Un jour, un album n°9 : L.A. Woman – The Doors

Après le hard rock d’AC/DC, le heavy metal d’Anvil, le punk des Clash, il est temps d’en venir à des choses plus douces, des chansons qui fleurent bon les seventies… Enfin bref, voici donc le n°10 de « Un jour, un album » qui sera consacré aux Doors et à leur ultime album.

L.A. Woman

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J’avoue avoir eu du mal à me décider sur l’album dont j’allais parler aujourd’hui. The Doors (le premier du groupe) ou L.A. Woman ? Et pourquoi pas un autre moins reconnu comme Strage Days ou Waiting for the Sun ? Finalement, j’ai tranché en faveur de cet ultime opus. Mais avant de parler de lui, commençons comme d’habitude par une présentation sommaire du groupe.

Venice Beach, 8 Juillet 1965. Deux étudiants de l’UCLA (University of California, Los Angeles) se rencontrent et discutent un peu. Jim Morrison et Ray Manzarek viennent donc de faire connaissance et le premier récite quelques textes de sa composition (dont Moonlight Drive et My Eyes Have seen You) au second qui, emballé par l’évidente qualité de ces derniers, propose à leur auteur de rejoindre le groupe qu’il a déjà monté avec ses deux frangins : Rick & The Ravens. Peu de temps après, Morisson (qui officie déjà au chant tandis que Manzarek est l’organiste du groupe) propose de rebaptiser la formation The Doors. Manzarek fera un peu plus tard la connaissance de John Densmore lors d’une conférence sur la méditation transcendentale, dont ils étaient tous deux férus. En Août 1965, Densmore devient le batteur des Doors. Un mois plus tard, le nouveau batteur du groupe (dont sont partis les deux frères de Manzarek) fait intégrer Robby Krieger, un camarade de méditation, en tant que guitariste. Cette fois ça y est, le groupe est complet et ne bougera plus d’un iota de toute sa carrière : Jim Morrison au chant, Ray Manzarek aux claviers, John Densmore à la batterie et Robby Krieger à la guitare. A noter que suite au départ de Pat Sullivan, qui jouait en tant que bassiste, Manzarek avait opté pour un clavier-basse Fender Rhodes, qui lui permettait de jouer ses harmonies d’une main tout en occupant le rôle de bassiste de l’autre.
Dès l’automne 1965, le groupe enregistre quelques démos et joue dans divers lieux, dont le Whisky A Go-Go, où ils seront remarqués en 1966 par la maison de disques Elektra, qui leur fera signer un contrat pour sept albums. Dès lors, le succès arrive. Leur premier opus, The Doors, sort la même année et compte déjà nombre de tubes et de classiques du groupe : The EndBreak on Through (To the Other Side)Light My Fire… Strange Days, leur second album sort l’année suivante mais, déjà,l’ambiance ondule entre hauts et bas, notamment avec ce concert raté de New Haven où Morrison est arrêté après avoir raconté la fameuse anecdote du gaz irritant dont il fut la victime alors qu’il passait du bon temps avec une fille dans les coulisses. Par la suite, mais sans que ce soit réellement lié, Morrison use et abuse de l’alcool et des drogues (LSD en tête). En conséquence, les trois autres membres du groupe engagent Bobby Neuwirth pour le surveiller de près. En 1968 sort Waiting for the Sun et s’ensuit leur toute première tournée européenne. En 1969, c’est The Soft Parade mais aussi et surtout le concert de Miami. Le spectacle commence mal : 12 000 personnes sont là alors que la salle n’est prévue que pour 7 000 spectateurs, Morrison arrive en retard, la tension monte devant et sur la scène… Finalement, interviendra ce moment fatidique où, après avoir invectivé son public, Morrison annonce qu’il va lui montrer son pénis. La question reste : l’a-t-il vraiment fait ? En attendant, cet acte lui vaudra un nouveau tour en compagnie de ces messieurs de la police. Cela n’empêche pas le groupe de continuer son chemin. Ressourcé après ses déboires, Morrison retourne à la poésie et, en 1970, sort Morrison Hotel. Mais Jim est fatigué, usé… L’année suivante sort L.A. Woman, l’ultime album sur lequel figure l’iconique chanteur. Morrison, exilé à Paris avant même la sortie de cet ultime opus, meurt dans la nuit du 2 au 3 Juillet 1971, officiellement d’une crise cardiaque. The Doors lui survit néanmoins et les trois membres restants sortent Other Voices la même année et Full Circle en 1972. Ce sera l’ultime album des Doors, dont la partie chant est désormais partagée entre Krieger et Manzarek. Ce dernier meurt d’un cancer le 20 Mai 2013.

De gauche à droite : Jim Morrison, Robby Krieger, Ray Manzarek et John Densmore

De gauche à droite : Jim Morrison, Robby Krieger, Ray Manzarek et John Densmore

L.A. Woman donc. Comme je l’ai dit plus haut, il sort en 1971 (en Avril pour être précis). Sixième album des Doors, il est produit par les groupe lui-même et par Bruce Botnick en remplacement de Paul A. Rotschild, producteur emblématique du quatuor, qui quitte le navire en Novembre 1970 en raison de désaccords avec le groupe. En dehors des quatre Doors, trois autres musiciens ont participé à l’enregistrement de L.A. Woman : Marc Benno à la guitare rythmique, Jerry Scheff à la basse et enfin John Hanus III (on ne se moque pas) à la guitare également. Dans l’ensemble, l’album se démarque assez nettement de ses prédécesseurs. Si l’on retrouve une ambiance psychédélique et proche de ce qui aura été fait auparavant, on ne peut que sentir les influences blues présentes sur la plupart des morceaux (Cars Hiss by my WindowThe Changeling pour ne citer que ces deux là). A l’origine, l’album compte dix titres :

1- The Changeling
2- Love Her Madly
3- Been Down so Long
4- Cars Hiss by my Window
5- L.A. Woman
6- L’America
7- Hyacinth House
8- Crawling King Snake (reprise de John Lee Hooker)
9- The WASP (Tewas Radio and the Big Beat)
10- Riders on the Storm

En 2007, à l’occasion des 40 ans du groupe, l’intégralité de leur catalogue est réédité et chaque album se voit agrémenté de nouvelles pistes. Pour L.A. Woman, il s’agira de Orange County Suite (un solo a capella de Morrison, auquel sera finalement ajouté une mélodie au piano) et You Need Meat (Don’t Go No Further), une reprise de Willie Dixon. En 2012 enfin, une troisième mouture de l’album est proposée, comprenant des versions alternatives des chansons d’origine ainsi que She Smells so Nice, un morceau 100 % inédit. Voici d’ailleurs la liste des chansons présentes sur cette réédition :

1- The Changeling (alternative)
2- Love Her Madly (alternative)
3- Cars Hiss by my  Window (alternative)
4- L.A. Woman (alternative)
5- The WASP (Texas Radio and the Big Beat) (alternative)
6- Been Down so Long (alternative)
7- Riders on the Storm (alternative)
8- She Smells so Nice
9- Rock Me
Bonus iTunes :
10- L.A. Woman (take 1)
11- Crawling King Snake (rehearsal and studio chatter)
Bonus Amazon :
10- Love Her Madly (take 1)
11- The Changeling (take 9)
Bonus Spotify :
10- The WASP (Texas Radio and the Big Beat) (instrumental)

Et voici maintenant les trois pistes retenues pour cet article.

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Premier titre Love Her Madly
Deuxième morceau de l’album, Love Her Madly est sans aucun doute l’un de mes préférés sur L.A. Woman.. Composé par Robby Krieger, ce morceau est très entraînant, admirablement construit etla voix de Morrison s’y fait, je trouve, remarquable. Si L.A. Woman regorge de pépites, cette chanson-ci se fait une petite place à part car elle s’éloigne un peu des standards du groupe. Tant et si bien que Krieger lui-même confessera trouver ce titre trop commercial pour les Doors. Rien de mieux pourtant pour vous donner la banane. On notera par ailleurs la présence de la basse, mise plus en avant par le jeu de Jerry Scheff. En 2000, les trois derniers Doors reprennent cette chanson en compagnie de Bo Diddley.

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Deuxième titre Cars Hiss by my Window
Quatrième piste de L.A. WomanCars Hiss by my Window tranche énormément par rapport au reste de l’album et même, si on pousse les choses plus loin, par rapport à ce que les Doors avaient pris l’habitude de faire. Sous influence bluesy, cette chanson est finalement à l’opposé d’un Love Her Madly. Là où l’un est vif, l’autre morceau est au contraire posé, calme, voire même plus…sombre dirons-nous. Un concentré de blues assaisonné par le son des Doors, rien de plus jubilatoire.

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Troisième titre : Hyacinth House
Je ne concluerai donc pas cet article sur le monumental Riders on the Storm ou sur l’éponyme L.A. Woman mais bien sur Hyacinth House, sans conteste le morceau qui je préfère par dessus tout sur cet album. Composé cette fois-ci par Ray Manzarek, cette chanson laisse justement une place de choix aux talents d’organiste de ce dernier. Ondulant sans cesse, mélodieux comme il faut, le son de Hyacinth House est une merveille, un anti-dépresseur. Pas à juste titre d’ailleurs quand on voit que la plupart des analyses du morceau y voient l’annonce de pensées suicidaires dans l’esprit de Morrison.

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Bonus track : Riders on the Storm

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5 réflexions sur “Un jour, un album n°9 : L.A. Woman – The Doors

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