Parlons jeu, parlons bien n°19 – Pokémon Saphir Alpha [3DS]

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Ah, Rubis et Saphir… Une génération de la fructueuse franchise Pokémon qui m’avait à l’époque de sa sortie sur Game Boy Advance un peu déçu (pour les raisons partiellement évoquées dans cet article). C’était de bons jeux si vous voulez mais il n’y avait pas la magie que j’avais ressentie avec Pokémon Bleu puis Pokémon Or. Aussi, l’évocation d’un remake de ces mal-aimés (de mon strict point de vue) m’a d’abord laissé de marbre (sans compter que Pokémon commence à tirer sur la corde avec ses remakes) puis je me suis laissé dire que c’était là une bonne occasion pour donner une deuxième chance à ces versions, dont les renouveaux Saphir Alpha et Rubis Omega sont finalement sortis en fin d’année dernière. Verdict.

Fort du succès et de la réussite des versions X et Y, il semblait logique que Game Freak se tourne vers celles-ci pour composer ses remakes de Rubis et Saphir. C’est donc sur la base de ces deux premiers opus 3DS que ce nouveau combo repose essentiellement. De l’interface aux graphismes en passant par les animations et les cinématiques, tout ce qui faisait les épisodes GBA a été revu de manière à tirer le plus grand profit des excellents apports de X et Y. Et déjà, le travail se fait sentir chez le joueur qui découvre alors un jeu dont la qualité est au premier abord un élément incontestable. Et cela, que l’on soit un vieux de la vieille qui a déjà fait ses armes sur GBA (ou même avant comme moi) ou bien un petit nouveau qui entre pour la toute première fois dans cette licence. On ne peut qu’écarquiller les yeux devant un tel boulot. Malgré les défauts que je trouvais aux versions Rubis et Saphir, j’ai cependant toujours reconnu que ces dernières étaient sans aucun doute parmi les plus belles que Game Freak et Nintendo aient pondues. Et, sincèrement, je crois que l’on peut en dire autant de ces itérations-ci. Il ne faudra cependant pas que l’envolée d’étoiles qui font pétiller vos mirettes devant vos deux écrans vous cache quelques petits détails comme la 3D qui, aussi sympa soit-elle, fait tout simplement chuter de framerate du jeu dont les animations se font alors au ralenti et par saccades (en particulier lors des combats, mais j’y reviendrai en toute fin d’article). Ce défaut était déjà présent dans X et Y d’ailleurs et il est dommage de voir que l’on a pas encore su remédier à cela pour ces jeux-là. Il ne faut non plus oublier que Saphir Alpha et Rubis Omega restent des jeux Pokémon et que, par conséquent, le scénario est loin d’être l’un des plus travaillés de l’histoire du jeu vidéo. Au fond, c’est toujours un peu la même rengaine pour qui a déjà joué à un jeu de la licence, qu’il s’agisse ou non des versions originales de ces épisodes. Mais on se laisse faire quand même.

C'était il y a bien longtemps maintenant...

C’était il y a bien longtemps maintenant…

Mais ce que j’ai le plus apprécié, c’est surtout de ne pas avoir retrouvé ce désagréable sentiment éprouvé à l’époque sur le Rubis original. Celui de perdre beaucoup. En effet, contrairement à Or, qui reprenait tout de Bleu en y ajoutant tout son contenu propre, l’épisode GBA avait fait le choix assez drastique de couper court à cela en triant tout simplement ce qu’il fallait reprendre et ce qu’il fallait laisser tomber. Ici, rien de tout cela et, progressivement, la plupart des acquis arrivent à s’insérer habilement dans ce jeu-ci. Joie, bonheur, allégresse. Mais allez, ne nous mentons pas, Saphir Alpha regorge de bonnes choses, à commencer par le retour des excellents concours d’Hoenn, à mon sens la meilleure mouture de ces derniers. Pour rappel, ces concours se divisent en deux étapes : la première, préparée en amont grâce aux Pokéblocs, consiste tout simplement à présenter son Pokémon au public afin qu’il marque déjà des points. La seconde repose sur une succession de démonstrations visant à gagner le public, encore une fois. C’est tout simple, vraiment, mais pourquoi s’embêter à faire compliqué quand on a un système aussi basique qui fonctionne aussi bien ? Des Rubis et Saphir originaux, d’autres choses reviennent mais avec quelques modifications. Je pense notamment au Parc Safari, remanié de manière à ce que les Pokéblocs ne puissent plus y servir d’appâts et dont l’entrée est désormais gratuite. Dommage, même si l’argent ne manque jamais dans Pokémon, j’aimais bien le principe de « mériter » mon entrée dans ledit parc. De plus, exit les Safari Balls et l’interdiction d’y pénétrer avec ses propres Pokémon. Au fond, le Parc Safari n’est plus qu’un moyen de trouver des bestioles introuvables ailleurs, l’ombre de lui-même quoi. Mais enfin, la chose dont nous souhaitions tous le retour c’était bien évidemment le système des bases secrètes. Quasiment inutile dans les moutures GBA, mais déjà pleines de promesses, les bases reviennent dans un modèle plus poussé dans Rubis Omega et Saphir Alpha, un peu comme je l’espérais dans la deuxième partie de mon dossier sur ce qui ferait mon jeu Pokémon idéal. Désormais, les bases sont partie intégrantes des fonctionnalités online du jeu et permettant d’échanger avec les différents joueurs par le monde. Ainsi, et progressivement, votre carte se remplira de multiples bases que vous aurez tout le loisir d’explorer afin de récupérer des objets, d’y combattre des dresseurs et d’en faire vos amis. Dans ce cas-là, ils rejoignent alors votre propre base et seront autant de combattants contre lesquels lutter pour les joueurs qui recevront à leur tour votre base dans leur propre exemplaire du jeu. C’est vraiment très sympa comme concept, je l’apprécie énormément.

Les bases secrètes font enfin leur grand retour, avec un contenu étoffé !

Les bases secrètes font enfin leur grand retour, avec un contenu étoffé !

Puisque l’on est à parler des trucs cool dans ROSA, évoquons le retour plus que bienvenu du PSS (Player Searh System), outil formidable introduit par et Y et qui permet de faciliter à l’extrême les potentialités online du jeu. Combats, échanges, GTS… Tout est à portée de main, à l’identique des deux premiers opus 3DS de la série, et cette aisance à naviguer dans cet outil est un véritable bonheur. Le vieux de la vieille que je suis et qui se souvient de la difficulté à trouver des petits camarades de jeu à l’époque de Bleu et Rouge est en extase devant pareille débauche de connectivité ! J’apprécie un chouïa moins en revanche le Navi-Show. S’il permet de se tenir au courant des mises à jour de nouvelles bases secrètes ou de nouveaux mirages à explorer, son utilité reste à côté de cela assez peu convaincante. Le Navi-Dex en revanche est une excellente idée, on peut le dire. Permettant de déceler des Pokémon plus ou moins difficile à trouver avec une efficacité louable, cette nouvelle fonctionnalité basée sur le principe du radar est particulièrement intéressante et, surtout, pratique. La possibilité ensuite d’afficher la carte de la région en fonction de ce que l’on veut y trouver est une bonne chose également. Vous voulez savoir où trouver des adversaires en soif de revanche ? Où vos baies ont poussé ? Où se trouvent les bases secrètes ? Tout peut être indiqué sur la carte et permet d’en finir définitivement avec l’éreintant tour d’Hoenn pour savoir si l’on n’a pas du nouveau quelque part.

Dans une interface ultra accessible, vous avez tout à portée de main immédiatement.

Dans une interface ultra accessible, vous avez tout à portée de main immédiatement.

Un dernier mot enfin pour évoquer l’excellente idée de proposer une véritable quête supplémentaire une fois que vous avez vaincu la Ligue Pokémon. Jusqu’ici, un jeu Pokémon pouvait être rangé une fois le statut de Maître obtenu (pour les plus soft d’entre nous) mais il est cette fois-ci question d’explorer un nouvel arc narratif qui vous propose de jouer à une seconde aventure, certes plus courte que la principale (il ne faut pas non plus trop en demander) mais qui donne la très agréable sensation d’avoir un jeu dont la durée de vie a été revu à la hausse avec brio. Dans cet Episode Delta (car c’est bien ainsi qu’il se nomme), vous serez amené à trouver et affronter le puissant Rayquaza (mais pas que, je n’en dis pas plus…) au terme d’une histoire mettant en scène un tout nouveau personnage dans une ambiance de quasi fin du monde à base de météorite. Enfin Game Freak propose une véritable quête autour d’un Pokémon légendaire ! C’est à croire qu’ils ont réellement lu mon dossier sur ce que je voudrais dans mon Pokémon idéal puisque j’évoquais cet aspect-ci dans la dernière partie justement ! Tout comme j’y évoquais le contrôle des échanges sur le GTS (parfois complètement absurde à l’image d’un Zigzaton à échanger contre un Darkrai…). Or, il est désormais possible d’évincer de vos résultats de recherche tous les joueurs qui demandent des Pokémon exceptionnels dans cette interface. Voilà qui permet de faire un beau ménage.

L'Episode Delta est une excellente chose. Espérons que l'expérience sera renouvelée dans les prochaines versions.

L’Episode Delta est une excellente chose. Espérons que l’expérience sera renouvelée dans les prochaines versions.

Conclusion.

Si je suis quelqu’un qui a joué aux versions originales, ces remakes peuvent-ils m’intéresser ?
Oui
, absolument ! Car ces remakes ne sont pas de simples copies avec des qualités graphiques revues à la hausse. Rubis Omega et Saphir Alpha s’appliquent non seulement à proposer un jeu semblable à ce que leurs ancêtres sur GBA étaient, mais également à les enrichir encore et encore sur la base des acquis des jeux sortis entre-temps ainsi qu’en proposant des nouveautés qui, espérons-le, annoncent un peu la couleur des prochains épisodes originaux. Et puis, si cela peut finir de vous convaincre, Saphir Alpha m’a réconcilié avec une troisième génération de jeux Pokémon qui me semblait jusqu’alors être l’une de celles que j’appréciais le moins.

La 3D était parfois source de lag dans X et Y. Le problème a-t-il été réglé ici ?
Non, hélas. Si elle est d’une qualité esthétique indéniable et si, comme dans X et Y, il n’est pas possible de l’activer tout au long du jeu, il n’en demeure pas moins qu’elle souffre encore de quelques ratés dommageables. Ainsi, les combats souffriront régulièrement de ralentis si vous les jouez en 3D. Cela est particulièrement le cas lorsque vous êtes en 2vs2 (voire plus) ou si vous envoyez des Pokémon nécessitant plus d’animation que d’autres (un Smogo et ses rejets de gaz par exemple suffisent parfois à voir apparaître ces ralentissements).

Je crois sincèrement que Game Freak et Nintendo ont cherché avec Saphir Alpha et Rubis Omega à offrir non seulement des remakes complets et denses mais aussi de bonnes alternatives en attendant de prochains épisodes originaux. Ces deux jeux sont très complets et exposent aux joueurs une véritable synthèse de tout ce que Pokémon a à offrir aujourd’hui, tant dans les acquis réunis au cours des dernières années que dans les nouveautés que ces deux opus-ci arrivent encore à ajouter. Les fans d’autrefois et les petits nouveaux s’y retrouveront certainement et, même si la 3D n’est pas suffisamment bien supportée et que certaines choses (en particulier dans la trame générale du jeu) sentent parfois trop le réchauffé, on a certainement là quelque chose qui formule de belles promesses pour la suite.

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4 réflexions sur “Parlons jeu, parlons bien n°19 – Pokémon Saphir Alpha [3DS]

  1. J’ai comme la plupart des gens de ma génération joué des heures et des heures sur Pokémon Rouge (Bleu et Jaune pour les autres) puis la même sur Argent (Or pour ceux qui ont fait le mauvais choix malheureusement ^^) mais après ces épisodes bah plus rien. Tout ça m’est passé et ce n’est qu’avec Y que j’ai recommencé à jouer à Pokémon, malheureusement je n’ai pas retrouvé la magie des anciens dans cet épisode, magie que j’ai justement retrouvé dans Rubis Omega. J’ai adoré ce jeu pour tous les points que tu as cité et j’espère que le prochain saura me plaire beaucoup plus que Y justement.

    Enfin désolé pour le pavé mais bon quand on parle de Pokémon hein 😀

    • On ne parle jamais assez de Pokémon, ha ha ! 😀

      J’ai l’impression quand je regarde mon entourage que beaucoup de ceux qui ont débuté avec Bleu/Rouge ont laissé tomber la chose après Or/Argent. Une question d’âge j’imagine… L’arrivée au collège, tout ça, tout ça…

      Mais ouais, ROSA arrive à donner quelque chose de très très bon. C’est étonnant que Y ne t’ai pas plus plu que ça finalement, je trouve que X/Y et ROSA se ressemblent assez.

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