confort de lecture. Pour en revenir rapidement à la mise en page, la maquette du magazine – qui tend un peu à ressembler à certains magazines masculins d’aujourd’hui – est digne de louanges. Imposant son esthétique propre et se construisant ainsi une identité visuelle caractéristique, The Game est un ouvrage que j’épluche toujours sans me forcer. Il me donne finalement le sentiment de modifier l’image de la presse vidéoludique en lui donnant des allures grand-public, ce qui n’est pas pour me déplaire. On sent qu’il y a la volonté de proposer autre chose, de se libérer des codes classiques du genre, un peu comme le fait cet autre excellent magazine qu’est JV dans une autre mesure.

Avec son esthétique soignée, The Game fait preuve d'un confort de lecture certain.

Avec son esthétique soignée, The Game fait preuve d’un confort de lecture certain.

Dans l’ensemble, je trouve finalement The Game aussi rafraîchissant qu’au premier jour. La plupart des articles livrent une approche sympathique, sinon originale et différente du média qu’ils abordent. J’apprécie tout particulièrement ces tribunes offertes à divers contributeurs d’un numéro. Au-delà de leur objectif, qui est d’aborder en deux colonnes un thème donné d’une manière assez personnelle, c’est surtout la manière dont ces tribunes permettent d’élargir le champ du jeu vidéo qui m’intéresse. Au fil des numéros, l’on se sera donc intéressé dans ces courts textes au jeu mobile et à ses impacts, à la culture de l’opposition (Xbox vx PS4, console vs PC, etc.), à la réalité virtuelle, aux penchants cinématographiques de certains jeux, au contexte économique du jeu vidéo en France, au machisme… Tant et tant de thèmes souvent évoqués par les journalistes spécialisés mais si rarement abordés de manière concrète et approfondie. The Game peut à mon sens se targuer d’ouvrir le monde du jeu vidéo dans des dimensions qui correspondent bien mieux à son caractère hautement polymorphe. Car le jeu, ce n’est jamais que du jeu. Mais le plus intéressant reste encore cette volonté de confier ces tribunes à des acteurs venus d’horizons différents. Ainsi, si des Julien Chièze, Georges Grouard ou Kayane – tous issus pleinement de la sphère vidéoludique – apportent leurs points de vue à ces tribunes, on notera la présence à leurs côtés d’auteurs qu’on aurait mal imaginé intervenir sur le jeu vidéo il y a encore quelques années. Comme ça, je pense à Thomas Grellier (consultant et professeur universitaire en marketing), à Gaël Golhen (rédac’ chef du site Première), à Frédérique Bredin (présidente du CNC) ou encore Serge Tisseron (psychiatre, psychologue et psychanalyste). Quelle autre rédaction peut se vanter de donner la parole à un tel panel d’intervenants ? A titre personnel, j’ai du mal à trouver. « Le jeu vidéo autrement », ce cheval de bataille duquel Julien Chièze n’a jamais démordu pour défendre son Gameblog, c’est peut-être bien chez The Game qu’on le retrouve le mieux. Un magazine qui a fait le choix de faire reposer son résultat sur une équipe mouvante et plurithématique. Depuis cet été 2014 où il a été lancé, ce sont pas moins de 42 rédacteurs qui sont passés par le magazine. Si Vincent Oms, Benoit Barny et Raphaël Lucas assurent le socle de la rédaction, d’autres viennent et reviennent plus ou moins régulièrement comme Oscar Lemaire, Régis Monterrin, Guillaume Delalande, Florent Gorges, Pia Jacqmart… Cette capacité à être fondé sur différentes têtes à chaque numéro donne finalement toute son originalité à ce magazine. Une idée que l’on retrouve également dans cette idée de mettre chaque fois en avant deux artistes : l’un pour la couverture et le second pour la galerie où plusieurs œuvres sont alors présentées.

The Game s'empare de tous les champs du jeu vidéo, jus'au geek art. Ici, la galerie du n°3 sur Ideealizse.

The Game s’empare de tous les champs du jeu vidéo, jus’au geek art.
Ici, la galerie du n°3 sur Ideealizse.

The Game tâche donc de prendre le jeu vidéo dans sa globalité en soulignant et approfondissant des aspects que le grand public – notamment – élude la plupart du temps en pensant à ce média. Mais le jeu en tant que tel, ses œuvres et ses dimensions vidéoludiques strictes restent au coeur du propos de ce magazine. Cela nous a été prouvé dès le premier numéro avec un article rétro sur A Link to the Past puis par la suite avec d’autres dossiers de la même trempe sur Tomb Raider, Uncharted, la génèse de Doom et d’autres. A chaque numéro, ce sont plusieurs articles qui nous sont proposés pour plonger dans cet univers de pixels. Entre rétro, analyses de jeux actuels ou les denses dossiers dont font l’objet les jeux illustrés en Une, le jeu vidéo est abordé avec intérêt, cohérence et – même si le terme est rendu galvaudé par un internet aussi excité qu’un enfant de 4 ans – avec passion. En cela, The Game s’adresse habilement à tous les joueurs. Les vieux de la vieille se régaleront des anecdotes sur leurs jeux favoris, les novices pourront découvrir de nouveaux horizons encore inexplorés et tous pourront ensemble continuer à osciller ainsi entre passé, présent et futur. Et si je devais, comme ça, donner une liste des articles qui m’ont le plus intéressé depuis ma première lecture de The Game, sans doute évoquerais-je le dossier sur Assassin’s Creed – Unity et l’article sur A Link to the Past (n°1), le dossier sur le lancement de la PS1 et celui sur Super Mario Kart (n°2), l’Histoire de Sega (n°3), le dossier sur Majora’s Mask (n°4), celui sur StarFox (n°5) sans oublier le dossier en 3 parties sur les jeux vidéo tirés des univers de super-héros (n°2-3-4).

Les dossiers de Une font toujours l'objet d'un soin particulier et ce depuis le 1er numéro et ses 16 pages consacrées à Assassin's Creed - Unity.

Les dossiers de Une font toujours l’objet d’un soin particulier et ce depuis le 1er numéro et ses 16 pages consacrées à Assassin’s Creed – Unity.

Ainsi, à l’issue de cette première année en compagnie de The Game, je suis désormais certain que ce magazine m’accompagnera un long moment. J’y trouve tout ce qui fait le sel de mon intérêt pour le jeu vidéo, de son approche la plus « simple » (tests, news…) à sa volonté de l’appréhender sous toutes ses coutures (économie, psychologie, technologie…). The Game a pour slogan « Il n’y a pas de jeux sans histoire ». Une tagline toute trouvée pour ce magazine qui est justement dans cette optique de raconter l’histoire du jeu vidéo à ses lecteurs. Entre retours sur les succès et échecs passés, analyse du temps présent et hypothèses quant à l’avenir d’un média en constante mutation, les rédacteurs donnent à voir un jeu vidéo vivant et évolutif, fait de petites et de grandes histoires, tout en arrivant à combler ses faiblesses (traiter de l’actu JV tous les 2 mois dans le contexte actuel, c’est complexe) par de réelles forces qui vous sautent aux yeux à mesure que vous tournez les pages de ce magazine.

Bref, en quelques mots comme en mille : Bon anniversaire The Game.
Longue vie et prospérité !

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2 réflexions sur “The Game, bilan d’un an de lecture gaming

  1. Ce magazine a toujours attiré mon regard lorsque je le croise mais je ne l’ai jamais lu ni acheté pour le moment. J’avais un très grand plaisir à lire IG Mag à l’époque, notamment les hors séries et depuis je n’ai pas pris le temps de me réinvestir dans un magasine papier. Je vais certainement acheter ce numéro ou le prochain car vu le contenu et la façon dont le fond est traité, ça risque de me plaire fortement!

    • Je crois effectivement que par sa façon de traiter le jeu vidéo, ce magazine ne pourrait que te plaire. Sa force selon moi c’est non seulement de faire intervenir des rédacteurs de tous horizons mais aussi de ne sortir qu’un mois sur deux. En cela, la rédaction se force à garder une approche différente, plus analytique, qu’on ne retrouve plus vraiment sur internet et trop rarement dans la presse papier (hormis chez JV, où ils font du très bon boulot).

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