Un coup d’œil dans le rétro n°3 – Fire Emblem [Game Boy Advance]

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C’est grâce à mes camarades de Twitter que je m’étais plongé l’été dernier dans l’aventure Fire Emblem : Awakening sur 3DS. Et grand bien m’en avait fait puisque j’ai découvert alors une licence qui m’était inconnue (du moins je savais qu’elle existait mais c’était bien tout) et qui m’a tout simplement ravi. Modèle du tactical RPG, ce jeu m’a fait renouer avec un genre que j’avais depuis longtemps laissé de côté. L’objectif n’est cependant pas ici de vous refaire l’éloge de cet épisode 3DS et je vous propose d’aller lire l’avis que j’avais publié à son sujet il y a quelques mois maintenant. Non, ici je vais vous parler d’une autre épisode de cette saga, celui sorti sur Game Boy Advance en 2004 et sobrement intitulé Fire Emblem.

Ce Fire Emblem est en réalité le septième jeu de la franchise mais il est le tout premier à venir s’installer sur les consoles occidentales. Autant vous le dire, il est rare. Très rare. Aussi, c’est une fois de plus l’eshop de la Wii U qui viendra satisfaire les curieux tels que moi. C’est en effet via cette plateforme que j’ai eu l’opportunité de récupérer ce jeu (qui plus est à prix réduit puisqu’il était en promo quand je l’ai téléchargé). Comme souvent quand je prends un jeu rétro, j’ai un doute quant à ma capacité à accrocher au jeu. Car si j’aime le retrogaming (là n’est pas la question) j’ai toujours un peu « peur » de tomber sur quelque chose de trop marqué par le temps et qui serait aujourd’hui injouable. Comme ça je pense en particulier au premier Tomb Raider sorti sur PS1. Je ne l’ai pas eu à l’époque et n’ai touché à ce jeu pour la première fois qu’il y a un peu moins de deux ans. Et j’ai tout simplement laissé tomber. Trop raide, gameplay infernal, Lara Croft qui nage comme une bûche… Ça m’a refroidi. Mais passons là-dessus, il y a de toute façon peu de chance pour que ce que j’ai pris coutume d’appeler personnellement « l’effet Tomb Raider » fonctionne avec ce Fire Emblem. Pourquoi ? Tout simplement parce que l’on parle d’un tactical RPG et que le gameplay est (presque) toujours le même. Un tactical aujourd’hui, c’est quasiment la même chose qu’un tactical d’hier.

Dès les premiers instants, on sent que ce Fire Emblem ne dépaysera pas ceux qui connaissent au moins un peu le style des tactical RPG.

Dès les premiers instants, on sent que ce Fire Emblem ne dépaysera pas ceux qui connaissent au moins un peu le style des tactical RPG.

Et j’ai vite compris que mes craintes n’étaient effectivement pas fondées, pour les raisons que j’évoquais juste au-dessus. Fire Emblem sur GBA est à première vue très classique dans son fonctionnement et ressemble énormément à Awakening ou, pour citer un jeu issu d’une autre licence, à Advance Wars. Il reprend donc toutes les mécaniques habituelles du genre : déploiement et déplacement des unités, règles du triangle des armes, particularités selon les types de terrains, améliorations des statistiques au fur et à mesure des combats qui s’enchaînent… Très très vite, on se retrouve dans le bain habituel avec les petites bulles qu’on apprécie. En cela, Fire Emblem est loin d’être dépaysant. Pourtant, il se démarque du dernier opus en date par quelques détails qui rendent ces deux jeux semblables mais pourtant différents. Je pense en particulier à la question du soutien entre les personnages. Intégré au cœur du gameplay dans Awakening, ce système d’amélioration des combattants selon leur degré d’affinité se veut ici plus complexe à mettre en oeuvre. La raison réside essentiellement dans le fait que tout doit être fait sur le champ de bataille pendant que celle-ci a lieu tandis qu’Awakening nous permettait de travailler cet aspect hors combat via la caserne accessible depuis la carte générale du jeu. Ici, il vous faudra redoubler de vigilance afin de permettre à vos unités d’échanger quelques mots qui permettront de renforcer leur niveau de soutien et, par extension, leurs compétences lorsqu’ils combattent côte-à-côte. Vigilance donc car il ne s’agirait pas de se faire zigouiller pendant qu’on discute. D’autant plus que le zigouillage d’une de vos unités est définitif. La marque de fabrique de Fire Emblem est en effet bien présente dans cet épisode, comme l’on pouvait s’y attendre. Et là encore, nous retrouvons une complexité à laquelle on ne peut pas échapper car, contrairement à Awakening (je reviens encore et toujours à cette comparaison, vous me pardonnerez), il n’est ici pas possible de choisir de jouer en passant outre cette tragique fonctionnalité. Il n’y a qu’un mode de jeu dans cet opus et il implique que toute unité perdue l’est pour toujours. Ou presque. Car le jeu se divise en réalité en deux parties distinctes mais relativement liées. La première pose en personnage principal Lyn, fine épéiste, tandis que la seconde vous permet de jouer avec Eliwood (père de Roy, héros de Fire Emblem 6, jamais sorti du Japon, et que l’on retrouvait dans Super Smash Bros. Melee) et son bras droit Hector. Aussi, en admettant que vous ayez perdue une unité dans la première partie, elle reviendra dans la seconde. A titre d’exemple j’avais perdu Florina dans l’arc de Lyn mais je l’ai retrouvée dans l’arc d’Eliwood. Bref, l’arrivée de la seconde partie se pose un peu comme un nouveau départ mais cela n’empêchera pas que les pertes qu’elle impliquera seront tout autant définitives. La complexité enfin, nous la retrouvons à travers un dernier aspect qui est celui de la gestion des armes. Là où Awakening vous permettait d’acheter vos armes sur la map générale et donc hors combat, ce jeu-ci vous impose de réaliser ces actions sur le champ de bataille via des boutiques disposées sur celui-ci. Il vous faudra donc faire appel à votre stratégie la plus aiguisée afin de vous assurer la victoire tout en prenant en compte le fait que vous ne devrez pas prendre le risque de tomber à court de matériel. Et c’est finalement bien là que cet épisode se veut plus ancré dans une tradition de tactical RPG que celui sorti sur 3DS : il fait beaucoup plus appel à vos capacités de stratège que ce dernier. Ou plutôt, disons qu’Awakening reposait sur tout un système qui permettait de simplifier l’aventure, ne serait-ce que par la possibilité de modifier le niveau de difficulté ou d’éluder le caractère définitif des pertes. Ici, Fire Emblem propose au contraire de jouer à un jeu dans la plus pure veine du genre en faisant en sorte que le joueur soit réellement amené à faire preuve de réflexion et de stratégie. Il n’est visiblement pas question, au vu de ce que j’évoquais plus haut, de foncer tête baissée sans penser sur deux ou trois tours. Certainement pas ! Cependant, il serait faux de dire que ce jeu est d’une complexité absolue. En effet, il recèle quelques éléments qui vous permettront de gagner en simplicité (mais il faudra quand même faire attention). Comme ça, je pense surtout au personnage de Marcus, cavalier faisant preuve d’une puissance quasi inégalée dans tout le jeu. Il est effectivement rare qu’il soit grièvement touché et ses attaques sont au contraire dévastatrices.

Marcus est une machine de guerre, voilà tout.

Marcus est une machine de guerre, voilà tout.

Un dernier mot enfin pour évoquer la qualité générale du jeu. Si son fonctionnement global est d’une qualité irréprochable, il convient maintenant de parler de tout le reste, à commencer par le scénario. Comme je le disais un chouïa plus haut, Fire Emblem se divise en deux parties. Chacune nous met donc en présence d’un héros suivant une histoire qui lui est propre mais qui va finalement percuter l’autre dans la seconde partie. Ainsi, Lyn se retrouvera à combattre aux côtés d’Eliwood et de ses acolites dans la majeure partie du deuxième arc. Globalement, on a là des histoires assez classiques et typiques de Fire Emblem (pour ce que j’en connais au-delà des jeux auxquels j’ai joués) : guerre, trahisons, complots, obscurantisme… Les principaux ingrédients de la saga sont repris ici et offrent une nouvelle histoire qui se laisse suivre avec plaisir et qui sait rebondir grâce à l’intégration de quêtes annexes qui viennent ponctuellement apporter un second souffle à l’ensemble. Les capacités de la GBA étant ce qu’elles étaient, nous ne bénéficions pas ici de cinématiques comme dans Awakening et les phases narratives reposent essentiellement sur des dialogues dont la longueur pourra parfois en rebuter certains. D’autant que ce n’est pas non plus une écriture parfaite. Si l’ensemble reste tout de même de qualité, on ne retrouve vraiment pas le travail qui a été fait depuis, en particulier en matière de construction des personnages. Concernant les graphismes, je n’ai franchement rien à redire. On a ici quelque chose de typique de la GBA, c’est-à-dire un dessin soigné malgré les limitations de l’époque et dont le portage sur Wii U est d’ailleurs de bonne facture. Il sera cependant plus agréable de jouer sur le Gamepad, le joueur bénéficiant alors d’un écran plus petit et plus propice à ces graphismes, mais le jeu reste encore très confortable une fois sur l’écran de la télé.

Fire Emblem est donc tout ce qu’il y a de plus classique dans le genre et dans la franchise mais il est également très efficace, un peu comme une attaque de type eau sur un Pokémon de type feu. Vous voyez le genre. S’il n’offre pas les possibilités « simplificatrices » de l’épisode 3DS, le rendant ainsi un peu plus complexe que ce dernier, cela lui permet cependant d’être un modèle de tactical RPG mêlant astucieusement toutes les subtilités que l’on peut souhaiter y trouver. J’imagine aujourd’hui l’émerveillement des amateurs qui ont découvert pour la première fois cette série lorsque ce jeu est sorti sur GBA à l’époque. A ceux qui auront noté la récurrence du mot « complexité » et de ses dérivés dans cet article, rassurez-vous, le jeu reste quand même accessible, y compris pour ceux qui n’ont que peu d’expérience des jeux de stratégies. Néanmoins, pour les véritables novices sans aucune habitude dans le genre, je recommanderais certainement d’aller plutôt jeter un œil sur Awakening, dont la possibilité de modifier les niveaux de difficulté permettra de s’initier à la franchise et à ses mécaniques aisément. Et en attendant le prochain épisode annoncé dans le Nintendo Direct du 14 Janvier, on pourra toujours se satisfaire de voir que Fire Emblem : Sacred Stones (aussi un jeu GBA à l’origine) est également sorti sur l’eshop de la Wii U depuis peu.

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6 réflexions sur “Un coup d’œil dans le rétro n°3 – Fire Emblem [Game Boy Advance]

  1. Super billet, j’en sais désormais plus sur cette série que je ne connais que de nom, je n’ai touché à aucun opus ne serait-ce que 5mn! Il faudrait que je rattrape cette lacune, surtout que comme tu le dis, si je n’ai pas de 3DS et donc pas accès à l’épisode awakenning, j’ai une WiiiU. Je vais regarder à quel prix ils sont sur l’eshop.

    • Merci !

      Je suis content de t’avoir donné envie de te plonger dans ces jeux. Pour info, les deux opus GBA sont à 6,99€ chacun sur l’eshop.
      Et si jamais tu fais un jour l’acquisition d’une 3DS (ou New 3DS maintenant), fonce sur « Awakening », c’est clairement un « must have » de cette console !

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