Un jour, un album n°7 : The Beatles (White Album) – The Beatles

Choisir de parler d’un seul album des Beatles n’est jamais une mince affaire. On pourrait parler d’Abbey Road, mais dans ce cas pourquoi ne pas parler de Sgt. Peppers Lonely Hearts Club Band ? Ou de Rubber Soul ? Ou de With the Beatles ? Le choix n’est pas simple pour la bonne raison que chaque album des Beatles a son lot d’excellents titres. Certains moins que d’autres mais on trouvera toujours quelque chose de plaisant dans leur discographie. Pour ma part, mon choix est fait.

The Beatles (White Album)

1On ne présente évidemment plus les Beatles mais si je ne le fais pas, je vais faire un article plus court que les autres (dans cette catégorie je veux dire) et ça ne va pas me plaire. Et puis, une petit piqûre de rappel, ça ne fait jamais de mal, n’est-ce pas ? Ce n’est pas bien simple de dire quand le groupe a été fondé. On pourrait par exemple remonter à 1956, quand John Lennon créé son premier groupe, The Quarrymen, recrutant alors Paul McCartney et George Harrison. D’autres choisiront plutôt l’année 1960 ou 1961 (surtout 1960) puisque c’est là que le nom The Beatles apparaît pour la première fois. Quelques irréductibles enfin préféreront parler de 1962, année du recrutement de Ringo Starr à la batterie, en remplacement de Pete Best, qui deviendra alors leader de son propre groupe, le Pete Best Four, puis boulanger et enfin agent de la fonction publique anglaise. Néanmoins, les dates d’existence retenues pour les Beatles sont généralement 1960-1970. Tout le monde le sait, le groupe de Liverpool compte quatre membres : John Lennon, Paul McCartney, George Harrison et Ringo Starr. Quelques artistes auront droit au cours des années au poste de 5ème Beatle (dont Billy Preston, particulièrement présent sur l’album Let it Be). Difficile cependant de dire qui fait quoi dans ce groupe. Evidemment, les rôles sont clairs au départ (John et Paul au chant, John et George aux guitares, Paul à la basse et Ringo à la batterie) mais tout le monde va toucher à tout pendant ces 10 années. Une décennie durant laquelle les Beatles sortiront 13 albums, dont 7 sur la seule période 1963-1966 (la beatlemania, m’voyez ?) à l’issue de laquelle on ne les verra plus en concert d’ailleurs (sauf sur le toit des studios Apple en 1969).  Les Beatles font partie de ces groupes qui ont inspirés divers fantasmes aux fans (la soit-disant mort de Paul et son pseudo-sosie en est un bon exemple) et qui continuent de fasciner malgré leur fin. Mais le fait qu’on ne reverra plus jamais les quatre garçons dans le vent ensemble. John Lennon est mort, comme chacun sait, le 8 Décembre 1980, assassiné par Mark Chapman à New York, événement qui sera porét au cinéma dans Chapitre 27 bien plus tard.. Quant à George Harrison, il nous a quittés le 29 Novembre 2001, emporté par le cancer.

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De gauche à droite : George Harrison, Paul McCartney, John Lennon et Ringo Starr

L’album qui nous concerne est intitulé The Beatles, bien qu’on l’appellera plus souvent White Album, en raison de pochette entièrement blanche et sur laquelle ne figure que le nom du groupe. Sorti en 1968, après un enregistrement qui aura duré près de 7 mois, le White Album constitue selon moi un opus à part dans la discographie des Beatles. Bon en même temps, qu’est-ce qu’être à part au milieu de tous ces albums dont aucun (ou presque) ne ressemble aux autres ? On pourrait en dire autant de Sgt. Peppers ou de Yellow Submarine par exemple. Dans l’histoire des Beatles, cet album restera comme celui où les premières vraies tensions commencent à éclater au sein du groupe, en raison notamment de la présence constante de Yoko Ono en studio. De là à dire qu’à terme, c’est à cause d’elle que le groupe s’est séparé (hum hum)… Il marque également un retour aux sources, les Beatles revenant ici à des sonorités plus classiques après avoir versé dans le psychédélisme de Revolver à Sgt. Peppers. Pour la triste anecdote, c’est cet album qui a inspiré à Charles Manson l’idée de commettre un certain nombre de meurtres afin de faire accuser la population noire. Le gourou voyait en effet dans Helter Skelter et Piggies en particulier un appel au meurtre dans cette optique afin d’empêcher la domination des Noirs sur les Blancs dans un avenir proche. Sa folie le conduira notamment jusqu’à l’assassinat de Sharon Tate, compagne de Roman Polanski, et de l’enfant qu’elle portait.
Mais en dehors de ces bien tristes événements, le White Album demeure un album très agréable à écouter, vivifiant et original. Les Beatles se lancent dans une musique plus « basique » mais en même temps très travaillée. Un travail qui les conduira notamment à s’investir sur des postes qu’ils n’occupaient pas auparavant. Ainsi, Ringo va composer sa première chanson (Don’t Pass me By), Paul va tâter de la guitare et de la batterie, John et George toucheront à la basse et ce dernier affirmera de plus en plus ses talents d’auteur-compositeur, jusqu’alors énormément éclipsé par ceux du duo Lennon-McCartney.

Ce sont pas moins de 30 pistes qui composent ce double-album :

Disque 1 :
1- Back in the U.S.S.R.
2- Dear Prudence
3- Glass Onion
4- Ob-La-Di, Ob-La-Da
5- Wild Honey Pie
6- The Continuing Story of Bungalow Bill
7- While my Guitar Gently Weeps
8- Happiness is a Warm Gun
9- Martha my Dear
10- I’m so Tired
11- Blackbird
12- Piggies
13- Rocky Raccoon
14- Don’t Pass me By
15- Why Don’t We Do It in the Road
16- I Will
17- Julia

Disque 2 :
1- Birthday
2- Yer Blues
3- Mother Nature’s Son
4- Everybody Got Something to Hide Except Me and my Monkey
5- Sexy Sadie
6- Helter Skelter
7- Long, Long, Long
8- Revolution 1
9- Honey Pie
10- Savoy Truffle
11- Cry Baby Cry
12- Revolution 9
13- Good Night

Autant le dire, choisir 3 morceaux n’a pas été aisé. Aussi, je ne peux que vous recommander d’aller écouter cet album dans son intégralité dès que vous en aurez l’occasion.

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Premier titre : Revolution 1
Il n’y a selon moi pas de meilleur morceau dans cet album pour résumer l’envie d’un retour aux sources que Revolution 1. Quoique, on pourrait considérer que Why Don’t We Do It in the Road et Yer Blues pourraient faire l’objet de la même remarque. Enfin le fait est qu’on se retrouve ici avec un pur morceau bluesy, rappelant parfaitement les influences premières des Beatles (en dehors de Chuck Berry). Le blues a toujours été présent en filigrane de leur oeuvre mais ils se décident ici à plonger corps et âme dans ce genre qui est tout de même à l’origine de pas mal de choses, dont le rock. Revolution 1 est une version alternative de la chanson Revolution présente sur le single Hey Jude, sorti en Août 1968. Pourtant, cette version rock n’est pas la première. En réalité, Revolution 1 a été la première enregistrée (d’où son nom finalement) mais McCartney et Harrison estimaient qu’elle n’était pas assez rapide, au détriment des choix opérés par Lennon. Le groupe sorti donc d’abord la version rock avant de laisser cette version blues sortir sur le White Album. A titre personnel, j’ai une grosse préférence pour Revolution 1.

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Deuxième titre : Helter Skelter
Voilà un morceau qui dénote complètement par rapport à ce que les Beatles faisaient en général. Il y a bien eu Revolution ou Back in the U.S.S.R. mais jamais ils n’ont donné un son rock aussi brut. Sauf avec Helter Skelter. Sixième morceau du second disque, cette chanson apporte une sonorité très différente de celles explorées par les Beatles jusqu’alors et fait même office d’ovni au milieu du White Album dont elle est issue. Avec un son beaucoup plus lourd et saturé, les Beatles posent peut-être les bases de ce que sera le punk, né six ans plus tard avec les Ramones. D’ailleurs, leur nom vient du pseudonyme qu’utilisait Paul McCartney au tout début de sa carrière musicale (Paul Ramon). Sur ce titre, c’est John Lennon qui prend la basse tandis que Paul McCartney gère le chant et la guitare. Il existe au moins 18 versions de la chanson (dont une de 27 minutes) et à l’issue de leur enregistrement, Ringo Starr jeta ses baguettes en hurlant « I got blisters on my fingers ! ». Texto, cela signifie « J’ai des ampoules aux doigts ». On entend ce cri à la fin de la version qui fut finalement éditée sur le White Album.

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Troisième titre : While my Guitar Gently Weeps
Septième titre de l’album, While my Guitar Gently Weeps est à mon sens le morceau qui a définitivement assis George Harrison non seulement comme interprète mais également comme auteur-compositeur. Après 44 prises, c’est la 25ème qui sera retenue. Néanmoins, George est encore insatisfait du résultat. Aussi demandera-t-il à son ami Eric Clapton de venir poser un solo sur la chanson, une présence qui viendra par ailleurs au moins un peu apaiser les tensions grandissantes au sein du groupe. Ce n’est que dans les années 1980 que la participation de Clapton fut officiellement reconnue, bien que longtemps supposée (notamment par les spécialistes). La raison réside principalement dans le fait que Clapton était alors sous contrat avec une autre maison de disque. Il vallait donc mieux à ce moment-là que personne ne reconnaisse officiellement qu’il était allé jouer ailleurs. Cela n’empêchera pas Harrison et Clapton de jouer le morceau ensemble à plusieurs reprises, notamment lors du Concert for Bengladesh en 1971.

Il n’y aura pas d’articles la semaine prochaine puisque je pars en vacances (à côté d’Avignon pour ceux que ça intéresse).
Le prochain post devrait donc tomber aux alentours du 4 Août !

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2 réflexions sur “Un jour, un album n°7 : The Beatles (White Album) – The Beatles

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