Parlons jeu, parlons bien n°21 – Assassin’s Creed II : Discovery [DS]

 

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Souvenez-vous, en Décembre dernier je vous parlais de la première incursion de la franchise Assassin’s Creed sur DS (et chez Nintendo de manière générale) avec l’avis que je donnais au sujet du jeu Altaïr’s Chronicles. Peb et moi avions alors échangé quelques mots au sujet de la saga d’Ubisoft et la question de Discovery était finalement arrivée. J’étais à la recherche dudit jeu depuis un bon moment déjà et il a suffi que nous en parlions pour que, quelques jours plus tard, je le trouve dans un cash converter ! Aussi, la prochaine fois que je discute avec Peb, je lui parlerai du fait que je cherche un million d’euros. Mais là n’est pas la question et passons au sujet de cet article.

Quand je parlais d’Altaïr’s Chronicles, je disais notamment (pour synthétiser ma pensée) qu’il s’agissait d’un « sous Assassin’s Creed » (par pitié, épargnez-moi les éternels « Parce qu’on peut faire pire qu’un Assassin’s Creed normal ? Lol ptdr !« …), un jeu qui en reprenait à peu près l’essence pour composer un jeu que les joueurs Nintendo puissent se mettre sous la dent alors que les épisodes canoniques ne sont pas pour eux (du moins à l’époque et désormais depuis Unity…). Eh bien là…c’est pareil. Mais avant tout, parlons du propos de Discovery. Nous incarnons cette fois-ci le fameux Ezio Auditore, héros d’Assassin’s Creed II, dans la quête qu’il a mené en Espagne lors de l’Inquisition. Une fois de plus donc, l’itération DS de la franchise est là pour combler les vides biographiques d’un de ses personnages emblématiques. En cela, Discovery présente un aspect intéressant aux fans les plus acharnés en leur offrant la possibilité de découvrir cette partie de la vie d’Ezio, qui s’insère en plein milieu de l’histoire d’Assassin’s Creed II et qu’Oliver Bowden ne raconte pas (si je ne dis pas de bêtise) dans son roman Assassin’s Creed : Renaissance, dont nous parlerons bientôt. C’est pour toutes ces raisons que je vois en Discovery, comme en Altaïr’s Chronicles, un jeu qui s’adresse avant tout aux fans tout et ensuite aux joueurs Nintendo, toujours sevrés à l’époque des épisodes canoniques de la série (rappelons qu’il faudra attendre la sortie d’Assassin’s Creed III sur Wii U pour que Nintendo accueille enfin un jeu de la trame principale de la saga).

Quelques éléments tirés des épisodes canoniques reviennent ici : les assassinats, les avis de recherche et enfin la possibilité de se cacher.

Quelques éléments tirés des épisodes canoniques reviennent ici : les assassinats, les avis de recherche et enfin la possibilité de se cacher.

Mais parlons du jeu en lui-même. Au fond, c’est un sosie quasi conforme à ce qu’était Altaïr’s Chronicles, à savoir un jeu de plateforme, assez loin de ce qui fait l’essence de la licence en matière de gameplay. En effet, si l’on retrouve comme dans le jeu cité ci-avant tout ce qui relève du parkour et autres pratiques de l’escalade urbaine, ces opus DS se démarquent en raison du support qui les accueille par un aspect très édulcoré en ce qui concerne la conception du jeu. Inutile donc d’espérer trouver un monde ouvert où de la 3D de dingue, il n’y en a pas. Mais attention, cela ne signifie pas que ce que l’on nous offre est indigne d’intérêt. Au contraire même, toute la composante pateformer de ce jeu est très intéressante. Si elle se distingue de ce qui faisait les niveaux du jeu précédent en abandonnant l’idée de se faire mouvoir notre personnage principal sur trois axes, ce qui donnait un air de simili-3D pas trop mal, reste que la gestion des plateformes de Discovery n’a rien d’ignoble. On se retrouve même plutôt avec un jeu plutôt bien calibré, quelque peu fantaisiste du coup mais dont les niveaux sont assez bien construits malgré leur relative linéarité. J’irai même jusqu’à dire que c’est mieux que dans Altaïr’s Chronicles, où les stages étaient assez convenus tout de même malgré leur composition là encore efficace. Mais, de manière générale, Discovery jouit de plusieurs améliorations. Ainsi, les niveaux sont plus intéressants mais l’on notera également que le gameplay propre aux capacités d’Assassins d’Ezio a été revu. Il est notamment désormais possible d’effectuer des assassinats discrets autant que l’on veut (c’est même largement recommandé dans certains niveaux) alors qu’Altaïr ne pouvait le faire qu’en des occasions bien précises. Les combats sont aussi un peu plus fluides et, une fois la technique du contre maîtrisée, plus agréables à mener qu’auparavant. On regrettera cependant la perte d’éléments qui venaient diversifier la façon de jouer par rapport à Altaïr’s ChroniclesDiscovery ne propose donc plus de phases jouables sur l’écran tactile comme c’était le cas dans l’épisode précédent avec les interrogatoires musclés et les vols et se contente d’un gameplay ultra-sobre, ce qui ôte toute originalité à cet opus. On regrette également que les graphismes n’aient pas été au moins un peu améliorés, Griptonite Games se contentant de reprendre tout ce qu’avait fait Gameloft sans rien y apporter de nouveau.

Le système de radar de l’écran tactile est bien moins précis que dans Altaïr’s Chronicles.

Vous l’aurez compris, Discovery n’est pas un grand jeu. Un bon plateformer sans doute mais rien de plus. Et ce n’est hélas pas le scénario qui va venir changer grand-chose. Plutôt plat, sans grande saveur, il sert surtout de prétexte à faire voyager Ezio en Espagne. On oubliera même parfois ce qu’on fait là ou pourquoi on vient de terminer tel ou tel niveau tant l’histoire que nous raconte ce jeu ne prend pas. Et puis il y a cette fin, bâclée au possible, comme celle d’Altaïr’s Chronicles justement. Une fin qui vous coupe complètement dans votre élan alors que vous pensiez que le moment était venu d’aborder le véritable climax de ce jeu (ce qui n’aurait pas été un mal). Au lieu de cela, Discovery s’arrête de manière brutale et insensée et laisse un très amer goût d’inachevé.

Conclusion.

Assassin’s Creed II est souvent présenté comme le meilleur opus de la saga. Cela vaut-il la peine de poursuivre l’aventure d’Ezio avec Discovery ?
Oui et non. Un peu comme avec Altaïr’s Chronicles, je vous répondrai que jouer à Discovery vaut le coup uniquement si vous êtes un fan et que vous avez envie d’explorer toutes les aventures qu’Assassin’s Creed offre via les différents supports sur lesquels la franchise s’est installée un jour ou l’autre. En revanche, je vous dirai que vous pourrez passer votre chemin si tout cela ne vous intéresse que moyennement, sinon pas du tout. Discovery est dispensable, clairement.

Si j’ai joué à Altaïr’s Chronicles, puis-je m’attendre à une expérience optimisée avec Discovery ?
Non. 
Loin de véritablement tirer les leçons de l’opus précédent, Discovery n’apporte pas grand-chose de neuf. Les rares nouveautés de ce jeu arrivent aux dépens d’autres éléments qui disparaissent face à elles. On sent dans Discovery l’envie de faire un jeu pour combler un trou, celui de la franchise d’Ubisoft chez Nintendo.

En bref, Ubisoft et Griptonite Games viennent proposer ensemble un jeu plutôt banal, pour ne pas dire bancal. Plateformer intéressant, Assassin’s Creed II – Discovery est en revanche vide de scénario et construit sur le minimum syndical de ce qu’un jeu DS pouvait être. Graphismes à revoir, choix de gameplay faits au détriments d’autres pourtant plus intéressants… Cette aventure d’Ezio n’a pas grand intérêt malheureusement. Les collectionneurs seront cependant ravis d’avoir ce jeu quasiment introuvable aujourd’hui et les fans contents de retrouver l’Assassin italien. Sorti de cela, difficile de trouver à qui recommander Discovery.

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6 réflexions sur “Parlons jeu, parlons bien n°21 – Assassin’s Creed II : Discovery [DS]

  1. Ahahah super intro, mais pour le million d’euro je crois que tu peux toujours attendre hein ^^ Bon finalement tu es allé au bout de ce jeu et je suis bien content de voir ce que tu en penses. Ca reste moyen moins quand même finalement…. Je ferais l’impasse dessus malgré mon amour (décroissant ces derniers temps j’avoue) pour la saga. D’ailleurs tu dois pouvoir me renseigner sur un point : que valent les livres? Ils apportent vraiment quelque chose ou ce sont de simples redites des jeux?

    • Ha ha, sait-on jamais ! 😀

      « Moyen moins », oui ça résume assez bien mon ressenti. C’est un jeu franchement passable, un peu comme « Altaïr’s Chronicles » finalement.

      Quant à ce qui est des bouquins, j’ai lu « Forsaken » et « La Croisade Secrète » et je dois dire que c’est vraiment pas mal. « Forsaken » notamment est intéressant dans le sens où il se base sur ACIII mais en choisissant Haytham Kenway comme personnage principal et non Connor. Je sais que pour « Unity », l’auteur a fait la même chose en se basant sur Elise et non sur Arno. Quant à « La Croisade Secrète », il développe énormément la vie d’Altaïr, de son enfance à sa mort. Je n’ai pas encore attaqué « Renaissance » qui se base sur ACII mais je pense que c’est du même tonneau. Tu y trouves l’histoire du jeu mais ça va bien au-delà. Et puis c’est bien écrit/traduit.
      Tiens d’ailleurs, j’avais donné mon avis sur ces deux bouquins sur mon blog :
      Forsaken : https://dansmoneucalyptusperche.wordpress.com/2014/05/20/note-de-lecture-n3-assassins-creed-forsaken-oliver-bowden/

      La Croisade Secrète : https://dansmoneucalyptusperche.wordpress.com/2014/06/10/note-de-lecture-n6-assassins-creed-la-croisade-secrete-oliver-bowden/

      Enfin le fait est que je te les recommande si tu as envie d’explorer les histoires des personnages plus loin que ce que les jeux nous montrent. 🙂

  2. Pingback: Note de lecture n°17 – « Assassin’s Creed : Renaissance , Oliver Bowden | «Dans mon Eucalyptus perché

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