Parlons jeu, parlons bien n°14 – Assassin’s Creed IV : Black Flag [Wii U]

1Ça y est, je l’ai fait. Enfin pas entièrement, il me reste deux-trois bricoles à régler mais rien de bien important. Mais en tous cas, j’ai fini Assassin’s Creed IV – Black Flag dans ses grandes largeurs (l’histoire principale, pour ceux qui n’auraient pas saisi l’expression). Et c’est pendant que je rédige cette introduction que le devoir m’appelle. Je reviens…

Voilà, problème réglé, reprenons.

Black Flag donc, je l’attendais avec une envie non-feinte. Quiconque connaît plus ou moins les séries que j’affectionne dans le monde du jeu vidéo sait que, contre vents et marées (c’est le cas de le dire, tiens), j’apprécie la saga Assassin’s Creed. En conséquence, le quatrième volet du canon de l’histoire des Assassins contre les Templiers s’annonçait pour moi comme un bon moment de jeu à venir. Et je vous vois venir avec vos gros sabots à me dire : « Un bon moment de jeu ? Avec un scénario tout pourri qui pue, un gameplay approximatif et des bugs à foison ?« . Et là, avec un entrain que même D’Artagnan n’avait pas, je vous répondrai : « Mais de quoi vous me parlez ?« . Car si je reconnais que les différents épisodes de la série sont inégaux sur le plan scénaristique, il n’empêche que j’ai toujours pris plaisir à suivre ces histoires. Car ce gameplay ne m’a jamais dérangé outre-mesure (si ce n’est à travers quelques menus défauts qui, à quelques petites reprises, ont pu me chagriner un peu). Car enfin je n’ai jamais eu de bugs aussi prononcé que ceux que je vois et lis un peu partout dès que l’on parle de cette licence. Sans déconner, quand j’ai lu tout ce que j’ai lu sur les bugs à répétition d’Assassin’s Creed III par exemple, j’ai eu des doutes énormes. Et quand j’y ai joué… Pas un seul bug ! « Ah les salauds !« , ai-je pensé en regardant défiler le générique de fin. Enfin tout ça pour dire que voilà, j’aime Assassin’s Creed. Du coup, vous me regardez avec ces petits yeux qui sous-entendent que vous doutez d’ores et déjà de mon objectivité. Mais comme vous savez que je suis un mec bien, vous savez également que cet article le sera tout autant.

Edward Kenway dégage une classe certaine

Edward Kenway dégage une classe certaine.

Enfin voilà, après m’être bien bordé, je vais tâcher de vous donner mon avis sur ce denier opus en date de la licence d’Ubisoft. La première chose sur laquelle je reviendrai, c’est le manque de nouveauté de cet opus. Prenons les missions principales par exemple. Cinemax en parlait dans son propre test sur Gameblog : c’est toujours la même chose. Dans 90 % des cas, il faudra suivre quelqu’un de manière discrète et astucieuse afin de découvrir ses vils desseins ou sa cachette ou autre chose. Et évidemment, si vous vous éloignez un peu trop du chemin tout tracé par les développeurs, ça ne marchera pas aussi bien. C’est frustrant, n’est-ce pas ? Plus sérieusement, on ne pourra que noter le manque d’imagination et d’originalité de la trame principale du jeu (dans le cadre des missions qu’on doit accomplir j’entends). Alors on pourrait me rétorquer qu’il y a tout le pan naval de l’aventure d’Edward Kenway. Mais ce n’est pas une nouveauté puisque c’était déjà, dans une moindre mesure, dans Assassin’s Creed III, où le brave Connor bravait déjà les mers sur l’Aquila. Alors c’est vrai, on a poussé la chose un peu plus loin : batailles navales (j’ai kiffé grave), attaques de forts (j’ai un peu moins kiffé), exploration en mer (j’ai assez kiffé)…

Way hay and up she rises / Way hay and up she rises / Way hay and up she rises / Early in the morning

« Way hay and up she rises / Way hay and up she rises / Way hay and up she rises / Early in the morning »

Et puis il y a cette chose, cette épreuve : la plongée sous-marine. Heureusement qu’on ne vous demande de le faire qu’une fois ! Enfin il n’y a qu’une fois où vous n’aurez pas le choix quoi. Parce qu’après, si vous aimez ça, vous pouvez toujours le refaire. Si vous aimez ça… Au fond, j’ai envie de dire que ce n’est pas mon cas parce que c’était mal foutu, pas maniable et tout et tout, mais d’un autre côté je me dis que ce n’est pas aussi catastrophique que j’ai pu le croire en lisant les différents avis sur ce sujet. Si Edward n’est pas le personnage le plus maniable sous l’eau de toute l’histoire du jeu vidéo, il n’en est pas non plus au point de Lara Croft dans le premier Tomb Raider par exemple (quelle calamité celle-là une fois qu’elle a plongé…). Mais non, définitivement, ça ne me donne pas envie de faire les autres missions sous-marines de Black Flag. Plus tard peut-être, avec une bonne dose de courage et d’envie.

Les requins sont parfois beaucoup trop nombreux

Les requins sont parfois beaucoup trop nombreux par rapport aux capacités de nage d’Edward.

Et de fil en aiguille, après avoir évoqué le manque de maniabilité sous les eaux tumultueuses (enfin pas trop) des Caraïbes, j’en arrive au gameplay général du jeu. Formidable enchaînement d’idées que voilà ! Bon, on ne va pas y aller par quatre chemins, là aussi c’est la même recette qu’avant. Il aurait été sympathique de rajouter un petit « sauf que » à ce moment mais non, cette petite nuance n’a pas lieu d’être. Je ne parle évidemment pas du gameplay naval mais bien du gameplay « normal », celui qu’on a toujours eu à utiliser depuis les aventures d’Altaïr. Aucun changement. Jusque dans les défauts de ce dernier, il ne bouge pas d’un iota. Parfois, je cours dans une ruelle et soudain…BAM ! Je suis en haut d’un tas de caisses que je ne voulais absolument pas escalader ! Mais encore ça, ce n’est pas ce qui me gêne le plus. Non car mon caractère plutôt positif me conduit généralement en ces occasions à me dire qu’après tout, je n’ai qu’à voir où ça me mène (si ça se trouve, ça sera plus intéressant/amusant/whatever). Non, là où ça me gonfle, c’est quand je vois Edward, pourtant marin chevronné s’il en est, foncer tête baissée vers une petite embarcation à quai et se rater pour grimper dessus. Tant et si bien que le bougre grimpe puis descend dudit petit bateau, puis regrimpe, puis descend, puis grimpe, puis descend… Enfin vous voyez. Et le petit manège dure ainsi jusqu’à ce qu’on arrive à s’extirper de ce maudit piège sans doute posé là par un vil Templier infiltré dans les locaux d’Ubisoft…

5

Ce n’est pas dans Black Flag que l’exercice du parkour est le plus intéressant.

Mais que voulez-vous, malgré les défauts que j’ai évoqué précédemment, je continue à suivre cette série. Ils n’ont jamais entaché le plaisir que j’ai pu avoir à jouer à ce jeu (et à ses prédécesseurs). Faut dire aussi que je suis bon public. Je ferme les yeux sur ces points qui, pour moi, ne sont que des détails puisqu’ils n’ont jamais atteint chez moi un niveau de chiantitude tel que décrit par d’autres ailleurs sur internet. Et puis j’aime bien cet univers fait de confréries secrètes, de complots, de mecs droits dans leurs bottes et d’opportunistes. C’est quelque chose qui m’a toujours plu. Alors vous pensez bien qui si quelqu’un fait un jeu vidéo sur cette base… Dans Black Flag j’ai néanmoins trouvé que tout cet aspect de la série était un peu moins bien mené. Evidemment, on retrouve notre lot de Templiers et d’Assassins mais ce n’est pas pareil. Sans doute est-ce dû au fait que le personnage d’Edward Kenway ne suit absolument pas la même voie que les précédents Assassins que nous avons pu incarner. Là où Altaïr,  Ezio et Connor embrassaient corps et âme la cause, Edward le suit de loin pour son propre intérêt. C’est à la fois judicieux (c’est un pirate, il est là pour les trésors) et « déstabilisant » dans le sens où on a le sentiment qu’on commence à s’éloigner des intrigues secrètes pour n’en faire plus qu’un élément du decorum général. Mais ça n’empêche pas de livrer une trame générale plutôt sympa. Je dis bien trame générale parce qu’après, c’est assez classique : on avance, on identifie une cible, on la tue, on avance, etc. Mais au-delà de tout ça, comme à chaque fois, c’est surtout le fait de découvrir une autre époque qui m’a séduit. Et puis les pirates, c’est naturellement cool donc forcément… Enfin pour faire simple, j’ai trouvé l’histoire sympa mais sans plus (il lui manquait selon moi un véritable souffle épique). Quant à ce qui est de la méta-histoire, ça suit son cours tranquillement mais on sent tellement qu’on est en plein dans une transition qu’on n’accroche pas trop à ce qu’on voit chez Abstergo, ni même au personnage qu’on y incarne (alors que c’est censé être nous-même). C’est surtout ça le problème scénaristique de Black Flag je pense. C’est un pivot, une transition, un « en attendant ». M’est avis que ce n’est qu’avec Assassin’s Creed V qu’on se lancera vraiment dans une nouvelle phase.

"Ils font voile vers l'enfer !"

« Ils font voile vers l’enfer ! »

Conclusion.

On lit parfois que Black Flag apporte un renouveau à la série. Est-ce vraiment le cas ?
Non, pas vraiment. Black Flag se repose très largement sur les acquis de ses prédécesseurs et n’apporte quasiment rien de neuf, si ce n’est tout ce qui concerne les aspects maritimes. Et encore, il est tout à fait probable que ces éléments là ne seront présents que dans cet épisode.

Toujours les mêmes défauts ?
Oui, toujours les mêmes. On ne change pas une équipe qui gagne. Ainsi, en courrant vous grimperez là où vous ne voulez pas. En grimpant, vous tomberez là où vous ne voulez pas. En vous battant, vous désarmerez un ennemi pour l’achever et finalement mieux frapper l’autre à côté. Et ainsi de suite.

Et en ce qui concerne le portage Wii U, il est bien cette fois ?
Oui et non. Oui parce que le jeu ne souffre en rien d’être posé sur Wii U. Pourquoi serait-ce le cas après tout ? Et non parce que, sur Wii U ou ailleurs, quelle importance ? Vu le rôle du GamePad, autant jouer sur n’importe quelle autre console.

En gros, et pour qu’on ne se méprenne pas sur ce que je pense de ce jeu, je trouve que Black Flag constitue un assez bon jeu. Il est plaisant à suivre, plaisant à regarder, plaisant à jouer. Mais ça reste juste assez bon. Le seul truc c’est que je regrette le manque de progrès comparé à Assassin’s Creed III et même par rapport à Assassin’s Creed II. Ça n’a que très peu évolué depuis la première apparition d’Ezio. Je m’attendais à ce que Black Flag vienne proposer d’autres choses, et surtout des changements pérennes. Mais sans doute était-ce trop tôt. Mais en dehors de ça, mon expérience de jeu n’ayant pas été marquée par de quelconques bugs ou autres gros soucis vraiment rageants, j’ai plutôt pris plaisir à écumer les Caraïbes et j’ai hâte de relancer le jeu pour finir d’explorer toutes ces îles. Et puis, il a la classe Edward.

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12 réflexions sur “Parlons jeu, parlons bien n°14 – Assassin’s Creed IV : Black Flag [Wii U]

  1. Et bien, on a plutôt le même avis pour le coup à la différence prêt que tu as tout de même apprécié le jeu.
    Tu sais maintenant ce que j’en pense, mais s’il y a une chose que je n’ai jamais rencontré dans un AC, c’est bien des bugs. Je ne sais pas trop d’où sortent ces affirmations mais bref.

    En tout cas, il ne reste plus qu’à attendre Unity qui je l’espère me redonnera envie de visiter toutes ces époques si intéressantes 🙂

    • Je l’ai justement rallumé ce matin pour aller faire quelques assassinats et batailles navales et, franchement, j’ai eu du plaisir à le faire, sans même avoir d’objectif précis.

      Les bugs, je crois que c’est comme les illuminatis : on en parle beaucoup mais on n’en voit pas tant que ça. :3
      Plus sérieusement, je connais quelques personnes qui ont eu des phases de jeu pourries par des bugs infernaux (défauts d’affichage, objectif impossible à atteindre, console qui freeze carrément…).

      Quant à Unity, je l’attends énormément aussi. Le hic, c’est que je n’ai ni la PS4, ni la Xbox One, ni les moyens de me payer l’une ou l’autre… x)

  2. De toute façon rien ne presse. Le jour où tu as les moyens et/ou l’envie de t’en acheter une, tu le feras et il sera bien encore temps de profiter du jeu.
    C’est dommage qu’Ubi délaisse la WiiU pour ce genre de jeux mais bon certainement la faute aux ventes de la console.

  3. Je ne l’ai pas encore fait celui-là, j’ai pourtant fait tous les épisodes de la série, mais c’est vrai que comme beaucoup, le 3, m’a refroidit. Je n’ai pas eu de bugs en pagailles, mais quelques uns bien gênants (le héros qui disparaît ds une cinématique, on ne voyait que l’épée bouger xD) et l’histoire de Desmond surfant sur la « fin du monde » :/. Après oui, il y a des phases de jeu intéressantes, comme les batailles navales, et même le système de chasse est intéressant.

    • Le 3 ne m’a absolument pas fait le même effet que la plupart des joueurs puisqu’il s’agissait dans mon cas de mon tout premier Assassin’s Creed. Aussi, là où beaucoup ont dénoncé la relative baisse de qualité par rapport à l’arc Ezio, je suis parti à la découverte et ce que j’y ai trouvé ma plu dans l’ensemble. 🙂

      Cette histoire de fin du monde était un peu capillotracté en effet. La méta-histoire pouvait très facilement amener à quelque chose de plus…cohérent je dirais.

      Quant au gameplay qui t’a plu dans le 3, dis-toi qu’on retrouve le même dans Black Flag mais en mieux (sauf pour la chasse, devenue anecdotique mais quand même utile pour débloquer tout l’attirail d’Edward). 😉

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