Un coup d’œil dans le rétro n°1 – Metal Gear Solid [PS1]

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« Un coup d’œil dans le rétro » sera la rubrique où je vous parlerai de mes expériences plus ou moins récentes sur des jeux qui, eux, ne sont pas si récents que ça par contre. Je n’y parlerai pas forcément que du jeu concerné en lui-même mais aussi de la façon dont je l’ai trouvé si ça en vaut la peine et d’autres petits détails hors du champ du gaming pur et dur. Et pour ouvrir cette nouvelle catégorie d’articles consacrée aux jeux vidéo, quoi de mieux qu’un must de la première Playstation : Metal Gear Solid. Avec la sortie de l’épisode Ground Zeroes sur PS3/4 et Xbox 360/One en Mars dernier, je me suis laissé gagné par la hype…à ma façon.

Comprenez par ce « à ma façon » que c’est en jouant au premier volet de la série MGS que j’ai marqué mon enthousiasme. Un enthousiasme que je comprends assez peu d’ailleurs. Etant donné que je ne savais rien de cette saga, comment ai-je pu à ce point être emballé par les annonces qui ont fait son actu ces derniers temps ? Enfin bref, Metal Gear Solid était de toute façon un jeu que je recherchais depuis un petit moment, considérant qu’il fallait absolument que je m’y essaie. Et, de cash converter en cash converter, de sites d’annonces en sites d’annonces, de vide-greniers en vide-greniers, ma recherche s’est poursuivie pendant près d’un an, en vain. Jusqu’à ce que je trouve enfin ce que je cherche : sur Le Bon Coin, un mec de Limoges (ça tombe bien) vend son exemplaire du jeu. Seulement, il le vend uniquement en lot avec sa PS2 et d’autres jeux. Or, je n’ai ni envie, ni la possibilité d’acheter le lot complet, aussi bon marché soit-il pour le coup (60€ pour la console, 2 manettes et 5 ou 6 jeux). Je contacte tout de même le vendeur afin de déterminer s’il est possible de faire un achat séparé. Réponse négative mais petit espoir cependant quand il me dit que si l’annonce est toujours en ligne quelques semaines après, je pourrai toujours retenter ma chance. Et, finalement, c’est lui-même qui me recontactera : la PS2 et ses jeux ont été vendus… Mais pas MGS ! Ni une, ni deux, je confirme mon intérêt pour le jeu, prépare les 6€ nécessaires et patiente jusqu’au jour fabuleux où le colis arrive enfin chez moi ! Enfin je l’ai ! Enfin je vais pouvoir me faire ma propre idée sur ce jeu considéré comme mythique par nombre de joueurs !

La quête est terminée !

La quête est terminée !

Et quel plaisir de tenir entre mes mains cette fameuse boite. Je suis d’ailleurs ravi de voir que l’ensemble est dans un excellent état. Pour 6€ seulement, j’ai le sentiment d’avoir fait une affaire hors du commun. Le livret est lui aussi très bien conservé, état neuf pour ainsi dire. Avant même de lancer le jeu (et ce n’est pourtant pas l’envie qui me manque) je parcours ledit livret avec plaisir. S’il est regrettable de constater un nombre assez affolant de fautes d’orthographes (des fautes de frappe pour la plupart il me semble), cette lecture reste très utile pour plusieurs raisons. Tout d’abord, elle permet de contextualiser les événements, de comprendre où l’on se situe par rapport aux épisodes Metal Gear et Metal Gear 2 – Solid Snake sortis précédemment. Pour le joueur du XXIème siècle que je suis, ça me permet aussi d’y voir un peu plus clair dans l’ensemble de la chronologie de la saga, épisodes les plus récents inclus (car oui, j’ai révisé tout ça avant de recevoir le jeu). Enfin tout ça pour dire que les modes d’emploi de l’époque, c’était quelque chose. Détaillé, clair, exhaustif, celui-ci n’oublie rien et s’avère être un atout indispensable pour le novice que je suis. A ses côtés ensuite, je découvre les deux disques de jeu, eux aussi en parfait état. Cette première approche étant faite, il ne me reste plus qu’une chose à faire : jouer !

J’entame néanmoins ma tout première session sur Metal Gear Solid avec une petite appréhension qui me renvoie à mon expérience sur Tomb Raider, également sur PS1. Pour dire les choses telles qu’elles sont, j’ai tout bonnement abandonné (au moins temporairement) ce jeu en raison de mon incapacité à me faire à sa rigidité. Lara Croft est assez difficilement maniable et cette impossibilité de me mouvoir comme bon me semble m’a poussé à laisser ce jeu de côté. Aussi, j’espère ne pas subir le même échec ici, d’autant que si le jeu est compatible avec la Dualshock (et donc avec ses sticks, outils bien appréciables), je n’ai pas ladite manette et doit me contenter d’un pad directionnel classique. Mais nous verrons cela plus tard car, pour le moment, je suis absorbé par le briefing de la mission. En effet, de manière facultative, MGS vous propose de suivre tout une séquence qui aura un intérêt certain dans le sens où elle vous permet de savoir les raisons pour lesquelles on vous envoie sur l’île de Shadow Moses, qui vous allez devoir affronter et d’autres informations tout aussi pertinentes. Si c’est un peu longuet, cela permet de ne pas se jeter dans le bain sans savoir où l’on va. De plus, en ne l’intégrant pas carrément au déroulement du jeu et en le proposant uniquement comme une sorte de bonus accessible depuis le menu principal, Hideo Kojima (le papa de la série) s’offre la possibilité d’être le plus complet possible sans créer de longueurs dans le scénario principal. C’est ingénieux, on ne peut que le dire comme ça. Pour autant, des longueurs, on en trouvera quelques unes ingame. Je pense notamment aux nombreuses cinématiques du jeu. Toutes sont relativement pertinentes et permettent de conférer à Metal Gear Solid un fond robuste et une trame travaillée, mais elles sont pour la plupart particulièrement longues. Il ne sera alors pas rare que l’on pose la manette sur ses genoux en attendant que ça se termine. Alors d’un côté, on trouve ça cool parce que ça va assez loin et ça développe un univers conséquent mais, d’un autre côté, on pourra considérer tout ceci comme des pauses forcées. Pas inintéressantes, certes, mais forcées tout de même. Mais allez, à côté de cela, on ne pourra que saluer la qualité scénaristique du jeu. Kojima développe ici des thèmes complexes mais qu’il rend relativement abordables tout en les intégrant à une trame générale bien ficelée, faite de rebondissements et même d’émotion.

La cinématique d'ouverture avec l'hélicopère Hind et Liquid Snake

La cinématique d’ouverture avec l’hélicoptère Hind et Liquid Snake

Mais revenons à ce qui m’inquiétait le plus (niveau contenu, j’étais assez serein grâce à mes lectures sur internet), à savoir le gameplay. Je craignais donc que l’absence de sticks analogiques sur ma manette me pose problème. Mais que nenni, il n’en est rien du tout. A ma grande surprise, ce bon vieux Solid Snake se veut tout à fait maniable, même avec le pavé directionnel classique. D’un coup d’un seul, mon visage s’est très probablement fendu d’un sourire enthousiaste et révélateur de ma confiance désormais grande en ce jeu qui, j’en suis alors sûr, doit devenir un grand moment. Et j’avais vu juste. On ne pourra cependant pas nier qu’avec le pavé directionnel, les mouvements sont parfois un peu complexes et hasardeux. C’est ainsi que je me suis retrouvé à plusieurs reprises (au début en tous cas) en train d’essayer de frapper un mur au lieu d’en coller une à un ennemi. Mais dans l’ensemble, le gameplay est très intéressant et agréable. Pour ceux qui, comme moi, ne connaissent pas bien MGS, sachez que Snake peut s’accroupir, ramper, se plaquer contre des murs et se laisser glisser le long de ces derniers, frapper, tirer, neutraliser ses ennemis en les attrapant par l’arrière… A dire comme ça, cette série d’actions possibles semble banale mais elle est tellement bien utilisée dans le jeu qu’on ne peut qu’apprécier. Il faut savoir déjà que MGS vous amènera à tenter d’aller le moins possible à la rencontre de vos ennemis. Aussi, les techniques pour assommer ces derniers ou tout simplement les éviter seront mises à contribution plus d’une fois. Néanmoins, j’ai trouvé ça un peu complexe à utiliser. Peut-être est-ce dû à mon manque d’expérience en la matière ou alors au jeu, qui serait assez mal calibré sur ce plan (je penche pour la première hypothèse), mais il m’est régulièrement arrivé d’être remarqué par mes ennemis alors que je progressais hors de leur champ de vision pour les surprendre et les assommer. Néanmoins, cela n’a pas nuit plus que ça à mon expérience sur ce jeu et je me suis alors plus concentré sur une évolution dans la discrétion. Ce qui n’a hélas pas permis d’éviter quelques séquences un peu ratées où les coups de feu ont été tirés à tout va. Au-delà de ces questions purement techniques, MGS se révèle également être un jeu prenant dans le sens où sa difficulté est suffisamment calibré pour le rendre difficile sans être hors de portée. Mes game over furent d’ailleurs nombreux lors de certains passages. Mais avec un peu de patience et de la concentration, on arrive tout de même assez simplement au bout du jeu. Reste que Metal Gear Solid voit sa difficulté être très égale sur toute sa durée et évite les écueils qui consistent à rendre certains morceaux trop simples tandis que d’autres seront trop compliqués. Kojima a très bien calculé son coup et a calibré son niveau de difficulté avec une maîtrise certaine. Jouer devient alors plus prenant, plus intéressant et finalement plus enthousiasmant.

En plus des soldats, il faudra aussi vous cacher des caméras

En plus des soldats, il faudra aussi vous cacher des caméras

Enfin, quelques mots sur l’univers du jeu. Ce dernier compte nombre de personnages, certains mis plus en avant que d’autres, comme toujours. Les protagonistes que sont Solid Snake, Meryl, Liquid Snake, Otacon ou encore d’autres membres des « Enfants Terribles » (je pense surtout à Sniper Wolf) sont très bien composés. Ils revêtent chacun une personnalité et un engagement propres qui témoignent du soin apporté à leur écriture. Plus que de simples personnages de jeu vidéo, ces êtres contribuent grandement à dessiner l’univers de MGS et à lui donner un fond que je n’ai pas souvent trouvé ailleurs. Rarement même. Mention spéciale pour Psycho Mantis, un personnage plus torturé et incroyable que n’importe quel autre et qui se pose un peu en synthèse de tous les efforts faits sur la composition des protagonistes du jeu. A côté de cela, les dialogues sont plutôt bien écrits bien qu’ils aillent parfois un peu dans le n’importe quoi en insérant des touches d’humour quelquefois loufoques. Mais ce n’est pas mal venu et cela permet de briser une ambiance qui, à la longue, aurait peut-être fini par devenir trop pesante. Mon seul véritable regret, c’est leur VF que l’on pourrait aisément qualifier de déplorable si l’on n’a pas peur des mots. C’est tellement stéréotypés, tellement cheap… Solid Snake, par sa voix française (donnée par Emmanuel Bonami), ressemble finalement à un de ces héros hyper typés des films d’action américains des années 1980. Son intonation est à la limite du ridicule complet, comme c’est le cas pour Revolver Ocelot ou Liquid Snake… Et je ne vous parle pas des trop nombreuses fautes que l’on trouvera dans les sous-titres !

C’est donc ainsi que, 16 après sa sortie initiale, je découvre Metal Gear Solid. On m’a toujours présenté ce jeu comme un incontournable, le tout enrobé de louanges plus que flatteuses. Un mythe presque. Et vous n’aviez pas tort, vous qui m’avez vendu du rêve avec vos souvenirs enchantés. Le jeu a en plus assez bien vieilli et reste encore aujourd’hui assez agréable à l’œil malgré des graphismes assez cubiques. Faisant preuve d’un maîtrise synonyme d’un soin particulier apporté à sa conception, MGS est effectivement un incontournable de la PS1 et un pilier du genre. Maintenant, je regrette de ne pas pouvoir jouer à sa suite immédiatement. J’aurais peut-être dû la prendre cette PS2 finalement…

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2 réflexions sur “Un coup d’œil dans le rétro n°1 – Metal Gear Solid [PS1]

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