Note de lecture n°17 – « Assassin’s Creed : Renaissance », Oliver Bowden

En écrivant ce début d’introduction, je me fais la remarque suivante : avec Assassin’s Creed, j’aurai tout fait dans le désordre. Entamant le série de jeux d’Ubisoft avec les aventures de Connor pour mieux passer sur Altaïr puis Ezio et Edward (sans avoir touché à l’heure qu’il est à Brotherhood et Revelations) pour enfin m’attaquer à l’histoire d’Arno dans Unity, je constate que j’emprunte le même chemin avec les romans tirés de ces différents jeux. J’ai d’abord lu Forsaken, adapté d’Assassin’s Creed III, puis La Croisade Secrète, inspirée par l’opus fondateur de la licence et je viens de boucler Renaissance. Ce dernier est à la fois le premier des trois romans consacrés à Ezio Auditore mais également le premier roman écrit par Oliver Bowden pour adapter les jeux en livres. Un détail qui n’en est pas un.

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Pour commencer, contextualisons un peu les choses. Nous sommes en 2009. A l’époque, Assassin’s Creed jouit du succès du premier jeu porteur de ce titre mais surtout, Assassin’s Creed II sort en Novembre. Au même moment, Oliver Bowden publie, à la demande d’Ubisoft, une novélisation du jeu, la toute première de la série. Et le problème des travaux fondateurs, c’est qu’ils ne sont jamais exempts de défauts. Ainsi, là où Assassin’s Creed premier du nom souffrait d’un certain nombre de biais dans sa réalisation et son gameplay, ce premier roman ne manque pas non plus d’afficher quelques détails qui viendront sans doute perturber le lecteur. Mais attention car tout dépend de celui qui lit justement. Car Renaissance peut s’adresser à deux types de lecteurs : ceux qui ont joué à Assassin’s Creed II et ceux qui n’y ont à l’inverse jamais touché. Pour ces derniers, disons-le tout net, la lecture ne sera en aucun cas déplaisante. Comme je l’évoquais déjà avec Forsaken et La Croisade Secrète, Oliver Bowden assure une rédaction agréable bien que je trouve son écriture sur Renaissance un peu moins aboutie que sur les deux opus cités ci-avant. L’auteur s’enferme parfois dans des passages sans grande saveur servant uniquement de prétexte à déclencher tel ou tel élément perturbateur qui conduira Ezio sur les traces de ses futures victimes. Reste néanmoins un roman plutôt vif, rythmé et duquel on ne décrochera pas nécessairement si tant est que l’on apprécie l’histoire et l’univers dans lequel elle se déroule.

C'est donc le bad boy de la licence qui sera le protagoniste de ce premier roman.

C’est donc le bad boy de la licence qui sera le protagoniste de ce premier roman.

Cependant, il y également comme je l’évoquais plus haut les lecteurs qui ont joué à Assassin’s Creed II avant de se lancer dans le roman. Et là, les choses passent moins bien. Tout simplement parce qu’on a l’impression de lire, pour reprendre l’exagération bien sentie de Cinémax, une soluce du jeu. Que les choses soient claires : tout ce qui est écrit dans le livre est présent dans le jeu et rien d’inédit n’est apporté. Je pensais par exemple y retrouver quelques passages consacrés aux aventures d’Ezio en Espagne pendant l’Inquisition, ce qui n’est pas raconté dans ACII (mais dans Discovery, épisode dispensable sorti sur DS), mais je n’ai rien trouvé sur le sujet. Dommage car on se retrouve alors dans la désagréable situation où le lecteur-joueur lit ce qu’il avait vécu auparavant en saisissant sa manette. Oliver Bowden tente bien de développer quelques petites choses mais tout ceci se limite à des détails tels que les relations d’Ezio Auditore avec son premier amour Cristina Calfucci mais aussi avec Rosa, dont le lien avec le héros est plus explicite ici que dans le jeu. On aurait également pu espérer des passages permettant de combler l’ellipse présente dans le jeu qui sépare la naissance d’Ezio et la première bagarre de bandes que nous vivons face à Vieri de’Pazzi mais Renaissance fait carrément le choix de commencer par cette scène de rue, quitte à ôter tout la symbolique que l’on pouvait trouver à la venue au monde d’Ezio… Au final, Oliver Bowden en vient même a romancer les tutoriels présents dans le jeu. Par exemple, vous vous souvenez de ce passage où Paola nous apprend à nous dissimuler dans la foule et à fouiller dans les poches des gens ? Eh bien l’auteur en reprend l’exacte structure et nous la narre dans ses moindres détails, sans y apporter de réelle originalité…

Il y en a clairement plus entre ces deux-là dans le roman que dans le jeu.

Il y en a clairement plus entre ces deux-là dans le roman que dans le jeu.

Au final, le livre s’adresse sans doute à ces deux catégories de lecteurs mais il ne fait pas l’ombre d’un doute que ce sont les premiers qui seront le plus satisfaits en parcourant ces pages. Mettons ce triste constat d’un manque de renouveau pour le joueur d’Assassin’s Creed II sur le dos de plusieurs choses. Tout d’abord, on ne peut nier qu’il s’agit là d’un test grandeur nature. Je vois en Renaissance l’envie de savoir si un public existe pour ces romans adaptés des jeux de la licence et cela pourrait finalement expliquer une prise de risque minimum flagrante. Ajoutons à cela qu’Assassin’s Creed II a un peu été le cobaye des expérimentations cross media d’Ubisoft. Le jeu et le livre donc mais aussi les court-métrages, animés ou non, tels que Embers paru en 2011. Il aura alors fallu compartimenter les éléments que l’on souhaite raconter mais cela n’excuse à mon sens pas l’absence de l’enfance d’Ezio dans le roman, période qui aurait surtout été une bonne occasion de détailler tant que possible les activités de son père, Giovanni, au sein de la Confrérie des Assassins ou encore les relations qu’Ezio entretenait avec ses deux frères, Petruccio et Federico.

En bref, Assassin’s Creed : Renaissance ne peut réellement pas prétendre être aussi intéressant que les épisodes Forsaken et La Croisade Secrète l’auront été après lui. C’est en soi un bon roman, bien cousu, avec du rythme et tout ce qu’il faut pour en faire une lecture divertissante mais il n’apporte rien de neuf sous les projecteurs de la saga Assassin’s Creed… C’est d’autant plus dommage que s’il s’adresse à tout le monde, il est quand même avant tout destiné aux fans (on aura du mal à imaginer quelqu’un se lancer dans la licence via les romans plutôt que par les jeux) et ces derniers n’y trouveront rien qui puisse renouveler leur plaisir de suivre Ezio dans ses aventures. Renaissance se contente de retranscrire le script du jeu dont il est tiré sous forme de roman sans autre originalité. Hélas ! Et cela me laisse interrogatif quant au contenu des deux ouvrages tirés des jeux Assasssin’s Creed : Brotherhood et Revelations.

Assassin’s Creed : Renaissance, Oliver Bowden, Editions Milady, 465 pages (8,20€).

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9 réflexions sur “Note de lecture n°17 – « Assassin’s Creed : Renaissance », Oliver Bowden

  1. J’apprécie le clin d’oeil 😀
    D’après ce que j’ai cru comprendre, le livre tiré de Revelations est pas trop mal.
    Celui ci m’avait découragé de continuer la série, mais au final tu me donnes bien envie de tenter de lire Forsaken. A voir, à voir.

    • Ha ha, il faut bien dire que ta remarque sur Twitter résumait tout à fait le fond de ma pensée ! 😀
      « Revelations », il faudrait déjà que je fasse le jeu. Je préfère découvrir l’histoire pad en main plutôt qu’avec le roman. 🙂
      Si j’ai pu te donner envie de donner une 2ème chance aux écrits d’Oliver Bowden, tu m’en vois ravi. Et reprendre avec « Forsaken » serait à mon sens un choix judicieux. Il est très riche. 😉

      • Je m’incruste pour t’inciter également à faire Revelations ! 🙂

        Quand tu as joué aux épisodes précédents, c’est clairement un des meilleurs. Autant le 3 était au top sur la storyline du présent, autant Revelations liait parfaitement tous les autres épisodes, avec une conclusion … épique. A faire ! ^^

  2. Dommage pour le côté « retranscription bête et méchante » en effet … ça aurait pu m’intéresser grandement si justement les manques que tu évoques avaient été évoqués, et surtout développés.

    Merci de cet article, il m’a décidé … à ne pas rétro-céder ^^

    • Après, tu peux toujours tenter ta chance avec les autres romans, qui vont justement dans ce sens d’un développement de ce qui n’est pas forcément dit dans les jeux. 🙂

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