Note de lecture n°6 – « Assassin’s Creed – La Croisade Secrète », Oliver Bowden

Une fois n’est pas coutume avec Assassin’s Creed, je m’y prends dans le désordre. J’avais entamé cette saga vidéoludique avec Assassin’s Creed III puis avait joué au premier et à ses suites. Avec les romans tirés de cet univers, je reproduis le même schéma et, après avoir lu Assassin’s Creed – Forsaken, me voilà à terminer les ultimes pages de La Croisade Secrète, troisième roman de la série d’Oliver Bowden mais également le premier si l’on se tient à l’ordre chronologique des événements.

72754522

Le titre intégral de ce livre est en fait le suivant : Assassin’s Creed : La Croisade Secrète – L’Histoire Secrète d’Altaïr, le Maître Assassin. Mais c’est un peu long alors j’ai préféré faire court ici. Néanmoins, ce titre de six pieds de long a un avantage qui est de nous faire comprendre d’office de quoi il s’agira ici. La Croisade Secrète se penche sur Altaïr, sans doute l’un des Assassins de la série les plus appréciés et les plus charismatiques. Altaïr était le héros du premier jeu de la franchise d’Ubisoft et est depuis resté dans les mémoires des joueurs et des fans. Sans doute constitue-t-il une sorte d’emblème pour qui s’intéresse à Assassin’s Creed, celui qui symbolise le mieux le fameux Crédo des Assassins. La Croisade Secrète vient donc compléter l’approche du personnage qu’on aura déjà entamée au jeu dont il est le principal protagoniste. Je dis bien compléter car, si le livre reprend les événements dudit jeu dans sa trame narrative, il apporte également de nouvelles informations concernant la jeunesse d’Altaïr ainsi que sa vie après son ultime combat dans le jeu. Ainsi, à l’instar d’un Assassin’s Creed – Forsaken, ce roman vient enrichir notre connaissance d’un personnage fort de la saga. A la différence près qu’Altaïr est bien le héros du jeu dont il est tiré, contrairement à Haytham Kenway. L’ouvrage se compose alors d’un prologue, de 58 chapitres et d’un épilogue répartis en quatre parties sans titres. Le fil rouge du livre nous invite à suivre l’histoire d’Altaïr des événements dans le Temple de Salomon qui ont précipité sa disgrâce aux yeux d’Al Mualim (le Maître des Assassins d’alors) à ses vieux jours (l’histoire se termine vers ses 80 ans). Cependant, ce récit est entrecoupé de plusieurs passages qui nous relatent sa jeunesse au sein de l’Ordre, de passages du journal de Niccolò Polo* (car c’est à travers lui que nous prenons connaissance de cette épopée) et enfin d’un prologue et d’un épilogue qui mettent en scène un autre personnage fort de la saga et qui lie alors ce roman aux autres. En fait, je pense que l’on peut dire de La Croisade Secrète que c’est un ouvrage assez riche pour qui s’intéresse à cette série et à ce personnage.
*Niccolò Polo apparaît d’ailleurs dans le jeu Assassin’s Creed – Revelations. Il est le père de Marco Polo.

Niccolo Polo (ici face à Ezio dans Assassin's Creed - Revelations) est le véritable narrateur de cette histoire

Niccolò Polo (ici face à Altaïr dans Assassin’s Creed – Revelations) est donc le véritable narrateur de cette histoire

Néanmoins, aussi intéressé que je l’ai été au cours de ma lecture, je ne peux m’empêcher de relever quelques éléments qui m’ont gêné. A commencer par la répétitivité de l’histoire. Le jeu à l’origine de ce roman a notamment été critiqué pour ce même défaut. En effet, il s’agissait de faire de multiples allers et retours pour réaliser des missions toutes particulièrement semblables, entraînant le joueur dans une routine que le lecteur ne peut que connaître désormais. En effet, puisqu’il reprend la trame scénaristique du jeu, Oliver Bowden n’a pu éviter cette répétitivité dans les événements et ce n’est qu’à partir de la troisième partie (quand on en a fini avec le récit tiré directement du jeu et que l’on entre dans des choses inédites) que tout ceci devient plus emballant. D’autant que l’auteur a réussi alors à proposer une narration plus agréable, moins mécanique et finalement plus fluide. En s’aventurant dans une page de l’histoire d’Altaïr qu’on l’a chargé d’écrire, Oliver Bowden a pu se dégager des contraintes imposées par l’adaptation du scénario du jeu en roman pour proposer quelque chose de mieux agencé. Le rythme n’est plus tout à fait le même, les enjeux non plus et l’intérêt du lecteur grandit à mesure qu’il tourne les pages. Mais cette fois, si l’on trouve de la répétitivité, ce n’est plus dans les événements et péripéties qui font l’histoire mais bien dans le texte en lui-même. Est-ce la faute de l’auteur ou celle du traducteur ? J’avoue ne pas être en mesure de le déterminer. Mais le fait est que certaines expressions, certains mots sont omniprésents et parfois utilisés coup sur coup. Cela a malheureusement l’effet de toute répétition : le rythme est coupé, le style affaibli, l’agacement presque là. Je pense qu’on tient là le plus gros défaut de ce roman, une faiblesse que je n’avais pas constatée dans Forsaken et que je n’espère pas retrouver dans Renaissance, le prochain roman de la série sur ma liste.

Altaïr et sa vaine tentative d’assassinat sur Robert de Sablé, point de départ du récit

Pour autant, La Croisade Secrète demeure une lecture plaisante. Contrairement à Forsaken, elle présente l’avantage de ne pas avoir nécessairement besoin de s’y connaître en matière d’Assassin’s Creed pour profiter de l’histoire et se pose en une oeuvre qui se suffit à elle-même, d’autant qu’elle apporte toutes les clés nécessaires pour comprendre la lutte qui oppose Assassins et Templiers dans cet univers. On pourrait même aller jusqu’à recommander ce livre comme une bonne entrée en matière pour ceux qui veulent se pencher sur la saga d’Ubisoft sans avoir à jouer au premier Assassin’s Creed. Oliver Bowden apporte ici tout ce qui faisait l’intrigue de ce jeu tout en y ajoutant divers événements et éléments qui l’enrichissent. Ainsi, fans et néophytes pourront aussi bien profiter de ce roman d’aventure. Dans l’ensemble d’ailleurs, cette épopée est plutôt prenante. Je le disais, la répétitivité des deux premières parties (calquées sur le déroulement du jeu donc) impose un rythme trop mécanique pour être véritablement saisissant, mais il n’en demeure pas moins que la plume d’Oliver Bowden permet relativement d’alléger cela grâce à quelques digressions qui viennent aérer un peu un récit trop étriqué dans cette première moitié. La seconde moitié (troisième et quatrième parties) se veut en revanche plus intéressante, plus captivante même. D’aventure en aventure, Altaïr parcours la Méditerranée orientale, se rend à Chypre et y poursuit sa lutte contre les Templiers. Bowden réussit ici à proposer un récit assez original, fidèle au matériau d’origine et apte à emmener le lecteur vers d’autres choses dont une romance qu’on reconnaîtra cependant assez inégale sur la longueur.

Une rencontre de peu d'importance dans le jeu mais fondamentale dans le roman

Une rencontre de peu d’importance dans le jeu mais fondamentale dans le roman

La Croisade Secrète n’est donc probablement pas le meilleur roman de la série. Je ne peux cependant pas nier qu’une part certaine de subjectivité se glisse dans ce constat (je n’avais pas trop aimé le premier Assassin’s Creed) et je n’oublie évidemment pas qu’il me reste encore plusieurs volumes à lire avant de pouvoir définitivement considérer celui-ci comme le moins bon. Cet ouvrage nous emporte toutefois dans son univers, dont il pose les bases les plus solides, et arrive à offrir un récit qui, sans être simpliste, reste accessible pour n’importe qui. J’ai hâte désormais de me lancer dans Assassin’s Creed – Renaissance, toujours d’Oliver Bowden mais avec Ezio Auditore en héros.

Assassin’s Creed – La Croisade Secrète, Oliver Bowden, Editions Milady, 476 pages (8,20€).

Publicités

2 réflexions sur “Note de lecture n°6 – « Assassin’s Creed – La Croisade Secrète », Oliver Bowden

  1. Pingback: Note de lecture n°17 – « Assassin’s Creed : Renaissance , Oliver Bowden | «Dans mon Eucalyptus perché

  2. Pingback: Note de lecture n°24 – « Assassin’s Creed : Black Flag », Oliver Bowden | Dans mon Eucalyptus perché

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s