Note de lecture n°16 – « La Bible Game Boy », Collectif

Les éditions Pix’n Love sont bien connues des gamers. Maison à l’origine du magazine éponyme mais également de nombre d’ouvrages de références, cette boite dirigée par Marc Pétronille a su satisfaire les fans de nombreuses licences (Assassin’s CreedZeldaSuper MarioRayman ou encore Sonic), de grands noms du jeu vidéo (Miyamoto, Ralph Baer, Gunpei Yokoi entre autres) et de fameuses consoles grâce à une série de bibles dont fait partie le livre dont nous allons parler aujourd’hui : La Bible Game Boy

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A quoi faut-il s’attendre avec cette « bible » ? Le terme est en effet des plus galvaudés, souffrant d’un usage intensif en faveur de nombreux éléments écrits – livres ou non – qui estiment prétendre à un contenu des plus étoffés concernant leur sujet. Ce mot et l’idée que l’on va parler d’une console de jeu en tête, l’on est en droit d’attendre plusieurs choses : une histoire de la machine, de sa genèse à son apocalypse (j’en rajoute mais vous saisissez le concept) ; une description de ce qu’elle est, de ce qu’elle fait, de qu’elle représente dans ce microcosme des consoles portables ; du texte sur les jeux qu’elle a accueillis enfin. Et finalement, un rapide coup d’œil au sommaire nous rassurera quant à nos espérances : Histoire, Hardware, Game Boy-Rama, Ludothèque. C’est autour de ces quatre axes que s’articule donc cet ouvrage collectif dont il est cependant important de souligner que les plumes qui ont contribué à sa concrétisation sont celles de Greeg Da Silva, Marjorie Boudin, Régis Manterrin, Michael Guamé, Benoit Barny, Yvan Romanoff et Yoann Gueritot. Mais passons au propos du livre.

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Le sommaire inspiré par Link’s Awakening est déjà cool.

Concernant sa toute première partie, consacré à l’histoire de la Game Boy, de sa genèse à sa fin, c’est sur 54 pages que les auteurs reviennent sur l’épopée de la fameuse console portable. Un volume qui laisse présager un contenu à la fois dense et complet mais en tous cas toujours fascinant pour les amoureux de la fameuse portable de Nintendo mais aussi pour les amateurs de jeux vidéo de manière générale. Dans cette histoire, Pix’n Love fait le choix de remonter carrément à 1977 et à une création de Mattel : Auto Race, considéré comme le « premier succès commercial de jeu électronique portatif« . Contextualisant ainsi son sujet en abordant un constructeur qui n’est pas celui auquel on aurait pensé au prime abord, les auteurs ont la bonne idée de rappeler que Nintendo n’est pas à l’origine de tout et que la firme s’inscrit en réalité avec sa Game Boy dans un mouvement certes naissant mais en tous cas pré-existant. Ce n’est pas anodin et permet au lecteur de s’assurer dès cette deuxième page que le propos sera le plus complet possible. L’histoire de la Game Boy se poursuit ainsi sur la cinquantaine de pages qui suit, traitant des Game & Watch de 1980, de l’arrivée de la Famicom en 1983 (rebaptisée NES pour son arrivée aux USA en 1995), d’Hiroshi Yamauchi (président d’alors de Nintendo), du développement du hardware de la console, de son arrivée, de son succès et de son déclin, évoquant en cette fin les arrivées successives de la Game Boy Pocket puis de la Game Boy Color… Clairement, les auteurs ont cherché à livrer le meilleur contenu possible à leurs lecteurs. Tout est dit, rien ne semble omis et La Bible Game Boy nous plonge complètement dans tous les méandres de la vie de cette console, pionnière dans son genre. N’oubliant pas d’évoquer la concurrence de la Lynx (1987), de la Game Gear (1990) ou de la PC Engine GT (1990 aussi), ce livre donne évidemment l’impression d’être l’ouvrage du cœur, plein d’amour pour la Game Boy, mais apparaît tout de même comme un document qui se veut être de référence en évitant habilement les pièges d’une subjectivité qui aurait pu rapidement prendre le pas sur le regard distancié de rigueur dans ce type d’exercice. Nourri d’images et de screenshots qui ne seront pas sans éveiller les souvenirs de nostalgiques tels que moi, La Bible Game Boy est non seulement intéressant à lire mais également à regarder, richement illustré qu’il est.

Tout, tout, tout, vous saurez tout sur la Game Boy.

Tout, tout, tout, vous saurez tout sur la Game Boy.

Dès la page 64, c’est au hardware qu’il est fait honneur mais plutôt que de parler du contenu de la bête, les auteurs ont fait le choix de revenir en réalité sur les différentes itérations de la console et sur leurs caractéristiques respectives (un propos enrichi par le Game Boy-Rama des pages 82 à 91, lequel est constitué d’une vaste galerie permettant d’avoir devant les yeux les très nombreuses versions de Game Boy sorties) ainsi que sur les accessoires qui les ont accompagnées. Quel plaisir alors de (re)découvrir des outils tels que le Light Boy (sorte de loupe qui s’accrochait devant l’écran de la console et permettait en outre de l’éclairer), le Game Boy Printer, le Game Link Cable, la Game Boy Camera ou encore le Super Game Boy (qui permettait de jouer à ses jeux sur la télé via la Super NES). Pour ma part, si je reconnais tout de même un grand nombre de ces accessoires, j’en découvre également plusieurs tels que le Super Game Boy Commander (manette proposée pour jouer avec le Super Game Boy justement) ou encore le Game Boy Four Player Adapter (pour jouer à 4 donc). Comme quoi, on n’est jamais vraiment au bout de ses surprises.

Le fameux Printer qui n'a jamais servi à rien...

Le fameux Printer qui n’a jamais servi à rien…

Mais la plus grosse partie de l’ouvrage est sans conteste celle de la ludothèque. Pix’n Love a en effet fait le pari fou de réunir dans ce livre l’intégralité des titres sortis sur Game Boy. De la page 94 à 305, ce sont ainsi 1 272 références qui sont données, rappelant au passage que la Game Boy jouissait d’un incroyable catalogue ! Peut-être ne connaîtra-t-on pas la plupart des jeux indiqués mais quel plaisir cela sera de retomber sur ceux que l’on a pu avoir autrefois, d’Astérix à The Legend of Zelda : Link’s Awakening en passant par les PokémonSuper Mario LandSpy vs. SpyMetroid IIKirby’s Dream Land ou encore (pourquoi pas ?) sont tout premier jeu vidéo (Lucky Luke pour ma part). C’est une grosse vague de nostalgie et de bons souvenirs qui se dégage de ces 212 pages. Chaque jeu fait également l’objet d’un court commentaire présentant son concept.

Lucky Luke !

Lucky Luke !

En bref, La Bible Game Boy porte finalement bien son nom. Complète, richement illustrée, elle revient de manière très approfondie sur toute l’histoire de la machine. Excellemment rédigée, elle saura réveiller les souvenirs des vieux de la vieille, intéresser les gamers au sens large et potentiellement initier les novices. Le rétro a de beaux jours devant lui, cet ouvrage en est une preuve supplémentaire.

La Bible Game Boy, ouvrage collectif, Pix’n Love Editions, 322 pages (34,90€)

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