Un jour, un album n°14 : « Appetite for Destruction » – Guns N’ Roses

Si vous le voulez bien, restons dans la Californie de Green Day et allons gaiement parler d’un groupe culte (bien que largement décrié dans ce qu’il fait aujourd’hui) : Guns N’ Roses. Je me fais d’ailleurs la remarque en écrivant cette introduction que la Californie est décidément un terreau musical fertile puisque ça ne fait pas moins de quatre groupes et albums que je présente qui en sont originaires. Enfin bref, pour cet épisode, je ne vais pas me fouler (je le concède) et parler de ce qui est sans nul doute l’album le plus connu des Guns.

Appetite for Destruction

Guns_N'_Roses_-_Appetite_for_Destruction

Mais comme toujours avant cela, tâchons de revenir sur l’histoire du groupe. Et pour cela, retournons en 1985. Ça tombe bien, on est en 2015, ça fait un peu Retour vers le Futur. Mais je m’égare… En 1985 donc, il y a à Los Angeles deux groupes : L.A. Guns et Hollywood Rose. Mais cette année-là, les deux éclatent et fusionnent pour former les Guns N’ Roses (le nom est également une fusion). Ce nouveau quintette est ainsi formé par trois anciens membres de L.A. Guns (Tracii Guns, Ole Beich et Rob Gardner) et deux de Hollywood Rose (Axl Rose et Izzy Stradlin). Néanmoins, le bassiste Ole Beich est viré et remplacé par le fameux Duff McKagan quelques jours plus tard. Toujours dans les jours et semaines qui suivent (on reste n 1985) c’est au tour de Tracii Guns d’être viré pour manque d’implication et remplacé Slash puis, après une petite tournée en Calfornie, Rob Gardner s’en va et laisse sa place à un nouveau batteur : Steven Adler. Ce dernier est d’ailleurs un ami de Slash. D’ailleurs, puisque l’on parle des liens qui unissent tout ce petit monde, sachez qu’avant tout ce big bang, Slash avait déjà joué quelque temps au sein de Hollywood Rose (et donc avec Axl Rose et Izzy Stradlin) mais également dans Road Crew aux côtés de Duff McKagan et Steven Adler. Bref, on se connait déjà assez bien à l’époque et la formation est donc définitivement arrêtée après l’arrivée d’Adler dans le groupe qui, en 1986, signe un contrat chez Geffen Records. En Décembre de la même année sort le tout premier EP des Guns : Live?!* @ Like a Suicide. Mais c’est en 1987 que les Guns connaissent réellement le succès avec leur tout premier véritable album : Appetite for Destruction, sur lequel nous reviendrons donc un peu plus tard. Sachez en tous cas que l’album s’est écoulé à près de 28 millions d’exemplaires dans le monde et est aujourd’hui encore considéré par un grand nombre comme le meilleur opus de Guns N’ Roses.

Les Guns N' Roses à l'époque d'Appetite for Destruction, de gauche à droite : Izzy Stradlin (guitare rythmique), Steven Adler (batterie), Axl Rose (chant), Duff McKagan (basse) et Slash (guitare solo).

Les Guns N’ Roses à l’époque d’Appetite for Destruction, de gauche à droite : Izzy Stradlin (guitare rythmique), Steven Adler (batterie), Axl Rose (chant), Duff McKagan (basse) et Slash (guitare solo).

La fin des années 1980 et le début des années 1990 sont finalement très bonnes pour le groupe qui connait un succès certain, que ce soit avec l’EP G N’ R Lies (qui compte 4 morceaux issus de l’EP de 1986 et 4 inédits acoustiques) sorti en 1988 ou avec les fameux Use Your Illusion I et Use Your Illusion II tous deux édités en 1991. Quelque temps avant la sortie de ceux-ci, le batteur Steven Adler est viré à cause de ses problèmes de drogues et remplacé par Matt Sorum. Parallèlement, un claviériste rejoint les Guns en la personne de Dizzy Reed. Mais le fait est là : les Guns ont réussi à acquérir une très importante renommée qui se concrétise dans le Use Your Illusion Tour au cours duquel Izzy Stradlin choisira assez brutalement de quitter le groupe, évoquant plus tard des incompatibilités d’humeur avec Axl Rose et la difficulté de rester entouré de ses camarades qui boivent et se droguent alors qu’il est lui-même en pleine sobriété. Gilby Clarke le remplace au pied levé. Mais les tensions demeurent et, après la sortie de The Spaghetti Incident? en 1993, Clarke est à son tour remercié et remplacé par Paul Tobias, un ami d’Axl Rose que ce dernier impose au reste du groupe. Il est à noter que cet album sera le dernier album studio du groupe avant un bon moment. Quant à Axl, il devient de plus en plus difficilement gérable. Le chanteur s’approprie personnellement le nom de Guns N’ Roses sans en parler au moindre autre membre de groupe et ces derniers, mis devant le fait accompli, n’ont pas d’autre choix que de faire avec. Ceci, additionné aux tensions permanentes et aux divergences musicales qui naissent progressivement dans la seconde moitié des années 1990, pousse le groupe à se dissoudre peu à peu avec les départs de Slash (1996, remplacé par Robin Finck de Nine Inch Nails) puis de Sorum et McKagan (partis tous deux en 1997).

En 1999 paraît un album live intitulé Live Era: ’87-’93 puis il faudra attendre 2004 pour voir sortir la compilation Greatest Hits. Officiellement, les Guns N’ Roses existent toujours mais il ne se passe strictement rien de neuf. Les formations évoluent sans cesse jusqu’en 2006, année où débute le Chinese Democracy World Tour. Et c’est là la première mention de leur fameuse arlésienne, l’album Chinese Democracy qui se sera longtemps fait désirer par les fans mais qui ne sortira qu’en 2008. Et pourtant, on sait qu’Axl Rose travaille sur cet album depuis 1995, ce qui nous fait un (très) longue gestation de 15 ans ! Quand l’album sort enfin, les critiques se veulent globalement bonnes mais les ventes sont mauvaises. Depuis, les Guns sont repartis en tournée en 2012 mais on en aura finalement presque plus entendu parler pour les frasques d’Axl Rose que pour les shows eux-mêmes, le chanteur étant un habitué des retards et autres incidents plus ou moins fortuits… Actuellement, le groupe est composé d’Axl Rose (chant), Dizzy Reed (claviers), Tommy Stinson (basse), Chris Pitman (claviers), Richard Fortus (guitare), Frank Ferrer (batterie) et DJ Ashba (guitare).

En 2012 les Guns originaux se sont réunis pour leur introduction au Rock'n'Roll Hall of Fame...sans Axl Rose.

En 2012 les Guns originaux se sont réunis pour leur introduction au Rock’n’Roll Hall of Fame…sans Axl Rose.

Mais revenons à Appetite for Destruction, à ces débuts fracassants et (relativement) sains. A cette époque où les Guns commençaient à jouir d’un renom considérable et où leur musique était tout simplement excellente. Cet album est d’ailleurs l’entrée en matière idéale pour les néophytes qui souhaitent s’intéresser aux Guns N’ Roses, plus encore que les deux Use Your Illusion. Sorti en 1987 donc, on nous rappelle souvent qu’il est l’un des albums les plus vendus au monde mais il ne faut pas oublier qu’il n’est « que » 30ème dans ce classement dominé par Michael Jackson (Thriller, 65 millions d’exemplaires vendus), AC/DC (Back in Black, un peu plus de 50 millions) et Pink Floyd (The Dark Side of the Moon, environ 50 millions). Cependant, il est numéro 1 du classement des premiers albums les plus vendus, ce qui est déjà pas mal. L’enregistrement de l’album débute en 1996 et dura 5 mois, les sessions se partageant entre 3 studios californiens. Appetite for Destruction présente la particularité d’avoir été enregistré sur une piste unique. Une des anecdotes les plus connues au sujet de cet album est celle qui concerne sa pochette originale. Dessinée par Robert Williams, elle représentait un monstre métallique combattant un robot qui venait de violer une femme sur un trottoir (visible en suivant ce lien). Trop controversée, elle fut d’ailleurs la cause de ventes plutôt moyennes dans les premières semaines de disponibilité de l’album dans les bacs. Les Guns finirent donc par changer la pochette au profit d’un nouveau dessin semblable à un tatouage qu’Axl Rose porte au bras droit. L’image originale de Williams est tout de même présente à l’intérieur de l’album. Concernant maintenant les chansons, Appetite for Destruction en compte 12 :

1- Welcome to the Jungle
2- It’s So Easy
3- Nightrain
4- Out ta Get Me
5- Mr. Brownstone
6- Paradise City
7- My Michelle
8- Think About You
9- Sweet Child O’ Mine
10- You’re Crazy
11- Anything Goes
12- Rocket Queen

Appetite for Destruction est à mon sens la meilleure des façons d’entrer dans l’univers des Guns. Et cela pour deux raisons. Tout d’abord, le style véritable du groupe est entièrement condensé dans cet album mythique. C’est du rock pur et dur et l’on y retrouve tout ce qui fait la musique des Guns et en particulier la voix si particulière d’Axl Rose (qui savait alors chanter) et le son de guitare unique de Slash. Ensuite, deuxième raison, Appetite for Destruction contient quelques uns des meilleurs morceaux de la carrière des Guns N’ Roses : Welcome to the JungleSweet Child O’ MineParadise City… D’ailleurs, passons aux trois morceaux choisis pour cet article.

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Premier titre Out ta Get Me
Il s’agit là de la quatrième piste d’Appetite for Destruction. Si ce n’est pas la chanson la plus connue de la discographie des Guns N’ Roses, Out ta Get Me est pourtant un excellent morceau. Son intro tout d’abord est parfaitement excellente et rappellera à certains amateurs le style d’Aerosmith (qui fait d’ailleurs partie des influences majeures des Guns). Sur le reste de la piste, Out ta Get Me se distingue par un équilibre maîtrisé entre les différentes parties vocales et instrumentales. Les chœurs en particulier se calibrent très bien avec la voix d’Axl Rose, qui livre ici une très bonne prestation vocale. Seul le solo me laisse un chouïa sur ma faim mais je pense qu’on reviendra à ce morceau surtout si l’on a envie d’entendre Rose chanter du mieux qu’il peut. Et surtout pour ce faire du rock très efficace.

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Deuxième titre Paradise City
Sixième morceau de l’album, j’ai longtemps considéré Paradise City comme le meilleur du lot. Il faut dire qu’il a tout pour plaire et j’estime qu’il reste sans doute le plus représentatif du style Guns N’ Roses : intro incroyable d’abord soft puis bien rock’n’roll (nous mais ce combo guitare/batterie du tout début est immense, faut le dire !), riff accrocheur malgré son air un peu crade, voix très bien calées (au pluriel oui car les chœurs valent le coup d’oreille). Paradise City s’est tout de suite imposé comme un hymne pour les fans, absolument indispensable en concert (que soit ceux des Guns ou de Slash en solo). Le morceau a d’ailleurs fait l’objet d’une utilisation comme thème principal du jeu Burnout Paradise, où la ville servant de décor s’appelle justement Paradise City.

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Troisième titre Sweet Child O’ Mine
Le voilà donc ce morceau qui m’a fait réaliser que, non, Paradise City n’est pas le meilleur titre d’Appetite for Destruction. Neuvième piste de ce dernier, Sweet Chil O’ Mine se démarque de ses camarades par ses allures de ballade rock. Et pour cause, les paroles sont tirées d’un poème qu’Axl Rose avait écrit pour sa petite amie de l’époque, une certaine Erin Everly, fille de Don Everly (The Everly Borthers). La musique quant à elle, dont on retiendra surtout les gammes de Slash tout au long du morceau, a été composée par ce dernier sur la base d’un petit riff qu’il jouait pour s’amuser avec Izzy Stradlin. Et paf, ça fait de la musique de dingue ! Il est à noter que ce morceau fut le seul single classé n°1 dans les charts US de toute la carrière du groupe.  Ah oui et le clip est franchement cool.

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Une réflexion sur “Un jour, un album n°14 : « Appetite for Destruction » – Guns N’ Roses

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