Un jour, un album n°10 : Signed and Sealed in Blood – Dropkick Murphys

Après les Doors il y a deux semaines, restons un peu aux Etats-Unis mais filons tout droit de la côte Ouest et de la Californie de Morrison & co. à la côte Est. Direction plus précisément le Massachusetts et Boston pour parler des Dropkick Murphys et de leur tout dernier album.

Signed and Sealed in Blood

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C’est à Quincy que tout commence, ville située au Sud de Boston et plus particulièrement à côté de South Boston, connu pour sa communauté irlandaise et prolétaire dont on nous parle par exemple dans Les Infiltrés de Martin Scorsese. Et des Irlandais, il y en a dans l’arbre généalogique des différents membres du groupe. Sauf dans ceux d’Al Barr et de Scruffy Wallace. Le groupe d’ailleurs, c’est en 1996 qu’il naît, composé alors de Mike McColgan (chant), Ken Casey (basse et chant), Rick Barton (guitare et chant) et Bill Close (batterie). Seul Casey fait encore partie du groupe à l’heure actuelle. Choisissant un style qui est une sorte d’énorme croisement entre le punk, le rock’n’roll, le rock celtique et le folk rock pour certains titres comme The Torch sur l’album Sing Loud, Sing Proud! par exemple, les Dropkick (comme on les appelle communément) sont un groupe à part dans le paysage musical actuel, d’autant qu’au milieu des guitares et basses archétypique du rock, on va retrouver, de la mandoline, du banjo, de la flûte et de la cornemuse, ce qui n’est pas commune (bien qu’AC/DC ait déjà calé de la cornemuse sur son culte It’s a Long Way to the Top (If you Wanna Rock’n’Roll) en 1975). Bercé par le son d’AC/DC justement, mais aussi des Clash, des Ramones ou encore des Dubliners, Dropkick Murphys entame sa carrière en jouant dans une cave où les quatre garçons finissent par enregistrer un EP avant de remplacer en 1997 Bill Close par celui qui est encore leur batteur aujourd’hui : Matt Kelly. Fidèles à leurs origines modestes et à un esprit imprégné du credo Do it Yourself, les Dropkick fonderont rapidement leur propre label, Flat Records, non seulement pour eux mais aussi pour permettre à d’autres groupes de la scène rock de Boston de se faire connaître. Néanmoins, en 1998, ils signent avec Hellcat Records et sortiront dans la foulée leur premier album : Do or Die. Celui-ci sera le seul où McColgan chantera puisqu’il quitte le groupe l’année suivante, remplacé par le charismatique et très sympathique (vous pouvez me croire, je l’ai vu, il a même dit que mon frangin était un « good guy« ) Al Barr. Rick Barton quitte à son tour le groupe pour laisser la place à James Lynch. 1999 est l’année du mouvement en tous cas puisqu’au milieu de tous ces changements sort le deuxième album du groupe, The Gang’s All Here. Première polémique pour la langue bien pendue des Dropkick qui critiquent dans leur chanson Pipebomb on Lansdowne les étudiants issus des classes bourgeoises et pour lesquels ils vouent une certaine haine. C’est en 2001 que la renommée comment à leur venir avec l’album cité plus haut Sing Loud, Sing Proud!, qui marque d’ailleurs la première incursion d’instruments traditionnels dans les chanson du groupe. La tradition, il la célèbre aussi avec leur reprise de The Rocky Road to Dublin, des Dubliners (vous pouvez d’ailleurs entendre la version originale du morceau dans le film Sherlock Holmes de Guy Ritchie). Pour cet album, les Dropkick ont engagé Marc Orrell, guitariste qui jouait auparavant dans un tribute band consacré aux Dropkick et Robbie Medeiros (dit Spicy Mc Haggis) pour jouer de la cornemuse.  Spicy quitte cependant assez vite le groupe pour se marier et ses furtifs camarades lui rendront hommage dans la chanson Spicy McHaggis Jig, toujours sur Sing Loud, Sing Proud!. En 2003 sort Blackout pour lequel les Dropkick sont rejoints par Joe Delaney (cornemuse) et Ryan Foltz (mandoline). La chanteuse Stephanie Dougherty est quant à elle invitée à poser sa voix sur Dirty Glass. L’année suivante, c’est The Warrior’s Code qui envahit les bacs. Il s’agit généralement de l’album préféré des fans. Il faut dire que des morceaux comme Citizen C.I.ACaptain Kelly’s Kitchen ou le méga-culte I’m Shipping Up to Boston font toujours leur petit effet. A noter que Joe Delaney quitte alors le groupe et que c’est Scruffy Wallace qui le rejoint, lui qui fut joueur de cornemuse dans l’armée canadienne lors de la guerre du Kosovo. En 2007 viendra The Meanest of Times puis, en 2008, Marc Orrell s’en va. Il est remplacé par Tim Brennan qui avait rejoint le groupe pour The Warrior’s Code en tant que joueur de mandoline, place qui sera alors prise par un nouveau venu, Jeff DaRosa. Ça va, vous suivez ? En 2011 sort Goin’ Out of Style qui, c’est la première fois, n’est marqué par aucun changement dans le line up du groupe. Et nous arrivons finalement à 2013 avec Signed and Sealed in Blood, toujours sans changement dans les membres du groupe. L’album est suivi par une tournée qui se poursuit encore en ce moment et qui a permis aux Dropkick Murphys de passer par le festival Les Feux de l’Eté en Juillet dernier. J’y étais, c’était énorme !

Les Dropkick Murphys actuels avec, de gauche à droite : Al Barr, Kken Casey, Jeff DaRosa, Scruffy Wallace, Tim Brennan, Matt Kelly et James Lynch.

Les Dropkick Murphys actuels avec, de gauche à droite : Al Barr, Ken Casey, Jeff DaRosa, Scruffy Wallace, Tim Brennan, Matt Kelly et James Lynch.

Huitième album studio des Dropkick Muphys donc, Signed and Sealed in Blood est sorti le 8 Janvier 2013. A noter qu’il est paru sur le label Born & Bred Records, que le groupe a fondé en 2007 sous l’égide de Warner Bros. Records. Le groupe a fait appel pour cet album (et uniquement pour la chanson Prisoner’s Song) au joueur de banjo Winston Marshall. Enregistré aux studios Q Division de Somerville (Massachusetts), cet album se veut dans la stricte lignée du style des Dropkick. Un son rock accrocheur, des airs traditionnels et quelques ballades bien pensées. Signed and Sealed in Blood comprend 12 titres inédits mais plusieurs morceaux bonus sont proposés :

1- The Boys Are Back
2- Prisoner’s Song
3- Rose Tattoo
4- Burn
5- Jimmy Collins Wake
6- The Season’s Upon Us
7- The Battle Rages On
8- Don’t Tear Us Apart
9- My Hero
10- Out on the Town
11- Out of Our Heads
12- End of the Night
Titres bonus :
1- Lucky Charlie (boutiques digitales ou version japonaise du CD)
2- The Boys Are Back, version acoustique (titre à télécharger via l’édition Deluxe)
3- 78RPM (titre à télécharger via l’édition Deluxe)
4- The Battle Rages On, version acoustique (titre à télécharger via l’édition Deluxe)
5- AK-47 (All I Want for Christmas Is An) (Face B du single de The Season’s Upon Us)
6- Shark Attack (version vinyle)

A noter que le morceau bonus 78RPM est une reprise de Stiff Little Fingers. A travers ces 12 pistes (ou plus selon le cas), l’album propose en tous cas un rock très efficace, toujours fidèle aux choix faits par les Dropkick depuis Sing Loud, Sing Proud! et livre quelques morceaux vraiment très agréable. Et ce sont justement ceux dont on va parler maintenant.

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Premier titre The Boys Are Back
Premier morceau de l’album, avec Al Barr au chant, The Boys Are Back est à mon sens très représentatif des Dropkick Murphys dans ce sens où c’est une chanson idéale pour les concerts, comme les Dropkick savent en faire. Le genre de morceau, un peu comme For Boston! et I’m Shipping Up to Boston dont les fans peuvent hurler les refrains dans l’ambiance surchauffée de la fosse. Et puis le titre est bien trouvé : les boys sont bel et bien de retour !

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Deuxième titre Rose Tattoo
Je parlais un peu plus haut des ballades que les Dropkick, malgré leurs airs bourrus d’Irlandais au caractère bien trempés, sont capables de faire. Rose Tattoo en est un exemple, bien qu’on ne soit pas encore au niveau de certains morceaux comme The Torch ou d’autres venus de l’album Blackout. La chanson n’a rien à voir avec le groupe Rose Tattoo créé par le regretté Peter Wells en 1976. Le chant est ici assuré par Ken Casey.

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Troisième titre Out on the Town
Dixième piste de l’album, Out on the Town est un bon morceau de rock’n’roll quasi old school, toujours avec un touche Dropkick (la cornemuse) mais marqué par une construction digne des meilleurs standards du rock. Entre solos de guitare courts mais efficaces et un rythme entraînant, Out on the Town est un de ces titres qui restent en tête malgré un air finalement très classique. Après tout, n’oublions pas que c’est souvent dans les vieux pots qu’on fait les meilleures confitures.

Pour les intéressés, les Dropkick Murphys sont actuellement en tournée et leur prochain passage en France aura lieu le 16 Février 2015 au Zénith de Paris.

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2 réflexions sur “Un jour, un album n°10 : Signed and Sealed in Blood – Dropkick Murphys

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