Parlons jeu, parlons bien n°6 – Assassin’s Creed [PC]

1C’est après m’être laissé tenter et séduire par Assassin’s Creed III sur Wii U que j’ai décidé de rattraper mon retard sur la série en m’attaquant aux deux premiers épisodes. Et puisque je n’ai ni Xbox 360, ni PS3, c’est sur PC que je me suis lancé dans l’aventure. Comme d’autres, je lisais il y a quelque temps maintenant que Patrice Desilets (le créateur de la série) avait une préférence pour le tout premier Assassin’s Creed. Moi pas. J’avais vraiment hâte de commencer ce jeu. Complètement emballé par les aventures de Connor en Amérique (et je le reste malgré ma prise de recul à son sujet), j’avais envie de découvrir les origines de cette saga, le pourquoi du comment, l’histoire de cette lutte entre les Assassins et les Templiers… Alors j’ai très vite commencé à jouer et, finalement, j’ai un peu déchanté. Explications.

Le Moyen-Age et ses croisades, terreau fertile pour qui veut développer des jeux dans une époque trop peu abordée

Le Moyen-Age et ses croisades, terreau fertile pour qui veut développer des jeux dans une époque trop peu abordée

Déjà, je dois souligner le fait que j’ai beaucoup apprécié l’ambiance. Très feutrée, l’atmosphère a quelque chose de fantastique, de mystique (il doit bien y avoir un mot qui résume mieux ce que je veux dire mais je ne le trouve pas), ce qui est notamment renforcé par le style appliqué dans ce jeu avec ses nuances de gris/bleu, ce côté très brumeux… Rien que le fait de faire se dérouler l’histoire à cette époque très intéressante mais finalement relativement peu abordée dans les divertissements (que ce soit JV ou cinéma) des croisades participe à la construction de cette ambiance.
En revanche, ce qui m’a moins plu, c’est que j’ai mis beaucoup de trop de temps à rentrer dans l’histoire qui est racontée dans ce jeu (et pourtant, je ne suis pas un cerveau lent, qu’on se le dise). Avec Assassin’s Creed III, ça m’avait fait plus ou moins le même coup mais il y avait une différence : même si tout n’était pas clair dès le départ, ça restait tout de même intéressant, dynamique. Or, là, ça plane tranquillement pendant trop longtemps. J’ai le sentiment quand je joue à ce jeu de me laisser gentiment porter par l’histoire, quitte à la survoler, ne m’imprégnant finalement que peu de ce qu’on me raconte et des personnages que je croise. Alors évidemment, les choses qui semblaient bien embrumées au départ s’éclaircissent peu à peu. On découvre les liens entre les personnages, les raisons d’être et les convictions de chacun et cela donne finalement un scénario qui tient la route et qui, je le concède, me fascine. Franchement, l’univers créé par Ubisoft pour cette série est génial. Mais il ne fait que germer avec ce premier épisode qui est finalement comme un pilote d’une série. Un premier jet dans lequel on pose les bases de ce qui deviendra quelque chose de bien plus adroit par la suite.

Cet Assassin's Creed pose les bases fondamentales de la série, dont la fameuse synchronisation en hauteur

Cet Assassin’s Creed pose les bases fondamentales de la série, dont la fameuse synchronisation en hauteur

Et cette sensation de premier jet, de test grandeur nature d’un concept, on la retrouve dans le gameplay. Là encore, Ubi pose des bases et c’est d’autant plus intéressant à observer qu’en ayant joué au 3ème épisode, j’ai pu voir ce que ces embryonnaires idées allaient devenir ensuite. On retrouve donc déjà les mécanismes de base de la série : sélection entre 4 armes, grimper aux tours et autres clochers pour synchroniser, allées et venues dans l’Animus… Tout est là. Mais c’est relativement mal utilisé. Et je ne saurai certainement pas dire pourquoi. N’y connaissant strictement rien en termes de développement de jeu et tout le tralala qui va avec (je suis un joueur, pas un analyste spécialisé), je serais bien incapable de vous dire que c’est éventuellement la faute à un manque de moyens, à une technologie limitée ou à je ne sais quoi d’autre. Non, ce que je vois moi, à travers mes yeux de joueurs, c’est que je grimpe sans cesse à des tours pour synchroniser la map et trouver mes objectifs, que je fais des allers-retours incessants entre Masyaf, Jérusalem, Acre ou encore Damas et que, finalement, d’une séquence à l’autre, je fais quasiment toujours la même chose. Car si on prend un peu de recul, on le voit bien, chaque séquence (je ne vous apprends rien si vous avez joué au jeu) c’est : enquête en plusieurs étapes + assassinat + passage hors de l’Animus. Le renouvellement d’une séquence à l’autre est inexistant. Assassin’s Creed repose donc sur une dynamique simple, reproductible et reproduite d’une séquence à l’autre et sur un gameplay basique (dans le sens où il n’est pas spécialement poussé mais aussi dans le sens où il est la base de ce qui sera développé ensuite).

Les passages dans la peau de Desmond Miles ne sont pas exceptionnels

Les passages dans la peau de Desmond Miles ne sont pas exceptionnels

Cela aurait pu être compensé par les quêtes annexes mais elles aussi constituent les bases de ce à quoi on aura eu droit plus tard. Ramasser des drapeaux, sauver quelques pélerins et autres malheureux… Si elles constituent un objet de jeu plutôt long (il faudra un certain temps avant de trouver tous ces drapeaux quand même), ces petites quêtes ne sont pas prenantes pour un sou. On leur préfèrera le principe posé dans Assassin’s Creed III où certaines missions annexes s’inscrivent dans une continuité certaine (je pense notamment à toutes celles liées au développement du domaine Davenport). Pour résumer ma pensée, je reprendrai cette phrase que Glauktios (@Glauktier) m’a donnée sur Twitter en parlant de l’ambiance (qu’il aime et moi aussi) et du gameplay : « Début de l’humanité, début du gameplay » (début de l’humanité, on se comprend, c’est surtout début des sociétés modernes et tout, et tout…).

Conclusion.

Ce premier Assassin’s Creed est-il vraiment le meilleur de la série ?
Non
, sûrement pas. Evidemment, tout le monde ne sera pas d’accord (et je vais peut-être me faire taper dessus) mais ce tout premier opus de la saga est plus un essai qu’autre chose selon moi, un test lancé auprès des joueurs. Les gars d’Ubisof ont dû se dire : « Bon les mecs, on a un gros concept mais avant de faire un gros gros jeu qui arrache, on va en faire un plus cheap et voir si les gens accrochent quand même ». Pari réussi finalement puisqu’on voit ce qu’est devenu la saga aujourd’hui et à quel point les jeux sont attendus. Et puis ce n’est pas parce que ce n’est pas le meilleur qu’il n’est pas intéressant.

Un(e) joueur(euse) qui a découvert Assassin’s Creed avec le 3ème épisode de la série a-t-il intérêt à jouer à ce jeu ?
Oui, selon moi, il y a tout intérêt à y jouer. Si ce n’est pas forcément essentiel, je conseille quand même en tant que nouveau joueur (je n’ai vraiment découvert la série qu’avec Connor) de jouer à ce jeu pour saisir pleinement toute la trame qui relie les épisodes entre eux. Comme je l’ai dit, ce tout premier Assassin’s Creed pose les bases de la série et, en y jouant, j’ai compris certains éléments mieux qu’en ayant seulement joué à AC III (et ça paraît logique quand on y réfléchit).

Le jeu est-il prenant de A à Z ?
Oui et Non.
Oui car l’histoire et le scénario sont intéressants, voire même fascinants. Mais non car la reproduction perpétuelle des mécanismes d’une séquence à l’autre atténue cette sensation et provoque même une certaine lassitude. J’ai d’ailleurs arrêté d’y jouer pendant quelque temps tant ça me gavait de faire tous ces va-et-vient.

On peut imaginer que la découverte tardive de ce premier opus d’Assassin’s Creed joue sur la perception que j’en ai aujourd’hui. Si j’y avais joué dès sa sortie, je lui aurais sans doute trouver bien plus de qualités. Après tout, je me souviens l’avoir testé sur les consoles de la Fnac (à l’époque où tu pouvais encore tester des jeux sur les consoles à la Fnac…) et l’impression n’avait pas été la même : graphismes ahurissants, map immense, univers resplendissant… Telles étaient les remarques que je me faisais alors. Le temps qui passe et les technologies qui évoluent aidant, ce jeu ne me semble plus aussi grandiose à l’heure des consoles les plus récentes et les plus puissantes. Néanmoins, malgré son côté brouillon, cet Assassin’s Creed n’est pas déplaisant. Répétitif à outrance (plus que ses successeurs, c’est indéniable) mais constituant une base plus que stable pour la saga. Pas le meilleur mais un bon départ qui augure assez bien de la tournure que prendra la série ensuite.

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3 réflexions sur “Parlons jeu, parlons bien n°6 – Assassin’s Creed [PC]

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