Mario Kart 8 et ses DLC : bilan des deux packs

Mario Kart 8 est sorti chez nous le 30 Mai 2014. Il y a quasiment un an donc. Si l’enthousiasme et l’envie d’exploser tous les records a fait de ce jeu une véritable oeuvre de chevet pendant plusieurs mois, il ne faut pas se mentir : on l’a laissé tomber au bout de quelque temps, privilégiant de nouveaux jeux et considérant qu’on avait fait le tour. Les Mercedes gratuites d’Août 2014 n’auront pas été d’une grand utilité pour donner un second souffle à Mario Kart 8, celui-ci ayant alors le vent dans le dos à l’époque. Mais ce mois d’Août fut aussi celui de l’annonce de deux autres DLC, payants ceux-là. La promesse est alors faite d’obtenir (au total) quatre nouveaux Grands Prix, six nouveaux personnages et huit véhicules tout autant inédits. Le tout pour une somme que les joueurs s’accorderont à considérer comme modique (8€ l’un, 12€ les deux et si jamais vous prenez le lot de deux, vous avez la possibilité de jouer les Maskass et les Yoshi dans différentes couleurs). Du DLC must have en somme. Verdict alors que les deux sont sortis ?

Il n’est pas rare de lire par endroits au sujet de ces DLC « Je ne suis pas pour les DLC, mais…« , chose qu’il faut avant tout relativiser. Et surtout, je ne vais pas faire que ça puisque je vais inverser la chose : je ne suis pas contre les DLC, mais encore faut-il que ce ne soit pas des arnaques à répétition. Le DLC, payant ou non, doit être du bonus pour le joueur, pas des pièces manquantes au jeu de base. Il ne s’agit pas d’offrir avec les DLC l’expérience de jeu complète mais plutôt l’expérience +++, si vous voyez ce que je veux dire. Or, Mario Kart 8 était à l’origine un jeu tout ce qu’il y a de plus complet : 8 Grands Prix, un bon gros roster, beaucoup d’éléments de véhicules… Sur cette base-ci, la logique du DLC ne m’a jamais semblé mauvaise. Votre jeu est certes complet mais on vous propose de le densifier. Et ceux qui n’auront pas l’envie/les moyens de se payer les DLC n’en pâtiront qu’au minimum. C’est beau. Et c’est surtout ce qu’a proposé Nintendo. Sans compte que, sur le marché du DLC actuel, ces deux packs valent plutôt le détour du point de vue des prix. Franchement, 8€ pour huit circuits, trois personnages et quatre véhicules, ça n’a rien d’abusé. Et 12€ pour le double, ce n’est pas vraiment contestable non plus, surtout lorsque l’on regarde chez d’autres la politique qui est mise en oeuvre autour des contenus supplémentaires… On ne pourra pas forcément en dire autant en revanche des contenus additionnels pour Super Smash Bros. qui arrivent/sont déjà dispos mais là n’est pas le sujet.

Reprenons les choses dans l’ordre : Novembre 2014. Six mois après la sortie du jeu initial, Nintendo rend disponible le premier des deux packs de DLC qu’il avait annoncés durant l’été précédent. Ce premier pack, orienté autour de la thématique The Legend of Zelda propose le contenu présenté dans l’image suivante.

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Comme je le disais grosso modo plus haut : c’est pas mal. L’arrivée de Link était une chose attendue pour les fans qui, alors qu’ils entendaient parler de l’arrivée des Amiibo dans le jeu, s’imaginaient déjà piloter avec Link, Samus ou Fox… Finalement, les Amiibo ne servent qu’à débloquer des costumes pour les Mii grâce à une mise à jour gratuite du jeu qui est arrivée en même temps que ce premier DLC. Toujours cette envie de Nintendo d’en proposer autant que possible sans toucher au porte-monnaie des joueurs, on l’aura remarqué. Ma déception vient finalement du fait que Link est classé comme faisant partie des poids lourds du roster aux côtés de Bowser, Donkey Kong ou encore Wario alors que je l’imaginais plutôt rejoindre les moyens (Mario, Luigi, Peach…). Tant pis, il reste jouable malgré tout si l’on arrive à trouver le bon compromis entre son poids et les différentes stats des véhicules. Sa moto (le Destrier de Légende) est cependant restée au garage chez moi. Souffrant d’un manque d’adhérence incompréhensible (surtout si on y monte les pneus qui lui sont dédiés), elle est pour moi un véritable calvaire à conduire et chaque virage me vois finir dans le décor lorsque l’enfourche… Le Blue Falcon est en revanche bien plus agréable à utiliser, en particulier avec un poids léger comme Toad.

Luigi, toujours aussi impitoyable au volant du Blue Falcon flambant neuf.

Luigi, toujours aussi impitoyable au volant du Blue Falcon flambant neuf.

Concernant les circuits, on en dénombre alors huit inédits pour ce Mario Kart 8 mais trois nous viennent cependant d’anciens épisodes. Il s’agit du Circuit Yoshi (Mario Kart: Double Dash, GameCube), la Mine Wario (Mario Kart Wii) et la Route Arc-en-Ciel (Super Mario Kart, Super NES). Globalement, ces circuits jouissent d’un lifting particulièrement réussi auquel les développeurs ont associé autant que possible les nouveautés inhérentes à Mario Kart 8 (antigravité essentiellement). Le Circuit Yoshi notamment (qui étais un de mes favoris sur Double Dash) est très beau. Aux côtés de ces circuits, quelques accents rétro avec une version revisitée de Mute City, que les fans de F-Zero et de Captain Falcon connaissent bien, et une arène inspirée d’Excitebike. Concernant le premier de ces deux-là, l’accent est ici mis sur la vitesse bien entendu. Avec de nombreux accélérateurs disséminés un peu partout sur le circuit, c’est un circuit destiné aux plus chevronnés des joueurs, ceux qui veulent que ça aille toujours plus vite. Quant à l’Arène Excitebike, j’ai apprécié cette idée d’en faire un circuit évolutif avec des modules toujours identiques mais dont l’emplacement sur le circuit change à chaque course. Sur les circuits 100 % inédits, je me contenterais de dire que la Station Glagla m’a laissé froid (hu hu), que la Route du Dragon est magnifique et que le Circuit d’Hyrule l’est plus encore. On y appréciera en particulier le remplacement des pièces par des rubis ainsi que la modification des effets sonores afin de coller au mieux à l’univers de la Princesse Zelda.

Mute City met F-Zero et par conséquent la vitesse à l'honneur.

Mute City met F-Zero et par conséquent la vitesse à l’honneur.

En somme, ce premier DLC fait mon affaire. Alors que les promesses étaient au moins aussi grandes que les attentes (toutes proportions gardées, on reste dans le domaine du contenu supplémentaire qui n’invente pas grand-chose, sinon rien), Nintendo relève le défi et offre à ses joueurs un contenu complet et travaillé. On espère alors que la suite sera du même tonneau. Et quand vient le 23 Avril 2015, quelle joie de découvrir ce second pack de contenu, orienté cette fois-ci autour du thème d’Animal Crossing et dont le contenu est calibré comme pour le premier lot du mois de Novembre.

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Allez hop, rebelotte ! Alors que l’on avait cessé de parcourir les circuits du premier DLC, lequel avait réussi à donner un véritable second souffle à Mario Kart 8, voilà que ce nouveau pack arrive et relance la machine. Avec un contenu aussi riche que le premier, ce nouveau pack de contenu additionnel a de quoi satisfaire ceux qui apprécient le jeu et qui souhaitaient renouveler l’expérience. On y retrouve notamment le Villageois d’Animal Crossing, qui intègre comme je l’imaginais la catégorie des poids moyen tandis que Marie, la toute gentille secrétaire de mairie dans A New Leaf, se classe chez les légers. J’apprécie tout particulièrement l’usage du Villageois (qui peut devenir une Villageoise si vous le souhaitez) avec le Coléokart. Equipé de ses roues et de son deltaplane dédiés, ce véhicule est d’une maniabilité exemplaire. Il me reste cependant à l’heure où j’écris ces lignes à tester les autres véhicules mais je sais d’ores et déjà que ce Coléokart va faire partie de mes favoris.

Côté circuits, ce second DLC en propose quatre venus d’anciens opus de la série et quatre complètement inédits. Côté anciens circuits, je retrouve avec plaisir le Parc Baby de Double Dash, circuit très court mais que l’on parcourt en 7 tours au lieu de 3 pour compenser et qui donne généralement lieu à des batailles enragées au cours desquelles le premier peut même attaquer les derniers qu’il aura pu rattraper. Sans doute l’un des circuits les plus fun du jeu. On retrouve également deux circuits venus de l’opus GBA, Super Circuit : la Route Ruban et le Pays Fromage. Et bien qu’ayant ledit jeu, je ne me souvenais absolument pas de ces circuits pourtant pas mal foutus. La Route Ruban n’est pas exceptionnellement technique mais est très agréable à parcourir tandis que le Pays Fromage demandera quelques aptitudes de pilote chevronné pour arriver au bout indemne. Enfin je découvre Koopapolis, issu de Mario Kart 7 (3DS) – que je n’ai jamais expérimenté – et je dois dire que ce circuit m’a enthousiasmé sans plus. Plutôt bien tracé, il n’en demeure pas moins un peu convenu. F-Zero est ensuite une nouvelle fois mis à l’honneur avec le circuit Big Blue qui est incroyable. Demandant des qualités de pilotage certaines, Big Blue n’est pas dantesque mais presque. Construit, à l’instar de la Descente Givrée ou de la Route Arc-en-Ciel tirée de Mario Kart 64, sur une longue piste divisée en trois segments, ce circuit propose une diversité intéressante. De son côté, le Métro Turbo est sympathique quoiqu’un peu convenu. Sorte de mélange entre le Supermarché Coco de l’épisode Wii et l’Autoroute Toad, il n’est pas bien difficile mais le risque de se prendre un métro dans le pare-choc le rend un peu plus ardu. Quant au circuit inspiré par Animal Crossing, il faut bien dire ce qui est : il est très classique. Son seul véritable atout est d’être entièrement designé autour de l’univers du fameux jeu de simulation soft de Nintendo. On y retrouve alors tout ce qui fait le charme de ces jeux : leurs personnages, les maisons, les décors et même, à l’affichage des résultats, la musique du café. En fait, si j’aime ce circuit c’est surtout parce qu’il donne réellement envie de voir Animal Crossing débouler sur Wii U. En espérant qu’on en entende un peu parler lors de l’E3 de cet été !

Le Parc Baby fait son grand retour et promet de sacrées batailles.

Le Parc Baby fait son grand retour et promet de sacrées batailles.

Il est à noter enfin que ce second DLC, comme le premier, s’accompagne d’une mise à jour gratuite du jeu qui permet notamment de jouer en 200cc, tout nouveau mode qui laisse pantois. De la vitesse, de la grande vitesse, encore et encore ! Ce nouveau mode implique de tout réapprendre : les circuits, la conduite, les virages et dérapages, l’équilibre des véhicules… On a l’impression en jouant à une vitesse pareille d’être revenu bien des années plus tôt, lorsque nous découvrions les jeux vidéo pour la première fois.

En conclusion, Nintendo a à mon sens proposé jusqu’ici une offre des plus intéressantes pour son Mario Kart 8. Entre DLC payants (mais encore une fois pour un prix raisonnable pour le contenu et comparativement à ce que l’on observe ailleurs) et mises à jour gratuites, histoire de sustenter tout le monde tout en incitant à verser quelques deniers pour avoir un contenu étoffé, Big N semble avoir eu l’envie de mener un travail complet sur cet ensemble qui n’a strictement rien à se reprocher. C’est d’une qualité indéniable, on ne saurait dire le contraire ! Et quand on sait que sur l’ensemble des logos de coupe que Nintendo a déposé, il en reste encore trois qui n’ont pas été utilisés (Carapace Bleue, Boo et Soleil), ça laisse songeur et surtout satisfait devant cette volonté de la firme d’entretenir sa ludothèque, même un an après que le jeu initial soit sorti. Une politique que l’on retrouve déjà avec Super Smash Bros. et qui ne devrait pas s’essouffler de si tôt.

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