Albert à l’Ouest, Seth MacFarlane, 2014

Albert à l’Ouest, comédie de et avec Seth MacFarlane. Avec aussi Charlize Theron, Liam Neeson, Giovanni Ribisi, Neil Patrick Harris…
La note du Koala : 2/5

472825.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxLe pitch : Arizona, 1882. L’Ouest sauvage porte bien son nom, ce qui n’est pas vraiment l’idéal quand on est, comme Albert Stark (S. MacFarlane), éleveur de mouton un tantinet trouillard et loser sur les bords. Largué par sa fiancée Louise (A. Seyfried), Albert tente de la reconquérir, notamment avec l’aide d’une nouvelle venue dans le village : Anna (C. Theron). Sauf que la dite Anna n’est autre que la femme du plus dangereux bandit de l’Ouest, Clinch Leatherwood (L. Neeson).

La critique : Seth MacFarlane, je le connais essentiellement de réputation. Je sais qu’il a fait Ted, je connais à peu près Les Griffin, un peu mieux American Dad!. Bref, après avoir vu Albert à l’Ouest, je ne comprends pas comment je n’ai pas pu m’attendre à ce résultat.

On le sait pourtant quand on connait un peu MacFarlane : son humour n’est pas le plus fin qui soit. Pourtant, je me suis laissé « avoir » par la bande annonce de ce que j’ai cru être une comédie tranquille au far west. Dans ce trailer, quelques gags sympathiques, un humour un peu anachronique et divers autres indices laissant présager qu’on va pouvoir se délasser en toute quiétude devant une comédie pas encore familiale mais presque. L’introduction d’Albert à l’Ouest (mention spéciale à la Miss Amérique d’époque) m’a laissé continuer sur cette illusion avant que n’arrive cette scène d’ouverture mettant en jeu ledit Albert dans un duel face à un cowboy farouche. Là, j’ai commencé à avoir des doutes. MacFarlane privilégie le dialogue plus ou moins bien senti (il ne s’en sort cependant pas mal sur ce coup) et l’humour verbal et un peu gras. Bon… Continuons malgré tout cette escapade en terres arides de l’Ouest sauvage. Je vous passe les détails, le but ici n’étant pas de vous dire ce qui était bien ou moins bien (ou plutôt ce qui m’a plu ou moins plu) dans les différentes séquences du film, et je me contenterai de dire qu’Albert à l’Ouest est en fait bien plus dans la veine MacFarlane que ne le laisse penser la bande annonce (en même temps, les bandes annonces de nos jours…). Le souci essentiel réside dans le fait que l’humour se veut parfois potache à l’extrême, ce qui le rend trop imparfait. On peut s’amuser de ce couple formé par Edward et Ruth (Giovanni Ribisi et Sarah Silverman), dont l’originalité est qu’ils veulent réserver leur première relation intime à la nuit de noce alors que Ruth est une prostituée (ce qui ne dérange visiblement pas grand-monde dans leur entourage). C’est un peu gras, potache comme je le disais et ça aurait pu en rester à ce stade. Mais MacFarlane ne semble pas de cet avis et préfère rendre le tout plus épicé. Beaucoup plus. Aussi, il va saler tout cela en usant de répliques franchement trop grivoises. C’était pourtant pas mal au départ alors était-il vraiment nécessaire de donner des répliques du genre (je cite, désolé pour les âmes les plus sensibles) : « Tout dépendra de l’heure à laquelle il voudra fourrer sa queue au fond d’un trou du cul » ? Et encore, seule, elle aurait pu passer toute seule. Mais ce n’est pas le cas. Ceci n’est qu’un exemple parmi d’autres (j’aurais pu vous parler de la diarrhée de Foy…) à côté duquel on soulignera quand même la présence de bonnes idées. Je pense notamment aux Indiens, à leurs répliques et au délire que se tape Albert avec eux ; aux petits gags qui viennent ponctuer le film ; aux personnages plutôt bien sentis et dont le côté parfaitement atypique apporte un vrai plus au film. Le tout aurait été que ça ne tombe pas trop dans l’outrance, ce que Seth MacFarlane ne peut pas s’empêcher de faire. La potacherie : oui. La potacherie sans finesse : non.

L'instant exact où j'ai compris que l'humour n'allait pas être aussi "sage" que dans la bande annonce

L’instant exact où j’ai compris que l’humour n’allait pas être aussi « sage » que dans la bande annonce

Au milieu de cet humour qui se veut parfois très bon, parfois trop peu, on observe un petit scénario sans grande envergure. Assez classique (très classique même), il nous raconte grosso modo l’histoire d’un éleveur de mouton aux allures de loser qui se fait larguer pour mieux tomber dans les bras d’une femme bien plus canon mais qui est malheureusement l’épouse d’un criminel recherché. Il s’agit donc de surmonter tout cela. Disons-le franchement : ça ne casse pas trois pattes à un canard. Mais ça reste divertissant grâce aux idées quelquefois astucieux de Seth MacFarlane, qui arrive plus ou moins à décrasser la machine pour y apporter un second souffle bienvenu mais dont on sent qu’il n’est pas assez puissant pour que ça tourne à plein régime. A défaut d’une intrigue réellement intéressante (mais était-ce là le but de ce film ?), on se retrouve néanmoins avec une histoire somme toute amusante, divertissante et, plus particulièrement, des personnages auxquels on va s’attacher sans problème. Je parlais plus haut du couple Edward-Ruth mais on pourrait également penser plus simplement à Albert, Anna, Foy… MacFarlane a su créer tout un groupe de protagonistes suffisamment originaux pour égayer le spectateur et faire marcher sa comédie autour de ces sept personnalités-là. Des personnalités qui se complètent assez bien d’ailleurs, créant un équilibre acceptable. Peut-être le personnage de Clinch est-il juste trop formaté et n’arrive alors pas à réellement s’intégrer dans cette galerie, au milieu de laquelle il dénote presque. Mais bon, globalement, on apprécie de suivre toute cette bande dans leurs péripéties plus ou moins grandes et plus ou moins intelligentes et c’est déjà là un bon point. Oh et j’allais presque oublier de mentionner un détail savoureux : les caméos. On en dénombre un bon nombre dans le film (d’ailleurs, vous l’avez vu Ewan McGregor vous ?) et certains sont tout ce qu’il y a de plus admirables. Je pense bien évidemment en particulier à celui que l’on découvre avec Albert dans cette grange en pleine nuit. Je n’ose vous en dire plus, histoire de vous laisser la surprise intacte (elle n’en sera que plus délicieuse).

Le couple Edward-Ruth fonctionne bien, en particulier grâce au duo Robisi-Silverman

Le couple Edward-Ruth fonctionne bien grâce au duo Ribisi-Silverman

Quelques derniers mots enfin concernant le casting d’Albert à l’Ouest. Seth MacFarlane s’octroie donc le rôle principal de sa comédie et ne s’en sort pas si mal que ça. Je l’ai trouvé plutôt dans le ton, sans trop en faire, sans chichis. Si son jeu est peut-être un peu dicté par les nécessités du rôle et implique alors quelques passages moins bien calibrés, il reste cependant plutôt égal sur l’ensemble du film, ce qui n’était pas gagné quand on voit le chemin que doit parcourir Albert. Il se retrouve dans nombre de situations invraisemblables qui auraient pu provoquer chez MacFarlane une tendance à adapter son jeu aux scènes et donc à proposer quelque chose de trop différent d’une séquence à l’autre. Fort heureusement, ce n’est pas vraiment le cas. L’avantage sans doute de pouvoir écrire son propre personnage. A ses côtés, Sarah Silverman et Giovanni Ribisi forment une paire de comédiens somme toute assez complète. Ils versent tous les deux dans une forme de naïveté touchante qui rend leurs prestations respectives à la fois amusantes et simples sans être simplistes. Ils s’inscrivent, je crois, dans la lignée des acteurs de comédie les plus illustres et il serait intéressant de les voir évoluer désormais dans des rôles de plus grande ampleur, histoire de leur donner plus de champ. Le duo féminin de tête de cette comédie me laisse en revanche un peu plus dubitatif. Je n’ai par exemple pas franchement apprécié la performance d’Amanda Seyfried, que j’ai trouvée trop rigide et trop inexpressive, un problème quand on joue dans une comédie. Elle aurait à mon avis dû glisser un chouïa plus d’extravagance dans ses allures et expressions, histoire de parfaire le personnage. Quant à Charlize Theron, il m’a semblé qu’elle tâchait de faire au mieux. Cela fonctionne d’ailleurs assez bien sur l’ensemble du film mais reste insuffisant pour être remarquable. Elle arrive à se mettre parfaitement dans le ton lorsqu’il s’agit d’être drôle (et encore, pas toujours) mais cela reste trop ponctuel, son jeu devenant trop classique le reste du temps. Une ultime bafouille enfin pour dire entre trois mots que Liam Neeson en méchant, c’est plaisant mais il aurait fallu que son rôle soit mieux écrit et que Neil Patrick Harris peut largement mieux faire que ça.

Au final, Albert à l’Ouest n’est pas si déplaisant. Une fois qu’on a compris dans quel univers on arrive, on peut s’en accommoder. Mais cette comédie reste trop potache sans être assez fine et sombre parfois dans une vulgarité loin d’être nécessaire. Un bémol important rattrapé par quelques bonne idées et un côté assez attachant chez les personnages. Le casting relève quelque peu le niveau mais on n’est pas non plus certain qu’on ira revoir le film un jour.

Le « Oh, au fait ! » :
Il existe une version novellisée du scénario d’Albert à l’Ouest, écrite par Seth MacFarlane lui-même.

Le train dans lequel saute Albert pour échapper à Clinch et à ses hommes est un véritable train datant des années 1880. Emprunté par la production à un site touristique, il a été spécialement réparé et remis en marche pour le film.

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