Pop Redemption, Martin Le Gall, 2013

Pop Redemption, comédie de Martin Le Gall. Avec Julien Doré, Grégory Gadebois, Audrey Fleurot, Alexandre Astier…
La note du Koala : 2/5

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Le pitch : Les Dead Makabés sont un groupe de black metal composés de quatre trentenaires dont trois veulent tout arrêter tandis que leur chanteur (J. Doré) se démène pour les emmener jouer au Hellfest. Lorsque leur participation au fameux festival est confirmée, les quatre compères prennent la route mais, en chemin, les événements vont les conduire à se retrouver en cavale.

La critiquePop Redemption, c’était un peu une curiosité. Un film mettant en scène un groupe de black metal, ce n’est pas banal. Et mettre Julien Doré dans le rôle du chanteur, ça l’est encore moins. Il fallait que je me fasse une idée.

Je crois que, sur le papier, le film de Martin Le Gall est bourré de bonnes intentions. Il a envie de faire une comédie sympathique, sans trop de prétentions. Un film qui délasse sans trop se prendre au sérieux. Le hic, c’est qu’il finit par réellement se prendre au sérieux. Dès lors, ce qui devait être une gentille petite comédie tente de se faire plus grosse que le bœuf. Mais souvenez-vous que dans la fable de La Fontaine, la grenouille finit par éclater. C’est hélas ce qui va arriver à cette comédie qui, après un départ en demi-teinte, finit par se vautrer assez radicalement. Qu’on se comprenne, les personnages sont assez sympathiques (exception faite de celui de Julien Doré, chanteur insupportable, voire détestable), le pitch mignon, les péripéties sans grande envergure mais relativement amusantes… Mais le tout est tellement mal agencé que ça en finit par devenir n’importe quoi. Alors on se laisse porter par ce récit mais on ne peut pas s’empêcher de se rendre compte des défauts de ce dernier. On sourit parfois à quelques gags classiques et éculés mais on sent bien le manque profond d’originalité dont fait preuve ici Martin Le Gall. Il fait une comédie classique, avec des thèmes classiques. De plus, il assaisonne cela d’une mise en scène qui se veut travaillée (on sent cette envie par certains effets plus ou moins bien calculés) mais qui souffre tout autant de ce manque d’originalité. A trop vouloir se démarquer, Le Gall rend presque un brouillon, tant dans le fond que dans la forme.

Les dissensions au sein du groupe constituent une part importante du scénario mais le tout est assez mal mis en scène

Les dissensions au sein du groupe constituent une part importante du scénario mais le tout est assez mal mis en scène

Mais je crois que ce qui m’a exaspéré au plus haut point pendant ce film, c’est l’inégal traitement des personnages. On aura parfois de l’empathie pour eux et puis, à d’autres moments, leur histoire nous sera complètement égale. Même eux ne sont pas constants dans leur fond. Prenons le personnage incarné par Grégory Gadebois (sans doute le plus intéressant du film, si je puis dire). Si ce JP est sans conteste le protagoniste le plus attachant du lot, il n’est pas épargné par cette inconstance. Un coup il veut tout arrêter, un coup il veut continuer. Un coup le groupe et le rock lui sortent par tout les trous, un coup c’est sa raison de vivre. Il faut faire des choix, chose trop rarement faite dans ce film. Martin Le Gall ne semble pas savoir où il veut aller et ça n’épargne rien, ni personne dans le scénario. Tout juste le tout sera sauvé par un Alexandre Astier toujours aussi agréable à voir évoluer et son personnage de flic complètement nerveux ou par les délicates apparitions d’Audrey Fleurot mais ces points là ne sont que trop ponctuels pour permettre à la chétive barque que voilà de se remettre à flot pour de bon.

Les Beatles constituent LA référence pop du film. Un catalogue plus varié aurait été le bienvenu.

Les Beatles constituent LA référence pop du film. Un catalogue plus varié aurait été le bienvenu.

Après, côté casting, c’est tout l’un tout l’autre là aussi. Par exemple, Audrey Fleurot et Alexandre Astier ne sont pas mal, je le disais juste avant. Mais à côté d’eux, il y a par exemple Julien Doré qui ne présente franchement aucun intérêt ici. Il ne joue pas bien, se contente de trois ou quatre expressions du visage, récite son texte comme s’il n’en avait rien à faire. Si Jonathan Cohen et Yacine Belhousse sont un chouïa plus intéressants, il n’en demeure pas moins très en retrait. Leurs personnages auraient pourtant dû leur permettre de s’afficher plus en avant mais rien n’y fait. Il n’y a finalement que Grégory Gadebois qui tire à peu près son épingle d’un jeu qui s’est au final avéré particulièrement compliqué. Mais ça ne sera pas suffisant pour sauver l’affaire.

Pop Redemption était donc une curiosité, une de celles vers lesquelles on va pour enfin avoir le fin mot de l’histoire mais dont on préférerait ne pas y avoir touché. Cette comédie se veut pleine de bonnes intentions encore une fois et on le sent mais la chose et si mal maîtrisée que le tout retombe durement comme un soufflé.

Le « Oh, au fait ! » :
La scène où les Dead Makabés jouent au Hellfest a réellement été tournée lors du festival. C’était en 2012, juste après le passage des Guns N’ Roses sur la même scène.

Julien Doré, Yacine Belhousse, Grégory Gadebois et Jonathan Cohen ont tous les quatre été coachés par Steeve Petit, auteur-compositeur du groupe de death metal Zuul FX.

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