Note de lecture n°18 – « Spider-Man : Family Business », Mark Waid, James Robinson, Gabriele Dell’Otto & Werther Dell’Edera

Offert par mes soins à mon frère pour son anniversaire, Family Business constitue ma toute première incursion dans les comics mettant en scène Spider-Man. Mon frangin souhaitait une histoire en un seul tome et celui-ci, en le feuilletant, m’avait semblé pas mal. Maintenant qu’il l’a lu, j’ai pu à mon tour le découvrir plus en détail.

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Avant toute chose, jetons un œil à l’équipe qui a œuvré sur cette histoire. Ils sont au nombre de quatre. Le premier, Mark Waid, est un spécialiste du super-héros, tant chez Marvel que chez DC. Il a notamment travaillé sur des histoires de Superman (Kingdom Come c’est de lui), de la Ligue des Justiciers, de Flash, d’Iron Man et donc de Spider-Man (avec notamment une participation à l’arc House of M). Le second scénariste de Family Business est James Robinson, auteur britannique qui a notamment travaillé sur Batman: Legends of the Dark Knight dans les années 1990 mais dont les œuvres les plus nombreuses font partie de l’univers de Superman et de Starman. Aux côtés de ce duo de scénaristes, deux illustrateurs italiens viennent apporter leur patte à Family Business. Gabriele Dell’Otto tout d’abord s’est chargé des illustrations à proprement parler. Ce dernier a notamment usé de son talent pour des aventures du Punisher, de Wolverine, des X-Men et de Batman. De son côté, Werther Dell’Edera, que les lecteurs du Punisher encore une fois mais aussi de X-Force connaissent sans doute malgré son encore courte carrière, s’est vu confier la mise en page de l’ouvrage. Avec quatuor aux commandes, Marvel devrait donc s’assurer un résultat de qualité, sur tous les plans.

L'équipe de Family Business (de gauche à droite) : Mark Waid, James Robinson, Werther Dell'Edera et Gabriele Dell'Otto.

L’équipe de Family Business (de gauche à droite) : Mark Waid, James Robinson, Werther Dell’Edera et Gabriele Dell’Otto.

Le premier contact avec Family Business est avant tout graphique, comme c’est finalement souvent le cas lorsque l’on parle de comics. Et, immédiatement, on ne peut être qu’interpellé par le style général adopté pour ce one shot. Si le réalisme du dessin n’est plus réellement une nouveauté, il faut cependant bien reconnaître que Gabriele Dell’Otto a ici fait fort. Des personnages aux décors, tous les dessins sont exécutés avec un soin particulier et une exactitude remarquable. C’est dans le rendu de certains détails (sable, toile de Spidey, eau…) que l’excellence de l’illustrateur italien s’observe le mieux. Mais quel est donc le secret d’une telle apparence ? Eh bien, il réside dans le choix étonnant mais en même temps particulièrement ingénieux de Gabriele Dell’Otto qui a tout simplement peint ses cases au lieu de tourner avec des crayons/feutres/whatever. Si cette option est (il me semble) plutôt rare dans le monde des comics, je dois quand même reconnaître qu’elle m’a enchanté. Elle donne au dessin un tout autre aspect et certaines cases jouissent grâce à cela d’un rendu saisissant, quitte à employer un terme qui pourra sembler galvaudé aux yeux de certains. J’ai tout particulièrement apprécié cette idée, que j’avoue espérer retrouver à l’avenir dans mes futures lectures. Gabriele Dell’Otto ayant fait de ces peintures en comics sa spécialité, nul doute qu’il faudra que je me penche sur son oeuvre.

Il y a un sens du détail certain dans le travail de Dell'Otto.

Il y a un sens du détail certain dans le travail de Dell’Otto.

Mais une bande dessinée, aussi jolie soit-elle, ce n’est pas que du dessin. Côté scénario, l’histoire de Family Business tient dans ce seul et unique tome, ce qui est d’ailleurs parfois une bonne chose quand on abuse des séries au long cours. Revenir à des histoires courtes ne fait en effet pas de mal de temps en temps. Celle-ci (pour vous faire le pitch) met en scène Spider-Man dans une situation houleuse : enlevé par un groupe d’hommes à la solde d’un mystérieux individu, il est sauvé in extremis par une jeune femme qui prétend n’être nulle autre que…sa sœur ! Au prime abord, tant le fan de Spidey que celui qui s’y connait juste un minimum pourra être décontenancé par cette révélation faite au tout début de l’ouvrage (je précise, des fois que vous ayez cru que je vous avais fait un petit spoiler). Et puis tout avance, se déroule de manière assez fluide bien que parfois avec quelques à-coups malvenus qui précipitent un scénario dont aurait sans doute apprécié qu’il prenne un peu plus son temps. Car s’il est parfois osé d’aller dans le sens que ce dernier choisit d’exploiter, on regrettera que tout aille si vite. Les événements s’enchaînent rapidement, laissant très peu de temps pour une construction plus habile des personnages et de leurs relations. Ainsi, tout le questionnement autour de la révélation faite à Peter Parker en ces premières pages manque de profondeur et d’un réel développement qui aurait été plus qu’intéressant à suivre. Choisissant parfois de recourir à une certaine facilité, les scénaristes de Family Business livrent néanmoins un récit agréable à parcourir, sans réelle fausse note ou autre erreur contestable, mais il y aura toujours cette impression que tout a été trop vite. C’est notamment le cas de ce climax en fin d’ouvrage qui ne manque pas d’intensité mais qui s’achève beaucoup trop tôt.

Wait, what?

Wait, what?

Globalement, Family Business se veut être un opus original, tant sur le plan graphique que scénaristique mais qui pêche néanmoins sur ce dernier plan. En effet, si le travail d’illustration et de mise en page de Gabriele Dell’Otto et de Werther Dell’Edera est plus que louable, on pourra reprocher à l’histoire d’aller trop vite et de finalement s’achever d’une manière trop abrupte, surtout avec une fin ouverte telle que celle que l’on trouve sur l’ultime page de ce volume. C’est dommage car les idées de base et le rythme étaient plutôt bons ! Un one shot qui aurait pu être un incontournable mais qui se contentera finalement d’être déjà recommandable.

Spider-Man : Family Business, Mark Waid, James Robinson, Gabriele Dell’Otto & Werther Dell’Edera, Panini Comics, 128 pages (17,50€)

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3 réflexions sur “Note de lecture n°18 – « Spider-Man : Family Business », Mark Waid, James Robinson, Gabriele Dell’Otto & Werther Dell’Edera

  1. Il va falloir que je donne tes coordonnées à mon banquier pour qu’il te demande d’arreter ces articles sur les comics hein! Parce que avec tout ce que tu me donnes envie d’acheter je ne sais pas comment je vais faire ^^ C’est vrai que la patte graphique de ce volume à l’ai tout simplement sublime et ça m’attire beaucoup. Je demanderai à mon fournisseur de comics ce qu’il en a pensé 😀

    • Qu’il m’appelle ton banquier, on va s’arranger lui et moi. 😉
      Sans compter que je vais bientôt parler de « Killing Joke » alors si tu ne l’as pas déjà, je pense que ça va te faire envie aussi. :3

      Franchement, ce volume est bien sympa mais il s’arrête assez brutalement. Sorti de ça, c’est très agréable à lire, tu peux y aller ! 😀

      • Killing Joke est sur ma liste d’achat aussi!!!! Avec « Un deuil dans la famille » il fait parti des plus tragiques oeuvres du joker et il me le faut absolument!

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