Captain America – Le Soldat de l’Hiver, Anthony & Joe Russo, 2014

Captain America – Le Soldat de l’Hiver, film de super-héros de Anthony & Joe Russo. Avec Chris Evans, Scarlett Johansson, Samuel L. Jackson, Robert Redford…
La note du Koala : 4/5

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Ce film est la suite de Captain America – First Avenger (Joe Johnston, 2011).
Il s’inscrit dans la Phase 2 de l’Univers Cinématographique Marvel.

Le pitch : Captain America (C. Evans) s’habitue, tout en continuant de travailler pour le SHIELD, à sa nouvelle vie. Mais les choses se précipitent lorsque Nick Fury (S. L. Jackson) lui apprend que le SHIELD est compromis. Captain doit alors faire équipe avec Black Widow (S. Johansson) pour lutter contre ceux qui agissent dans l’ombre. Mais le Soldat de l’Hiver va se dresser sur son chemin.

La critique : C’est en regardant une nouvelle fois ce film il y a quelques jours que je me suis rendu compte que je n’avais jamais pris le temps de vous en parler ici. Considérons d’ores et déjà que c’est désormais chose faite.

On le répète assez souvent, moi le premier, mais la Phase 2 de l’UCM avait mal commencé avec cet Iron Man 3 en demi-teinte. Et comme Captain America – First Avenger avait été l’un des films les moins appréciés de la Phase 1, il y avait de quoi craindre que cette suite ne réussisse pas à relever le niveau de cette deuxième étape. Mais, luttant contre mes présupposés dont j’osais espérer qu’ils étaient peut-être infondés, je me suis malgré tout rendu au cinéma ce 5 Avril dernier pour me faire un avis. Ne connaissant strictement rien de la filmographie des frères Russo avant cette séance, je n’avais l’espoir que les deux compères arriveraient à faire oublier le travail inégal de Joe Johnston sur First Avenger. Et quelle ne fut pas ma surprise ! En sortant de la salle, j’avais passé un excellent moment (ce qui, pour l’anecdote qui ne regarde en fait que moi, n’était pas gagné ce jour-là). Tout ou presque dans ce deuxième opus des aventures solo du Captain avait de quoi me plaire. Organisations secrètes, traîtres, confrontations impossibles… Ça n’a presque l’air de rien dit comme ça mais ce sont là trois des quelques ingrédients d’une recette savamment mitonnée par les deux Russo qui sont derrière la caméra. Alors non, ce n’est pas LE grand film d’espionnage saucé super-héros de la décennie, nous n’irons pas jusque là (bien que, techniquement, il est le seul à concourir dans cette catégorie…). Mais Le Soldat de l’Hiver dispose de très bons atouts. Bien plus enlevé que son prédécesseur, qui souffrait d’une mise en scène juste assez bonne (ce qui est bien mais pas top) et qui jouait beaucoup trop sur un Captain sans véritable envergure (qu’il ne gagnera qu’avec Avengers, où il cessera enfin de n’être qu’une bannière étoilée humaine), ce film-ci cherche davantage d’action tout en donnant au personnage de Cap’ une dimension autre, celle d’un homme qui doute et pas d’un héros sans finesse. C’est bien là que les frangins Russo ont trouvé leur terrain de jeu, sur des questions d’ombres qui jouent en arrière-plan de l’univers Marvel pour mieux compromette ce qui semblait incorruptible. Le scénario s’amuse alors (et nous avec, avouons-le) à orienter les soupçons vers une élément puis vers un autre, laissant ainsi par-ci, par-là plusieurs pistes de cailloux blancs que l’on suivra pour mieux rebrousser chemin ensuite. Alors oui, c’est au final moins exceptionnel que cela aurait pu l’être mais la fin du Soldat de l’Hiver permettra en tous cas d’offrir de belles perspectives à la suite des films de l’UCM. Le seul petit truc qui me chiffonne un peu c’est que, vu l’étendue des impacts attendus en lien avec la découverte que nous faisons dans le film, ce scénario (ou plutôt ce qu’il implique) aurait pu (dû  ?) être réservé à un Avengers 2 ou 3. C’est vrai, quoi. On s’étonne qu’avec un tel remue-ménage les autres Avengers ne soient pas de la partie. C’est qu’ils vont être touchés aussi ! Nécessairement ! Mais ça n’enlève rien à la qualité du scénario qui, sans être exceptionnel donc, offre quelque chose de bien plus intéressant que First Avenger tout en développant des pans de l’univers Marvel dont on pouvait jusqu’alors regretter l’absence.

Le personnage d'Alexander Pierce est assez bien amené dans cette ambiance un peu obscure. Et puis, Robert Redford ça reste quand même Robert Redford.

Le personnage d’Alexander Pierce est assez bien amené dans cette ambiance un peu obscure. Et puis, Robert Redford ça reste quand même Robert Redford.

Après, du strict point de vue de la mise en scène, je crois vraiment que Le Soldat de l’Hiver n’a pas grand-chose à se reprocher. Efficace, dynamique, il semble tirer les leçons d’Avengers et reproduit certains de ses schémas avec brio. Si quelques détails laissent…dubitatifs (sérieusement, qui irait planquer une clé USB avec des documents ultra-confidentiels dans un distributeur de bonbons ? Captain America bien sûr !), l’ensemble du long-métrage s’en sort dignement. Mention spéciale pour les scènes d’action et de combat du Captain qui a enfin l’occasion d’utiliser son bouclier correctement et de nous en mettre plein la vue avec. Plus seulement simple accessoire qu’il était dans First Avenger, le fameux bouclier se voit offrir tout l’importance qu’il mérite. Sinon, ce serait comme faire un Thor sans Mjöllnir ou un Iron Man sans armure. Sans compter que lesdites scènes d’action sont bien foutues. J’ai également apprécié la façon dont le personnage du Soldat de l’Hiver a été amené. C’était certes un peu cliché sur le départ mais sa construction par la suite demeure intéressante. On a en tous cas envie d’en voir plus désormais, surtout lorsque l’on sait ce qui finit par arriver dans les comics ! Mais, de toute manière, j’ai trouvé le traitement des personnages plus travaillé qu’avec Joe Johnston. Si toutes les questions que se posent Black Widow et Cap’ sur le fait de faire sa vie avec quelqu’un ont fini par me lasser, le reste m’a assez bien plu, en particulier la thématique générale des relations et de la possibilité de nouer des liens quand on est un personnage comme eux. Ce n’était pas forcément très fin mais ces questionnements trouvent une résonance tout au long du film qui se fait assez habilement.

J'oubliais de le mentionner mais Le Soldat de l'Hhiver introduit un nouveau héros : le Faucon. Ce dernier se révèle cependant assez peu intéressant.

J’oubliais de le mentionner mais Le Soldat de l’Hiver introduit un nouveau héros : le Faucon. Ce dernier se révèle cependant assez peu intéressant.

Concernant le casting, je dois dire que Chris Evans m’a surpris. Enfin pas tant que ça puis que j’estime qu’il progresse à chaque fois. Dans First Avenger, je le trouvait peu avenant, trop coincé dans le carcan d’un Captain America trop idéaliste, trop gentil. Dans Avengers, il contribuait grandement à ce travail mené sur le personnage et consistant à le rendre plus…consistant justement. Ici, il reprend les bases qu’il a lui-même établies dans Avengers et les retravaille, les peaufine afin de personnaliser encore plus son interprétation de Cap’. Ce n’est à mon sens pas le meilleur acteur de tout l’UCM mais il progresse continuellement et je ne doute pas que lorsque tout ceci sera terminé (si ça s’arrête un jour…), nous garderons tous un très bon souvenir de Chris Evans en Captain America. Concernant Scarlett Johansson et Samuel L. Jackson, je trouve que la première continue également à travailler son interprétation mais le gap se veut moins impressionnant. Quand au second, il poursuit sur sa lancée, cabotinant quand il le faut, faisant les gros yeux (enfin, le gros œil plutôt…) aux moments opportuns et donnant toujours plus de sympathie pour Nick Fury de la part des spectateurs qui le découvrent à chaque fois un peu plus et sous des jours qu’on ne lui imaginait pas. Difficile de juger Sebastian Stan étant donné la teneur de son personnage. Je reconnaîtrai volontiers que son jeu colle plutôt bien au Soldat de l’Hiver mais j’ai réellement du mal à me faire un avis fondé sur son cas, aussi passerai-je directement à Robert Redford, que j’adore mais qui fait ici plus office de special guest de luxe qu’autre chose.

Anthony et Joe Russo offrent ainsi un second souffle au personnage de Captain America, tirant parti des propositions faites par Joss Whedon dans Avengers. Sans oublier d’apporter leur patte à ce film, ils s’inscrivent très bien dans la continuité de l’UCM, dont l’identité d’ensemble se veut progressivement très bien définie.

Le « Oh, au fait ! » :
Si vous avez vu le film en VF, vous ne le savez certainement pas mais la voix du narrateur au musée dédié à Captain America n’est autre que celle de Gary Sinise.

[SPOILER ALERT]

La citation sur la tombe de Nick Fury à la fin du film est une référence au personnage de Jules que Samuel L. Jackson campait dans Pulp Fiction et qui aimait réciter le verset 17 du chapitre 25 du Livre d’Ezechiel, aussi connu sous le titre de La Marche des Vertueux (ou Ezechiel 25:17).

[/SPOILER ALERT]

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2 réflexions sur “Captain America – Le Soldat de l’Hiver, Anthony & Joe Russo, 2014

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