The Musketeers, saison 1 : La promesse d’une aventure

Si je me souvenais avoir entendu parler de ce projet de série à l’époque de son élaboration, je n’avais cependant jamais eu l’ambition de la regarder, la chose m’apparaissant alors très lointaine. Et pourtant, c’est la curiosité qui m’a conduit à zapper sur TMC au cours des dernières semaines afin de découvrir les dix épisodes de la première saison de The Musketeers, réécriture plus ou moins modernisée de l’irremplaçable oeuvre d’Alexandre Dumas. Verdict ?

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Avant de commencer à parler de la série elle-même, je tiens à dire un mot sur la façon dont TMC a choisi de la diffuser. Avec dix épisodes au total, on aurait pu espérer passer cinq bonnes semaines avec deux épisodes par soirées. Chacun durant entre 50 et 60 minutes, cela laissait envisager des soirées d’environ deux heures à chaque fois, ce qui n’aurait pas été si mal. Au lieu de cela, la dixième chaîne de la TNT a préféré commencer fort en nous balançant dès la première soirée de diffusion pas moins de quatre épisodes, laissant ainsi courir la chose de 21h à 1h du matin ! En pleine semaine ! Non mais franchement, qu’est-ce qui vous est passé par la tête ? La série commence à peine que l’on a déjà eu droit à quasiment la moitié de son contenu… Les six épisodes restant ont ensuite été répartis en deux soirées de trois épisodes chacun… Bref, en trois semaines l’affaire est pliée…

Enfin, on ne va pas refaire le programme télé (sans quoi, je peux vous assurer qu’il y aurait du changement…) alors revenons en à nos moutons et parlons un peu de The Musketeers. Sur le papier, cette série de la BBC – laquelle est d’ailleurs habituée à nous livrer des productions de qualité (SherlockDr Who pour ne citer que celles-ci) – semble reposer sur une recette que les séries historiques ont souvent employées par le passé, à savoir un mélange entre respect de l’univers des œuvres d’origine et modernisation du propos. The Musketeers se présente alors comme une série de cape et d’épée épique, haletante sans doute mais avec un humour et une mise en scène au goût du jour afin de capter l’attention de tous les publics. Je dois bien avouer que jusqu’ici rien n’aurait pu réellement me déplaire, si ce n’est le fait que j’ai au premier abord eu du mal à comprendre pourquoi Porthos était subitement devenu…noir. Enfin ça me paraissait étrange que ce brave mousquetaire venu du Béarn ait pu être de couleur. Mais attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : je n’ai rien ni contre la présence d’un acteur noir dans la série, ni contre Howard Charles à qui le rôle de Porthos a été confié (on est sur internet, je préfère être explicite). Je suis juste surpris de ce choix. Une surprise qui s’est d’ailleurs estompée une fois que j’ai compris que The Musketeers ne faisait pas que réécrire les aventures des quatre fameux soldats du roi mais allait carrément reprendre également la construction des personnages principaux et secondaires afin de leur donner de nouvelles origines et de nouvelles destinées. Un choix audacieux, c’est certain, car il est toujours complexe de s’approprier ainsi un tel monument de littérature et d’en faire un peu ce que l’on veut. Mais je pense à Sherlock et à son appropriation totale de l’oeuvre de Sir Conan Doyle qui ne l’a pas empêché de remporter un franc succès, y compris auprès de moi. Le plus important reste donc de voir ce que le travail ainsi mené donne une fois transposé à l’écran et c’est avec l’envie de faire tomber mes a priori que je me suis lancé dans The Musketeers.

Le choix d'Howard Charles m'a plus surpris que gêné bien entendu. Ce n'est pas le cas de tout le monde, malheureusement. Et pourtant !

Le choix d’Howard Charles en Porthos m’a plus surpris que gêné bien entendu. Ce n’est pas le cas de tout le monde, malheureusement. Et pourtant !

Le choix était le bon finalement car je trouve dans The Musketeers ce qui me manquait un peu dans les séries télé actuelles. Cette première saison compose ainsi une histoire d’aventures, d’action et même de romances que Dumas n’aurait sûrement pas reniée. Contrairement à ce que je m’attendais, The Musketeers ne construit pas son récit sur une seul énorme trame scénaristique qui nous conduirait du premier au dernier épisode mais privilégie au contraire une succession d’aventures indépendantes néanmoins reliées par quelques ficelles narratives qui lient tant les personnages que les événements entre eux. Reste en tous cas que chaque épisode peut être pris sans considération des autres et être apprécié en tant que tel. Si l’on devait faire l’analogie avec la littérature, source inépuisable pour nos productions télévisées favorites, The Musketeers s’apparenterait finalement plus à une suite de nouvelles qu’à un roman bien épais, ce qui tranche finalement avec le livre d’origine d’Alexandre Dumas. Les plus fidèles à ce dernier regretteront sans doute ces choix et finalement cette déconstruction de l’oeuvre (et non destruction) qui amène à la construction d’un nouveau parcours dans lequel on ne retrouve que subrepticement les fondations des Trois Mousquetaires. Le constat est donc clair : The Musketeers se veut être une libre adaptation de Dumas, prenant des libertés avec la narration et son contenu même. Elle modernise son propos, lui donne un nouveau rythme afin de l’adapter au format télévisuel sans pour autant gâcher quoi que ce soit. Mais si la globalité de cette première saison donne finalement une belle image du travail accompli pour relever ce pari risqué, on notera quelques inégalités selon les épisodes, certains étant bien plus enlevés que d’autres. Le cinquième épisode par exemple (Retrouvailles Explosives) ne m’a pas plus emballé que ça, reposant sur une intrigue un peu trop banale et manquant d’un véritable intérêt, un peu comme l’épisode 6 (Le Fils de l’Ombre), pas vraiment passionnant. Néanmoins, l’on aura le plaisir de regarder aux côtés de ceux-ci d’autres épisodes bien plus enthousiasmants, reprenant ce qui a fait à l’époque le succès de ces nombreux films de cape et d’épée : de l’aventure, des intrigues, des duels animés et dynamiques ! Je pense tout particulièrement aux deux ultimes épisodes de cette saison (Complot contre la Reine et La Fin justifie les Moyens), riche d’un scénario bien tenu et de retournements de situation plus qu’appréciables ! Au final de ces des dix premiers épisodes, je ressors de The Musketeers avec l’impression d’avoir suivi une série certainement osée, parfois bancale mais toujours inscrite dans l’envie de proposer une réécriture efficace et cohérente, hommage même à ce genre disparu et à l’oeuvre initiale. Un mot également sur les costumes et les décors, tous absolument superbes. Si les tenues des Mousquetaires sont une matérialisation complète de cette volonté de modernisation et pourront peut-être décontenancer l’amateur au début, ils n’en demeurent pas moins d’une qualité esthétique évidente qui s’accorde parfaitement avec l’atmosphère générale de la série.

The Musketeers est riche en action, mine de rien. Certaines scènes de batailles et autres duels sont excellentes.

The Musketeers est riche en action, mine de rien. Certaines scènes de batailles et autres duels sont excellentes.

Terminons cet article par un court paragraphe sur la distribution de cette série, à commencer par les quatre interprètes de nos vaillants Mousquetaires. D’Artagnan tout d’abord est interprété par Luke Pasqualino, déjà vu dans Skins mais que je découvre puisque je n’ai jamais regardé ladite série. Le jeune acteur tient plutôt bien son rôle, donnant notamment à son D’Artagnan toute l’impétuosité qu’on connaît au personnage. Je trouve cependant parfois qu’il en rajoute inutilement en sur-exprimant certaines émotions, en particulier la colère. A ses côtés, Tom Burke (Only God Forgives), Santiago Barbera (HeroesMerlin ou la 1ère partie du diptyque Che) et Howard Charles (Beatiful People) interprètent respectivement Athos, Aramis et Porthos, chacun avec un talent certain. Il est amusant d’ailleurs de constater qu’à l’image de leurs illustres personnages vis-à-vis de D’Artagnan, les trois comédiens font preuve d’une plus grande maîtrise de leur art que Luke Pasqualino. Là où ce dernier accroche parfois certains écueils dans sa façon de jouer, Burke, Barbera et Charles arrivent bien mieux à coller aux situations et aux réactions induites de leurs personnages, livrant finalement une interprétation à trois qui vaut à elle seule le détour par la case The Musketeers. Mention spéciale à Howard Charles d’ailleurs qui donne à Porthos toute la bonhomie et la sympathie qu’on attend de ce fier soldat ! A noter en face que c’est Peter Capaldi, actuel Docteur de Dr. Who, qui tient le rôle de l’antagoniste en incarnant le cardinal de Richelieu avec une maestria certaines. Capaldi prête en effet idéalement ses traits pincés et son regard troublant à cet ambigu ministre du roi Louis XIII lui conférant alors tout ce qui est nécessaire pour que le spectateur lui voue une animosité farouche en même temps qu’un certain respect au regard de son intelligence tactique. Il est vraiment dommage que l’acteur n’ait pas pu revenir pour la suite des aventures en raison de son engagement sur Dr. Who (un mal pour un bien cela dit). Très très rapidement et sans plus de détours enfin, j’ai trouvé que Ryan Gage était assez bon (et assez drôle, parfois) dans le rôle du roi tandis qu’Alexandra Dowling était bien plus intéressante dans le costume de la reine Anne d’Autriche. Toujours dans les rôles féminins, Tamla Kari m’a bien plu également dans le rôle de Constance Bonnacieux alors que Maimie McCoy m’a moins impressionné en Milady de Winter.

Peter Capaldi est sans aucun doute possible le meilleur Richelieu que j'aie pu voir.

Peter Capaldi est sans aucun doute possible le meilleur Richelieu que j’aie pu voir.

Au terme de cette première saison, je suis donc plutôt rassuré par la qualité générale de la série. The Musketeers réussit en effet à adapter Dumas en donnant à ses Trois Mousquetaires une allure résolument tournée vers les standards de la production télé actuelle. Pour le pire et le meilleur aurais-je envie de dire car si cette série de la BBC garde sur ces premiers épisodes une certaine tenue qui lui permet de laisser espérer le meilleur pour la suite, elle n’échappe pas à quelques baisses de rythme qui la rend inégale sur la durée ainsi qu’à quelques menus défauts dans le jeu de certains acteurs. Si ce n’est pas assez récurrent pour que la série accuse sérieusement le coup, il faut quand même relever ces petits écueils. Mais bon, ne soyons pas trop critiques et gardons à l’esprit que cette première saison m’a fait passer de bonnes soirées et que j’ai hâte de voir la suite.

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Une réflexion sur “The Musketeers, saison 1 : La promesse d’une aventure

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