Parlons jeu, parlons bien n°13 – Fire Emblem : Awakening [3DS]

feawakeningQu’on se le dise : la stratégie ce n’est pas mon truc. Pas que je n’aime pas ça, au contraire, mais échafauder des plans tactiques pour venir à bout d’un ennemi m’a toujours posé problème en quelque sorte. Je n’ai d’ailleurs jamais été un bon joueur d’échecs. Pourtant, il y a eu cette époque où j’accueillais avec grand plaisir Avance Wars sur ma bonne vieille Game Boy Advance. Du tactical déjà malgré mes difficultés dans le genre. Et puis, il y a quelque temps sort le dernier opus en date de la saga Fire Emblem, intitulé Awakening et paru sur 3DS. Il aura fallu du temps pour que je me laisse convaincre mais, les recommandations de mes camarades sur Twitter aidant, j’ai fini par céder. Pour mon plus grand plaisir.

Fire Emblem : Awakening est un jeu qui rentre dans le genre des tactical RPG. Comprenez par là qu’il vous faudra mener des batailles au tour par tour en faisant évoluer différentes unités aux compétences différentes. Chevaliers, cavaliers, soigneurs, magiciens… Il y a en gros tout ce qu’on a l’habitude de trouver dans ces jeux aux ambiances fantasy. Au départ, vous entamez la partie et l’histoire avec seulement quatre combattants : Chrom (prince d’Ylisse et épéiste plus que confirmé), Frederick (grand chevalier doué avec les lances notamment), Lissa (la sœur de Chrom, apte à soigner vos combattants sur le champ de bataille) et enfin…vous-même. Il vous sera en effet proposé avant même de commencer quoi que ce soit de créer votre avatar, un personnage pour lequel vous choisirez une coupe de cheveux, un visage, une voix, son point fort, son point faible… Bref, vous aurez le loisir de faire en sorte qu’il vous ressemble le plus possible. Et c’est déjà une première chose à noter. Avec cet avatar, vous n’incarnez pas un héros lambda dont l’aura ne vous touchera jamais au-delà de ce jeu. Non car c’est bien de vous qu’il s’agit autant que possible. Rien de mieux selon moi pour s’immerger dans un jeu avant même qu’il n’ait commencé. Et cette possibilité de s’identifier au personnage que l’on joue est particulièrement importante étant donnée la tournure que prennent les événements par la suite. En effet, au cours de l’aventure, votre avatar créera des liens avec ses camarades, aura des alliés avec lesquels il se battra mieux, etc. Il y a même quelque passages où vous devrez faire des choix cruciaux mais on regrette qu’il n’y en ait pas plus. Sorti de cela, Fire Emblem : Awakening repose sur les mécaniques classiques du tactical RPG, à savoir des batailles au tour par tour durant lesquelles vous devrez déplacer et faire combattre vos troupes le plus stratégiquement possible, tout en prenant en compte les forces et les faiblesses de chacun. Certains personnages seront, par les armes qu’ils manient, plus forts ou plus faibles face à tel ou tel adversaire. Il faudra aussi, dans certains cas, prendre en considération le type de terrain afin de choisir judicieusement les unités à déployer. Des chevaliers pégases (unités volantes) seront par exemple bienvenus sur des maps à fort relief… Des choses assez simples à prendre en main à vrai dire, ce qui fait tout l’intérêt du jeu. On se retrouve alors bien vite les pieds dans le plat à dézinguer du barbare à tout va. Enfin c’est une façon de parler. L’essentiel c’est qu’on s’y mette vite et qu’on ne se perde pas dans des mécanismes trop complexes. Or, Fire Emblem permet d’éviter cet écueil. Il y aura aussi tout cet aspect de gestion entre les batailles à maîtriser mais, là encore, ce n’est pas bien difficile. Quelques détours par les boutiques pour se ravitailler en armes, pouvoirs et autres potions pour se soigner sur le champ de bataille et le tour est joué. Le tout est d’être prévoyant.

Les ennemis n'ont peut-être pas de pieds mais ils peuvent quand même vous faire mal.

Les ennemis n’ont peut-être pas de pieds mais ils peuvent quand même vous faire mal.

A côté de cela, ce jeu propose quelques petits trucs très sympas comme l’interaction entre les personnages. Celle-ci se fait à deux niveaux. Tout d’abord en dehors des batailles avec la possibilité de faire converser vos combattants les uns avec les autres. Loin d’être anecdotique, cela leur permet de développer des liens de plus en plus fort et, par conséquence, d’être plus efficace lorsqu’ils se battent en duo. Et c’est justement là le deuxième niveau d’interaction. Lors des batailles, vous aurez la possibilité de lier deux de vos guerriers pour qu’ils se battent ensemble. Cela permet au leader des deux de bénéficier d’atouts apportés par son camarade (gains en termes de vitesse, de précision, de force…) tout en vous permettant d’asséner jusqu’à 4 coups au lieu d’un seul sur la tête de votre ennemi ! Et, croyez-moi, c’est loin d’être négligeable dans certaines situations. Enfin, vous aurez aussi la possibilité, grâce à l’expérience, de rendre vos personnages plus fort et, à terme, les faire changer de classe afin de les rendre quasiment imbattables. Pour vous donner une idée à vous qui venez juste d’entamer le jeu, Frederick est déjà dans une classe supérieure (celle de Grand Chevalier). Et vous avez vu à quel point ce type est une machine à tuer ? Même lors des batailles les plus tardives dans le scénario, ce brave garçon est presque indéboulonnable ! Alors imaginez vous avec d’autres personnages passés à des classes supérieures comme lui. Vous voyez le potentiel… Au final, on aura presque l’impression que c’est facile. Mais que nenni ! Déjà, ne vous fiez surtout pas à la simplicité des premières batailles : au fur et à mesure que le scénario avance, vous comprendrez vite que les choses se corsent. Ça ne serait pas drôle sinon. De plus, le jeu propose plusieurs modes de difficulté : normal, difficile, expert et dément. Aussi, vous voilà avec la possibilité de rendre le défi plus relevé. Sans oublier qu’une autre possibilité vous est offerte, à savoir celle de faire revenir ou non les unités tombées au combat. Si vous acceptez ce challenge, mettons que Lon’Zu (vous saurez vite de qui il s’agit) soit battu par un adversaire : vous ne pourrez plus l’utiliser dans les batailles suivantes ! Voilà bien de quoi vous faire réfléchir à deux fois avant de prendre vos décisions, non ? Bref, tout ceci pour vous faire comprendre que non, Fire Emblem : Awakening n’est pas aussi facile que ça. A condition d’y mettre du sien, bien évidemment. Un petit mot enfin sur l’ergonomie générale du jeu, que j’ai trouvée tout à fait appréciable. Les menus sont assez typiques des tacticals classiques et accessibles. On trouve tout ce dont on a besoin très facilement et l’équilibre entre écran supérieur et écran tactile est plutôt bon, ce dernier affichant les stats et la carte tandis que le premier se concentre sur l’action.

L'acran supérieur se concentre sur tout ce qui concerne l'action, le tout avec des graphismes géniaux.

L’écran supérieur se concentre sur tout ce qui concerne l’action, le tout avec des graphismes géniaux.

Pour terminer, je vais revenir assez rapidement sur le scénario. J’évoquais au tout début de cet article le jeu Advance Wars. Ce dernier m’avait marqué à l’époque par l’absence quasi complète d’histoire. Oh, il y avait bien une sombre affaire à régler mais ce n’était qu’un prétexte plutôt qu’un véritable fil rouge. Ici, au contraire, on se retrouve avec une véritable épopée assez complexe sous certains aspects et avec quelques détails plutôt retords mais bien trouvés. On suit avec plaisir toute cette histoire de lutte entre le bien et le mal, le tout agrémenté d’une part de fantaisie bienvenue. Le plus plaisant, c’est encore que lorsque l’on pourrait croire que la fin est là, il n’en est rien. Fire Emblem use de twists permettant de renouveler l’intérêt du joueur même si certains de ces passages sont plus ou moins bien pensés et amenés dans l’histoire. Enfin bref… Il n’en demeure pas moins que tout cela est fort plaisant, d’autant que c’est soutenu par quelques cinématiques dont l’irrégularité de la fréquence n’a d’égale que leur incroyable qualité. Dans une animation digne des meilleurs dessins animés japonais, Fire Emblem : Awakening offre quelques séquences somptueuses, bercées par une musique rondement composée, rappelant ainsi que la 3DS (et la DS avant elle) ont accueilli et accueillent encore des jeux à l’esthétique hautement recommandable. Et c’est sans parler de la 3D, parfaitement calibrée et donnant à ces courtes scènes une profondeur de champ assez phénoménale. La 3D est d’ailleurs d’une qualité tout à fait honorable dans l’intégralité du jeu, que ce soit lors des dialogues ou pendant les batailles.

Voici le rendu exact d'une cinématique de Fire Emblem : Awakening. Avec la 3D et l'animation, c'est encore mieux.

Voici le rendu exact d’une cinématique de Fire Emblem : Awakening. Avec la 3D et l’animation, c’est encore mieux.

Conclusion.

Fire Emblem : Awakening s’inscrit dans une saga aux multiples épisodes. Peut-on quand même profiter de ce jeu sans avoir joué aux opus précédents ?
Oui, absolument. Hormis quelques références à travers le nom des armes (Epée de Roy, Arc d’Innes…), les événements des jeux précédents n’ont aucun incidence sur le déroulement de celui-ci. Non, si vous découvrez Fire Emblem avec ce jeu-là, on ne vous recommandera de jouer aux autres que pour le plaisir de poursuivre l’expérience. Par contre, ce sont des jeux ultra-cotés alors j’espère que vous avez un bon compte en banque…

Est-ce vraiment, comme tout le monde le dit, un essentiel de la 3DS ?
Oui, oui, oui et oui. Je ne vois pas quoi vous dire de plus pour le coup.

Le roi des tactical RPG a donc formidablement bien posé ses bagages sur 3DS, console avec laquelle il compose un épisode des plus agréables à jouer et même à regarder. Fire Emblem : Awakening ne dépoussière peut-être pas le genre (si tant est qu’il ait pu prendre la poussière) mais il contribue sans aucun doute à l’amener plus haut. Essentiel de la 3DS, indispensable même, c’est le genre de jeu qui suffit à vous faire acheter la console qui va avec. Ne pas jouer à Awakening quand on a déjà une 3DS, c’est un peu comme une hérésie, vous voyez ?

PS : L’opus GBA est arrivé aujourd’hui sur l’e-shop de la Wii U. Et il n’est à qu’à 4,89€ pour le moment (avant de repasser à 7,99€). Vous voyez ce qu’il nous reste tous à faire.

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17 réflexions sur “Parlons jeu, parlons bien n°13 – Fire Emblem : Awakening [3DS]

  1. Très bon papier, ça me fait énormément plaisir que tu ais tant aimé !

    Avoir une 3DS sans jamais toucher à ce jeu, c’est un hérésie. Et je l’INTERDIS formellement à tous :3

    • Merci mec ! 🙂

      Je me suis vraiment pris au jeu avec Awakening, ça m’a surpris moi-même. Et puis la plupart des personnages sont vraiment sympas.

      • Le character design est vraiment réussi et l’écriture est bonne donc forcément ça aide bien oui.

    • Arrête, sur 3DS, tu as un paquet de bons jeux à faire !

      A Link Between Worlds, Pokémon X/Y, Luigi’s Mansion 2, Monster Hunter si tu aimes la série, et même OoT 3D et Starfox 64 3D si tu es nostalgique. Et j’en oublie tellement !

      Et merci dude. 🙂

  2. Malheureusement, je vais devoir arrêter de lire ton blog. Je l’adore mais franchement à chaque fois j’y passe, tu me donnes envie d’acheter un jeu. Mon portefeuille n’aime pas trop ça. Je plaisante bien sûr, enfin juste sur le fait que je vais arrêter de lire ton blog.

    Plus sérieusement, je ne sais pas si tu as vu, mais j’ai craqué et j’ai acheté une 3DS XL. Ton article m’a vraiment convaincu et je pense que le prochain jeu que je prendrai sera soit Luigi’s Mansion ou Fire Emblem, comme quoi 😀 Mais ce sera dès que j’aurai terminé Bravely Default, que je te recommande si tu ne l’as pas encore fait.

    • Ha ha ha, on pourrait finir par croire que je suis payé par Nintendo ! (si seulement…)

      Je suis content en tous cas que mes articles te donnent envie de jouer aux jeux dont je parle. 🙂

      Et oui, j’avais vu cet achat de la 3DS XL spéciale Pokémon X/Y. Un investissement pour le long terme, sans nul doute. 😉

      • Je pense qu’on aimerait tous être payé par Nintendo 😀
        Et bien oui, ça témoigne de la qualité de ceux-ci.

        Oui l’investissement vaut le coup. Je ne la lâche plus pour le moment, mes consoles de salon me boudent.

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