Les Gardiens de la Galaxie, James Gunn, 2014

Les Gardiens de la Galaxie, film de super-héros de James Gunn. Avec Chris Pratt, Zoe Saldana, Bradley Cooper, Vin Diesel…
La note du Koala : 4/5

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Ce film est suivi par Les Gardiens de la Galaxie 2 (James Gunn, 2017).
Il s’inscrit dans la Phase 2 de l’Univers Cinématographique Marvel.

Le pitch : Dans l’espace, les cinq individus que sont Peter Quill (C. Pratt) – qui se fait aussi appeler Star-Lord -, Rocket Raccoon (B. Cooper) et son ami Groot (V. Diesel), Gamora (Z. Saldana) et Drax (D. Bautista) n’ont rien en commun. Ils ont même de quoi être adversaires à la base. Pourtant, ils vont tous les cinq être amenés à travailler ensemble pour contrecarrer les plans du vil Ronan (L. Pace) qui, en lien avec Thanos (J. Brolin), veut anéantir la planète Xandar et ses habitants.

La critique : De base, je connais les Avengers, je connais les X-Men et je connais la Ligue des Justiciers. Mais s’il y a une bande de super-héros que je ne connaissais mais alors absolument pas, c’est bien celles de Gardiens de la Galaxie, dont je connaissais à peine le nom avant d’entendre parler de ce film au tout début de son développement par Marvel. Aussi, je me suis rendu au cinéma à la fois excité par l’idée de découvrir de nouveaux héros et dubitatif quant à une éventuelle déception. Qui n’est jamais venue d’ailleurs.

Les Gardiens de la Galaxie compose à la fois autour de l'action et de l'humour.

Les Gardiens de la Galaxie compose à la fois autour de l’action et de l’humour.

Depuis le début de sa Phase 2, on ne le sent que trop bien : l’Univers Cinématographique Marvel (UCM) s’est pas mal enlisé. Enfermé dans un carcan qui fait qu’Iron Man 3 n’était pas si bien que ça, que Thor – Le Monde des Ténèbres était certes mieux que son prédécesseur mais pas non plus impressionnant… Seul Captain America – The Winter Soldier laissait envisager de bonnes choses. Fort heureusement, voilà que James Gunn dégaine ses Gardiens de la Galaxie et donne un grand coup de balai sur un sol qui prenait beaucoup trop la poussière. La mission du réalisateur n’était peut-être pas celle-là mais il l’a fait : il a décrassé cet UCM. Il lui a donné un second souffle plus qu’espéré et bienvenu, le tout en intégrant dans son film plein de petites choses dont le manque pesait incontestablement sur les précédents films de Marvel. Il y a l’humour déjà. Alors oui, Iron Man pourrait être cité pour parler de cela mais, ne nous voilons pas la face, la série centrée sur Tony Stark a perdu en efficacité de ce côté-là, sans doute un raison d’un conventionnement des gags et autres petites phrases drôles dont le playboy milliardaire a le secret. Ici, James Gunn va vers complètement autre chose. Quelque part entre le burlesque, la farce, la comédie américaine classique… Il joue du comique de geste, du comique de situation et distille de l’humour dans les répliques exactement comme il faut : sur la durée, sans insister, avec quelques pointes plus remarquables que d’autres. Gunn accroche ainsi son spectateur à coup de références bien senties et d’une finesse humoristique indéniable, conférant à ses héros et à son film plus généralement une dimension autre que celle des films de super-héros tels qu’on a pris l’habitude de les voir. Là où les Captain America, Iron Man et autres Thor sont mis en scène dans des aventures mettant en avant la gravité de la situation, le sérieux des événements et la grandeur de leur aura, Star-Lord, Rocket, Groot et consorts évoluent dans un univers où le super-héros n’en est même plus uns. Anti-héros au possible, ces cinq-là viennent rappeler que le super-héros peut toujours sortir du cadre dans lequel on a trop souvent tendance à l’enfermer. Je parlais de références juste avant, et il faut souligner que le film en regorge. Véritable hommage aux space-operas qu’on aime, Les Gardiens de la Galaxie repose sur une imagerie et une ambiance digne de ces derniers. On pourra d’ailleurs faire un certain nombre de liens entre ce film et la saga Star Wars, y compris en s’intéressant aux personnages : Star-Lord peut envoyer à Luke Skywalker tandis que Rocket et Groot sont un peu Han Solo et Chewbacca alors que Gamora serait une sorte de Leïa un peu plus badass. Mais on pourrait aussi aller chercher du côté d’Alien ou de Blade Runner et de tout ce qui a construit l’archétype du ciné SF américain des années 1980. Une décennie également mise à l’honneur à travers la bande originale du film qui est au moins aussi bonne qu’elle est impeccablement choisie, toujours dans cette optique d’offrir une oeuvre en décalage avec ce qui se fait habituellement, en particulier dans ce même UCM. Hooked on a FeelingI Want You BackMoonage DaydreamCherry Bomb… Que des tubes qu’on connait tous et qu’on ne s’attendait pas à trouver là. Et pourtant, c’est formidable de les entendre tout le long du film.

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Groot et Rocket assurent une large part du comique du film.

Pour en revenir à des considérations un peu plus classiques, parlons un peu du scénario. Certains le trouvent trop peu riche, d’autres très bon. Pour ma part, je me contenterai simplement de dire qu’il fait le job qu’on attend de lui. A savoir : poser de nouveaux personnages, entamer leur construction, offrir une histoire divertissante et plutôt prenante. L’essentiel avec Les Gardiens de la Galaxie, c’était bien sûr d’introduire cinq nouveaux personnages dans l’UCM, tout en liant l’ensemble à ce qui a été fait avant et en l’insérant dans la continuité des événements. Sur ce plan-là, je n’ai strictement rien à redire. James Gunn arrive à présenter cinq protagonistes tout neufs sans se planter. Evidemment, on ne peut pas avoir de développement ultra-poussé sur chacun d’entre eux, le film ne durant pas six heures. Aussi attendons-nous plutôt à une construction sur le moyen terme, la biographie de Star-Lord et de ses acolytes se construisant sans aucun doute un peu plus à chacune de leurs apparitions. Mais après tout, il faut aussi reconnaître qu’on a ici une base solide qui permet de cerner chacun de ces Gardiens facilement et sans se perdre dans des détails trop vite expédiés. Au-delà de ça, James Gunn a réussi un tour de force en arrivant à mettre l’accent sur ses cinq héros via leurs personnalités respectives, qu’il a très bien composées et illustrées à l’écran. Ainsi, même si l’on découvre les Gardiens de la Galaxie avec ce film, on se les approprie aussitôt grâce à un plan excellemment mené qui consiste à faire en sorte que chacun soit suffisamment particulier pour rester ancré dans les mémoires des spectateurs. Bien joué. Question mise en scène enfin, je trouve qu’à l’instar de Captain America – The Winter Soldier par exemple, Les Gardiens de la Galaxie s’offre une identité propre tout en tirant parti des propositions faites par Avengers. On retrouve alors certaines similitudes dans la construction et dans la photographie. Je pense notamment à cette séquence dans la prison où Rocket et Groot tirent à tout-va sur leurs codétenus et qui m’a irrémédiablement fait penser au passage dans Avengers ou Captain America et Iron Man combattent côté-à-côte dans les rues de New York (vous savez, quand Iron Man tire dans le bouclier de Cap’ et que celui-ci renvoie le rayon sur les ennemis). Au final, cela donne un spectacle bien conçu, fidèle à « l’esprit Marvel » tout en faisant une fois de plus écho au modèle du space-opera.

Certaines séquences du film sont très esthétiques.

Certaines séquences du film sont très esthétiques.

Je terminerai comme toujours par quelques mots sur le casting et, pour cela, je parlerait en premier lieu de Bradley Cooper et de Vin Diesel. Dans le cas de ce dernier, il n’y a rien à dire : le type a été embauché pour dire « I. Am. Groot » (« Je. S’appelle. Groot » en VF). Et c’est tout. Quant à Bradley Cooper, s’il ne fait que prêter sa voix à Rocket Raccoon, il n’en demeure pas moins qu’il le fait très bien. Ayant vu le film en VO, je dois dire qu’il a fait un effort très appréciable pour contribuer à construire la personnalité de ce raton-laveur de l’espace. Il lui donne un ton et une façon de parler qui vont complètement de pair avec sa personnalité. Mais venons en à Chris Pratt, qui a largement attiré les regards avant/pendant/après la promotion du film. Je découvre cet acteur et il faut reconnaître qu’il m’a enthousiasmé. Son jeu colle parfaitement au personnage de Star-Lord et à l’ambiance globale du film. Il joue sur la gestuelle et le phrasé de façon à continuellement créer ce décalage. Si certains lui trouvent un écho à Robert Downey Jr. et à son interprétation de Tony Stark, je pense qu’il n’en est rien. Les deux acteurs se rejoignent certes sur quelques points mais Chris Pratt compose sur une toute autre gamme, beaucoup plus orientée comédie. A l’image du film finalement. Zoe Saldana quant à elle offre une prestation de bonne facture qui se démarque dans des détails tandis que le gros de l’affaire reste assez académique. Elle me rappelle grosso modo ce qu’elle avait déjà fait dans Avatar, à savoir un jeu plutôt sobre mais avec quelques pointes ponctuelles qui permettent au tout de ne pas être trop plat. Un mot enfin sur David Bautista – a.k.a. le catcheur Batista – qui est aussi inattendu dans ce film que surprenant. Savoir qu’un poids lourd de la WWE va incarner un super-héros, c’est assez déroutant au prime abord. Et pourtant ! Bautista apporte la preuve qu’il ne faut pas toujours se fier à ses préjugés. S’il faut concéder le fait que son personnage de Drax n’est pas le plus fin qui soit, il ne faut pour autant pas oublier de noter toutes les subtilités que son interprétation implique. Ce personnage est en effet composé d’une manière assez particulière qui oscille entre la brutalité et un registre plus calme à base d’une sorte de philosophie de comptoir et d’espoir. Et Bautista s’en sort très bien. C’est justement dans ce second registre qu’il montre qu’il ne faut pas se fier aux apparences. Il compose, certes sans grande complexité, mais avec une certaine aisance autour de cet aspect de Drax.

La Phase 2 de l’UCM trouve enfin son grand film avec Les Gardiens de la Galaxie, rôle qui était alors celui du Soldat de l’Hiver. James Gunn réussit à s’intégrer dans ce vaste chantier tout en apportant une touche personnelle très efficace qui vient allègrement saupoudrer tout ceci d’une fantaisie qui ne fait pas de mal. Bien au contraire.

Le « Oh, au fait ! » :
Comme toujours avec les nouveaux projets de Marvel, le casting a donné lieu à un sacré jeu de chaises musicales. Ainsi, nombre d’acteurs et actrices ont été pressentis avant le choix définitif :

  • Pour Star-Lord : Joel Edgerton, Garrett Hedlund, James Marsden, Joseph Gordon-Levitt…
  • Pour Rocket Raccoon : Adam Sandler, Jim Carrey, David Tennant…
  • Pour Gamora : Olivia Wilde, Rachel Nichols…
  • Pour Drax : Jason Momoa, Brian Patrick Wade…

Jason Momoa a postulé pour le rôle de Drax donc mais a finalement refusé afin de ne pas finir catalogué en tant que « brute de service ». Du coup, c’est chez DC qu’on le retrouvera puisqu’il sera Aquaman dans le prochain Batman vs. Superman.

Vin Diesel a non seulement assuré la voix de Groot en version originale mais aussi en français, en russe, en mandarin, en espagnol et en portugais.

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