« The Walking Dead » – Saison 1 : debout les morts !

Parce qu’il n’est jamais trop tard, j’ai regardé la première saison de The Walking Dead (la série donc) avec presque trois ans de retard. Après tout, vu que j’ai commencé à lire les comics avec 10 ans de retard, je ne suis plus à ça près. Enfin bref, cela ne m’empêche pas d’avoir un avis !

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Il faut bien dire que sans les fans qui se trouvent un peu partout sur internet, je ne serais probablement jamais allé vers cette série (tant au format BD qu’au format TV d’ailleurs, en attendant le format JV que je n’ai pas encore abordé). Qu’on se comprenne bien, j’ai tellement été dégoûté par quelques nanars zombiesques télévisés que tout ce qui approchait d’un univers où des zombies pullulaient ne m’attirait pas/plus depuis longtemps. Mais alors pas du tout. Et puis comme tout le monde parlait de l’oeuvre du duo Kirkman/Moore (devenu Kirkman/Adlard), je me suis penché sur le sujet, histoire de ne pas jouer les hermétiques comme d’autres le font un peu trop en estimant détenir la Vérité. D’autant que mon attention a été captée par tout cela au moment où je commençais à découvrir (un peu comme tout le monde) tout ce qui concernait le jeu d’Ubisoft édité sur Wii U : ZombiU. Enfin tout ça pour dire que ça a été un cheminement progressif. D’abord les avis des autres, puis ZombiU qui commence à me réconcilier avec nos amis morts-vivants, puis la BD (qui finit de me réconcilier avec eux) et enfin la série.

Au-delà de l’adaptation à proprement parler, il y a un truc qui m’a fait envie avec cette série : Frank Darabont ! C’est quand même me gars qui a (notamment) fait La Ligne Verte et Les Evadés (ce qui lui vaut naturellement mon respect éternel). Avec ce type derrière la caméra, j’en attendais beaucoup ! Et j’ai été servi, il faut l’avouer. Darabont, même s’il n’est pas toujours à la réalisation, apporte indéniablement un quelque chose en plus. Il donne un côté très ciné à la série et, finalement, cette première saison se regarde comme un long film qu’on aurait coupé en plusieurs morceaux. Il y a une continuité que j’aime beaucoup. Là où les séries ont tendance à composer sur la méthode du « 1 épisode = 1 histoire » (avec un fil conducteur quand même, faut pas exagérer), The Walking Dead va plus loin et s’organise plutôt sur un modèle « 1 saison = 1 histoire ». En tous cas c’est l’idée que je m’en fais en n’ayant vu qu’une seule saison mais je ne doute pas (du moins je l’espère) qu’avec plusieurs saisons derrière moi je pourrai parler de « 1 série = 1 histoire ». Bref, tout ça pour dire que j’apprécie énormément ce sentiment de continuité très prononcée qu’on a dans cette série. Un sentiment que j’ai eu en lisant les comics et qui, je le pense vraiment, fait partie de tout l’intérêt qu’on peut leur porter. S’ils se divisent en plusieurs grandes phases scénaristiques, il n’en demeure pas moins que les ouvrages originaux suivent un un schéma continu et, arrivé au 19ème tome, l’influence des 18 précédents est toujours là. J’espère que la version télévisée des aventures de Rick et de son groupe de survivants reprendra le même schéma (non, je n’ai toujours pas vu les saisons 2, 3 et 4 et ça explique que je n’en sais rien).

Don't dead, open inside ?

« Don’t dead, open inside » ?

Ensuite, concernant la réalisation, je la trouve particulièrement soignée. Il y a bien deux ou trois trucs qui me chiffonnent (quelques passages un peu trop faciles quoi) mais ce n’est pas grand-chose. Dans l’ensemble il y a une grande fluidité et tout s’écoule comme ça, avec simplicité. Il y a bien ces flash-backs qui, selon moi, cassent le rythme (je n’aime pas les flash-backs quand il n’y en a pas besoin, ou quand on aurait pu dire ce qu’ils racontent à un autre moment…) mais vu qu’ils sont finalement peu nombreux, ce n’est pas un énorme problème. Non, franchement, je ne suis pas déçu. Darabont apporte indéniablement son expérience de cinéaste et permet à sa série de sortir du cadre ô combien formaté des séries télé. Comme je l’ai dit, ça me fait plus penser à un long film en plusieurs parties qu’à une série. Le travail réalisé sur l’esthétique générale de cette saison est très intéressant. Je parle ici de manière globale et inclus donc dans cette même remarque les décors, les plans, les jeux de lumière, et tout, et tout… On ne pourra pas nier que la série s’éloigne un peu de l’esthétique donnée aux comics (dans l’idéal, il aurait même fallu la tourner en noir et blanc) mais je trouve qu’elle apporte dans sa construction et dans son style/son aspect, une certaine brutalité sans doute liée au fait qu’on y trouve un certain réalisme. En fait, j’ai le sentiment qu’on a construit cette saison 1 de façon à ce que le spectateur soit inclus dans les événements et leur déroulement, ce qui expliquerait certains plans au plus près de l’action et d’autres procédés qui jouent directement sur le spectateur. The Walkind Dead est une série qui se veut éprouvante (dans une certaine mesure cependant) pour celui qui la regarde. Le spectateur n’est plus que dans l’observation, il doit ressentir, se sentir concerné…

Rick (le flic), personnage principal des comics et de la série, entouré (de gauche à droite) par Daryl Dixon, T-Dog et Glenn

Rick (le flic), personnage principal des comics et de la série, entouré (de gauche à droite) par Daryl Dixon, T-Dog et Glenn

Après, côté scénario, il y a toujours cette fameuse question de savoir si l’adaptation est bonne. Car quand on parle d’une série ou d’un film tiré d’autre chose, c’est toujours la première chose qu’on regarde non ? Bon, de mon point de vue, tout va bien de ce côté là. J’ai retrouvé les événements majeurs des comics, ceux-là mêmes qui donnent toute son intensité à l’histoire au format papier. A côté de cela, il y a les ajouts. Mais si, vous savez, ces petits ajouts qui viennent toujours mettre le boxon entre les fanboys qui refusent qu’on dérive d’une virgule et ceux qui, finalement, s’en accommodent. Là, franchement, on peut s’y faire. Les différents « plus » qu’apporte la série (les latinos en ville, les frères Dixon, le CDC en toute fin de saison…) ne sont pas gênants du tout. Au contraire, je trouve que ça enrichit un peu l’histoire qui tourne parfois un peu en rond dans les bouquins. Prenons les frangins Dixon par exemple. Avec eux, on a deux fortes têtes, ce dont manquent les livres. Ils apportent de l’énergie, du dynamisme au groupe de survivants (en bien ou en mal d’ailleurs). En fait, ils sont un gage de mise en action de tout ça alors que ça reste plutôt statique dans les comics, seul Rick y étant amené à faire les choix qui conduiront à un peu de mouvement. Ils permettent de plus à la série de s’adapter au format TV, qui n’aurait peut-être pas pardonné un surplus de dialogues (omniprésents à l’origine).

Dépassons les préjugés, les zombies sont nos amis

Dépassons les préjugés, les zombies sont nos amis pour la vie. Enfin, façon de parler…

Enfin, concernant l’équipe d’acteurs que l’on découvre avec cette série, je suis un peu plus en hésitation. Si le cast est, dans l’ensemble, bon, on ne pourra pas nier que certains de ses membres sont un peu en dessous. Commençons par ceux que j’apprécie le plus. Andrew Lincoln tout d’abord est un Rick tel que je souhaitais l’avoir. Avec une certaine justesse, il arrive à osciller entre l’émotion que le personnage procure dans ces premiers instants de la saga et la froideur qu’il exprime lorsqu’il s’agit de monter des plans et de dégommer du zombie. Il apporte un fond humain au personnage qui est des plus importants dans le construction de ce dernier. Sans trop de chichis, il réussit à le rendre vrai et proche du spectateur. A ses côtés, Norman Reedus est sans conteste la révélation principale de la série. Il y incarne Daryl Dixon, personnage inédit dans l’univers Walking Dead (au sens large). Je disais plus haut que ce protagoniste permettait d’insuffler à la série un dynamisme qui lui manquait parfois dans les comics. Nul doute que la prestation de Reedus n’y est pas pour rien car ce dynamisme se retrouve dans son jeu. L’acteur semble ne pas tenir en place. Il bouge dans tous les sens, s’exprime avec une certaine véhémence et colle finalement assez bien à l’image de brute de son personnage. Toujours du côté des acteurs que j’ai le plus apprécié, je citerai simplement Steven Yeun (Glenn) et Jeffrey DeMunn (Dale). De l’autre côté de l’appréciation, il y a cette fois-ci les interprètes que j’ai moins aimés, à commencer par Jon Bernthal. J’ai trouvé sa prestation très clichée, dans le sur-jeu quasi constant. On a compris que Shane n’est pas toujours un tendre et qu’il a du mal à accepter le retour de Rick, d’accord, mais ce n’est pas forcément utile de caricaturer cet état d’esprit de cette manière. Aussi, si le personnage de Shane devient peu à peu détestable, il l’est d’autant plus que presque chacune de ses apparitions sont marquées d’un défaut dans l’interprétation. Mais c’est bien là l’unique acteur que je n’ai pas aimé. Les autres sont en fait simplement fades. De Sarah Wayne Callies (Lori) à Melissa McBride (Carol) en passant par Laurie Holden (Andrea), la plupart des acteurs de la série m’ont en fait laissé ce sentiment de ne pas trop maîtriser leurs personnages et d’offrir alors un jeu assez peu calibré. Tout juste relèvera-t-on la performance d’Andrew Rothenberg dans le rôle de Jim et l’échange entre Laurie Holden et Emma Bell (Amy) lors de la scène de la partie de pêche qui ouvre l’épisode 4 (Le Gang).

En résumé, après avoir été convaincu par les comics, me voilà globalement convaincu par la série. Enfin par la saison 1 au mois, reste à voir la suite. Scénaristiquement et esthétiquement, ces premiers épisodes n’ont pas grand-chose à se reprocher. Si l’adaptation n’est pas 100 % fidèle au matériau d’origine, les changements apportés restent (pour le moment) acceptables et même bienvenus pour certains. Le casting semble un peu en manque de repères et de réflexes mais on ne peut qu’espérer que les retrouvailles avec leurs personnages respectifs dans les saisons suivantes leur permettront de construire un jeu efficace. Mais cette entame n’augure en tous cas que du meilleur et j’ai hâte de voir la suite.

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