Un jour, un album n°15 : « Let Them Talk » – Hugh Laurie

Après le hors-série d’il y a deux semaines consacré à la bande originale de Good Morning England, je vous propose de rester aujourd’hui en Grande-Bretagne, où nous avions déjà croisé George Harrison et les Beatles, pour y retrouver l’acteur Hugh Laurie. Car l’interprète du docteur House n’est pas seulement comédien mais également musicien et chanteur et qu’il s’agit cette fois-ci de parler de son premier album.

Let Them Talk

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Mais qui est Hugh Laurie ? Cette question, rares sont ceux à encore se la poser depuis que cet acteur britannique (anglais, pour être exact) est devenu mondialement connu et reconnu pour son interprétation du cynique docteur House dans la série éponyme. Mais d’où vient-il ? Ça en revanche, tout le monde ne le sait pas, aussi je m’en vais de ce pas vous narrer l’histoire de Hugh Laurie. C’est à Oxford que naît Laurie en 1959, ce qui ne l’empêchera pas d’étudier à Cambridge, ce qui est cocasse quand on connaît la rivalité entre les écoles de ces deux villes. Une rivalité que Hugh Laurie expérimente notamment dans la fameuse course d’aviron Oxford-Cambridge. Reste que ce n’est pas dans le sport que le futur acteur se fait remarquer à l’époque mais bien dans la comédie puisqu’il rejoint le Cambridge Footlights, troupe théâtrale de l’école qui a notamment révélé John Cleese, Olivia Colman, Stephen Fry, Eric Idle ou encore Emma Thompson. C’est d’ailleurs en rencontrant cette dernière que Hugh Laurie choisit de s’inscrire à ce fameux tremplin. En 1980, la troupe donne son spectacle de fin d’année et Laurie rencontre alors Fry. Les plus férus de culture télévisuelle anglaise savent où nous en arrivons…

En attendant, dès 1986, Hugh Laurie se fait relativement connaître en jouant dans La Vipère Noire, série à sketches qui perdurera jusqu’en 1989 et dans laquelle apparaissent également Rowan Atkinson, Stephen Fry, Colin Firth et même Kate Moss. Entre temps, il se lance avec son comparse Stephen Fry dans une autre série à sketches sobrement intitulée A Bit of Fry and Laurie, qui les révèle tous les deux à l’ensemble du Royaume-Uni. Ensemble, ils joueront également dans la série Jeeves and Wooster (1990-1993). Les années 1990 furent celles des débuts au cinéma avec (entre autres) Peter’s FriendsStuart LittleLe Petit Monde des Borrowers ou encore Les 101 Dalmatiens. Mais c’est dans les années 2000 que Hugh Laurie va connaître un succès mondial avec, en 2004, le début de la série Dr. House et grâce à laquelle il obtient deux Golden Globes (2006 et 2007). En 2006 également, il révèle ses talents de musiciens en rejoignant le groupe Band From TV qui, comme son nom l’indique, regroupe plusieurs stars du petit écran dont son camarade de Dr. House Jesse Spencer mais aussi l’actrice Teri Hatcher. Progressivement, l’incursion de Laurie dans le monde de la musique se fait de plus en plus prononcée. En 2010, Meat Loaf l’invite à jouer du piano sur son album Hang Cool Teddy Bear et, la même année, il signe un contrat avec Warner Music. Son premier album, Let Them Talk, sort l’année suivante et rencontre un véritable succès. En 2013, c’est au tour de son deuxième album, Didn’t It Rain, de sortir.

Hugh Laurie en studio pour l'enregistrement de Let Them Talk.

Hugh Laurie en studio pour l’enregistrement de Let Them Talk.

Pour en revenir à Let Them Talk, c’est en 2010 que Hugh Laurie entre en studio pour débuter l’enregistrement de ce qui s’avérera être un album de reprises de standards du blues. A cette fin, l’acteur s’entoure de nombreux musiciens : Jay Bellerose (batterie), David Plitch (basse), Greg Leisz (guitare, dobro et mandoline), Patrick Warren (claviers), Kevin Breit (guitare, dobro et mandoline également) et enfin Allen Toussaint pour l’arrangement des cuivres. Hugh Laurie quant à lui officie bien entendu au chant mais aussi au piano et à la guitare. Il est à noter qu’il s’est également entouré de quelques artistes de renom sur certains morceaux de l’album : Dr. John, Irma Thomas et Tom Jones. Let Them Talk est finalement sorti en trois versions : une édition standard, une Deluxe Edition et enfin une Special Edition comprenant 4 chansons supplémentaires ainsi qu’un DVD sur lequel figure un documentaire. Voici la liste des morceaux pour ces différentes versions de l’album :

Edition simple :
1- St. James Infirmary
2- You Don’t Know My Mind
3- Six Cold Feet
4- Buddy Bolden’s Blues
5- The Battle of Jericho
6- After You’ve Gone
7- Swanee River
8- The Whale Has Swallowed Me
9- John Henry
10- Police Dog Blues
11- Tipitina
12- Winin’ Boy Blues
13- They’re Red Hot
14- Baby, Please Make a Change
15- Let Them Talk
Deluxe Edition :
16- Guess I’m a Fool
17- It Ain’t Necessarily So
18- Lowdown, Worried and Blue
Special Edition :
16- Hallelujah I Love Her So
17- Crazy Arms
18- Waiting for a Train
19- You Don’t Know My Mind [Live in Paris]

Dans l’ensemble, on peut dire que l’on tient ici un album de blues pur jus. Forcément me direz-vous vu qu’il ne contient que des standards du genre, issus des discographies de Ray Charles, Louis Armstrong ou encore Robert Johnson. Cependant, il convient de souligner l’impeccable qualité des arrangements, le tout accompagnant formidablement bien la voix autant particulière qu’adaptée de Hugh Laurie. Mais plutôt que de vous dire que tout est formidable, il serait sans doute mieux que vous l’écoutiez vous-même.

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Premier titre St. James Infirmary
Tout premier titre de l’album, St. James Infirmary est une ancien morceau des années 1920 rendu célèbre sous le titre St. James Infirmary Blues par Louis Armstrong. L’histoire de la chanson est même plus ancienne que ça puisqu’elle se base sur un morceau traditionnel du XVIIIème siècle, The Unfortunate Rake, qui raconte joyeusement l’histoire d’un soldat qui dépense tout son argent en prostituées et finit par mourir d’une maladie transmise par un de celles-ci. Je trouve personnelle que ce morceau offre une formidable ouverture à Let Them Talk, en particulier grâce à cette longue et superbe introduction au piano.

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Deuxième titre You Don’t Know My Mind
Suivant St. James Infirmary, cette chanson est la deuxième de l’album. Contrastant avec la précédente par ses airs beaucoup plus enjoués, You Don’t Know My Mind fut d’ailleurs le premier single accompagnant la sortie de Let Them Talk. C’est, je trouve, l’un des titres de l’album où Hugh Laurie joue le plus avec sa voix, allant même parfois jusqu’à donner des airs américains à son accent, comme pour coller au mieux avec l’ambiance Nouvelle-Orléans qui se dégage non seulement de cette chanson mais aussi de tout le disque.

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Troisième titre Let Them Talk
Ultime morceau de l’album auquel il donne son nom, Let Them Talk conclut le disque tout en douceur. Racontant grosso modo une histoire d’amour presque impossible faisant face aux critiques mais qui tâche de se montrer plus fort que cela, d’où le titre. Hugh Laurie achève donc son album sur une touche de blues pur et dur marqué par un piano-voix réellement agréable à l’oreille. Clairement, c’est là que l’on sent que Laurie y met tout ce qu’il a.

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Une réflexion sur “Un jour, un album n°15 : « Let Them Talk » – Hugh Laurie

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