Un jour, un album n°13 : Nimrod – Green Day

De la Grande-Bretagne de George Harrison, nous repartons une troisième fois vers la Californie (où nous avions vu les Doors et les Eagles of Death Metal) pour y retrouver Green Day. Nous repartons donc sur une piste un peu plus mouvementée qu’avec All Things Must Pass puisque nous allons aujourd’hui nous intéresser au cinquième album du groupe.

Nimrod

nimrod

Mais avant toute chose, et comme il est de coutume de le faire dans cette rubrique, biographie du groupe ! Tout commence non pas en 1989 mais en 1987 quand les deux amis Billie Joe Armstrong et Mike Dirnt forment ensemble à Oakland le groupe Sweet Children, rejoint l’année suivante par le batteur John Kiffmeyer (a.k.a. Al Sobrante). Ce dernier ne se contenta pas de battre les fûts mais s’occupa également de gérer le groupe en démarchant les potentiels spectacles où Sweet Children pouvait se produire et en contribuant ainsi à l’établissement d’une solide base de fans dans la région. Cette même année, le propriétaire de Lookout! Records, Larry Livermore, découvre le trio en concert et décide de les faire signer sur son label. Sweet Children se rebaptise alors, sur conseil de Livermore qui considérait que cela faisait écho à un autre groupe local (Sweet Baby), Green Day. Le nom fut choisi en raison du fait que les trois garçons, lorsqu’ils ont monté leur groupe, avaient passé la journée à fumer de la marijuana. Hum, hum… En 1989 sort donc le tout premier EP de Green Day, 1,000 Hours. Tôt en 1990, ils enchaînent avec un deuxième EP intitulé 39/Smooth, suivi la même année par Slappy et Sweet Children. En 1991 sortit tout de même 1,039/Smoothed Out Slappy Hours, qui compile les titres des quatre EP cités ci-avant. Entre temps, Al Sobrante a quitté le groupe pour se consacrer à l’université et il fut finalement remplacé par Tré Cool.

Green Day connaît alors sa composition ultime. Dès lors, les choses sérieuses commencent et, en 1992, Green Day sort son deuxième album (que beaucoup considèrent comme étant le premier) : Kerplunk!. Si le succès de celui-ci reste assez underground, cela a néanmoins permis au groupe de se faire connaître avec ses 50 000 exemplaires vendus. Connu, Green Day l’est notamment de Reprise Records, qui les fait signer en 1993. Comme toujours, le côté punk de Green Day en prit un coup, certains puristes les considérant comme des vendus puisqu’ils travaillaient désormais pour un gros label. Les Clash ont connu la même chose. C’est au sein de Reprise que les trois garçons rencontrent Rob Cavallo, qui sera leur fidèle producteur. Ensemble, ils travaillent sur Dookie, paru en 1994 et sur lequel figure le culte Basket Case (son clip est tout aussi culte). Le succès fut immense et Dookie devint disque de platine puis de diamant aux Etats-Unis. En 1995, c’est au tour d’Insomniac d’être dans les bacs mais cette période est marquée par la fatigue physique et mentale des membres du groupe (certaines chansons de l’album en parlent d’ailleurs) et qui les conduisit carrément à annuler une tournée en Europe. En 1997 sort Nimrod, dont nous parlerons ensuite, puis il faudra attendre 2000 pour voir arriver son successeur : Warning.

Green Day à l'époque de Nimrod (de gauche à droite) : Mike Dirnt (basse), Billie Joe Armstrong (chant + guitare) et Tré Cool (batterie).

Green Day à l’époque de Nimrod (de gauche à droite) : Mike Dirnt (basse), Billie Joe Armstrong (chant + guitare) et Tré Cool (batterie).

C’est à partir de là (et déjà avec Nimrod comme on le verra) que Green Day commence à voir son étiquette punk se décoller. S’orientant vers d’autres styles, Billie Joe et sa bande tentent de nouvelles choses, parfois sans aucun rapport avec le punk. Tant et si bien que les ventes déclinent (500 000 exemplaires pour Warning) et que l’on commence à se demander si Green Day va encore durer longtemps. Le groupe se fait alors plus discret pendant quelques temps, se contentant de sortir International Superhits! (compilation de singles) puis Shenanigans (compilation de faces B et autres raretés). En 2003, ils forment avec Jason Freese et Ron Blake (deux de leurs musiciens additionnels) The Network, un groupe de 5 musiciens masqués. Si l’on s’est longtemps demandé s’il s’agissait réellement ou non d’eux, nous avons eu la réponse en 2009 lorsque Green Day sort plusieurs singles en vinyles. Puis, en 2004, sort American Idiot, opéra-rock ambitieux qui leur permet de renouer avec le succès, couronné par une tournée de 150 dates, une première pour le groupe. Cela fut d’ailleurs l’occasion de sortir leur premier album liveBullet in a Bible (2005). Dès lors, Green Day s’engage de plus en plus. Si cela se remarquait dans les paroles des chansons parues sur American Idiot, on le constate à travers les actions du groupe comme son partenariat avec la NRDC pour la protection de l’environnement ou leur participation à l’album Make Some Noise qu’Amnesty International avait lancé pour sensibiliser les gens à la situation du Darfour. Green Day y reprend le titre Working Class Hero de John Lennon.

En 2007, ils nous refont le coup de The Network avec un nouveau groupe fictif : les Foxboro Hot Tubs. Deux ans plus tard, ils sortent 21st Century Breakdown, leur deuxième opéra-rock. Les travaux sur cet album et son prédécesseur ont largement fait remonter le cote de Green Day, que les lecteurs du magazine Rolling Stone (aux Etats-Unis) élisent comme le meilleur groupe de la décennie. Cet album fait également l’objet d’une tournée et d’un album liveAwesome As F**k. S’ensuit enfin la trilogie ¡Uno!, ¡Dos! et ¡Tré!. Sortis tous les trois en 2012, ils proposent un total 36 nouvelles chansons et sont les premiers à considérer Jason White, jusqu’alors musicien de scène, comme un membre du groupe à part entière. Le succès est mitigé mais les gens se souviennent surtout de cette trilogie pour le pétage de plombs de Billie Joe Armstrong sur scène à l’iHeartRadio Festival, où mécontent d’apprendre que son groupe doit arrêter son set au bout de 30min au lieu de 45 pour laisser la place à Usher, le chanteur explose sa guitare puis quitte la scène. Le lendemain, le groupe s’excuse et annonce qu’Armstrong a été envoyé en cure de désintoxication. Il en sortira en 2013 pour assurer la tournée. Depuis, Green Day a sorti Demolicious, compilation de démos parue en Avril dernier.

Green Day fut introduit au Rock'n'Roll Hall of Fame en 2015.

Green Day fut introduit au Rock’n’Roll Hall of Fame en 2015.

Nimrod donc est le cinquième opus de Green Day. Deux ans après Insomniac, le groupe décide de s’aventurer vers de nouveaux horizons et constitue alors le plus expérimental des albums de Green Day. En effet, les morceaux de Nimrod présentent une variété de styles que l’on n’avais jamais trouvée jusqu’ici dans leur discographie. Si certains morceaux comme Nice Guys Finish Last (qui ouvre l’album) sont parfaitement dans la veine classique du groupe, on notera que d’autres s’en éloignent sensiblement. Les chansons oscillent alors de la ballade comme Good Riddance (Time of Your Life) à une sorte de « hard punk » (à défaut d’autre dénomination) avec Take Back en passant par un semblant de surf music (Last Ride In) et une approche du ska (King for a Day). Il est d’ailleurs amusant de noter que Good Riddance (Time of Your Life) est sans doute l’un des titres de Green Day les plus connus (sinon le plus connu) auprès du grand public. Il est pourtant relativement unique dans toute leur discographie. Nimrod est parfois présenté comme l’album de la rupture avec les fans de la première heure qui voit en cet opus un virage trop important pour continuer à considérer les gars de Green Day comme des punks. Tant et si bien que, comme Insomniac, cet album rencontre un succès relatif avec 5 millions d’exemplaires vendus à travers le monde (on est loin des 15 millions totaux de Dookie). En ce qui concerne les morceaux, Nimrod en compte 18 :

1- Nice Guys Finish Last
2- Hitchin’ a Ride
3- The Grouch
4- Redundant
5- Scattered
6- All the Time
7- Worry Rock
8- Platypus (I Hate You)
9- Uptight
10- Last Ride In
11- Jinx
12- Haushinka
13- Walking Alone
14- Reject
15- Take Back
16- King for a Day
17- Good Riddance (Time of Your Life)
18- Prostethic Head

Nimrod est finalement un album complet, me rappelant par sa diversité le London Calling des Clash, lui aussi varié dans les sons qu’il proposait. Avec ses 18 pistes, il permet d’avoir un ensemble hétérogène mais qui, du coup, n’est pas lassant étant donné qu’on passe régulièrement d’une ambiance à l’autre, d’un univers à l’autre, le tout avec une fluidité très agréable rendant l’écoute toujours plus appréciable.

Et maintenant, les trois morceaux choisis pour illustrer cet album !

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Premier titre Hitchin’ a Ride
Deuxième titre de l’album, Hitchin’ a Ride fait partie de ceux de Nimrod à s’inscrire dans le style habituel de Green Day. Enfin, il a quand même ses particularités. Déjà, nous avons cette très courte introduction au violon, chose à laquelle les fans du groupe n’avaient pas été habitués jusque là. Et puis, dans sa construction globale, le morceau a plusieurs traits qui lui sont bien propres et qui le rendent quasiment unique dans l’ensemble de la discographie de Green Day, à savoir ces couplets basse-batterie (la guitare est là mais tellement discrète…) auxquels succèdent des refrains marqués par une guitare cette fois-ci reconnaissable entre mille. Guitare qui, d’ailleurs, s’envole complètement à la fin du morceau. Saturée au possible, elle offre un solo décapant et amène vers une conclusion quasiment épique. Sans nul doute un de mes morceaux favoris sur Nimrod (et la version live sur Bullet in a Bible vaut le détour).

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Deuxième titre Last Ride In
Absolument à part dans l’ensemble de l’oeuvre de Green Day, le 10ème morceau de Nimrod est un instrumental (de mémoire c’est leur seul titre du genre) empruntant ses airs à la surf music, avec un semblant de psychédélisme à l’intérieur (mais juste une pincée). C’est une composition très douce qui rappelle immédiatement les côtes californiennes que Billie Joe, Mike et Tré connaissent bien. On pourrait croire qu’il dénote dans la globalité de l’album mais il n’en est rien, Last Ride In formant un break très agréable entre le rock’n’roll Uptight et le plus énergique Jinx.

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Troisième titre Take Back
Ce 15ème morceau de Nimrod confirme le caractère éclectique de cet album. Tré Cool lui-même définit Take Back comme une des chansons les plus punk qu’ils aient faites. Il faut dire qu’avec ses allures de punk hardcore (que ce soit par les instruments ou la voix de Billie Joe Armstrong), ce titre déménage comme il faut. Très court (à peine plus d’une minute), il envoie direct dès les premières notes pour ensuite continuer sur sa lancée sans jamais baisser le ton.

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Une réflexion sur “Un jour, un album n°13 : Nimrod – Green Day

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