Un jour, un album n°8 : The Clash [US Version] – The Clash

Première escapade en zone punk avec ce huitième article estampillé Un Jour, un album. Et pour bien entamer cette (re)découverte qui se poursuivra avec trois ou quatre autres groupes plus tard, quoi de mieux que The Clash, les rois du punk ? Et pour parler du Clash, quoi de mieux que l’album éponyme, leur tout premier ?

The Clash [US Version]

11976, Londres. C’est là que tout commence. Paul Simonon et Mick Jones viennent de lamentablement échouer avec leur premier groupe punk, London SS, dans lequel on retrouvait aussi un Tony James devenu plus tard bassiste du Generation X dans lequel évoluait également Billy Idol. Après l’avoir vu en concert avec son groupe The 101’ers, Simonon et Jones recrutent le chanteur et guitariste Joe Strummer. Les trois piliers du futur Clash seront rapidement rejoints par Keith Levene (également guitariste) et Terry Chimes à la batterie. Car oui, au début, les Clash étaient cinq garçons dans le vent du punk. Bon, il n’en demeure pas moins que les deux derniers ne feront pas long feu dans le groupe. Keith Levene est viré du groupe avant la sortie du premier album, The Clash, sorti en 1977 au Royaume-Uni puis en 1979 aux Etats-Unis. Quant à Terry Chimes, il partira juste après la sortie de celui-ci, remplacé par le populaire Topper Headon.  Le groupe est alors dans sa formation la plus connue : Strummer à la guitare et au chant, Jones à la guitare aussi et régulièrement au chant (sur Should I Stay or Should I Go, c’est bien sa voix), Simonon à la basse et parfois au chant (Guns of Brixton sur l’album London Calling par exemple) et donc Headon à la batterie. Au gré de la progression de leur carrière, la musique des Clash évoluera. Initialement basée sur un son punk inspiré par les précurseurs Ramones et Sex Pistols, le son du groupe tâchera par la suite de se diversifier. Paul Simonon, qui a grandi dans le quartier de Brixton, apportera notamment des sonorités reggae que l’on retrouvera notamment sur Guns of Brixton. Le son funk viendra aussi parfois pointer le bout de son nez avec des titres comme The Magnificient Seven ou Rock the Casbah. Et si leur musique évolue, leur engagement n’en pâtira jamais et les Clash ne cesseront jamais de parler à leur public aussi directement qu’ils le faisaient sur leur premier album. Conflits sociaux, activisme politique, critique du système politique… On considérera d’ailleurs souvent que le mouvement punk n’a soulevé de réels enjeux politiques que parce que The Clash était passé par là.
En 1985, 6 albums plus tard, le groupe se sépare, usé par les tensions permanentes qui avaient fini par briser l’enthousiasme des débuts. Avec le départ de Topper Headon en 1982 (viré à cause de son addiction à l’héroïne, que Strummer jugeait impossible alors qu’il luttait contre ce genre d’addictions), les frictions internes sont à leur paroxysme. Les membres du groupe ne se parlent plus beaucoup, ils s’évitent du regard sur scène comme en dehors… En 1985 sort leur ultime album, Cut the Crap, sur lequel on ne retrouve même plus Mick Jones, pourtant membre fondateur du groupe (cet album sera d’ailleurs renié par l’ensemble des membres du groupes par la suite). La carrière du Clash s’achève après cet ultime opus et une dernière tournée. Dans les années 2000, des rumeurs de reformation circulent mais elles sont éteintes avec le décès de Joe Strummer le 22  Décembre 2002, mort d’une malformation du cœur qu’on ne lui avait jamais diagnostiquée.

De gauche à droite : Topper Headon, Mick Jones, Paul Simonon et Joe Strummer

De gauche à droite : Topper Headon, Mick Jones, Paul Simonon et Joe Strummer

J’aurais pu vous parler de London Calling dans cet article mais je me suis dit que ça ferait trop cliché. La plupart des gens connaissent cet immense album alors autant parler d’un autre. Et cet autre, c’est The Clash, le tout premier album du groupe. J’ai choisi sa version US parce que je la préfère mais pour l’histoire de l’album, je me réfèrerai évidemment à la version UK. La différence entre les deux ne tient qu’aux titres présents mais je reviendrai là-dessus après. Cet album sort alors que les Clash se sont déjà fait un peu connaître en assurant notamment la première partie d’un concert des Sex Pistols en 1976 et au cours de laquelle ils interprètent des titres comme Janies Jones et London’s Burning qui seront tous deux présents sur l’album. D’ailleurs, lors de ce concert était présent le journaliste musical Charles Shaar Murray, qui écrira à leur sujet : « Les Clash sont le genre de groupe de garage qui devrait rapidement retourner dans son garage, de préférence avec la porte fermée et le moteur en marche« . Face à la sympathie de ce monsieur, la bande à Strummer composera Garageland, histoire de lui dire d’aller se faire voir. Fin 1976, le groupe signe chez CBS Records, vire Keith Levene et entre en studio. The Clash sort le 8 Avril 1977. Et sa version « édulcorée » sortira aux Etats-Unis en Juillet 1979. Voilà donc la différence entre UK Version et US Version : les chansons les plus vindicatives ont disparu. Voyez plutôt à travers les morceaux que proposent ces deux versions :

The Clash [UK Version]
1- Janie Jones
2- Remote Control
3- I’m So Bored with the U.S.A.
4- White Riot
5- Hate & War
6- What’s My Name
7- Deny
8- London’s Burning
9- Career Opportunities
10- Cheat
11- Protex Blues
12- Police & Thieves
13- 48 Hours
14- Garageland

The Clash [US Version]
1- Clash City Rockers
2- I’m So Bored with the U.S.A.
3- Remote Control
4- Complete Control
5- White Riot
6- (White Man) In Hammersmith Palais
7- London’s Burning
8- I Fought the Law
9- Janie Jones
10- Career Opportunities
11- What’s My Name
12- Hate & War
13- Police & Thieves
14- Jail Guitar Doors
15- Garageland

Paradoxalement, la version « épurée » américaine de l’album contient finalement une chanson de plus que sa soeur britannique. En traversant l’Atlantique, The Clash perd donc les titres DenyProtex BluesCheat et 48 Hours mais gagneClash City RockersComplete Control(White Man) In Hammersmith PalaisI Fought the Law et enfin Jail Guitar Doors.

Passons aux morceaux choisis pour cet article !

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Premier titre Complete Control
Quatrième chanson présente sur l’album (version US donc, je le rappelle), Complete Control s’inscrit dans le cadre de la signature du groupe chez CBS. Elle y est directement liée en fait. En 1977, le studio sort le single Remote Control sans demander l’avis des membres du groupe qui, jusqu’alors, pensaient avoir une main mise totale sur tout ce qu’ils produisaient. Ils découvrent alors que ce n’est pas le cas et composent et enregistrent Complete Control, dans laquelle ils s’en prennent directement à leur maison de disque tout en en profitant pour tacler certains managers comme Bernie Rhodes (celui des Clash) ou Malcolm McLaren (celui des Sex Pistols).

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Deuxième titre London’s Burning
Septième piste de l’album, London’s Burning est un morceau qui est, je trouve, très bien construit. Parti d’un riff simple et efficace comme le punk savait en faire, ce morceau est là pour fustiger Londres, évoquant notamment l’ennui qui y règne, la trop grande fascination pour une télévision qui vide les rues, les difficultés du trafic en ville, l’inefficacité évidente des services de transports publics. Car oui, être punk ce n’est pas que cracher sur la police/l’armée/le pouvoir/l’autorité. C’est aussi parler de ces choses particulièrement mal foutues qui rendent votre quotidien plutôt nul jusque dans ces plus petits détails. Bref, cette chanson, c’est du 100 % concentré de Clash.

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Troisième titre Career Opportunities
Dixième dans l’ordre des chansons sur l’album, Career Opportunities est sans conteste mon morceau préféré sur The Clash. Vif, prenant, accrocheur, ce titre parle avec une énergie certaine des problèmes du chômage, notamment chez les jeunes. Le plus triste, c’est de voir que ça n’a pas beaucoup changé depuis. En effet, on trouve dans le texte des références aux jobs ingrats que l’on propose aux jeunes chômeurs (« Do you wanna make tea at the BBC ?« ), le recours apparemment inévitable à l’engagement dans les forces de police ou l’armée… Composée en 1977, cete chanson aurait été identique si elle avait été créée aujourd’hui.

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2 réflexions sur “Un jour, un album n°8 : The Clash [US Version] – The Clash

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