Parlons jeu, parlons bien n°20 – The Legend of Zelda : Majora’s Mask 3D [3DS]

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Au moment où j’entame ces lignes, j’ose imaginer que vous savez à quel point je suis heureux d’avoir enfin eu l’opportunité de redécouvrir Majora’s Mask sur 3DS. Entre l’unboxing du collector et le « The Art of » dédié au jeu ainsi que tous les tweets que j’ai envoyés en leur temps pour réclamer ce remake puis encenser son arrivée, il n’y a guère plus de place pour le doute. Et maintenant que j’ai quasiment terminé le jeu, je ne résiste pas plus longtemps à l’envie de vous donner mon avis à son sujet.

En son temps, Majora’s Mask fut pour moi une véritable surprise. C’était un Zelda différent, loin des Ocarina of Time et autres Link’s Awakening que j’avais pu faire auparavant. Et si le premier opus de la Nintendo 64 m’avait idéalement préparé à la découverte de sa suite, reste que cette dernière m’a laissé…je ne sais pas, je dirais que c’était en tous cas une drôle d’impression. Celle d’être revenu dans un coin si familier mais où tout aurait changé. Comme si j’avais été dans un endroit semblable à ce que j’ai connu autrefois, avec toutes les cartes en main mais que j’étais perdu quand même. Ces cartes, ce sont celles du gameplay et de l’esthétique, repiquées tout droit d’Ocarina of Time. Car non, de ce point de vue là, Majora’s Mask n’apporte pas grand-chose de différent. En fait, il n’apporte qu’une seule véritable différence. Une seule mais pas des moindres. Cette nouveauté, c’est celle du voyage dans le temps et, plus globalement, de la maîtrise du temps qui s’écoule. Car vous n’aurez que 72 heures avant que la Lune ne s’écrase sur Termina. Trois jours que vous pourrez recommencer ad vitam aeternam pour réussir à accomplir toutes les quêtes, qu’elles soient annexes ou non. Enfin, peut-on réellement parler de quêtes annexes dans Majora’s Mask ? Je n’en ai jamais eu l’impression et mon retour dans les terres sinistres de Termina ne fait que confirmer tout cela. Que ce soit le sauvetage du Ranch Romani, la course contre les frères Gorman, l’enquête sur Kafei ou encore la protection de la petite vieille du magasin de bombes, rien n’est anodin. J’irais même jusqu’à dire que tout (ou presque en fait) est essentiel, notamment dans le cadre de la recherche de tous les masques du jeu, dont la possession s’avère primordiale pour continuer l’aventure (ou tout du moins pour sa fin). Mais pour en revenir à cette histoire de temps, elle est partie intégrante de l’atmosphère pesante de Majora’s Mask et le joueur sera constamment pris entre la volonté de tout réussir afin de faire de Termina le meilleur des mondes et le constat dur et amer qu’il est impossible de satisfaire tout le monde sur les seules 72 heures qui nous sont données. D’où le retour au premier jour, nécessaire.

La tour de Bourg-Clocher : on y revient sans cesse, histoire de se rappeler que le temps est partie intégrante de cette aventure.

La tour de Bourg-Clocher : on y revient sans cesse, histoire de se rappeler que le temps est partie intégrante de cette aventure.

Ce sont là les principaux traits qui caractérisent ce Zelda si particulier, que ce soit par son déroulement ou par son ambiance. Et tout ceci, The Legend of Zelda : Majora’s Mask 3D le reprend évidemment à son compte, quasiment tel quel. Je dis « tel quel » car, si la trame générale du jeu (tant dans l’axe narratif principal que dans les orientations plus annexes) reste évidemment la même, ce remake pour 3DS offre son lot de petites choses supplémentaires. Tout d’abord, la gestion du temps a été un peu remaniée. Lorsque vous jouiez le Chant du Temps accéléré dans l’opus original, vous naviguiez automatiquement vers la nuit ou le matin qui suit. Désormais, le joueur peut choisir l’heure à laquelle il souhaite « atterrir » et il ne devrai plus se contenter que de 6h du matin ou de 18h. Cela n’est pas énorme mais simplifie cependant bien les choses. Mais, surtout, cette nouvelle fonctionnalité permet d’éviter les attentes parfois longues avant l’heure précise à laquelle débute un événement. Autre changement, le journal des Bombers qui, en plus de proposer les timelines des différentes quêtes, offre également la possibilité de consulter une page divisée en trois catégories : affaires en cours, affaires classées et rumeurs. Une façon très agréable et surtout très simple de faire le point sur les différentes quêtes et les prochaines étapes de celles-ci. C’était donc de ces deux choses que parlait certainement Eiji Aonuma quand il disait que certaines choses avaient été simplifiées sans pour autant trahir l’essence même du jeu. Car c’est exactement ce que je ressens en voyant ces nouvelles fonctionnalités. Elles simplifient assez certains aspects du jeu mais celui reste un modèle de fidélité quant à l’original sur Nintendo 64.

Comment pour Ocarina of Time 3D, l'écran supérieur affiche l'action tandis que l'écran tactile permet de naviguer dans les menus.

Comment pour Ocarina of Time 3D, l’écran supérieur affiche l’action tandis que l’écran tactile permet de naviguer dans les menus.

Question esthétique enfin, Majora’s Mask 3D offre une refonte graphique des plus agréable. Conservant à l’image d’Ocarina of Time 3D la patte graphique générale du jeu original, offrant ainsi une autre raison de voir en ce jeu une belle madeleine de Proust pour les plus anciens, ce remake reprend l’ensemble des éléments du jeu et les retravaille jusque dans les détails, donnant l’impression que le jeu a été conçu pour la toute première fois au cours des dernières années. La 3D est par ailleurs très bien fichue et ne m’a causé pour ma part aucun souci de ralentissement. J’ai d’ailleurs lu par endroits que le jeu souffrait de quelques lags par moments, même sans 3D, mais ça n’a jamais été le cas au cours de mes différentes longues sessions. Non, vraiment, Majora’s Mask 3D est très bien calibré de ce point de vue là et, tout comme le remake précédent, offre une des meilleures expériences 3D que la 3DS ait pu offrir.

A gauche, les graphismes 3DS ; à droite, ceux sur Nintendo 64.

A gauche, les graphismes 3DS ; à droite, ceux sur Nintendo 64.

Conclusion.

Majora’s Mask 3D est sorti en même que la New 3DS de Nintendo. Tourne-t-il tout de même bien sur les 3DS « normales » ?
Oui, sans aucun problème. L’avis est très largement partagé : Majora’s Mask 3D n’affiche pas de performances plus faibles sur les 3DS originales (XL ou non) que sur les récentes New 3DS. Aussi, si vous n’avez pas l’intention de changer de console portable sous peu, vous pouvez toujours très confortablement jouer à ce jeu sur votre 3DS actuelle.

Majora’s Mask 3D étant un remake du jeu éponyme sorti sur Nintendo 64, cela vaut-il le coup d’y jouer si l’on a déjà pu le faire sur N64 justement ?
Oui et non. Oui si vous avez aimé le jeu original et que vous en redemandez. Ce remake offre tout le plaisir de jeu de l’épisode Nintendo 64 tout en lui donnant tout le confort d’un jeu actuel (d’une qualité supérieure pour un jeu 3DS soit dit en passant). Et non enfin si vous n’êtes pas fan de cet opus. Inutile dans ce cas de s’infliger un jeu que l’on n’apprécie pas.

J’estime donc que Nintendo a réalisé un superbe coup avec ce remake de l’épisode le plus étonnant de la saga The Legend of Zelda. Dans un jeu léché, les joueurs anciens et nouveaux trouvent de quoi vivre un grande aventure. Reprenant tout ce qui faisait l’âme de Majora’s Mask dans son intégralité, cet itération pour 3DS se veut être pour ce jeu ce qu’Ocarina of Time 3D fut pour l’autre Zelda de la Nintendo 64 : un remake, un hommage et une consécration.

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10 réflexions sur “Parlons jeu, parlons bien n°20 – The Legend of Zelda : Majora’s Mask 3D [3DS]

  1. Ah Majora’s Mask, je partage totalement ton avis sur le sentiment d’errement à la première seconde de déambulation en Termina. Je regrette tellement de ne jamais l’avoir fini à l’époque. Mais le support portable très peu pour moi, et le rendu coloré je n’en suis pas très fan. Par contre redécouvrir un jeu plus adouci dans l’image et plus léché globalement ça donne envie :).

    Finalement deux thématiques qui ne font qu’une, celle du Temps. Un temps de patience et d’apprentissage dans Ocarina of Time, et un temps plus pressant/omniprésent dans MM.

    Question essentielle: il y avait-il les poules rancunières dans cette opus ?

    • Alors là écoute, bonne question pour les poules. Enfin des gallinacées, il y en a mais je n’ai pas été les chatouiller… Faudra que j’aille vérifier ! Par contre, les chiens ne t’apprécient pas quand tu es transformé en Mojo (ils t’attaquent) ou Goron (ça leur fait peur). :’D

      Il est vrai qu’un jeu comme OoT ou MM c’est quand même bien mieux sur console de salon (ça été pensé pour avec ça) et j’ai toujours quelques regrets en voyant que ces remakes sont sortis sur 3DS et non sur Wii U… Mais bon, le travail sur la remasterisation est tout de même très bon et ça reste assez confortable.

      • Les chiens oui, comment j’ai pu oublier ^^ .

        C’est vrai que ce serait une vraie bonne idée de fournir une nouvelle expérience de ces jeux cultes sur WiiU. En fait le truc avec la colorimétrie, voire le design général c’est plus dans le débat du dark contre enfantin. Exception faite de Wind Waker, mais bon là c’est un vrai parti pris, payant. Alors que Skyward Sword…

        Ce qui me plait dans ces ambiances assombries c’est que ça fait comme un écho aux contes pour enfants, ou nos nuits remplies de monstres étant petits, façon JV.

      • J’aime bien cette analogie que tu fais avec les contes, c’est assez intéressant. 🙂

        Personnellement, le fait que les Zelda soient très colorés ne m’a jamais dérangé outre mesure. Tant que ça reste joli. :3

  2. Et bien, après cet article, il serait peut-être temps que je m’y mette.
    Je fais partie des joueurs qui n’ont jamais joué à cet opus. Pour ma part, je n’ai jamais eu de Nintendo 64. Je suis donc plutôt content de voir ce remake, apparemment très fidèle, arriver sur 3DS.

    Je ne manquerai pas de me lancer très bientôt dans l’aventure.

    • Si tu n’as jamais fait l’opus original, dis-toi bien qu’effectivement, tu auras avec ce remake une approche similaire à 95% !
      J’espère que tu viendras me dire ce que tu en auras pensé.
      Et ne pas avoir eu de N64, c’est triste ! Faudra remédier à ça un jour ! 😀

  3. Il va vraiment falloir que je le fasse en entier ce jeu, je n’ai jamais dépassé le 1er donjon! Mais n’yant pas de 3ds, ça sera sur émulateur en ce qui me concerne 😉

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