Live Report : AC/DC, Stade de France, 23 Mai 2015

[Toutes les photos présentes dans cet article sont l’oeuvre de mon frère et de mon père.]

Cinq ans. C’est, à un peu moins d’un mois près, le temps qui s’est écoulé depuis la dernière fois que j’ai vu AC/DC en concert. C’était en Juin 2010, au Stade de France déjà, pour le Black Ice Tour au cours duquel j’avais déjà eu la chance de les voir en Février de l’année précédente à Bercy cette fois-ci. Cinq ans c’est long et on aura douté quelquefois quant à un retour. Nouvel album ? Peut-être. Nouvelle tournée ? On verra bien. Finalement, est venu Rock or Bust et dans la foulée, l’annonce d’un world tour que l’on avait naïvement cru limité à 40 dates jusque là (pour célébrer 40 ans de carrière). Ah ces fans de hard rock…quels grands nigauds.

Sans titre

Il fait à peu près beau ce samedi 23 Mai. Enfin il a fait très beau tout l’après-midi mais le ciel commence à se couvrir et la température à baisser vers 17h, quand les portes du stade ouvrent. Nous sommes arrivés un peu en avance au Stade de France et, comme prévu, nous ne sommes pas les seuls (les gens qui vont en fosse avaient plutôt intérêt à être là tôt de toute façon). Au fond, ça ne servait pas à grand-chose d’arriver trop tôt : on a des places assises, elles ne risquent pas s’envoler. Mais pour l’avoir déjà vécu deux fois, je sais que l’ambiance avant un concert d’AC/DC a quelque chose de particulier que je n’ai retrouvé ni en allant voir les Wampas, ni les Dropkick Murphys, ni qui que ce soit d’autre. Là on parle d’un public plus varié que les chapeaux d’Elisabeth II. Du fan old school et son indéboulonnable veste en jean recouverte de patchs aux couples qui viennent avec leurs gamins (j’en vois certains qui ont à peine une dizaine d’années) en passant par les jeunes chevelus ou non, il y a de tout. Et c’est génial de voir tout ce peuple qui ne se serait sûrement jamais parlé ailleurs se marrer comme ça. Cela me rappelle Bercy en 2009 et ce couple de septuagénaires assis derrière moi. Enfin bref, venir plus tôt c’est surtout pour s’imprégner. Et quand les portes s’ouvrent, c’est l’excitation. Tous se précipitent vers les différentes entrées du stade (exception faite de ceux qui n’ont pas terminé leur bière vu qu’on n’a même pas le droit de rentrer avec une bouteille d’eau*…) et il y a comme un frisson. C’est un peu classique/banal/éculé de dire ça mais si, si, si, je puis vous l’assurer, il y a un frisson. Un putain de frisson parce que tu sais que tu es à quelques heures d’un concert du groupe que tu adules depuis tout gamin (même si les pochettes de Powerage et de If You Want Blood te faisaient flipper à l’époque). Tu cherches ta place, tu t’assois et tu attends. Des roadies s’affairent sur scène, une partie du public les salue comme il se doit et si j’évoque cette toute petite anecdote, c’est parce que je trouve ça super cool. Tu as le sentiment que les gars font partie du groupe, c’est franchement une belle reconnaissance du boulot qu’ils abattent. Pendant que je m’installe à ma place je repense aux deux groupes de première partie : No One Is Innocent et Vintage Trouble. Les premiers, je ne les connais que vaguement. Tout ce que je sais c’est que je n’en suis pas franchement fan. Les seconds, je les découvre avec cette tournée. J’ai vaguement écouté ce qu’ils font et ça devrait envoyer.

(*Enfin si, vous pouvez, mais la bouteille doit être petite et le bouchon doit dégager…)

Cinq ans après, il était temps !

Cinq ans après, il était temps !

Le fait est que j’avais finalement raison. Le set de No One Is Innocent m’a gonflé, pour dire les choses clairement. Je ne saurais pas dire combien de chansons ils ont joué mais j’ai eu le sentiment d’entendre tout le temps la même. C’était saturé et re-saturé derrière, pas franchement mon genre. En revanche, les mecs de Vintage Trouble ont été excellents. Ils ont livré un show très très agréable, bourré d’énergie et mêlant très astucieusement blues, rock et hard rock. Le chanteur, aux allures de Little Richard sur les bords « connaît son boulot » (pour reprendre les dires de mon frangin) et s’est réellement livré au public. Littéralement je veux dire, le mec allant carrément prendre un petit bain de foule dans la fosse. C’était entraînant, très communicatif et extrêmement vendeur. Un bon choix pour réveiller un public qui en avait bien un peu besoin, en particulier dans les tribunes, où l’ambiance est (hélas, cent fois hélas) beaucoup trop molle à mon goût. Il faut dire aussi qu’AC/DC est devenu un groupe très grand public, en conséquence de quoi, une partie croissante de l’auditoire présent à chaque concert est composé de personnes pas forcément férues de rock’n’roll ou de hard rock, qui ne connaissent d’AC/DC que des tubes comme Hells Bells ou Highway to Hell et qui sont surtout là pour profiter d’un son et lumière sans chercher forcément à participer au mieux à l’ambiance. Un type devant moi est resté assis tout du long du live, bougeant un petit peu sa tête par moments au rythme de la musique mais sans plus… Enfin bon, je m’en fous un peu au fond tant que j’apprécie ce que je vois et entend mais j’avais peur que ce public ne soit pas du goût du groupe, qui aurait pu nous le faire comprendre par un show à minima, ce qui est déjà arrivé sur certaines dates passées de la tournée précédente. Surtout que la fosse elle-même était parfois relativement inerte, ce qui est – dans une enceinte comme le Stade de France – effrayant à voir. Fort heureusement, cela n’a pas été long et le public présent s’est progressivement réveillé. Chacun des trois groupes a ainsi pu tenir un set efficace récompensé par des auditeurs conquis (bien que les gradins restent un espace très gentillet…).

Ty Taylor, chanteur de Vintage Trouble, a su conquérir le public d'AC/DC, ce qui n'est pas toujours évident malheureusement.

Ty Taylor, chanteur de Vintage Trouble, a su conquérir le public d’AC/DC, ce qui n’est pas toujours évident malheureusement.

Mais venons-en au spectacle des boys (comme on les appelle communément), car c’est bien pour lui qu’on est venu ! Comme toujours, le concert s’est ouvert sur une introduction vidéo, celle de cette tournée mettant en scène une équipe de spationautes en mission lunaire découvrant sur la face cachée de notre satellite un énorme bloc incandescent à la forme du logo d’AC/DC et duquel s’échappe un météore qui passera notamment entre les cuisses de la fameuse Rosie pour mieux finir sur Terre. L’humour un peu gras du groupe est bel et bien toujours présent. Et dès la fin de cette courte vidéo, le show commence avec en guise d’ouverture le titre éponyme du dernier album : Rock or Bust. Grand frisson encore une fois, hurlements du public, bras levés et tout le tralala mais aussi un premier constat assez négatif : nous sommes très mal placés. Situés en tribune haute (bloc G3 pour être exact), nous sommes sur le côté par rapport à une scène qui, de part sa configuration, nous cache complètement Chris Slade et sa batterie ainsi que Cliff Williams et sa basse. Du batteur, nous ne verrons rien de tout le concert (si ce n’est sur les immenses écrans latéraux) et nous n’apercevrons le bassiste que lorsqu’il s’avancera vers son micro pour les choeurs. Quant à Stevie Young, guitariste rythmique remplaçant de son oncle Malcolm Young – toujours souffrant, hélas – nous le distinguons relativement de l’autre côté de la batterie. Mais, soyons clairs, c’est surtout Angus Young et Brian Johnson que nous verrons au cours de ce live qui s’annonce d’ores et déjà endiablé. Ce premier morceau montre d’emblée de quoi ces braves quinquas et sexagénaires sont encore capables. Brian Johnson notamment ne fait absolument pas ses 67 ans et hurle ses paroles comme autrefois. Quant à Angus, il est la preuve qu’à 60 ans, on peut toujours courir partout en faisant le duck walk sans que cela ne pose de problème ! C’est un régal de les voir autant en forme. Et si Rock or Bust est une chouette intro, c’est également l’occasion d’un deuxième mauvais constat : nous sommes mal placés (bis repetita) ! En raison de l’acoustique du stade, les places situées sur les côtés de la scène ne jouissent pas de la même qualité sonore que les autres. En fait, il y a un écho de temps en temps auquel s’ajoute surtout une saturation du son qui rend (parfois seulement) le tout un peu difficile à déchiffrer. Nul doute que les personnes en fosse n’auront à aucun moment ressenti cela et la pierre n’est pas à jeter à l’équipe technique mais bel et bien à l’enceinte qui nous accueille. Mais bon, les oreilles appliquées et exercées du bon fan sauront toujours faire en sorte que l’on apprécie le spectacle !

Depuis les années 1990, l'entrée en scène d'AC/DC a toujours été intense. Cette tournée ne déroge pas à la règle !

Depuis les années 1990, l’entrée en scène d’AC/DC a toujours été intense. Cette tournée ne déroge pas à la règle !

De manière générale, le concert a été excellent, hormis les quelques points négatifs évoqués dans le paragraphe précédent. Du point de vue de la setlist, AC/DC a repris la même que sur la tournée précédente, à peu de choses près. Certains regretteront ce choix mais il faut se rendre à l’évidence : le show dure deux heures et il faut déjà caser tous les grands classiques qu’ils ne peuvent pas ne pas faire. Ceci fait, ajoutons les trois ou quatre morceaux tirés de l’album tout juste sorti. Cela ne laisse finalement que peu de place à des titres un peu plus oubliés. La liste des chansons fut finalement la suivante :

1- Rock or Bust
2- Shoot to Thrill
3- Hell Ain’t a Bad Place to Be
4- Back in Black
5- Play Ball
6- Dirty Deeds Done Dirt Cheap
7- Thunderstruck
8- High Voltage
9- Rock’n’Roll Train
10- Hells Bells
11- Baptism by Fire
12- You Shook Me All Night Long
13- Sin City
14- Shot Down in Flames
15- Have a Drink on Me
16- T.N.T
17- Whole Lotta Rosie
18- Let There Be Rock
Rappels :
19- Highway to Hell
20- For Those About to Rock (We Salute You)

Comme je vous le disais, les grands classiques sont là : Back in BlackThunderstruckDirty Deeds Done Dirt Cheap et autres Whole Lotta Rosie sont des indispensables. On notera cependant l’absence d’un de ces grands tubes : The Jack. Visiblement remplacé par un Have a Drink on Me que l’on n’avait plus entendu en live depuis belle lurette, ce morceau nous prive finalement d’un chouette solo ainsi que du fameux strip-tease d’Angus. Sur ce dernier point, je mise sur une volonté du guitariste d’arrêter de se dessaper devant tout le monde tous les soirs. On comprendra aisément qu’à 60 balais, on n’en ait plus trop envie. Mais ça reste dommage car The Jack est toujours une belle occasion de jouer avec le public (en particulier féminin, ces dames étant invitées sur ce morceau à nous dévoiler certaines choses…) et à faire en sorte que le stade entonne avec vigueur le refrain. Son remplacement par Have a Drink on Me ne m’a cependant pas gêné le moins du monde, le morceau étant particulièrement heavy et excellemment joué pour le coup. Concernant les morceaux tirés du dernier album, Rock or Bust et Play Ball ont malheureusement souffert de ce manque de qualité sonore (lequel fut d’ailleurs corrigé à partir du sixième morceau*) mais Baptism by Fire fut bien plus agréable à l’écoute. Question coups de cœur, j’ai été complètement saisi et emporté par l’interprétation de morceaux comme Dirty Deeds Done Dirt CheapHigh Voltage et T.N.T, lesquels sont puissants de base mais ont en plus été joués avec une vigueur hors normes, renforcée par un public particulièrement enclin à reprendre les refrains et à jouer les backing vocals de près de 80 000 personnes. J’ai aussi particulièrement apprécié le fait que les gars aient joué les différents morceaux sur leurs tempos d’origine. Loin (à des lieues) d’être aussi mous que certains l’auguraient, les cinq membres du groupe ont ainsi livré une prestation détonante sans pour autant chercher à aller dans une surenchère qui leur aurait peut-être coûté à terme dans la tournée. Le choix était bon, excellent même, à l’image du concert dans sa globalité. Un autre petit regret néanmoins serait peut-être le manque de jeu entre Brian et le public. Pas d’échanges rigolos cette fois-ci entre les chansons, le groupe ayant d’ailleurs fait le choix d’envoyer titre sur titre sans réel break. Du coup, pas de baisse d’intensité mais un petit manque de proximité sans doute que je trouve un peu dommage. Cela dit, ça ne l’a pas empêché d’emmener le public avec lui sur les chansons, de le laisser chanter parfois et de communiquer tout au long du concert, tout comme Angus Young, toujours aussi énergique ! Son solo en fin de Let There Be Rock fut grandiose, comme à l’accoutumée. Un mot également concernant Stevie Young qui assure une parfaite relève de son oncle en guitariste rythmique. Si Malcolm Young est régulièrement considéré comme l’un des plus grands guitaristes rythmiques de tous les temps (sinon le plus grand tout court selon certaines sources), son neveu n’a pas grand-chose à lui envier et c’était un plaisir de l’entendre. Tout comme c’était également une joie de retrouver Chris Slade à la batterie, lui qui avait officié avec AC/DC sur l’album The Razor’s Edge et la tournée qui avait suivi au tout début des années 1990 (je vous recommande d’ailleurs le Live at Donington, immense). Il martèle ses fûts comme un sourd et, si je ne l’ai pas vu, je peux vous garantir que je l’ai entendu !

(*Néanmoins, notre placement en tribune haute ne nous permettait tout de même pas d’avoir une qualité de son optimale. Ça restait quand même bien plus agréable à l’oreille.)

Et dire qu'il y en a qui voulaient leur donner un déambulateur...

Et dire qu’il y en a qui voulaient leur donner un déambulateur…

En guise de conclusion, je me contenterai simplement de dire que j’ai passé une excellente soirée. Le spectacle était largement à la hauteur de mes attentes et j’ai été conquis à tous points de vue (ou presque, si l’on n’oublie pas de mentionner les quelques petits défauts de ce show). Les cinq membres d’AC/DC tiennent encore très bien la route et ont livré une prestation certes habituelle mais toujours aussi puissante, énergique et enjouée. Nul doute que le concert de ce soir, toujours à Paris, sera du même tonneau et je souhaite à ceux qui y seront présents de passer un aussi bon moment que moi et de profiter à fond ! Moi, j’attendrai un éventuel retour l’année prochaine et je vous laisse avec une petite galerie de photos prises lors de ce fantastique samedi !

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