Pee-Wee Big Adventure, Tim Burton, 1985

Pee-Wee Big Adventure, comédie de Tim Burton. Avec Paul Reubens, Elizabeth Daily, Mark Holton, Diane Salinger…
La note du Koala : 3/5

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Le pitch : Pee-Wee Herman (P. Reubens) est un homme tout ce qu’il y a de plus original et vous un culte à un objet particulier : son vélo. Aussi, quand ce denier lui est volé alors qu’il fait des emplettes, Pee-Wee est dévasté mais bien décidé à récupérer son précieux véhicule. S’engage alors un road trip jusqu’au Texas, où une voyante lui a affirme que son vélo était enfoui dans les soubassements d’Alamo.

La critique : Cette fois, j’y suis : j’ai vu tous les films de Tim Burton (exception faite des films d’animation). Donc, non, en fait, je n’ai pas vu tous les Burton. Mais c’est tout comme (enfin presque). Disons plutôt que j’ai fait le tour de ses œuvres dites live. Et quoi de mieux que de finir par le commencement ?

Pee-Wee Big Adventure est en effet le premier long métrage du génie Burton. Il est donc d’autant plus intéressant de m’y plonger maintenant que j’ai exploré son univers quasiment de fond en comble. C’est un peu comme si vous cherchiez à savoir comment tout a commencé. Si tout ce travail était acquis dès le départ où s’il est le fruit d’une longue gestation. Enfin, quand vous avez vu Beetlejuice, vous savez bien que Burton a toujours maîtrisé son univers, et ce dès ses premières œuvres. Mais peu importe, il est toujours bon de revenir aux sources. Aussi, me voilà entamant Pee-Wee Big Adventure avec un mélange d’excitation, d’envie et d’impatience. Trois sentiments qui ont finalement laissé place à la stupeur. Sans rire, vous avez vu cette ouverture ? C’est un travail de dingue. « Au sens propre du terme », ajouterais-je si je voulais exagérer. Au prime abord, cette entrée en matière fera quelque peu penser à Mr. Bean, que ce soit dans le look du personnage de Pee-Wee ou dans l’absurdité de l’humour qui accompagne ces premières minutes du film. En fait, c’est presque inquiétant. Et si le premier Tim Burton était aussi le plus barré ? Et s’il l’était trop même ? Ces premiers instants laissent songeur et dubitatif. Je me suis demandé si j’allais accrocher à cette folle ambiance sur le long terme. Mais n’allez pas croire ce que je n’ai pas dit : j’ai trouvé cette ouverture hilarante. Mais j’ai eu peur qu’à la longue tout ceci ne devienne trop lourd. Fort heureusement, les choses se calment par la suite et, quand l’intrigue du film est réellement lancée, l’humour est toujours présent mais se confond mieux avec le reste du long-métrage afin d’offrir un juste équilibre entre ce grain de folie et tous les à-côtés. Mais n’est-ce pas là un léger problème malgré tout ? Burton semble alors avoir balancé la sauce dans l’introduction, glissant de gag en gag, puis avoir calmé le jeu ensuite, quitte à opérer une sorte de rupture relativement brutale entre un départ sur les chapeaux de roues et une suite plus docile. Le problème est alors le suivant : les réfractaires à ce type d’humour se lasseront dès le début du film et n’auront peut-être pas l’indulgence nécessaire pour poursuivre l’aventure. Ils passent alors à côté d’une histoire des plus cocasses. Il aurait sans doute mieux valu mieux organiser tout ceci afin de ne pas perdre une partie des spectateurs dès l’entame.

La relation entre Pee-Wee et son vélo renvoie directement au rapport à l’enfance, que Burton aura traité à plusieurs reprises dans sa carrière.

Pour les courageux qui auront compris qu’il fallait aller plus loin que l’ouverture pour saisir tout l’intérêt du film, l’expérience sera par la suite assez différente. Bien sûr, l’ahurissante absurdité de Pee-Wee et de l’humour qui va avec le personnage en laissera toujours certains pantois. Mais, comme je le disais plus haut, Burton calme les choses dans la suite du film et réussit à mieux équilibrer tout cet univers. L’humour est toujours là mais il se cale assez aisément entre un scénario qui, sans être d’une originalité des plus exemplaires, se veut amusant et l’ambiance déjà très particulière du cinéma burtonien. On va alors retrouver tout ce qu’on aura à décortiquer dans ses films suivants : le rapport à l’enfance, l’isolement dans son petit monde, le gothique un peu (avec l’histoire de Large Marge notamment)… Sans être aussi obscur que le sera Beetlejuice trois ans plus tard ou Batman en 1989, Pee-Wee peut être vu comme celui qui pose les bases du cinéma de Tim Burton, ce dernier distillant avec une facilité hallucinante toutes ses petites touches personnelles dans ce film mettant en scène un personnage qui, pourtant, n’est même pas de lui. Preuve que le cinéaste était déjà tout à fait capable de s’approprier un travail qui n’est pas le sien pour quand même en faire un parfait échantillon de ses talents. Pee-Wee Big Adventure offre alors une sorte de condensé plus ou moins travaillé de ce qui fera le « film type » de Tim Burton au fil des années suivantes. Néanmoins, on lui reprochera d’être construit sur la base d’un scénario dont l’intérêt oscille beaucoup trop mais qui pétille par quelques fulgurances très bien trouvées. L’esthétique globale est en revanche très maîtrisée. Burton a apporté son style à l’univers de Pee-Wee Herman et a réussi à jumeler les deux sans que le contraste ne pose le moindre problème.

Il reste dommage que les premières scènes du film ne soient quasiment conçues que dans le but de montrer le caractère décalé de Pee-Wee. Certains se lasseront déjà.

Il reste dommage que les premières scènes du film ne soient quasiment conçues que dans le but de montrer le caractère décalé de Pee-Wee. Certains se lasseront déjà.

Concernant enfin le casting, on retiendra évidemment en premier lieu la prestation de Paul Reubens. Clairement, il est Pee-Wee. Non seulement il a créé le personnage mais, en plus, il lui a donné toute son identité, que ce soit à travers sa gestuelle, ses expressions ou sa façon de parler. Il réalise un tour de force à mon humble avis en réussissant à donner une telle excentricité sans en devenir lassant. On ne peut plus imaginer qui que ce soit d’autre dans le rôle de Pee-Wee désormais. Paul Reubens est Pee-Wee et Pee-Wee est Paul Reubens. Le deux ne sont qu’un, comme une sorte de schizophrénie. D’ailleurs, lors du générique au début du film, ce n’est pas Paul Reubens qui est crédité mais bien Pee-Wee Herman. Les deux sont indissociables. On ne peut même pas dire qu’ils font la paire puisqu’il ne font qu’un. A ses côtés, le reste de la troupe a bien du mal à se démarquer. Si les prestations de Mark Holton, Diane Salinger ou Elizabeth Daily ne sont pas non plus à oublier, il n’en demeure malheureusement pas moins que l’on n’a d’yeux que pour Paul Reubens et que tous les seconds rôles s’effacent énormément derrière ce dernier.

Avec Pee-Wee Big Adventure, Tim Burton signe finalement un premier film qui fait presque office de manifeste de son cinéma. Il y intègre déjà les ingrédients les plus importants de ses plus fameuses recettes. Alors oui, il y a des défauts, l’histoire n’est pas grandiose et l’humour peut ne pas marcher avec vous, mais Pee-Wee reste une oeuvre fondatrice pour le cinéma burtonien.

Le « Oh, au fait ! » :
A l’origine, Pee-Wee Herman était le personnage principal du spectacle de Paul Reubens The Pee-Wee Herman Show. Le succès aidant, Pee-Wee sera transposé au cinéma puis aura droit à sa propre émission de télé pour enfants Pee-Wee’s Playhouse (1986-1990). Entre temps, une suite aura été donnée au film avec Big Top Pee-Wee, qui ne rencontrera pas le succès de son prédécesseur.

Dans Pee-Wee Big Adventure, un film est réalisé sur les aventures de Pee-Wee (un film dans le film donc). Ce dernier est alors incarné par James Brolin, qui n’est autre que le père de Josh Brolin. A ses côtés, on retrouve Morgan Fairchild, que les fans de Friends connaissent bien puisqu’elle incarnait la mère de Chandler Bing (Matthew Perry) dans la série.

Tim Burton apparaît très furtivement dans le film : il est l’un des voyous qui tentent d’agresser Pee-Wee alors qu’il se rend chez la voyante.

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