Astérix : Le Domaine des Dieux, Alexandre Astier & Louis Clichy, 2014

Astérix : Le Domaine des Dieux, film d’animation d’Alexandre Astier & Louis Clichy. Avec les voix de Roger Carel, Guillaume Briat, Lorànt Deutsch, Bernard Alane…
La note du Koala : 3,5/5

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Le pitch : César (P. Morier-Genoud) n’en peut plus de voir le village d’Astérix (R. Carel) lui résister. Aussi, avec son architecte Anglaigus (L. Deutsch), il décide de créer dans la forêt des irréductibles Gaulois une nouvelle ville romaine : le Domaine des Dieux. Mais c’est évidemment sans compter sur Astérix et tous ses camarades qui vont bien évidemment semer la zizanie au milieu du chantier.

La critique : Les aventures d’Astérix au cinéma, c’est une longue histoire. Entre les anciens dessins animés, les films complètement inégaux et le dernier long-métrage d’animation en date (Astérix et les Vikings), le petit gaulois en a connues des vertes et des pas mûres. Mais il semblerait bien qu’avec Le Domaine des Dieux, on arrive enfin à proposer une oeuvre équilibrée et, surtout, réjouissante.

Adapté plus ou moins librement de la bande dessinée éponyme parue en 1971, ce film avait d’avance un élément qui m’encourageait à aller le découvrir en salles : Alexandre Astier. Sans être un fan pur et dur du monsieur, j’ai tout de même beaucoup d’affection pour son travail, en particulier lorsqu’il s’agit de faire rire. Savoir alors que le plus connu des Astier co-réalisait et écrivait ce film était, pour moi, une bonne nouvelle qui annonçait un humour frais, parfois cynique mais toujours doux et, avec un peu de chance, qui aurait fait écho à des choses qui nous touchent directement puisque caractéristiques de notre société actuelle. Or, tous ces ingrédients que j’espérait, Alexandre Astier les a bel et bien introduits dans sa recette. Il compose alors autour de l’univers créé par Goscinny et Uderzo un récit propre, plutôt bien rythmé et ponctué de quelques références anachroniques bien senties. Et ce sont ces anachronismes qui font du Domaine des Dieux une oeuvre si réjouissante. Proposant alors deux niveaux de lecture (un pour les plus petits, un pour les plus grands), ce long-métrage d’animation voit sa qualité reposer essentiellement sur ce talent d’écriture d’Astier, dont les réflexes sont ici quelque peu semblables à ce qu’il proposait déjà dans Kaamelott à l’époque. Alors non, la bande dessinée d’origine n’est pas respectée à 100 % dans sa trame générale et les plus gros fans en seront peut-être déçus. Mais je suis certain qu’ils ne pourront cependant qu’apprécier le travail mené à par Astier et Clichy ici (et qui donnerait presque envie de les voir composer un nouvel album des aventures d’Astérix…). Pour autant, le scénario – aussi drôle soit-il – peine parfois à renouveler l’intérêt du film qui se contente par instants d’une superposition de gags ou de répliques qui font mouche mais qui sont complètement autonomes, le fond ne jouant plus alors qu’un rôle de décor sans véritable intérêt pour l’intrigue générale. Le Domaine des Dieux souffre finalement de quelques menues longueurs qui, sans être lassantes, laissent au spectateur le temps de se demander la note qu’il va mettre au film.

Le personnage de l'esclave Duplicatha et à mon sens l'un des plus intéressants et amusants du film.

Le personnage de l’esclave Duplicatha et à mon sens l’un des plus intéressants et amusants du film.

L’autre aspect important du Domaine des Dieux, c’est bien évidemment son animation. Or, celle-ci se révèle être d’une qualité irréprochable. Tout en images de synthèses, cet Astérix répond néanmoins trait pour trait à la charte graphique des bandes dessinées d’origine et s’insère donc idéalement dans cet univers dont les références graphiques sont essentielles. Chaque personnage est reconnaissable entre mille par son apparence évidemment mais également par l’animation qui lui est conférée. Dans Le Domaine des Dieux, chaque protagoniste évolue et bouge tel qu’on l’imagine en les découvrant sur le papier de nos albums de bande dessinée. Astier et Clichy ont donc parfaitement réussi à s’imprégner du travail d’Uderzo et à lui donner vie à l’écran, chose déjà tout à fait louable. L’animation pousse sa qualité jusque dans les détails du décor, tout étant pensé afin que rien ne soit laissé au hasard. En bref, si le scénario du Domaine des Dieux n’est pas à 100 % irréprochable, on peut cependant considérer que son apparence est formidable. J’ajouterai toutefois un bémol concernant l’usage de la 3D. Le film est disponible en 3D et en 2D mais, à la séance où je suis allé, je n’avais pas le choix… Je n’irai pas par quatre chemins : la 3D ne sert à rien. Franchement, allez-y en 2D, ça vous reviendra moins cher et vous prendrez le même plaisir pour les mirettes. En 3D, on aurait pu s’attendre à quelques effets qui jouent sur les atouts de cette technologie mais non, rien n’est fait. Ajoutant une profondeur de champ presque indescriptible tant on est dans le service minimum, cette « option » ne renforce le film en rien. Il serait temps que d’arrêter cet emploi de la 3D pour rien au cinéma. A l’évidence, ils ne sont pas nombreux à savoir la manier et il conviendrait à mon sens d’attendre que la technologie soit plus accessible pour l’employer à plus grande échelle. Sans compter qu’avec ces lunettes qui obscurcissent l’image, on perd en qualité d’image, celle-ci étant déjà un peu floutée par la 3D, inégale.

La qualité du dessin est grande, jusque dans les moindres détails.

Un dernier mot enfin sur le casting vocal de ce Domaine des Dieux. Réunissant un casting intéressant, Astier et Clichy s’offrent la possibilité de toucher un large public rien qu’avec les noms des différents comédiens qui prêtent leurs voix aux personnages du film. Néanmoins, il fallait s’y attendre, certains ne sont ici que pour dire « coucou, je suis là moi aussi », un peu comme Florence Foresti en Bonnemine. Il y a cependant des choses à souligner, comme le retour pour une ultime virée en Gaule de l’illustre Roger Carel qui, à 86 ans, raccroche avec cet ultime baroud d’honneur. Carel et Astérix, c’est un peu comme Tintin et Milou : c’est un duo indissociable. Aussi, il n’y a rien à redire sur ce comédien. Il est l’identité vocale absolue d’Astérix et celui qui lui succédera aura fort à faire pour s’imposer dans ce rôle. Ce pari, il est ici relevé par Guillaume Briat, qui double donc Obélix, autrefois campé par le regretté Pierre Tornade. Avec un timbre de voix semblable et une intonation similaire, on pourrait presque croire à un simple travail d’imitation. Néanmoins, le tout passe très bien. Anglaigus est quant à lui doublé par un Lorànt Deutsch dont j’avoue n’avoir pas reconnu la voix. Comme, se faire oublier derrière un personnage animé, c’est faisable et le comédien a réussi à le faire. Un dernier mot enfin pour évoquer le plaisir que j’ai eu à entendre une dernière fois la voix d’Artus de Penguern, qui nous a quittés l’année dernière et qui doublait ici le sympathique Petiminus. Oh et j’oubliais Laurent Lafitte qui m’a bien fait rire avec son interprétation de l’esclave Duplicatha ! Autour de ces quelques uns, Alain Chabat, Alexandre et Lionnel Astier, Elie Semoun ou encore Bernard Alane et Philippe Morier-Genoud en César offrent également un doublage de qualité.

Le Domaine des Dieux n’est donc pas, selon moi, le chef-d’oeuvre absolu que certains encensent mais reste tout de même un excellent divertissement. Jouant sur les registres et les références, il se propose d’être un film pas toujours égal mais constamment drôle et d’une écriture remarquable (malgré quelques passages moins dignes d’intérêt cependant). L’animation est quant à elle maîtrisée et se suffit à elle-même comme argument pour aller voir le film.

Le « Oh, au fait ! » :
Avant de s’attaquer à son propre film, Louis Clichy avait déjà travaillé pour les studios Pixar et en particulier sur Wall-E et Là-Haut, en tant qu’animateur.

En temps normal, lorsque l’on double un film d’animation, on le fait avec les images devant les yeux. Ici, rien de cela et les comédiens ont enregistré leurs voix avant que les images ne soient animées. L’objectif : orienter leur jeu dans le sens du texte et non dans le sens des images.

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Une réflexion sur “Astérix : Le Domaine des Dieux, Alexandre Astier & Louis Clichy, 2014

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