TFGA n°6 – « Le JV de la peur »

Aujourd’hui c’est samedi ! Et mieux que ça encore, nous sommes le 20, date du neuvième Top Five Games Addict ! Pour ce qui sera ma sixième participation à cette opération, nous avons été invités à plancher sur le thème « Nos peur inavouables » par le sieur Alex, qui vous offre son top et la liste de tous les participants sur son blog. Un thème a priori vaste qui, je l’avoue, m’a énormément surpris. Après réflexion, j’ai fait le choix de ne pas vous parler de peurs in game mais de celles que l’on peut ressentir en tant que joueur vis-à-vis de la sphère du jeu vidéo de manière générale. Des doutes, des « angoisses » et des craintes qui n’en sont pas vraiment mais dont je suis certain que beaucoup les partagent avec moi. En bref, pour ce TFGA, je vais vous parler de moi.

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5 : La peur de l’overdose

Too much is too much.

Too much is too much.

Sans doute la moindre de mes angoisses relatives à ce loisir qu’est le jeu vidéo, reste qu’elle demeure. Le JV est entré dans une dimension depuis quelques années qui fait que l’on a jeu sur jeu, sans cesse. Du blockbuster en veux-tu en voilà, idem chez les indés qui sont devenus une source intarissable de nouveautés quasi quotidienne. Et si certains peuvent se vanter d’être originaux, décalés, différents, on ne peut plus nier que beaucoup de jeux d’aujourd’hui se ressemblent. Si tous ont évidemment leur identité propre, on remarque depuis quelque temps un manque d’originalité chez certains éditeurs et au sein même des licences. Je pense notamment à Assassin’s Creed qui ne s’est plus renouvelée depuis un moment et qui construit chacun de ses épisodes sur le modèle d’Assassin’s Creed II, véritable bible de la saga. Je pense aux FPS, tous les mêmes ou presque. Je pense aux RPG, dont les innovations récentes se comptent sur les doigts d’une main. Et tout ça ne les empêche pour autant pas de se multiplier à l’infini. Sans compter tous les remaster que cette génération de consoles nous offre ! Du jeu, du jeu, du jeu en quantités phénoménales, signe d’une vitalité économique hors-normes certainement mais aussi du risque de l’overdose. Et si on finissait par en avoir assez ? Et si je finissais par me lasser d’un loisir pourtant cher à mon petit cœur de gamer ? C’est clairement un truc auquel je pense parfois en observant les actus qui ponctuent heure par heure notre univers vidéoludique. Je crains qu’un jour je finisse par en avoir assez de ces consoles et de leurs jeux simplement parce qu’il y en a trop et que je ne sais plus où donner de la tête. Pour le moment ça va, pas de problème, mais ça pourrait arriver. Un jour, peut-être…

4 : La peur du (mauvais) choix

Choisir, c'est dur.

Choisir, c’est dur.

C’est un peu con (et lié à ce que je disais juste au-dessus en fait) mais, avec cette profusion constante de titres et de consoles (dont les durées de vie commencent à s’amenuiser), la question du choix est devenue des plus importantes. Face à du matériel qui n’est pas donné et à des jeux qui ne le sont pas nécessairement non plus, opter pour une solution plutôt qu’une autre est devenu une obligation. Sans doute cela l’a-t-il toujours été au fond mais j’en prends pleinement conscience aujourd’hui. La plupart des gamers, moi le premier, ne peuvent pas se permettre d’avoir à la fois la Xbox One, la PS4, une Wii U et un PC avec les configurations qui vont bien, question de moyens. Alors il y a toujours les petits veinards qui gagnent des jeux et des consoles (HUM HUM HUM…) mais ça reste infime, faut pas se leurrer. Il faut alors faire un choix et c’est quelque chose que je déteste. Prendre la Wii U ? Bien sûr, j’aurais les ZeldaMetroid et compagnie (quoique…) mais je loupe les jeux des tiers. Prendre la One ou la PS4 ? Laquelle a les meilleures exclusivités ? Et si jamais le balance venait à s’inverser ? Et si la numéro un du marché venait à devenir la numéro 2 ? Voire la numéro 3 ? Choisir, c’est prendre le risque de passer à côté de trucs plus intéressants, de choisir une console prometteuse mais qui sera pauvre en jeux, d’être déçu finalement.

3 : La peur du prêt

La peur de prêter c'est (entre autres) la peur de la casse.

La peur de prêter c’est (entre autres) la peur de la casse.

Sur un ton un peu plus joyeux que les deux point précédents, il y a une peur dont je suis certain que je la partage avec nombre de camarades joueurs. Imaginez un instant : vous avez un jeu lambda sur lequel vous avez passé des heures et des heures. Vous avez débloqué des tas de trucs, accompli des tas de choses, sauvé des tas de gens… Et puis un ami vous emprunte le jeu. Et il joue. Et il efface votre partie… Enfer et damnation, des heures de labeur qui partent en fumée pixelisée ! On a tous connu ça à un moment ou un autre. Pour ma part c’était évidemment avec Pokémon et son seul et unique fichier de sauvegarde. On lit à foison des témoignages récents ou anciens de joueur qui ont prêté leur jeu et qui y ont laissé leur partie. Prêter ne me dérange pas plus que ça au fond mais j’ai toujours la crainte (selon la personne à qui je passe mon jeu bien entendu) qu’il y ait une erreur de commise quelque part et que celle-ci soit fatale à ma sauvegarde (voire même à l’intégrité physique de mon jeu, ça ne serait pas inédit comme mésaventure). Et si je suis ainsi dubitatif quant au prêt de jeux, je vous laisse imaginer ce qu’il en est avec mes consoles ! Je me souviens du témoignage de Caroline qui avait eu la désagréable surprise de découvrir qu’on avait touché à sa Wii U pendant son absence et sans autorisation de sa part. Quelle colère elle nous avait piquée là ! Et quelle colère j’aurais ressenti également dans la même situation. Une console c’est sacré, nom de dieu ! C’est peut-être idiot, je ne sais pas, mais j’ai le sentiment qu’on entretient avec son matériel vidéoludique un rapport particulier semblable à celui que certains entretiennent avec leur voiture par exemple ou avec leur matériel hi-fi (ou ce que vous voulez). Vous imaginez qu’un type utilise votre voiture de cette manière ?

2 : La peur de l’occasion qui pue

Les Xbox 360 en situation de RROD sont légion sur internet. Mais on ne vous le dit pas toujours.

Les Xbox 360 en situation de RROD sont légion sur internet. Mais on ne vous le dit pas toujours.

L’occasion est une chose formidable. Des jeux plus ou moins récents, dans un plus ou moins bon état, à des prix plus ou moins réduits. Avec ce marché, rendu encore plus vivace grâce aux cash converters ou à des sites comme Le Bon Coin, les joueurs aux moyens les moins élevés ont quand même la possiblité de s’addoner à leur loisir en minimisant autant que possible les coûts. Mais il ne faut pas se cacher la triste réalité : parfois l’occasion pue. Pour plusieurs raison, la première me venant à l’esprit étant le possible mauvais état de l’objet acheté (jeu ou console en l’occurrence). Si les boutiques spécialisés ou grande surfaces culturelles offrent la garantie de revendre du matériel qui fonctionne, le risque de tomber sur un article en moins bon état augmente dès qu’on passe la porte d’un cash converter et devient carrément affolant quand on se penche sur Le Bon Coin ou que l’on se rend en vide-grenier. Le cash converter ne vend certes que des jeux qui fontionne mais l’ancienneté de certains d’entre eux fait qu’il arrive parfois malheureusement que ledit jeu cesse de fonctionner après quelques semaines… Pire encore en vide grenier ou sur internet où il est impossible de tester le matériel avant achat. L’affaire tourne alors au pile-ou-face et c’est une fois à la maison qu’on découvre si on a fait une affaire ou si c’est plutôt le vendeur qui en a fait une (saligaud). Et encore, ça c’est quand vous arrivez à récupérer votre achat tant attendu. On ne compte plus le nombre de personnes qui se sont fait arnaquer sur Le Bon Coin notamment et qui n’ont finalement jamais reçu quoi que ce soit… Il y a donc toujours cette peur qui consiste à se demander si telle ou telle occasion est bonne ou non. Et c’est une crainte qui est dans mon cas d’autant plus grande que mon budget jeux vidéos ne peut pas se permettre de faire une dépense inutile. Du coup je préfère parfois passer à côté de possibles bonnes affaires plutôt que de prendre le risque de me faire avoir… Mais ce n’est pas comme ça qu’on avance !

1 : La peur d’être déçu

Sonic, docteur ès déception malgré lui.

Sonic, docteur ès déception malgré lui.

C’est la pire de toutes mes craintes concernant le jeu vidéo (en même temps, elle est à la première place alors ça paraît logique). Etre déçu est une chose terrible de mon point de vue. Vous placez vos attentes et vos espoirs sur un jeu pour mieux vous rendre compte ensuite que…ce n’est pas ça quoi. Vous fantasmez, vous idéalisez, vous imaginez et le studio vous pond finalement un jeu qui n’atteint pas le quart de tout le potentiel que vous y aviez mis. Horreur, malheur ! Et ça marche aussi quand tous vos petits camarades joueurs vont ont chanté les louanges d’un titre qu’ils jugent comme étant culte et que vous finissez par trouver tout ce qu’il y a de plus banal. Allez, ne faîtes pas semblant, ça nous est tous arrivé au moins une fois ! Avec cette petite gêne qui vient juste après quand celui qui semble être le « fanboy n°1 à la vie, à la mort pour l’éternité et au-delà » vous demande tout heureux et plein d’espoir : « Alors, t’en as pensé quoi ? Puissant hein ?« . Dans votre tête ça sonne comme « Ouais bof en fait hein. Le scénar est vu et revu, le gameplay rachitique et je ne vois vraiment pas ce que vous lui trouvez à jeu… » mais ce qui sort de votre bouche c’est plutôt un « Ouais c’était sympa » auquel vous ajoutez éventuellement « Par contre j’ai pas trop aimé tel truc« . Et c’est bien évidemment là qu’on vous sort « Ah non mais attends c’est juste le MEILLEUR élément du jeu ça ! » avec des yeux écarquillés ! Et tu te rends compte là que la peur d’être déçu c’est parfois aussi la peur de se sentir con, de se dire qu’on n’a peut-être rien compris. Enfin bref… Cette crainte là est omniprésente. D’autant que comme je le disais, il faut faire des choix désormais et c’est ce qui donne naissance à ce risque. Si tu fais le mauvais choix, tu vas vite le savoir.

Telles sont donc mes plus ou moins inavouables peur en matière de jeu vidéo. Comme vous le voyez, j’ai choisi d’orienter mon propos vers des « peurs » bien réelles et non liées à des émotions ressenties en jouant. Ce n’est pas forcément bien gai du coup, d’autant que je trouve que ma vision du jeu vidéo de manière générale n’est peut-être pas aussi rose que je pourrais le croire moi-même… Bref, ce top m’aura permis de faire une petite introspection que je développerai peut-être un jour dans un article consacré à la question, nous verrons bien si l’envie me prend ou non. Mais la question immédiate, c’est surtout de savoir quels sont vos tops à vous sur ce thème ! Je vous propose donc de les réaliser sur vos blogs respectifs ou en commentaire de cet article ou de celui de l’hôte Alex (lien en début de post comme toujours). En attendant le thème de Juillet !

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9 réflexions sur “TFGA n°6 – « Le JV de la peur »

  1. On se retrouve sur la peur de la déception mais c’est intéressant comme tu abordes le sujet par rapport aux autres joueurs, je n’y avais pas pensé.
    Et les choix, je connais ce sentiment aussi ^^

    • Pour moi, les joueurs jouent un rôle à part entière dans la construction et la déconstruction de la vision que l’on se fait d’un jeu. Les échanges via blogs/Facebook/Twitter/whatever ont considérablement renforcé la chose d’ailleurs !

      Et les choix, c’est terrible. TERRIBLE ! :3

  2. C’est vrai que le numéro 1 est terrible lui aussi, surtout quand on voue de grands espoirs sur un jeu, et avec la com, les teasers (souvent plus beaux que le jeu final).

    Sur les jeux d’occasions c’est vraiment un problème, il y a beaucoup de crapules qui jouent sur la raretés d’un jeu. Je pense que jamais je ne pourrai jouer à Suikoden II sur PSX, jamais. Et les jeux Super Nintendo en boites sont devenus tellement chers, alors que les prix de ces mêmes jeux amis en Jap est dérisoires. Quand je vois le prix d’un jeu aussi anecdotiques que Super Soccer, j’ai envie de pleurer.

    Les vides greniers, il y a de plus en plus de jeux d’occasions parfois intéressants, mais il faut se lever tôt avant que les vendeurs pro se s’y collent dessus. Pfff.

    • Pour les vide-greniers, c’est exactement ça : si tu passes après les ratisseurs, c’est foutu. Ils auront déjà récupéré toutes les belles pièces pour aller les vendre trois fois plus cher un peu plus loin…
      Mais on dit ça des occasions hors magasins spécialisés mais même chez Micromania ou autre, ça vaut rarement le coup. Tu as parfois plus vite fait de récupérer un jeu neuf en promo que le même occasion. Et pour un prix équivalent !

      • Oui et même des amis à moi pratique cela, perso je trouve justement cette « pratique » détestable. Notamment pour les éditons DVD/BluRay en Steelbook où il n’est pas rare de voir des personnes acheter 10 exemplaires pour les revendre 1 ans après 3 fois le prix …

        Je fais régulièrement la brocante de Houilles (78 : Yvelines) qui est l’une des plus grandes brocantes de France, et le nombre de boutiques JV s’est multipliés cela dit je regrette de ne pas avoir pris les jeux N64 en boîte (30 euros) la seule bonne affaire notables.

  3. Pingback: Alex Effect » TFGA n°9 : Nos peurs inavouables

  4. Plus je lis vos contributions, plus je me dis que putain, ya vraiment un soucis avec le JV actuel et son avenir à court et moyen terme.

    C’est vrai qu’on nous vend à la pelle des blockbusters, et qui irait contredire ton passage concernant l’uniformisation des jeux, quel qu’en soit le type ? Pas grand monde …

    Finalement, ton n°2 parait presque « calme » en comparaison, mais si c’est un sacré fléau aussi. Dans toute ma vie j’ai été arnaqué 1 seule fois sur le bon coin, sur lequel j’attends toujours un Animal Crossing 3DS pour Madame è_é

    • Le problème vient de nous aussi je crois. Au moins un peu. On a gardé l’habitude d’acheter autant de jeux que possible mais ce n’est justement plus possible. On a tendance (quand on en a les moyens) à se laisser déborder, à faire des listes d’attente pour nos jeux sur lesquelles tu vas trouver 5 à 6 softs sinon plus.
      On nous en vend toujours plus mais on en veut toujours plus aussi. Il faut qu’on arrive à modifier (enfin je généralise un peu mais est-ce bien juste ?) notre mode de consommation du jeu vidéo.
      On n’a ni le temps ni les moyens de TOUT jouer !

      Sur Le Bon Coin, je crois que c’est pire que tout niveau arnaques. Même pour des jeux tout pourris on pourrait se faire avoir. Quand j’y fais des fouilles sur mon secteur, il y a un type dans une ville pas loin de chez moi vend des jeux par centaines tous supports confondus et il faut voir les prix des fois ! :O

  5. Pingback: TFGA n°9 – « Le Top du Top (mais pas pour chasser les taupes et c’est bien dommage)  | «Dans mon Eucalyptus perché

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