Parlons jeu, parlons bien n°18 – Assassin’s Creed : Altaïr’s Chronicles [DS]

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C’est un peu par hasard, en tombant dessus dans un cash converter, que je me suis retrouvé avec Altaïr’s Chronicles dans les mains. Mais cela faisait tout de même un moment que ce jeu, assez difficilement trouvable à vrai dire, piquait ma curiosité. Je pense même que ça remonte à ma lecture de La Croisade Secrète et aux petites recherches annexes que j’avais faites à ce moment-là.

Altaïr’s Chronicles est un jeu édité par Ubisoft dans le cadre de sa franchise Assassin’s Creed évidemment mais développé par Gameloft et se veut être un prequel au premier épisode de la licence. Il est à noter que si le jeu est d’abord sorti sur DS en 2008, il fut ensuite porté sur iOS l’année suivante. Comme dans Assassin’s Creed, nous incarnons ici Altaïr mais avant les événements du jeu Assassin’s Creed premier du nom et avant même le récit principal de La Croisade Secrète, lors d’un épisode de sa vie où il est chargé par son maître Al-Mualim de retrouver le Calice, objet sacré dont on devinera (si l’on s’intéresse à la série car ce n’est pas du tout explicite dans le jeu) qu’il doit s’agir d’un des Fragments d’Eden. Cela m’amène d’ailleurs à évoquer un point intéressant concernant Altaïr’s Chronicles : il s’éloigne de la recette sur laquelle est fondée la licence. Le fond élude par exemple totalement la méta-histoire centrée autour de Desmond Miles pour ne parler que de son ancêtres Altaïr, ce qui ne sera pas sans ravir certains joueurs qui, lassés par le dernier des Miles, espèrent seulement que la méta-histoire prenne fin. Ainsi, Altaïr’s Chronicles s’affranchit de ces allers-retours dans le temps qui nous amènent sur la lutte entre Assassins et Templiers à notre époque, privilégiant le background historique. Enfin, n’allons pas chercher trop loin non plus : contrairement à son grand frère Assassin’s Creed, cet épisode DS de la franchise ne s’appuie sur aucun événement réel majeur et ne met en scène aucune figure historique. Altaïr’s Chronicles se veut finalement être un jeu plus indépendant en termes de fond, libre de tout mouvement et capable de s’orienter dans n’importe quelle direction simplement parce qu’il ne repose que sur des éléments fictifs. Et c’est finalement tout ceci qui, déjà, ôte à ce jeu toute capacité à être réellement canonique. Si son histoire nous permet d’en apprendre un peu plus sur les aventures passées d’Altaïr, elle n’en demeure pas moins accessoire et quasiment anecdotique. Finalement, Altaïr’s Chronicles ne semble s’adresser qu’aux fans avides de connaissances au sujet du Maître Assassin qui a initié la licence.

Le jeu nous amène à voyager dans toute la Terre Sainte.

Le jeu nous amène à voyager dans toute la Terre Sainte. Cette carte n’est pas celle qui apparaît dans le jeu sur DS mais en reprend toutes les villes.

Pourtant, ces mêmes fans pourront être quelque peu désarçonnés par cet épisode. Posons-nous la question : qu’est-ce qui fait l’identité de la saga Assassin’s Creed ? Le fond historique, que j’évoquais rapidement dans le paragraphe précédent, mais aussi le gameplay : assassinats, courses sur les toits, discrétion… Ubisoft a en effet, dès le premier opus, créé tout un schéma dans lequel les fans reconnaissent la licence. Assassin’s Creed repose sur un code bien précis en termes d’actions et de jeu qui fait presque l’intégralité de son identité (certains encenseront cela, d’autres le critiqueront). Or, Altaïr’s Chronicles s’éloigne une fois encore de ce crédo. Ce jeu ne se veut pas réellement dans la lignée des autres opus sortis sur consoles de salon et privilégie une action assez classique des jeux de plateforme. Chaque niveau propose ainsi de réaliser un parcours plus ou moins alambiqué et ponctué d’ennemis dont il vous faudra venir à bout, le plus souvent sans grande discrétion. Pourtant, celle-ci n’est pas entièrement mise au placard et les assassinats qui ont fait la renommée de la licence sont encore présents bien qu’en faible nombre. Il vous arrivera donc parfois d’avoir à vous faufiler derrière un adversaire pour le poignarder dans le dos avec votre lame secrète mais cela reste plutôt anecdotique. Ce sont finalement bel et bien les combats classiques qui prennent le dessus dans cet épisode. On notera cependant deux nouveautés de gameplay qui viennent mettre à profit les fonctionnalités tactiles de l’écran inférieur de la DS. La première consiste à voler des objets dans les poches de certains ennemis. Il vous faut alors débarbouiller l’écran noir à l’aide du stylet puis faire glisser l’objet voulu vers la sortie de la poche en faisant bien attention à ne pas toucher autre chose, le temps vous étant compté et pouvant défiler encore plus vite si vous ne faites pas les choses correctement. La seconde nouveauté, c’est la possibilité de forcer certains ennemis à vous révéler des informations en usant de la force : l’écran tactile vous désigne alors des points précis du cors de l’adversaire et vous devrez appuyer avec le bon timing afin de faire pression sur votre victime. Ces éléments-là restent cependant ponctuels et ne peuvent être utilisés qu’avec des adversaires bien précis que le scénario du jeu aura désigné.

L'écran tactile de la DS sert notamment à afficher les phases de pickpocket (à gauche), la map du niveau (au milieu) et les dialogues (à droite).

L’écran tactile de la DS sert notamment à afficher les phases de pickpocket (à gauche), la map du niveau (au milieu) et les dialogues (à droite).

Altaïr’s Chronicles se démarque donc de la ligne directrice de la franchise mais n’en demeure pas moins assez efficace dans son genre. Les amateurs de plateforme apprécieront sans doute ce jeu dont les niveaux sont parfois très bien conçus tandis que d’autres souffriront peut-être d’une trop grande simplicité. Graphiquement parlant, il ne faut pas oublier que nous sommes sur DS et qu’il ne s’agit certainement pas d’un jeu stratégique de la console. Altaïr’s Chronicles bénéficie donc de graphismes plutôt légers, à la limite du moche. Quant au scénario, il n’est pas beaucoup plus soigné et se veut extrêmement basique. Sans grand intérêt, il défile sans vraiment attirer l’attention et, une fois à la fin du jeu, on ne sait plus trop ce qui nous a amené jusque là. La fin d’ailleurs est plutôt décevante. Le jeu s’achève en effet très brutalement et sur une situation qui aurait mérité au moins un ou deux niveaux supplémentaires, histoire d’avoir une histoire complète…

Les graphismes ne sont pas superbes mais si vous connaissiez Brothers in Arms DS (également un jeu Ubisoft/Gameloft), vous savez à quoi vous attendre.

Les graphismes ne sont pas superbes mais si vous connaissiez Brothers in Arms DS (également un jeu Ubisoft/Gameloft), vous savez à quoi vous attendre.

Conclusion.

Je suis fan d’Assassin’s Creed, est-il vraiment intéressant de jouer à ce jeu ?
Oui et non. Oui si, comme vous le dîtes, vous êtes un fan. Altaïr’s Chronicles viendra vous apporter quelques pièces supplémentaires au puzzle d’Altaïr en éclaircissant une période de sa vie qui n’est détaillée nulle part ailleurs (Oliver Bowden ne fait que la mentionner dans son roman La Croisade Secrète). Et non si, au fond, vous vous en foutez un peu. Ce jeu n’est pas canonique et n’est pas canon non plus.

Altaïr’s Chronicles est-il au moins un bon jeu de plateformes ?
Oui, je le crois. Il n’est certes pas très beau, ni très intéressant mais cet opus DS a au moins le mérite de proposer des niveaux assez bien composés et équilibrés. Comme je le disais, certains valent moins le détour que d’autres mais, dans l’ensemble, les amateurs de plateformes devraient y trouver leur bonheur.

Loin des épisodes les plus fameux de la série, cet Altaïr’s Chronicles constitue surtout un jeu que les joueurs Nintendo pourront toujours se mettre sous la dent en pensant que, pour une fois, c’est à eux que l’on pense en priorité. Enfin…ça reste un jeu inégal, pas très beau et dont le scénario, pourtant dégagé de la méta-histoire, n’est pas excellemment composé. De la plateforme sympathique cependant mais diluée dans un ensemble trop faible pour réellement mérite que l’on y porte une véritable attention. C’est dommage, cela aurait pu donner quelque chose de bon. Mais Altaïr’s Chronicles s’adresse avant tout aux fans qui ont envie de toucher à tout ce qui touche à la licence d’Ubisoft.

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4 réflexions sur “Parlons jeu, parlons bien n°18 – Assassin’s Creed : Altaïr’s Chronicles [DS]

  1. Etant un « fan » (je trouve que le terme ne me correspond pas vraiment ici mais bon…) de la saga Assassin, car j’ai joué à tous les opus sur console de salon, et même l’épisode Vita, j’ai toujours été& intrigué par cet opus DS tout comme celui sur PSP, et je n’ai finalement jamais franchi le pas… et ton article m’encourage finalement à passer mon chemin. J’adore ta phrase « ce jeu n’est pas canonique et n’est pas canon non plus » 😀

    • Ha ha, merci ! Et cette phrase résume tout à fait ce qu’il y a à dire de ce jeu ! 😀
      Il est sympa pour ceux qui ont vraiment envie de tout tout tout faire dans la licence mais c’est bien tout.

      « Liberation », je le ferai peut-être sur PC si celui de la maison est suffisamment costaud pour le faire tourner.

      Quant à « Bloodlines » sur PSP que tu évoques, je me demande s’il n’est finalement pas plus difficile à trouver que celui-ci sur DS…. Et il y a « Discovery » aussi, également sur DS (mais avec Ezio cette fois). Celui-là, je ne l’ai jamais vu en vrai !

      • J’ai souvent vu le bloodlines dans le bac occasion de ma Fnac, mais en edition « platinum/best/jaquette orange dégueu » . Effectivement par contre je n’ai jamais vu le discovery. Mais je crois qu’il était particulièrement mauvais

  2. Pingback: Parlons jeu, parlons bien n°21 – Assassin’s Creed II : Discovery [DS] | Dans mon Eucalyptus perché

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