Un coup d’œil dans le rétro n°2 – Metroid Prime [GC/Wii]

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C’est habituel, je fais tout dans le désordre. J’ai entamé Assassin’s Creed avec le troisième volet, Red Steel avec le 2 (je n’ai même jamais entamé le 1 à l’heure qu’il est)… La trilogie Metroid Prime n’a pas échappé à cela et, alors que j’ai déjà parcouru le troisième épisode – Corruption – deux ou trois fois, je viens à peine de terminer le premier. Et même pas sur son support original, la Gamecube ! Non c’est sur Wii, avec l’édition spéciale Trilogy que je me suis lancé dans l’aventure. Ce n’est plus si rétro que ça finalement mais comme le jeu original est sorti sur Gamecube, je le glisse tout de même dans cette catégorie (c’est qui le patron ?).

Comprenant que dénicher Metroid Prime et Metroid Prime – Echoes sur Gamecube devient de plus en plus compliqué (ou tout du moins de plus en plus cher), c’est à la recherche de l’édition Trilogy que je m’étais mis en quête depuis quelque temps. Une trilogie qui n’est d’ailleurs pas plus simple à trouver que le reste, ou alors à des prix abusifs. C’est finalement lors de soldes dans un Carrefour que je le trouve enfin, ce Graal, à un prix correct (dont je ne me souviens plus le montant exact, vous me pardonnerez) et neuf. Ni une, ni deux, je l’embarque et mon seul regret sera finalement que le code pour le Club Nintendo inclus avait déjà expiré. Mais peu importe, je ne faisais pas ça pour les étoiles. L’objectif était atteint : obtenir les deux premiers opus de la trilogie Metroid Prime et (enfin !) y jouer. Ma ludothèque était néanmoins assez chargée à l’époque et il aura fallu attendre près d’un an pour que je m’y mette vraiment. Mieux vaut tard que jamais.

La quête ne fut donc pas vaine !

La quête ne fut donc pas vaine !

J’attaque donc Metroid Prime avec une double envie. D’abord, retrouver les sensations connues avec l’épisode Corruption. Et je ne parle pas que de gameplay mais aussi d’ambiance. A l’époque, Corruption m’avait fait découvrir quelque chose que je ne connaissais que trop peu en tant que joueur : l’angoisse. Errer seul de planète en planète sans un seul visage amical… Bon dieu ce que j’ai pu stresser sur ce jeu. Enfin tout ça n’a évidemment rien à voir avec les standards des jeux privilégiant l’angoisse et la peur mais il n’en demeure pas moins que le fait de me retrouver tout seul dans un jeu a de quoi perturber. La seconde envie, c’est celle de me plonger dans les origines de l’histoire, de voir comment les événements de la trilogie ont débuté. Or, Metroid Prime démarre très vite. Il ne faudra que quelques petits instants pour se retrouver dans le cœur de l’action et commencer (déjà) à se demander ce qu’on est venu faire dans cette galère. Ça pète de tous les côtés, Samus se retrouve complètement désarmée, c’est la catastrophe. Vous êtes sur Tallon IV, les seuls visages que vous croiserez tenteront de vous tuer et votre armure doit être entièrement refaite. Ce dernier point est d’ailleurs une habitude et constitue une composante forte de la licence. A vous de parcourir les différentes zones de la planète afin de récupérer l’ensemble des accessoires de votre costume (rayon plasma, grappin, boule morphing, bombe de puissance et j’en passe). De ce point de vue là, il faut le dire, Metroid Prime n’est pas révolutionnaire. En fait, c’est surtout dans sa façon d’aborder cette quête que ce jeu apporte du changement. Prenons Super Metroid par exemple : vous arpentiez là aussi une planète, récupériez votre équipement et butiez de la bestiole. Le scénario n’allait guère plus loin que cela et il suffisait de voir l’introduction et la conclusion pour avoir une simili histoire. Ici, on sent que l’univers a été grandement étoffé. S’il n’y a une fois de plus pas de séquences narratives en cours de jeu (ce qui est le cas avec Metroid Other M notamment), ce premier volet de la trilogie Prime compense cela par un fond beaucoup plus travaillé. En cours de route, vous découvrirez notamment nombre d’écrits Chozo et pirates que vous aurez tout le loisir de lire et qui vous apporteront une base de connaissances assez incroyable sur l’univers du jeu. Jamais on n’avait eu droit à pareil enseignement en jouant à un épisode de la série Metroid ! Retro Studios réussit donc le pari d’offrir un jeu sans passages scénaristiques (les quelques cinématiques du jeu, si on peut les appeler ainsi, sont très courtes et ne servent généralement qu’à découvrir une pièce et l’ennemi qui s’y cache ou l’objectif à atteindre) tout en peaufinant un univers déjà complexe. Je pense que l’on est en droit de dire que c’est un coup de maître.

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Chaque créature possède ses propres caractéristiques et c’est à vous qu’il appartient de trouver leurs failles.

Le fait de ne pas avoir de séquences de narration permet en outre d’accentuer la sensation principale développée par ce jeu : la solitude. En règle générale, quand vous avez droit à des cinématiques mettant en scène différents personnages dialoguant ou autre, vous arrivez à déterminer l’objectif de la séquence suivante, le lieu à atteindre, etc. Avec Metroid Prime, il n’en est rien. A vous de vous débrouiller pour savoir où vous devez aller. On ne saurait d’ailleurs que trop vous recommander de prendre des notes si vous n’avez pas une mémoire de folie car vous rencontrerez par moments des endroits inaccessibles mais qui le seront par la suite grâce à l’acquisition d’un nouvel item. En attendant cela, vous serez parfois bien seul en train de tourner en rond pour trouver le chemin à suivre. Se perdre sur Tallon IV est très facile et vous serez quelquefois amené à (re)parcourir quasiment l’ensemble de la carte pour savoir où se trouve la suite. Et croyez-moi, vous taper tout le chemin des Mines de Phazon jusqu’à la surface de Tallon, ça peut s’avérer long ! Mais le fait est bien là : Retro Studios a composé une oeuvre où vous vous sentez constamment seul. C’était déjà le cas dans les jeux précédents mais j’ai le sentiment qu’en développant tout ceci dans un univers 3D immense, cette sensation ne s’en trouve que renforcée. D’autant que votre solitude, vous la sentirez encore plus lorsque vous tomberez nez à nez avec des bestioles immenses qui ne veulent que vous déchiqueter. Contrairement à Metroid Prime – Corruption, vous ne croiserez JAMAIS le moindre visage amical sur cette planète. Aussi, non seulement vous êtes seul de chez seul, mais en plus vous avez peur.

Comment ne pas se sentir seul face à une bestiole pareille ?

Comment ne pas se sentir seul face à une bestiole pareille ?

Metroid Prime se démarque donc par l’ambiance que le jeu propose et par sa capacité à s’affranchir de règles scénaristiques strictes tout en développant un univers complexe. Rien que pour cela, le jeu vaut le détour, ne serait-ce que pour l’expérience. A côté de ces aspects, on retrouve tout un schéma de gameplay qui n’est pas sans faire écho aux jeux précédents. Samus développe ici un lot de capacités semblables à ce que nous connaissions : boule morphing pour accéder à des passages réduits (des conduits notamment), différents modes de tir (glace, plasma, missiles…), le grappin pour « survoler » des surfaces dangereuses, etc. Jusque là, il n’y a rien de nouveau dans l’espace. Sauf que tout ceci prend place dans un univers 3D comme je le disais plus haut et que l’on se retrouve dans un jeu à la première personne. Metroid Prime prend finalement les allures d’un FPS spatial et exploratoire, à la différence près qu’un FPS actuel (et même de l’époque) est constamment guidé par ses objectifs (ceux-ci étant indiqués explicitement sur la carte). Or, ce n’est pas le cas ici. Ce choix de proposer une vue à la première personne provoque non seulement un tournant fort pour la licence mais permet également de redécouvrir son gameplay, pourtant éculé. Et la version Wii permet en outre d’associer à tout cela ce que l’on avait découvert avec Corruption, à savoir l’utilisation du motion gaming. Inutile de vouloir jouer avec deux sticks, vous n’aurez d’autre choix que d’utiliser la Wiimote telle qu’elle a été conçue : en vous remuant (un peu). C’est avec elle que vous pointerez vos cibles et tirerez dessus. Mais rassurez-vous, c’est une des meilleures expériences en la matière qu’il m’ait été donné de connaître. Le tout est idéalement équilibré. On n’échappera pas parfois à une perte de contrôle due à une Wiimote posée trop bas sur vos genoux par exemple mais cela reste particulièrement rare. Dans l’ensemble, il n’y a aucun réel défaut à déplorer : c’est précis et efficace. C’est également avec cette fonctionnalité que l’on pourra, en appuyant sur les boutons + et – de la manette, modifier le viseur que l’on utilise ou le type de laser que l’on veut employer, le tout dans un système tout à fait intuitif et rapide. On appréciera enfin le travail mené sur les menus, extrêmement denses. La map est, comme on pouvait s’y attendre, immense et offre un rendu à la fois dans le ton du jeu et tout à fait lisible. Les menus permettent également de se plonger dans les différentes bases de données et de s’intéresser de près à l’ensemble des connaissances que l’on aura acquises au cours de l’aventure. Je ne peux d’ailleurs que vous encouragez à analyser tout ce que vous croiserez car, plus vous en aurez, plus vous pourrez débloquer de bonus (des galeries d’images essentiellement).

Voilà donc pour l’essentiel. A mon avis, Metroid Prime constitue un essentiel de la licence, même si l’on ne souhaite pas terminer la trilogie. Ce jeu apporte tout un tas de changements radicaux pour la série tout en s’appuyant sur les grands traits classiques de celle-ci. Retro Studios a abattu un formidable boulot avec ce jeu à la fois dur et prenant dans lequel le joueur retrouvera enfin le plaisir de cogiter pour savoir ce qu’il doit faire. Metroid Prime pose efficacement les bases de la trilogie qu’elle initie et contribue largement à développer l’univers de Samus Aran. A n’en point douter, c’est un must have.

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4 réflexions sur “Un coup d’œil dans le rétro n°2 – Metroid Prime [GC/Wii]

    • Il est vraiment sympa et compte assez peu de défauts, franchement.
      C’est à faire au moins une fois je pense. Je ne sais pas quand je ferai le 2 mais je pense que, vus le 1 et le 3, c’est du même tonneau. 🙂

  1. Pingback: Un coup d’œil dans le rétro n°5 – Metroid Prime 2 : Echoes [GC/Wii] | Dans mon Eucalyptus perché

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