Parlons jeu, parlons bien n°23 – Metal Gear Solid V : Ground Zeroes [Xbox One]

cover

Démo, prologue, demi-jeu, OVNI, arnaque, test grandeur nature… On aura utilisé tout un lot de mots différents pour désigner Metal Gear Solid V : Ground Zeroes au moment de sa sortie. Il faut dire que le principe même du jeu en a surpris plus d’un. Hideo Kojima et Konami ont en effet fait le choix de sortir, bien avant de mettre The Phantom Pain en vente en Septembre prochain, ce qui a officiellement été présenté comme un prologue. Un jeu court, pas excessivement cher et permettant de présenter toutes les nouveautés (ou presque) que The Phantom Pain prévoit d’apporter à la licence MGS ainsi que ses subtilités de gameplay. Et au final, il y a eu deux types de réactions : ceux qui ont vu en cela une arnaque facile, considérant que Konami vendait alors une banale démo – trop courte qui plus est – pour (environ) 30€, et ceux qui ont trouvé ça génial de pouvoir avoir un avant-goût du prochain grand volet de la saga de Big Boss avec une durée de vie finalement pas si réduite que ça. Et moi ? Oh moi vous savez, je n’avais que la Wii U à l’époque alors ça m’en touchait une sans faire bouger l’autre.

Mais les choses ont changé depuis la sortie de Ground Zeroes et les houleux débats qu’il a suscités. Une Xbox One est arrivée à la maison et il faut forcément l’alimenter. Le temps aidant, GZ a vu son prix chuter et il est devenu facile de le trouver aux alentours de 12€ en occasion (quand ce n’est pas neuf dans certains enseignes comme les espaces culturels Leclerc, qui méritent bien qu’on leur fasse un peu de pub vus leurs prix tout à fait attractifs). C’est donc à ce prix là que j’ai trouvé ledit jeu dans le Micromania du coin, avec en plus l’agréable surprise de voir que le code inclus dans la boite pour débloquer gratuitement du contenu supplémentaire dans The Phantom Pain était toujours là. Toujours une bonne chose. Reste à découvrir le jeu et, surtout, à voir enfin s’il est réellement aussi court que ça. Car c’est bien ça que j’ai en tête au moment de l’installer : et si je venais de prendre un jeu auquel je ne jouerai que peu de temps, faute de contenu ? Il est vrai que cela serait plus que rageant. Mais bon, j’ai fait le pari de lui donner sa chance, conscient qu’au fond ça ne peut pas être aussi léger que ce que l’on raconte. D’autant que je sais pertinemment à quel point je peux être mauvais dans ce type de jeux, mes difficultés dans le genre infiltration m’aidant souvent à multiplier le temps de jeu…

D'office, je sais que j'aurai fort à faire pour que ce plan se déroule sans accroc.

D’office, je sais que j’aurai fort à faire pour que ce plan se déroule sans accroc.

Au premier coup d’œil, le constat est simple : c’est un total de sept missions différentes qui nous sont proposées, dont la plupart restent à débloquer. Une fois la mission principale Ground Zeroes accomplie, quatre autres seront disponibles puis deux encore lorsque les neuf patchs XOF auront été récoltés dans la toute première mission (et uniquement dans celle-ci). Du coup, je me dis que tout ceci va aller assez vite, vraisemblablement. Néanmoins je me rends peu à peu compte que je me suis trompé. Car ce sont tout de même plus de dix heures que j’ai passées sur ce prologue. Excusez-moi mais je ne passe jamais autant de temps sur une démo, statut que je n’accorderai donc pas à ce jeu. Tout comme je ne le lui accorderai pas en raison de choses assez simples à identifier. Et puisque certains en parlent mieux que moi, permettez-moi de citer un autre blogueur, Seb le Caribou¹ :

Je n’irais pas jusqu’à le qualifier [le jeu] de simple démonstration, en ce sens qu’il n’est pas de limite à ce que l’on fait dans cette partie du jeu qui soit une limite du jeu en lui-même. Lorsque le joueur est enjoint à rester sur le cadre de la carte pour la mission par exemple, c’est une limite du jeu et non une limite posée dans le but de conserver du contenu qui ne sera accessible que pour une version finalisée.

MGS V : Ground Zeroes n’a en ce sens pas grand-chose de la démo, si ce n’est qu’il n’est cependant pas non plus un jeu complet. Avec une seule mission réellement scénarisée dont l’aboutissement ne se trouvera finalement que dans The Phantom Pain en Septembre prochain, ce jeu ne peut en aucun cas prétendre se suffire à lui-même. Un prologue donc, le terme est judicieusement choisi. Annonçant le prochain grand épisode de la saga Metal Gear Solid, il l’introduit en révélant plusieurs choses : gameplay, esthétique, contexte. Formulant alors de grandes promesses (très grandes même), Ground Zeroes n’arrive certes pas à tenir debout tout seul et a besoin de l’appui conséquent de sa suite directe mais il ne peut pas être réduit au simple statut de démonstration, dont les limites seront toujours plus grandes que dans ce soft-ci. Le gameplay notamment n’a strictement aucune limite. On ne vous empêche pas de faire telle ou telle chose simplement parce qu’on se le réserve pour le jeu complet, en aucun cas. Nous avons alors tout le loisir de voir Big Boss grimper, ramper, surprendre ses ennemis, les neutraliser, s’infiltrer et tout et tout ! Tout ce qui est nécessaire est possible et il n’y a pas de moment où on vous empêchera de réaliser telle ou telle action simplement parce que cela ne s’inscrit pas dans le cadre de la mission en cours. A noter d’ailleurs que la prise en main de ce personnage est ici très agréable. Big Boss se laisse guider avec une aisance qui comblera tout le monde et les différentes fonctionnalités associées à sa façon de remplir ses missions sont toutes très intuitives. C’est d’ailleurs ce qui fait selon moi tout le sel de ce prologue : il est facile d’accès. Evidemment, les plus novices en jeux d’infiltration (dont je fais volontiers partie) auront parfois du mal à remplir leurs objectifs mais on ne pourra nullement jeter la pierre à ce gameplay quasi parfait dans ses moindres recoins. Et si tout n’est pas encore révélé dans Ground Zeroes, ce qu’il est possible d’accomplir dans ce prologue peut l’être à fond et permet de faire le job avec tout le confort possible. J’ai été surpris également par l’IA, dont je ne savais pas trop si elle allait être du même tonneau que dans le premier MGS (ma seule référence dans cette licence) ou si elle allait ressembler aux IA de tous les autres blockbusters vidéoludiques d’aujourd’hui (moins « intelligence » qu’ « artificielle » quoi…). Or, je constate avec un plaisir mesuré que cette IA là se situe quelque part entre les deux. Pas toujours faciles à berner, les gardes disséminés sur la carte de cette base font preuve d’une certaine vigilance et il ne sera pas forcément aisé de s’en débarrasser lorsque l’on se sera fait repérer. La base propose néanmoins un bon nombre de cachettes où Big Boss pourra patiemment attendre la fin des recherches et repartir de plus belle vers ses objectifs. Une fin de traque qui arrive souvent très vite au final et c’est ce que je reprocherais à cette IA. Si l’on aura en effet parfois du mal à se cacher (la faute à des gardes qui débarquent de tous les côtés grâce à des placements judicieux), on saura bien plus facilement se faire oublier une fois une planque trouvée, les soldats ne pensant justement pas à fouiller dans les recoins mis à votre disposition pour vous y dissimuler…

Ground Zeroes reste très fidèle à l'esprit de la licence en privilégiant toujours l'infiltration face au bourrinage tête baissée.

Ground Zeroes reste très fidèle à l’esprit de la licence en privilégiant toujours l’infiltration face au bourrinage tête baissée.

Mais revenons-en au contenu de Ground Zeroes, à commencer par la mission éponyme. Principal élément du jeu, cette mission nous amène les bases de ce qui devrait faire le scénario de The Phantom Pain cet automne. Nous sont notamment présentés personnage de Skull Face et son unité XOF, vraisemblablement le principal antagoniste de cette histoire. Globalement, le principe de cette mission est simple : les personnages de Chico et de Paz Ortega ont été capturés et sont retenus prisonniers dans le Camp Omega. Big Boss est donc envoyé pour les sauver. Mais avant toute chose, j’ai été frappé par l’introduction de cette mission. Pour moi qui n’ai jamais joué qu’au tout premier Metal Gear Solid sur PS1, la découverte du fossé qui sépare ces deux générations de la licence ne pouvait que me sauter à la figure. Des personnages et décors cubiques de MGS premier du nom, je passe d’un coup d’un seul à l’esthétique léchée de ce nouvel épisode, construite sur d’excellents graphismes. Tant les textures que les effets (eau, vent et tout le toutim) sont à tomber par terre tant ils sont maîtrisés. Le Fox Engine semble réellement être une sacrée machine de guerre ! Quant au fond, car il n’y a jamais que la forme dans le jeu vidéo fort heureusement, je n’ai pas grand-chose à redire. Evidemment, tout ceci souffre du format dans lequel c’est livré : un prologue, encore une fois. Ground Zeroes peine alors à se mettre en place sur ses deux jambes et à se dresser de toute sa stature, a priori imposante mais finalement déséquilibrée par un manque crucial de développement du propos. J’aurais voulu, au terme de cette mission, en voir encore et toujours plus. On ne niera cependant pas de la qualité évidente du titre. Si la mission en elle-même est très intéressante et agréable à jouer, que dire des cinématiques qui l’ouvrent et la concluent ? La première m’a rappelé tout le travail que Kojima et son équipe cherchent toujours à livrer sur leurs productions, en particulier lorsque cela touche à Metal Gear Solid. C’était une introduction avec de grandes qualités et parallèlement si peu de défauts. Et puis Here’s to You de Joan Baez quoi… La fin quant à elle fut prenante à deux titres. D’abord parce qu’elle est d’aussi bonne tenue que la cinématique d’intro. Elle repose sur des mécanismes certes classiques mais toujours aussi efficace en ce qui concerne le réveil des émotions du joueur. Kojima y a créé une ambiance incroyable et explosive (dans tous les sens du terme). Mais encore une fois, c’est cette volonté qu’elle fait naître et qu’elle excite d’en voir encore et encore plus dans The Phantom Pain qui fait tout le boulot.

Paz constitue à elle seule le support d'un climax saisissant.

Paz constitue à elle seule le support d’un climax saisissant.

Conclusion.

Metal Gear Solid V : Ground Zeroes vaut-il ses 30€ initiaux ?
Oui et non. D’un côté, j’ai envie de dire oui pour la qualité évidente du soft. C’est un jeu qui brille dans tous ses compartiments : gameplay, graphismes, mise en scène… Il se fait l’annonciateur imposant d’un jeu qui devrait en toute logique être exceptionnel. En parallèle, je dirais que non dans le sens où, objectivement, sept missions ne sont et ne seront jamais grand-chose dans le monde du jeu vidéo. Si mes compétences plus que moyennes en matière de jeu d’infiltration m’ont permis de faire durer le plaisir, je ne peux m’empêcher de penser aux maîtres du genre qui ont sans doute dévoré Ground Zeroes sous toutes les coutures en très peu de temps. Ceux-là regretteront peut-être d’avoir mis le prix fort pour un prologue dont je trouve que les 12€ auxquels je l’ai payé me semblent déjà plus appropriés.

Ground Zeroes a en quelque sorte été vendu comme un test grandeur nature en prévision de The Phantom Pain. Alors, ce prologue arrive-t-il à vendre son successeur ?
Oui, complètement. De toute évidence, Ground Zeroes ne souffre en tant qu’objet vidéoludique que de très peu de défauts, sinon d’aucun. Il se fait alors la promesse d’une expérience exceptionnelle pour The Phantom Pain, qui devra du coup répondre à des attentes immenses que ce prologue n’aura fait qu’intensifier. Ce prochain volet n’a donc pas du tout intérêt à se planter mais Ground Zeroes est là pour nous dire que tout va bien se passer.

En guise de conclusion générale, je ne vous cacherai pas que j’ai été entièrement séduit par ce prologue de The Phantom Pain. Ground Zeroes jouit en effet d’une finition exemplaire et se veut être un jeu des plus agréables à parcourir. Je reste toujours dubitatif quant au fait qu’il ne s’agisse que d’un prologue et de toute la stratégie commerciale que cela induit mais tout ceci s’efface devant la qualité du jeu. J’ai réellement hâte de toucher à The Phantom Pain désormais, un jeu qui devra faire preuve de prouesses exceptionnelles pour se hisser à la hauteur des attentes que ce prologue aura contribué à susciter. Et pour y répondre surtout !

¹Je vous invite chaudement à lire l’avis complet de Seb le Caribou au sujet de Ground Zeroes sur son (excellent) blog en cliquant sur ce lien.

Publicités

9 réflexions sur “Parlons jeu, parlons bien n°23 – Metal Gear Solid V : Ground Zeroes [Xbox One]

  1. Un bien bel article! Je suis en particulier d’accord avec ton idée que GZ vend parfaitement Phantom Pain. Pour l’avoir à nouveau bouclé il y a quelques semaines, j’ai bigrement envie d’être en septembre!

  2. Ahah encore une fois je vais jouer au connard !
    Je faisais parti de ces gens qui gueulaient au scandale quand GZ est sorti. Dans mon esprit c’était une démo et rien de plus, une démo vendu 30 balles, soit une des plus grandes arnaques de ces 10 dernières années.
    Aujourd’hui, de l’eau à coulé sous les ponts et après en avoir discuté avec d’autres personnes et d’avoir refait le titre plusieurs fois, j’ai plus ou moins changé d’avis. La où mon avis n’a pas changé, c’est qu’en dépit de la commercialisation du jeu, GZ a une superbe mise en scène, un moteur graphique très joli, un gameplay renouvelé et rafraîchissant et des thèmes abordés de façon cru ce qui est assez rare dans le milieu du jeu vidéo, et ça c’est cool.
    Là où mon avis a changé, c’est que je ne considère plus GZ comme une démo à 30 euros. Je le considère comme un prologue à 30 euros, ce qu’il est évidemment, il est vendu comme ça. Du coup, ce n’est plus seulement pour la pratique de vendre un prologue aussi cher que je regrette l’existence de ce jeu mais surtout parce j’ai l’impression que The Phantom Pain a été amputé d’un morceau (comme Snake, ahah). C’est quelque chose de très personnel mais je ne me serais pas vu faire la mission du tanker dans MGS2 et deux ans après, faire la Big Shell, non, je l’ai fait comme un tout : une grosse introduction suivi d’une autre mission bien plus dense. Idem pour MGS3.
    Pour The Phantom Pain, c’est déjà foutu. Que j’ai la possibilité ou non de refaire le prologue ne changera rien, je le connais déjà. Et j’ai peur d’avoir le sentiment que mon expérience a été coupé en deux avec ce GZ.

    • Hmm je vois ce que tu veux dire. J’aurais tendance à pouvoir penser la même chose mais j’ai en même temps le sentiment que The Phantom Pain arrivera très bien à se suffire à lui-même, qu’on ait joué ou non à GZ. Ce dernier (même si les événements de la séquence finale sont plutôt importants) sert principalement à contextualiser ce que sera le fil rouge de TPP.
      Alors effectivement, on pourra considérer qu’on nous a coupé dans notre élan avec ce choix de scinder le tout en deux jeux distincts mais (et c’est à vérifier une fois que TPP sera sorti), j’ai également l’impression que GZ fait surtout figure de grand test et que tout ceci n’aura finalement que peu d’incidence sur le caractère entier de TPP.

  3. Depuis sa sortie, j’ai toujours hésité à prendre ce jeu. J’aime beaucoup la saga Metal Gear Solid, bien que je ne sois pas un fan incontesté. Malgré tout, le jeu me faisait de l’œil mais je n’ai jamais succombé à son charme et actuellement, il est offert pour les abonnés PS+. Une bonne raison de s’y mettre.

    Je suis content de voir qu’il ne s’agit pas d’une simple démo comme j’ai pu le lire à plusieurs endroits. Pour préparer l’arrivée de Phantom Pain, je pense que c’est un bon moyen de se remettre aux MGS.

    Merci pour cet article détaillé 🙂

    • Effectivement, cette gratuité sur le PS+ ne te laisse plus aucune raison de ne pas jouer à « Ground Zeroes » !
      Et ouais, jouer à GZ avant l’arrivée de TPP, ça reste LA chose à faire. Avec un petit run sur le 1er MGS en passant, histoire de se mettre bien. 😀

  4. Je suis vraiment content que tu ai gagné cette XboxOne, tu peux enfin découvrir tout pleins titres excellents! Tu le sais, je suis un fan absolu de la saga MGS et j’ai joué à tous les opus que j’ai terminé 2 et 6 fois (oui je suis un peu fou parfois mais je mets un point d’honneur à les refaire avant chaque sortie d’un nouveau MGS). Ce prologue je l’attendais comme un fou avec une crainte viscérale cependant, qui ne concernait ni sa qualité, ni sa durée de vie, mais bel et bien le temps qui allait le séparer de la sortie de Phantom Pain. Je l’ia eu à sa sortie et je n’en peux plus d’attendre! Pour en revenir à Ground Zeroes en lui-même, je l’ai adoré, les nouveautés de gameplay se tiennent toutes, et j’y ai passé plus d’une vingtaine d’heure (toutes les missions en rang S en difficulté max, c’est du boulot!) et je vais y retourner avec plaisir dès que je recevrai Phantom Pain. Car oui, il est impensable que je lance MGS V sans auparavant me replonger dans son prologue qui m’a par moment mis vraiment mal à l’aise comme peu de jeu l’auront fait (certaines cassettes audio font froid dans le dos quant aux thèmes abordés et la froideur de la dernière cinématique dans l’hélicoptère…). Pas un grand jeu, mais un grand prologue indéniablement qui m’a mis l’eau à la bouche comme jamais!

    • Ah oui, tu te la joues un peu hardcore pour le coup. :3
      Mais moi aussi je referai très certainement GZ avant d’entamer TPP, histoire d’avoir une certaine continuité dans le jeu quoi. Et on est d’accord, la cinématique de fin est assez folle ! 😀

  5. Pingback: Parlons jeu, parlons bien n°28 – Metal Gear Solid V : The Phantom Pain [Xbox One] | Dans mon Eucalyptus perché

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s